
Florent Malouda battu par le Savoyard Djakaridja Koné : un cliché à l’image de la soirée vécue par les Messins hier. Après trois victoires consécutives, ils ont livré leur pire match de la saison pour un résultat sans appel. Photo AFP
Florent Malouda battu par le Savoyard Djakaridja Koné : un cliché à l’image de la soirée vécue par les Messins hier. Après trois victoires consécutives, ils ont livré leur pire match de la saison pour
Après trois victoires d’affilée, le FC Metz a violemment mordu la poussière, hier, devant l’Evian T-G (3-0). Une sanction logique pour la pire sortie de l’année.
Avec des si, le FC Metz était perché sur le podium ce matin. S’il avait battu l’Evian T-G par trois buts d’écart, le promu s’invitait à la deuxième place du classement et prolongeait la délicieuse anomalie de son début de saison. Cette hypothèse, malheureusement, n’a pas survécu à la réalité très concrète du terrain. Ni au détour par le Parc des Sports d’Annecy.
Après trois victoires consécutives face à des candidats au maintien, les Grenats ont fini par rendre les armes devant un autre concurrent direct. Sur un curieux coup de billard d’ailleurs : un centre de Barbosa dévié par le pied de Doukouré s’est transformé en lob inaccessible pour Anthony Mfa (1-0, 62e ) et les Haut-savoyards ont commencé à entrevoir, à leur tour, un troisième succès de rang…
De l’un de nos envoyés spéciaux à Annecy
Comme tous ses congénères de Ligue 1, engagés dans un match à 20 h hier, le FC Metz avait déjà regagné son vestiaire, à la pause, sur un 0-0 bien pâlot. Au pain sec donc et, c’est la spécialité locale, à l’eau. Il aura, en effet, fallu se fader une première mi-temps très pauvre techniquement : trop de jeu long et un abandon ostensible de la possession côté mosellan ; aucun danger véritable et un impact limité chez l’hôte.
Vilain tableau au demeurant, à peine animé par deux occasions sans puissance de Falcon (7e , 40e ), mais un homme a apporté un soupçon de couleur. Ahmed Kashi aurait, en effet, pu être expulsé sur un deuxième avertissement, après une faute sur Wass (28e ), puis sa main involontaire dans la surface a laissé Lionel Jaffredo de marbre (44e ). L’arbitre a d’ailleurs quitté le terrain sous une bronca furieuse après cette décision.
Désert technique
C’est bien simple : ce match n’a jamais offert de terrain d’expression aux Grenats les plus techniques. Krivets et Malouda ont souvent regardé le ballon filer au-dessus de leur crâne, Metz laissant cette impression générale que la construction n’était pas prioritaire hier. Son édifice défensif, de toute façon, s’est définitivement écroulé au moment où Albert Cartier a choisi de jouer son va-tout en attaque pour recoller au tableau d’affichage.
Maïga venait à peine de remplacer N’Daw que Sougou filait au but et obtenait un penalty, sur une faute de Mfa (74e ). Un contre-pied plus tard et Wass corsait l’addition (2-0, 75e ). Cinq minutes de plus et Bruno scellait le score au bout d’un contre parfaitement négocié (3-0, 80e )… Si les Lorrains tenaient leur série de référence avant de s’annoncer en Haute-Savoie, ils en sont bien repartis avec leur pire match de la saison.
Avec une prestation dans cette veine, ce groupe s’est auto-administré une violente piqûre de rappel. Sans prévenir et sans anesthésie. Pour un message limpide à l’arrivée : le maintien, pour l’heure, doit bien rester la seule préoccupation de cette équipe si elle se montre encore capable d’accidents aussi spectaculaires.
Voilà, au passage, une curieuse façon d’aborder la trêve internationale. Metz aurait pu continuer de flotter sur un nuage pendant deux semaines, voire sur le podium. Mais avant de penser avec des si, il devra un peu travailler son jeu au sol.
Christian JOUGLEUX.
Un collectif méconnaissable

Antony Mfa a provoqué le penalty sur Modou Sogou. Et n’a rien pu faire, ensuite, sur la frappe de Wass. Photo AFP
Les Messins ont livré une prestation sans relief, hier soir à Annecy. Collectivement absents, ils ont été logiquement corrigés.
M FA. Peu, voire pas sollicité en première période, l’international gabonais a soigné sa première véritable intervention sur un centre tendu signé Sabaly (50e ). Présent dans le jeu aérien, il ne pouvait, par contre, pas grand-chose sur le but de Barbosa (62e ), pas plus que sur le penalty de Wass (75e ).
De l’un de nos envoyés spéciaux à Annecy
METANIRE. Le défenseur messin a déjà été beaucoup plus tranchant… Averti à la 22e minute, Romain Métanire a semblé ensuite jouer sur la réserve. Tant défensivement qu’offensivement.
MILAN. Une prestation solide. Beaucoup d’impact et un jeu de tête très précieux. Un match qui aurait pu être parfait pour le défenseur italo-argentin. Mais une malheureuse glissade a permis à Sougou de s’échapper et d’obtenir le penalty du 2-0 (74e ).
CHOPLIN. À l’image de sa première intervention dans les pieds de Sougou (12e ), Jérémy Choplin a rendu une copie très propre hier soir. Bien placé, il a senti tous les coups, exception faite de cette échappée belle de Bruno pour le troisième but d’Evian (80e ).
BUSSMANN. Pas grand-chose à reprocher au Vosgien. Mais, lui non plus, n’a pas eu son rendement habituel.
KASHI. Averti dès la cinquième minute, Ahmed Kashi n’a pas eu le rayonnement qui fut le sien face à Reims. S’il a mis de la bonne volonté au pressing, il s’est souvent révélé brouillon. Remplacé par Doukouré (56e ). Averti à la 61e minute, l’ex-Lorientais fut le complice, involontaire, de Cédric Barbosa quelques instants plus tard pour l’ouverture du score de l’ETG en détournant la frappe de l’ex-Messin (62e ).
N’DAW. Son jeu de tête s’est une nouvelle fois avéré précieux. Tout comme son engagement au milieu. Mais, à l’instar de ses partenaires, il a été très brouillon dès qu’il a fallu porter le jeu vers l’avant. Remplacé par Maïga (70e ).
NGBAKOTO. Le symbole de l’équipe messine hier soir. Volontaire à l’occasion, mais clairement en manque d’inspiration. Remplacé par Sarr (81e ).
KRIVETS. Peu en vue en première période. Rien d’étonnant dans la mesure où le Biélorusse a vu tous les ballons, ou presque, lui passer au-dessus de la tête. Après la pause, il a tenté de peser sur le jeu. En vain, malgré une bonne frappe détournée par Hansen (75e ).
MALOUDA. Presque uniquement appliqué aux taches défensives durant de longues minutes, l’ancien international est, peu à peu, sorti de sa réserve. Il a alors tenté de donner un brin de vitesse au jeu messin par des passes courtes et propres et en tentant sa chance (35e ). Après la pause, son influence a été nettement moins flagrante.
FALCON. Les deux grosses occasions messines sont à mettre à l’actif de l’attaquant vénézuélien. Malheureusement, la réussite et la précision n’étaient, cette fois, pas au rendez-vous : parti dans la profondeur, le buteur messin a d’abord trop croisé sa frappe (7e ) avant de trouver Hansen (40e ). Il a totalement disparu de la circulation après la pause.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Barbosa, source de jeunesse
L’âge n’a pas d’emprise sur Cédric Barbosa. Aligné d’entrée de jeu, le milieu de terrain de trente-huit ans a donné le tournis à la défense messine. S’il a manqué sa reprise, seul au second poteau (9e ), il a, par contre, été récompensé de ses efforts après la pause. Avec un peu de réussite, son centre ayant été détourné par Doukouré (62e ). Évian, en pleine renaissance, a également pu compter sur un Daniel Wass très actif au milieu et plein de sang-froid sur le penalty (75e ). À noter également la bonne prestation de Jesper Hansen. Le gardien danois a été vigilant sur les rares occasions messines.
Hors-jeu

Johann Carrasso. Ph. Pascal BROCARD
Rocchi
Opéré de la cheville gauche le 9 septembre dernier, Romain Rocchi pourrait revenir aux affaires un peu plus vite que prévu. C’est le joueur lui-même qui l’a indiqué via sa page Facebook : « Tout se passe très bien à tel point que je risque de reprendre dix jours avant le planning initial. Je bosse bien pour revenir au top ! À très vite à Saint- Symphorien ».
Carrasso
Touché au quadriceps lors du déplacement à Nice le 13 septembre, Johann Carrasso reprend doucement le travail. Et il ne boude pas son plaisir : « Prise de balle, pas chassés...et travail de course, Que ça fait du bien de se refaire mal » a écrit le gardien messin sur son compte Twitter.
Kaiserslautern
Le vendredi 10 octobre, le FC Metz disputera un match amical, trêve internationale oblige, face aux Allemands de Kaiserslautern (D2). La rencontre aura lieu au stade de Guentrange à Thionville. Coup d’envoi à 17h. Entrée : 7€, gratuite pour les abonnés.
Andrada
L’écusson de River Plate, dans les tribunes de Saint-Symphorien, c’était déjà lui. Carlo Andrada, le père de Federico, commence à prendre ses habitudes à Metz. Hier, jour de son anniversaire, le papa s’est même invité avec la Génération Grenat pour faire le déplacement jusqu’à Annecy et soutenir son fiston. Mignon.
Corsitude
Jérémy Choplin et Gianni Bruno n’ont pas attendu le coup d’envoi d’Evian-Metz, hier, pour se souhaiter un bon match. Les deux joueurs sont en effet amis et ont en commun d’avoir porté le maillot du SC Bastia. Ils ont échangé des encouragements via twitter avant la partie. Le Belge, de toute façon, n’a pas été retenu pour débuter la partie hier.
Jacquet
Le match d’hier s’est déroulé sous les yeux de l’ancien sélectionneur de l’équipe de France, Aimé Jacquet. Soit une petite touche de Lorraine supplémentaire car il a porté le maillot de l’AS Nancy-Lorraine et il s’est aussi rendu célèbre en apostrophant un ex-Messin dont on taira le nom. Muscle ton jeu Robert…
Albert Cartier : « Se faire tout petit »
Albert Cartier (entraîneur de Metz) : « Il faut reconnaître notre infériorité face à un adversaire plus fort que nous. Evian ne nous a rien laissés à part peut-être, un temps, l’espoir qu’on pouvait obtenir un résultat. Mais quand on perd comme ça, il faut se faire tout petit et penser à très vite se remettre au travail. Il n’y a pas de quoi être fier de ce match qu’on n’a d’ailleurs pas fait… »
Florent Malouda (milieu de Metz) : « C’est un coup d’arrêt après trois bons matches. Il va falloir analyser notre prestation et redémarrer sur d’autres bases après la trêve internationale. Il faut aussi apprendre de ces défaites. Evian a été chercher la réussite. Pas nous. Cela fait partie de notre apprentissage, même si c’est douloureux. »
Jérémy Choplin (défenseur de Metz) : « C’est un coup derrière la tête ! Nous avons réalisé une première mi-temps correcte. Par contre, après la pause, nous avons joué trop bas et nous prenons un premier but malheureux… J’espère qu’il ne s’agit que d’un accident. Nous restons malgré tout solidaires. On s’est déjà parlé dans les vestiaires. Maintenant, on va vite se remettre au travail. »
Romain Métanire (défenseur de Metz) : « Ce n’est pas un match à oublier. Des choses n’ont pas été bonnes et il faudra s’en servir. On n’a pas mis les ingrédients habituels. Quand on défend un peu moins, on ramasse. »
Cédric Barbosa (milieu d’Evian T-G) : « On s’était trompé en pensant qu’en jouant au foot, on pourrait s’en sortir. Ce soir, on a ajouté les duels. On savait que ce serait un match d’hommes et on s’était bien préparé pour ça. Si je suis décisif, c’est parce que mes coéquipiers ont su me mettre dans les bonnes conditions. »
Metz-Algrange veut se retrouver

Juliane Gathrat (à g.). Photo DR
Après quatre défaites en autant de journées, les Mosellanes espèrent renouer avec leur jeu, et la victoire, à Rodez cet après-midi (15h).
L’état d’urgence n’a pas été déclaré. Malgré ses 25 buts encaissés contre 0 marqué, ses quatre revers en autant de journées et sa dernière place au classement, le FC Metz-Algrange ne veut pas paniquer. Simplement revenir à ce qui a fait sa force et lui a permis de monter en D1 : le jeu.
« Depuis le début de la saison, on a toujours subi, jamais essayé de créer. A chaque fois qu’une joueuse a eu le ballon, elle s’en est vite débarrassé, comme s’il lui brûlait les pieds , détaille l’entraîneur Gérôme Henrionnet. Il faut que l’on reprenne un peu confiance en nous et que l’on joue, enfin, au foot ! »
La défaite de dimanche dernier face à Saint-Etienne (0-1) à peine digérée, toute la semaine d’entraînement a été consacrée à la conservation du ballon. « On n’a pas trop parlé de notre situation, on s’est juste remis au travail pour faire évoluer notre collectif car depuis le début, ce n’est vraiment pas top » , confirme la milieu de terrain Elodie Martin, assurant que le groupe n’est pas abattu par ses mauvais résultats. « Ce n’est que le début de la saison… Le championnat est encore long même si c’est sûr qu’un résultat positif nous ferait du bien. »
Celui-ci, il faudra aller le chercher cet après-midi à Rodez, sur le terrain d’un adversaire direct pour le maintien qui a, lui, réalisé un bon début de saison. En témoigne sa belle victoire, d’entrée, à Saint-Etienne (4-1) ou le match nul contre Arras (1-1), deux performances à peine atténuées par les deux défaites à Soyaux (2-3) et Guingamp (2-4).
« C’est une équipe très athlétique, physique et habituée à ce genre de match, détaille Henrionnet. Ça va être compliqué mais à nous de jouer notre chance à fond. Il y a un moment où le travail va bien finir par payer. » Au vu de la situation actuelle de Metz-Algrange, le plus tôt sera le mieux.
T. G.