Le Racing a montré un visage séduisant hier soir, en Corse, face à une solide équipe de Bastia. Les hommes de Fournier auraient mérité de ramener au moins le point du match nul.
La prestation de Tristan Mbongo (au centre, en blanc) et des Strasbourgeois, hier à Bastia, aurait au moins mérité le point du match nul. (Photo Nice Matin)
A ceux qui se plaignaient de ne pas voir de spectacle dans ce championnat National, on pourra désormais rétorquer que les grincheux n'avaient qu'à faire le déplacement à Bastia.
Le meilleur match, le pire résultat
Car hier soir, au stade Armand-Cesari de Furiani, le Racing a fait mieux que se défendre face à une très belle équipe corse qui n'a toujours pas perdu depuis le début de la saison et se rapproche de plus en plus de la tête du classement de National.
Et paradoxalement, c'est en réalisant ce qui est - pour l'instant - sa meilleure prestation de la saison que le Racing s'est incliné, sur le plus petit des scores, face à Bastia.
« On a été meilleurs que Bastia, il n'y a pas photo, exposait Laurent Fournier à la fin de la rencontre, je suis déçu du résultat, forcément, il ne manque qu'un but et les gars ont été héroïques, surtout vu le contexte » (*).
Dans une première mi-temps très enlevée, Mbongo est le plus prompt à se mettre en valeur. Dès l'entame, l'attaquant strasbourgeois manque d'ouvrir le score, sur une contre attaque rondement menée par Genghini.
Avec un Mathlouthi en jambes, un Peuget plus entreprenant qu'à son habitude et un Ketkéophomphone des grands soirs, ce Racing au visage séduisant se montre très dangereux.
Et se crée les meilleures occasions de cette première mi-temps « portes ouvertes », où les deux équipes présentes sur le terrain ont décidé de jouer l'offensive à tout va.
Les contres alsaciens se montrent tranchants et le SC Bastia peut s'estimer heureux d'avoir réussi à garder dans son effectif le Brésilien Novaes, décisif hier soir dans ses cages.
« On est venus avec beaucoup d'ambitions, on a les occasions mais on manque de réalisme, exposait avec raison Alexis Peuget. Il va falloir être plus tueur devant le but »
En première mi-temps, Bastia a toutefois aussi quelques opportunitées d'ouvrir son compteur, grâce à Diallo et Robail, les deux insulaires les plus en vue lors de ces quarante-cinq premières minutes.
« Il y a des jours comme ça... »
La deuxième mi-temps part sur les mêmes bases. Mais une faute de Pichot sur Moizini, qui avait fait une incursion dans la surface, douche l'ambiance côté alsacien. M. Bré n'a d'autre choix que de siffler un penalty, transformé par Robail avec l'aide du poteau (55e).
Le Racing pousse, mais Bastia s'accroche à sa 3e victoire de la saison. A vingt minutes de la fin de la rencontre, Laurent Fournier tente le tout pour le tout en lançant du sang neuf sur la pelouse, avec Correia et Hadji en remplacement de Mbongo et Ketkéophomphone.
Un dernier rush de Donzelot, qui sert Mathlouthi en retrait n'y fera rien. Novaes a la baraka et il est écrit que ce Racing là ne trouvera pas le chemin des filets en Corse.
« Il y a des jours comme ça... pestait Ali Mathlouthi dans les vestiaires. Franchement, sur la dernière occasion, mon tir touche deux jambes, puis finit en corner. On ne va pas se cacher derrière la malchance mais bon, c'est dommage, parce qu'on était présent dans le jeu et dans les duels. On n'aurait pas dû rentrer bredouille ».
Reste que même mal payé, le Racing est toujours en quête de sa première victoire et reste relégable, avec trois points seulement au compteur. Dura lex, sed lex...
Barbara Schuster
(*) Les Strasbourgeois ont été réveillés à 2 h du matin par une bombe agricole qui a explosé près de leur hôtel, se sont fait copieusement insultés dans les couloirs du stade et leur bus a été caillassé.