Le Jarnysien Ugo Tritz suscite de grands espoirs au FC Metz
A tout juste 17 ans, Ugo Tritz suscite de grands espoirs au FC Metz. Retenu cet été au sein du groupe professionnel durant la préparation, le Jarnysien se pose désormais en ultime rempart de l’équipe réserve.
Il fut un temps, pas si lointain, où l’on pouvait converser librement avec Ugo Tritz. L’année dernière, un simple coup de téléphone suffisait à convier le jeune homme au jeu de l’interview. À l’époque, le Jarnysien paraphait son premier contrat d’apprenti au sein du FC Metz. Précocité et maturité se dégageaient déjà de cette silhouette longiligne. Son discours, mesuré, réfléchi, balayait le champ des possibles : « Les études, d’abord. Après, si le foot va… » Un an plus tard, les priorités ont changé. Le rêve d’une carrière professionnelle est là, à portée de gants…
Preuve de ce changement de statut, s’entretenir avec le gardien nécessite désormais un préalable : l’autorisation de la responsable presse du club grenat. Ainsi va ce monde de foot, protecteur, très protecteur avec ses garçons pleins d’avenir.
Allons droit au but : Ugo a changé de dimension le 28 juin dernier. Auréolé d’un bac général mention bien (à 17 ans), le Meurthe-et-Mosellan savoure sa première journée de vacances à Narbonne lorsque le téléphone retentit. À l’autre bout du fil, le responsable du centre de formation : « Il m’a demandé d’écourter mes vacances pour participer au stage de présaison, à Vittel, avec les… pros ! Ils leur manquaient un troisième gardien. » Excité, « profondément excité », il rallie le camp de base des hommes de José Riga avec, dans ses valises, le poids de l’appréhension.
Sur la pointe des crampons, le Jarnysien se plie de bonne grâce au rituel d’un club évoluant dans l’antichambre de l’élite. Premier obstacle, chantant : « Oui, j’ai été bizuté. Comme pour tout nouvel arrivant, j’ai dû chanter devant le groupe. » Ugo a opté pour Lady Melody de Tom Frager. Avant de profiter de sa petite mélodie du bonheur sur le terrain d’entraînement. Très rapidement, le benjamin du groupe découvre ce que le terme engagement signifie à haut niveau : « Sur une sortie aérienne, j’ai essuyé un contact avec José (Palomino). C’était costaud, un foot d’adulte. » Son nom est couché sur les feuilles de match face à Reims et Auxerre. Le jeunot ouvre l’œil, le bon. Et hume le parfum de rigueur qui se dégage d’un vestiaire pro : « J’ai appris, beaucoup appris durant cette période de préparation. J’ai aussi pris confiance en moi. »
Le Meurthe-et-Mosellan est dans les petits papiers de la maison grenat. Lors du premier match de la saison à Saint-Symphorien, un autre coup de téléphone le met en émoi : « Christophe Marichez m’a demandé de venir au stade avec mon sac. C’était au cas où Thomas Didillon, le gardien titulaire, se blesse à l’échauffement. » L’anecdote suffit à prouver les espoirs placés en lui.
Depuis le début du championnat, le fils d’Olivier Tritz, – monsieur sport du conseil régional et premier adjoint de la ville de Jarny –, se pose en dernier rempart de l’équipe de CFA2. Ce qui le place, dans la hiérarchie des gardiens du FC Metz, en quatrième position. Même en troisième place si le départ de Johann Carrasso, candidat malheureux à l’exil, s’était concrétisé en fin de saison dernière.
Alors, on rêve ? « Oui, forcément un peu. Lors du derby Metz-Nancy, j’ai dit à mes parents qu’un jour, je voudrais être là, sur ce terrain. » Pour y parvenir, le portier mise sur une valeur refuge, « le travail. Je multiplie les entraînements et les séances de musculation, histoire de m’étoffer. Lorsqu’on est gardien, il faut être là au bon moment ».
En parallèle, il s’apprête à commencer un diplôme universitaire de management d’une carrière de sportif. Car Ugo le sait : dans ce monde de foot, les priorités se révèlent aussi incertaines que l’issue d’une séance de penaltys…
Jean-Michel Cavalli
(
http://www.republicain-lorrain.fr/editi ... a-son-reve )