
Recroquevillés en défense durant la majorité de la rencontre, Jérémy Choplin et les Messins (à droite) espéraient ramener un point de leur déplacement à Saint-Etienne. Seul souci, ils ont fini par craquer sous les offensives des Verts de Théophile-Catherine. Photo AFP
Le FC Metz a beaucoup subi et longtemps tenu le point du nul à Saint-Etienne avant de concéder un but en seconde mi-temps (1-0). Fâcheux mais pas illogique…
Le FC Metz ferait-il un complexe d’infériorité contre les équipes européennes ? Hier, il s’est comporté à Saint-Etienne comme il avait procédé à Lille : recroquevillé sur l’idée de subir et de ramener au moins un point de ce déplacement. Las, les Grenats ne sont pas parvenus aux mêmes fins dans le Forez (1-0) que dans le Nord (0-0).
De nos envoyés spéciaux à Saint-Étienne
Un quart d’heure avant le terme d’une partie âpre et salement verrouillée, Gradel a fusillé Mfa en même temps qu’il soulevait le Chaudron. Grâce à ce but, la semaine stéphanoise a gagné en relief. Car il aurait été décevant pour le peuple Vert de se contenter d’un nul contre Metz après avoir vu les siens tenir tête à l’Inter Milan jeudi soir (0-0).
Interdits de déplacement, les supporters lorrains ont finalement fait, malgré eux, l’économie d’une soirée frustrante. Voici trois journées de championnat que le FC Metz n’a pas inscrit de but et, par voie de conséquence, qu’il n’a pas remporté un match. L’absence de Falcon, son meilleur réalisateur, n’explique pas tout. Indépendamment des hommes sur le terrain, il faut d’abord se mettre en position de marquer. Hier, les occasions lorraines ont confiné à la rareté : Krivets a manqué le cadre (51e ), perdu un face-à-face avec Ruffier (29e ), Malouda a trouvé les gants du gardien sur sa tentative (75e ) et Milan a expédié une praline en tribune (90e +1). Fin de l’inventaire. Albert Cartier a été plus sévère encore dans le décompte : il a vu « deux occasions et demie ».
Place à Nice
Avec un jeu très bas et des miettes de possession, les grenats n’ont pas réussi à faire leur pain et ils ont surtout fini par se retrouver dans le pétrin. La recette : Théophile-Catherine à la baguette, Van Wolfsvinkel à la réception du centre pour prendre l’ascendant sur Métanire et remettre sa tête dans l’axe, puis cette reprise imparable de Gradel (1-0, 74e ). Avec ceci ? Ce sera tout merci…
Malgré la fatigue et les crampes, Saint-Etienne a finalement trouvé la faille dans un bloc qui aura longtemps fait acte de résistance. Le gardien adverse n’est pas étranger non plus au scénario de la rencontre. Anthony Mfa a rendu une nouvelle copie admirable hier. Sa parade sur une reprise de Cohade (7e ) et ce duel remporté devant Gradel (21e ) avaient posé les bases d’une soirée solide. Problème : le ballon revenait vite et souvent dans sa surface. Comme si réussir trois passes d’affilée était un quota exceptionnel. Cette absence de construction a justement plombé le bon comportement défensif des Messins et précipité la chute d’un ensemble qui aurait vécu une journée différente si Krivets avait trouvé mieux que le petit filet au bout de son ballon piqué (29e ).
« J’avais dit à la mi-temps qu’il fallait encore tenir une demi-heure et que Saint-Etienne allait baisser en régime. On a raté le coche. » Jérémy Choplin, comme ses coéquipiers, ne pouvait que constater les dégâts. Le thème du regret risquait d’ailleurs d’escorter les Grenats jusqu’à leur retour en Lorraine, alors qu’un match les attend déjà mercredi en Coupe de la Ligue. Bonne nouvelle : ils n’auront guère le temps de cogiter. Mauvaise nouvelle : Nice, leur adversaire, vient d’empiler sept buts à Guingamp…
Christian JOUGLEUX.
N’Daw en mode combat

Guirane N’Daw (à d.) s’est, une nouvelle fois, beaucoup donné. Mais ce sont les Verts de Saint-Maximin (à g.) qui ont gagné. Photo AFP
Face à la pression stéphanoise, les Messins ont longtemps résisté, à l’image d’un Guirane N’Daw très combatif.
M FA. Le gardien messin a bien failli écœurer à lui tout seul les hommes de Christophe Galtier. Rassurant dans le jeu aérien, Anthony Mfa a longtemps retardé l’échéance en gagnant de nombreux duels (lire par ailleurs). Encore une prestation aboutie.
METANIRE. Peu présent dans le camp stéphanois – le scénario de la rencontre ne s’y prêtait pas vraiment –, il a tenu son couloir avec justesse, comme en témoignent ses interventions face à Hamouna (2e ) et Monnet-Paquet (19e ). Battu dans les airs par Van Wolfswinkel, qui a offert le ballon de la victoire à Gradel (74e ).
MILAN. Une grosse présence dans le jeu aérien et un bon sens de l’anticipation. Face à la pression de l’ASSE, l’Italo-argentin a rendu une copie propre. Seule rature : Gradel a échappé à sa vigilance sur le but stéphanois (74e ). Sa frappe dans le temps additionnel aurait pu permettre aux siens d’égaliser (90e +1).
CHOPLIN. Après avoir accusé quelques retards dans ses interventions en début de match, le défenseur messin s’est ensuite parfaitement repris, à l’image de cette intervention dans les pieds de Van Wolfswinkel (54e ).
BUSSMANN. Une fin d’après-midi bien délicate pour le Vosgien, qui a semblé accuser le coup physiquement. En difficulté face à la vivacité de Gradel et Saint-Maximin notamment, il a souvent été pris de vitesse. Malgré un centre-tir ayant inquiété Ruffier (78e ), il s’est rarement montré efficace offensivement.
N’DAW. Une présence précieuse dans le cœur du jeu. De la puissance, de l’engagement (parfois à la limite) chez le milieu sénégalais, qui a gratté un nombre impressionnant de ballons dans les pieds stéphanois. Reste à soigner les relances, souvent imprécises et trop longues hier.
DOUKOURE. L’ancien Lorientais a eu du mal à trouver la bonne cadence. Une fois en rythme, il s’est montré plus présent et plus juste dans le pressing et plus propres dans ses relances. Sans pour autant vraiment peser sur le jeu de son équipe. Remplacé par R ivierez (88e ).
NGBAKOTO. Face à la pression stéphanoise, il s’est longtemps contenté de bloquer son couloir. Offensivement, le milieu messin a trop souvent porté le ballon pour espérer être efficace, exception faite de cette superbe passe dans la profondeur pour Krivets (29e ). Remplacé par K ashi (64e ), qui a fait le job au pressing.
MALOUDA. L’ancien international n’a pas eu l’influence qu’on pourrait légitimement attendre de lui. Malgré quelques bons décalages et une frappe puissante bien captée par Ruffier (75e ), il s’est montré souvent brouillon.
SARR. Il a été le premier en action, mais sa reprise a terminé sa course au-dessus du but stéphanois (3e ). Impliqué dans le replacement défensif, il a, par ailleurs, fait souvent de mauvais choix. Par précipitation ou manque de précision.
KRIVETS. Les deux grosses occasions messines sont à mettre au crédit du Biélorusse. Mais sa petite balle piquée (29e ) puis sa frappe lobée (51e ) n’ont pas trouvé le cadre. Esseulé à la pointe de l’attaque, il n’a pas ménagé ses efforts. En vain. Remplacé par Vion (64e ), qui n’a pas eu de ballons exploitables à se mettre sous la dent.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Mfa fait le mur

Par ses arrêts, Mfa a longtemps retardé l’échéance, comme ici devant Gradel. Jusqu’à ce que le Stéphanois se venge... Photo AFP
Si Metz a cru pouvoir tenir le 0-0 dans l’enfer de Geoffroy-Guichard, il l’a dû à un Anthony Mfa impeccable.
Anthony Mfa a honoré, hier après-midi, sa sixième titularisation d’affilée de la saison. Et prouvé, au passage, qu’il était bien plus qu’une simple doublure. Certes, Albert Cartier n’a jamais caché que la hiérarchie des gardiens du FC Metz était clairement établie : Johann Carrasso est le numéro un, Anthony Mfa le numéro deux. Pour autant, l’entraîneur messin, au-delà de la déception qui l’habitait ce dimanche, ne doit pas être mécontent de pouvoir compter sur ces deux joueurs.
Sur la pelouse hostile de Geoffroy-Guichard, l’international gabonais a longtemps retardé l’échéance. Dans la lignée de sa très bonne performance face à Rennes (0-0), le dernier rempart lorrain a vite rassuré sa défense en se révélant impeccable dans les airs. Mais pas seulement. Concentré, solide sur ses appuis, il s’est d’abord chauffé les gants sur une frappe appuyée signée Renaud Cohade (7e ). Le début de la démonstration du natif de Beauvais.
« Vraiment déçu pour le groupe »
C’était ensuite l’intenable Max Gradel qui faisait la connaissance du pur produit de la formation messine : l’attaquant stéphanois perdait son duel alors que le public pensait laisser éclater sa joie (21e ). Dix minutes plus tard, c’était au tour de Romain Hamouma de se casser les dents sur l’infranchissable muraille grenat (31e ).
La suite ? Des prises de balles impeccables sur les centres stéphanois et un magnifique réflexe pour la route à la suite d’un coup de tête d’Hamouma (61e ). Malheureusement, le Chaudron a fini par exploser. Ce Vert, qui aurait dû être à moitié plein, s’avère finalement, ce matin, complètement vide. La faute à ce diable de Gradel et à une défense ayant laissé son gardien livré à lui-même.
Au final, Anthony Mfa n’a rien à se reprocher. Il a, une nouvelle fois, été irréprochable. « C’est compliqué d’apprécier ma prestation , a déclaré l’intéressé, tout en retenue, dans les couloirs de Geoffroy-Guichard. On avait vraiment envie de prendre ce point ici. Je suis vraiment déçu pour le groupe. »
Un groupe qui a désormais le regard tourné vers la promenade des Anglais. Mercredi, les troupes du président Serin font leur entrée en lice en Coupe de la Ligue à Nice. Avec Anthony Mfa dans les buts ? Albert Cartier et son staff devront trancher. Car Johann Carrasso, auteur d’un début de saison également très satisfaisant, pourrait revenir dans la danse sur une pelouse qu’il avait quittée, trahi par une cuisse, voici plus d’un mois. Le numéro un messin est désormais opérationnel. Le numéro deux aussi…
J.-S. G.
Ngbakoto : « Pas une honte »
Albert Cartier, entraîneur du FC Metz : « On savait que ce serait difficile. On connaissait le potentiel et la force de cette équipe de Saint-Etienne. On a davantage souffert en première mi-temps qu’en deuxième et on savait qu’on aurait deux ou trois opportunités et qu’il faudrait bien les négocier. On a eu ces occasions mais on ne les a pas mises au fond. On s’en est sorti parfois avec un peu de chance, de réussite et grâce à notre gardien, mais je ne conteste pas du tout la victoire de Saint-Etienne. Ils n’ont pas déroulé mais ils ont livré un match intense, plein, avec une bonne agressivité. Il y a un peu de déception, de regrets. On se lasse de tout dans la vie mais pas d’apprendre. On continue de le faire, on est un jeune promu. »
Jérémy Choplin, défenseur de Metz : « J’avais dit à la mi-temps qu’il fallait encore tenir une demi-heure et que Saint-Etienne allait baisser en régime. On a raté le coche. Ils ont marqué à cette trentième minute. […] Si Sergeï marque, ça aurait changé la physionomie du match. On a subi. On avait prévu de subir, avec deux lignes assez costaudes et un attaquant seul devant. On a un ou deux bons contres mais on ne les met pas au fond. On va vite oublier ce match et travailler pour réussir une belle prestation à Nice. »
Yeni Ngbakoto, milieu de Metz : « C’était un match très difficile. On a su rester costaud, pas jusqu’à la 95e minute. On a eu l’occasion de marquer et ce but nous aurait libérés. Mais nous sommes tombés face à une très bonne équipe. Il n’y a pas de honte à perdre à Geoffroy-Guichard. On est dans l’apprentissage et on doit apprendre de ces matches-là. Maintenant, il faut bien se préparer pour le match à Nice. »
Anthony Mfa, gardien de Metz : « A un quart d’heure près, on revenait avec un bon point. On a réussi un gros match et on avait à cœur de prendre ce point ici. On avait bien travaillé toute la semaine mais on oublie un peu le marquage sur le but, c’est dommage. »
Christophe Galtier, entraîneur de Saint-Etienne : « C’est une belle victoire qui montre que nous sommes dans une phase de progression. Je savais que ce match serait difficile athlétiquement car Metz laisse peu de possibilités dans les duels. Je suis content pour mon équipe que nous ayons pu décanter la situation sur une action où Ricky a été très clairvoyant et Gradel a été présent après avoir manqué quelques situations. Il commençait à être émoussé et chahuté par notre public et je suis heureux que ce soit lui qui marque. Il a fait preuve de courage et d’abnégation. »
Romain Hamouma, attaquant de Saint-Etienne : « Si nous avions eu plus de réussite sur certaines situations, nous aurions pu nous mettre à l’abri plus vite. Cela se joue sur pas grand-chose. Nous avons eu le mérite de ne pas lâcher, de continuer. Nous sommes récompensés de nos efforts. Il faut continuer à travailler. »
Hors jeu
Milan fan de Bielsa

Guido Milan. Photo archives Anthony PICOREÉ
Généralement très réservé lorsqu’il s’agit de partager ses sentiments, Guido Milan a fait une entorse à son règlement intérieur en évoquant son admiration pour l’entraîneur de l’OM, son compatriote argentin, Marcelo Bielsa. « C’est mon idole , a déclaré le défenseur messin. C’est tout simplement magnifique ce qu’il réalise à la tête de Marseille. Il a entraîné mon équipe
de cœur en Argentine, Velez Sarsfield, et je peux dire que c’est un véritable passionné, un vrai fou de football. »
Les infiltrés
Considéré à risques par la LFP et les pouvoirs publics, qui ont interdit la venue de supporters messins et fermé l’espace dédié aux fans lorrains à Geoffroy-Guichard, ce match a malgré tout été suivi par certains fidèles de l’équipe grenat. Ces petits malins ont acheté des billets classiques pour s’infiltrer en tribune, au sein des supporters stéphanois.
Nuit niçoise
Mercredi (18h30), le FC Metz se rend à Nice pour le compte des seizièmes de finale de la Coupe de la Ligue. Les hommes d’Albert Cartier prendront la direction de la Côte d’Azur le matin du match et passeront la nuit sur place après la rencontre. De retour à Metz dans la matinée de jeudi, Romain Métanire et ses partenaires s’entraîneront vers 12h30.
Sakho en Bleu ?
Diafra Sakho appelé chez les Bleus par Didier Deschamps ? A priori l’annonce semble un brin farfelue. Pourtant, selon un site Internet anglais, l’ancien attaquant du FC Metz serait suivi de près
par le sélectionneur de l’équipe de France. Auteur de six buts en six rencontres en Premier League sous les couleurs de West Ham, le Franco-sénégalais a pourtant déjà porté le maillot de la sélection des Lions de la Téranga en mai dernier contre le Burkina Faso et le Kosovo. Mais il s’agissait de matches amicaux et non de rencontres officielles…Ce qui autoriserait le staff tricolore à faire appel au buteur formé au sein de la maison grenat. Info ou intox ? Affaire à suivre…
Metz était plus fort

Les Messins ont donné la leçon aux Amnévillois. Photo Marc WIRTZ
La première levée du derby mosellan entre le FC Metz et son voisin d’Amnéville a souri aux Messins. A une très belle équipe messine qui n’a pas mis longtemps à prendre l’avantage et même faire le break. En moins de vingt minutes.
Dès la 3e , Bozok, à droite, centrait pour Teixeira qui coupait parfaitement la trajectoire du ballon pour ouvrir la marque (1-0, 3e ). Moins de dix minutes plus tard, Bozok se muait en buteur après un excellent travail de Hein (2-0, 12e ) avant que, sur un très beau mouvement collectif, Hadji ne centre pour Teixeira qui s’offrait un doublé (3-0, 18e ). La messe était dite dans une première période à sens unique. Les malheureux Amnévillois, qui avaient déjà vu Maurice sortir sur blessure (27e ), perdaient Reimeringer un petit quart d’heure seulement après son entrée. Gravement blessé au genou gauche après un choc avec Pierrard, il devait être évacué par les pompiers tandis que Pierrard écopait d’un carton rouge (62e ). Après plus d’une demi-heure d’arrêt de jeu, la rencontre reprenait. Amnéville avait la possibilité de sauver l’honneur. Lamonaca réduisait l’écart sur penalty (3-1, 76e ). Mais Metz enfonçait quand même le clou sur une belle montée de Hein qui permettait à Bozok de lui aussi, réussir un doublé (4-1, 83e ).