
Les efforts de Kevin Lejeune et de ses coéquipiers n’ont pas suffi, hier, face à l’armada parisienne. Photo Pascal BROCARD
Les Grenats ont remonté deux buts au Paris Saint-Germain, nouveau leader ce matin, avant de céder en fin de partie (2-3).
Le FC Metz a failli accomplir un miracle qui relevait presque de la prouesse médicale hier : continuer à avancer malgré une balle tirée dans chaque pied. Auteurs d’une entame boiteuse, sinon suicidaire, les hommes d’Albert Cartier ont en effet remonté un passif de deux buts contre le Paris Saint-Germain avant de s’incliner en fin de soirée sur un but assassin de Lavezzi (2-3). C’est cruel au regard des efforts consentis par les Lejeune, Métanire et autres Carrasso mais c’est sans doute aussi la force d’un champion en titre qui aura réussi à reprendre provisoirement son siège de leader sans épater la galerie.
Drôle de soirée décidément. Avec ce silence de mort pour commencer et ce stade plongé dans le coma par deux associations de supporters silencieuses. Mêmes les joueurs parisiens ont semblé au diapason de cette ambiance d’hôpital puisqu’ils ont débarqué à Saint-Symphorien en déambulateur… Ce qui ne les a pas empêchés de mener 2-0 après un quart d’heure ! Il a suffi de deux cadeaux de la maison pour offrir à ces Parisiens au petit trot un score qui enfle au galop…
Alors qu’il est admis qu’une erreur se paie souvent très cher face au PSG, les Messins en ont commis trois sur l’ouverture du score : une passe à contretemps de Sarr, un ballon mal négocié de Kashi et volé par Pastore, puis Choplin qui manque son intervention sur l’Argentin, buteur opportuniste (0-1, 9e ). La suite fut du même acabit. Sur un coup franc de Lavezzi, Bussmann a effleuré le ballon du genou et trompé son propre gardien (0-2, 16e ).
Malgré Carrasso
Refroidi avant ces deux événements, le stade est soudain devenu glacial devant la débandade en cours. Contre toute attente, les Grenats ont pourtant réussi à couper la climatisation pour faire remonter la température. Une reprise de Malouda (37e ) et une tête de N’Daw (39e ) ont ramené la lumière, puis deux erreurs parisiennes ont réveillé le volcan. Une faute sur Krivets dans la surface (49e ) et une main de Van Der Wiel (52e ) ont offert deux penaltys que Maïga a convertis à gauche, dans un copier-coller jouissif (2-2). Metz venait de refaire surface et le même Maïga insistait de la tête (69e ) pour couronner la résurrection. La réaction lorraine était tout simplement magnifique. Mais vaine.
Dos au mur, Paris a cessé de marcher et enfin poussé ses actions pour laver l’affront. Sans un Carrasso impérial, Lavezzi (63e ) et Pastore (80e ) auraient d’ailleurs rétabli la logique plus rapidement, mais c’est finalement sur un coup de billard à trois bandes que le gardien mosellan a cédé. Après deux tentatives de Pastore et Ibrahimovic, Lavezzi trouvait la faille dans un but vide (2-3, 84e ). Le gardien, au moins, a évité une défaite plus lourde, grâce à ce double arrêt sur des pralines de Cavani et Ibrahimovic (86e ), mais le mal était fait.
L’histoire d’un point arraché tout en courage et détermination se résumera donc ce matin à une leçon d’efficacité du double champion de Ligue 1. Metz a aussi concédé sa première défaite à domicile de la saison et finalement honoré une tradition française en revenant bredouille de sa chasse aux Qataris. Cette défaite était sans doute la seule chose prévisible de cette incroyable soirée.
Christian JOUGLEUX.
FC Metz : Maïga n’a pas tremblé

Modibo Maïga a relancé les Messins en réussissant à tromper Sirigu sur deux penalties. Photo Pascal BROCARD
L’attaquant malien a pris ses responsabilités et transformé, sans trembler, ses deux penaltys. Un nouveau doublé. Mais, cette fois, avec un arrière-goût amer.
CARRASSO. Impuissant sur les deux premiers buts du PSG, le gardien messin a longtemps permis à son équipe de préserver le point du nul. Il a ainsi, tour à tour, écœuré Lavezzi (63e ), Pastore (80e ) avant de céder face à Lavezzi, après un double arrêt sur des tentatives signées Pastore et Ibrahimovic (84e ). En fin de match, Cavani et Ibra s’y sont encore cassé les dents (86e ).
MÉTANIRE. Il avait du feu dans les jambes. Ses accélérations dans son couloir et surtout ses centres millimétrés à destination de N’Daw (37e ), Lejeune (47e ) et Maïga (69e ) ont apporté le danger devant le but parisien. Il est, en outre, à l’origine de la main de Van Der Wiel et de l’égalisation messine (53e ). Solide défensivement.
MILAN. Trop court pour revenir sur la fusée Pastore sur le premier but du PSG (9e ), l’Italo-Argentin est parvenu à régler la cadence au fil des minutes. Présent dans le jeu aérien et dans l’impact mais sa défense a encaissé trois buts…
CHOPLIN. Il a fait preuve de beaucoup de concentration et s’est montré intraitable avec Ibrahimovic, mais a été pris de vitesse sur l’accélération de Pastore et l’ouverture du score parisienne (9e ).
BUSSMANN. Un retour aux affaires difficile pour le Vosgien qui a permis, bien malgré lui, au PSG de prendre ses distances à la suite d’un coup franc de Lavezzi (16e ). Il a souffert face à Pastore et n’a pas apporté son écot offensif habituel. Remplacé par PALOMINO (79e ).
KASHI. Auteur de la première frappe de la rencontre (4e ), il est aussi à l’origine de l’ouverture du score du PSG lorsque Pastore lui a subtilisé le ballon (9e ). La seule véritable faute de goût du Franco-Algérien hier qui a fait preuve, comme à son habitude, de détermination dans ses duels.
N’DAW. Un tampon sur Rabiot d’entrée de jeu pour donner le ton. Le solide milieu sénégalais n’a pas ménagé ses efforts. Un engagement de tous les instants agrémenté d’une frappe lointaine (5e ), d’une tête plongeante passant à côté (37e ) et surtout d’une belle occasion pour égaliser (85e ). Un match sérieux malgré (encore) quelques relances approximatives.
SARR. Il a mis Sirigu dans l’embarras sur un coup franc excentré à droite (12e ) et tenté d’apporter de la vivacité sur son côté. Mais il a aussi perdu quelques ballons et parfois mal assuré ses relances, notamment sur l’action ayant amené l’ouverture du score signée Pastore (9e ). Remplacé par NGBAKOTO (46e ) qui a tenté d’apporter, lui aussi, de la vivacité.
LEJEUNE. Avec Métanire et Carrasso, le Messin le plus en vue hier soir. Il n’a eu de cesse d’accélérer le jeu, souvent avec justesse. Par ailleurs, il s’est sacrifié à la cause de son équipe en travaillant énormément défensivement, à l’image de ce retour autoritaire dans les pieds d’Ibrahimovic (32e ). Précieux.
MALOUDA. Censé être au cœur du jeu messin, il a souvent dézoné pour venir chercher des ballons plus bas. Du coup, son rendement offensif en a pâti malgré quelques accélérations et une bonne frappe sur une remise de N’Daw (27e ). Remplacé par KRIVETS (46e ). Auteur d’une entrée tonique, le Biélorusse a provoqué Rabiot dans la surface et obtenu le premier penalty (48e ).
MAÏGA. Une première discrète, avec peu de ballons à se mettre sous la dent et un pressing aléatoire. Après la pause, il a montré un visage plus combatif et surtout il n’a pas tremblé pour convertir les deux penaltys (49e , 53e ). L’attaquant malien aurait même pu s’offrir un triplé, mais sa reprise de la tête était détournée par Sirigu (69e ).
Jean-Sébastien GALLOIS.
Paris a dû s’arracher

Javier Pastore était à son aise hier soir sur la pelouse messine. Photo Anthony PICORÉ
Avec 2-0 à la pause, le PSG s’attendait à une 2e période tranquille. L’inverse s’est produit..
Une place de leader de la Ligue 1, ça se mérite. Les Parisiens, qui avaient besoin d’un succès en Lorraine afin de prendre la tête pour la première fois de la saison, en ont eu la démonstration hier. Car jusqu’à la pause, tout s’était bien déroulé pour eux. Trop bien même tant ils n’avaient pas eu à forcer leur talent pour rejoindre les vestiaires de Saint-Symphorien nantis de deux unités d’avance. Deux buts presque offerts par des Messins d’abord maladroits sur cette perte de balle de Kashi sanctionnée par un raid victorieux de Pastore (0-1, 9e ) puis malchanceux sur la réalisation contre-son-camp de Bussman (0-2, 16e ).
A défaut d’être percutants, les champions de France avaient simplement été réalistes. Pour ensuite globalement maîtriser les débats à coups de longues séquences de possession et sans jamais donner l’impression de faire l’effort superflu. De quoi, parfois, rappeler leur mainmise de la saison passée, celle où ils avaient été irrésistibles pendant de longs mois pour terminer l’exercice avec un nombre record de 89 points.
Mais le PSG version 2014-2015 n’est pas (encore ?) l’égal de son prédécesseur. Le premier quart d’heure du second acte hier soir l’a rappelé. En quatre minutes et deux penalties sifflés en faveur des Messins, finies les certitudes, fini le jeu parfois insolent de facilité et finie la maîtrise. D’autant que Laurent Blanc, déjà privé prématurément de Cabaye touché à la cuisse (21e ), avait profité de l’intermède pour remplacer Thiago Motta (touché au mollet) par Blaise Matuidi. Certainement par mesure de précaution mais aussi en vue de la réception de l’Ajax Amsterdam mardi, en, Ligue des Champions. Un seul être vous manque… Ce PSG-là, sans sa plaque tournante, n’était alors plus du tout le même.
La sérénité avait laissé place à une certaine panique incarnée par un côté droit défensif friable, un milieu de terrain 100 % français Chantôme-Rabiot-Matuidi aussi expérimental que dépassé et une attaque sans grande solution. Zlatan Ibrahimovic ? Bien seul dans l’axe et rarement à son avantage dans ses prises de balles. Seul Javier Pastore, le meilleur parisien hier soir, surnageait. Suffisamment en tout cas pour laisser passer l’orage. Et, pour une 14e fois consécutive en championnat cette saison, réussir à ne pas perdre.
L’essentiel assuré
Car même bougé, ce PSG-là a encore prouvé en Lorraine qu’il était capable de rester debout. De subir sans (trop) s’affoler pour ensuite renouer peu à peu avec le fil de son jeu ou du moins, retrouvé les quelques éclairs suffisants à son rayonnement. Celui d’hier soir est venu du très remuant et si souvent moqué pour ses maladresses Lavezzi. Seul devant le but, l’Argentin n’avait certes qu’à pousser le ballon au fond des filets après que Carrasso eut repoussé les tentatives de Pastore puis Ibahimovic, mais il fallait tout de même être là.
En étant sinon bons du moins cohérents pendant quarante-cinq minutes puis bougés mais toujours menaçants grâce à leurs individualités pendant les quarante-cinq suivantes, les Parisiens ont assuré l’essentiel hier soir. Peut-être sans l’étoffe d’un candidat à un troisième titre consécutif mais peu s’en souviendront à l’heure des comptes. Ce matin, le PSG est premier, là où tout le monde l’attend. Là où il a doit désormais s’arracher y pour rester.
T. G.
Il était une voix…

Longtemps l’ambiance de Saint-Symphorien a été plombée par l’entame des Messins... Heureusement les joueurs d’Abert Cartier se sont réveillés ensuite, pour tenir la dragée haute aux Parisiens. Avant de s’incliner...
Drôle d’ambiance pour ce match de gala. Alors que la Horda Frenetik et Génération Grenat ont poursuivi leur grève des encouragements, le public a pris le relais pour pousser les siens à tenir tête aux Parisiens.
Aux abords de Saint-Symphorien, la pression est montée doucement. Certains l’ont d’abord descendue dans les verres, à l’approche du match. « Je n’ai pas le temps , souffle Luc, le patron de la Brasserie du Stade, qui n’a pas arrêté de tirer des bières jusqu’au coup d’envoi. « C’est le seul jour de l’année où je bosse », plaisante-t-il à peine. Car nombreux sont les supporters à avoir participé à la procession vers l’enceinte messine pour la venue du Pari Saint-Germain et de ses stars.
Malgré ce succès populaire pour cette soirée de gala, l’ambiance était loin d’être garantie. Débutée lors de la précédente journée de championnat à domicile face à Caen (3-2), pour protester contre la décision des dirigeants messins de bannir drapeaux, banderoles et tifos du stade Saint-Symphorien au prétexte que certains individus mal intentionnés puissent en profiter pour se cacher dessous, la grève des encouragements décidée par la Horda Frénétik et Génération Grenat s’est poursuivie, hier, pour la réception des champions de France en titre. Bien que le président Bernard Serin ait levé l’interdiction avant ce rendez-vous à part. La preuve, les drapeaux grenats disposés sur chaque siège ont été brandis à l’entrée des joueurs sur la pelouse…
Message
"Sans la voix mais avec le cœur", indiquait toutefois une banderole de la Horda Frénétik postée à l’angle des tribunes sud et ouest, par où sont arrivés Romain Métanire et ses coéquipiers. Un message que les services de sécurité du FC Metz ont cependant rapidement retiré. Plus tard, au cœur de la première mi-temps, ce groupe d’ultras a réclamé « une chanson » à Bernard Serin. Ce qui lui a valu une pluie de sifflets de la part de ses voisins. Bonjour l’ambiance… Le Supporter Club En Avant Metz a bien tenté de prendre le relais. « C’est le match de l’année, on va donc donner de la voix et déployer nos drapeaux », expliquait Patrick David, le président du Supporter Club avant le premier coup de sifflet.
Dans ce drôle de contexte, il était compliqué pour les joueurs d’Albert Cartier de se transcender. Et ce n’est pas leur entame de la partie qui a réchauffé les chœurs de Saint-Symphorien. En un peu plus d’un quart d’heure, la bande à Zlatan s’en était déjà donnée à cœur joie, se mettant rapidement à l’abri grâce à un but de Javier Pastore et un but contre son camp de Gaëtan Bussmann.
Il a fallu attendre le début de la seconde période et la réduction du score de Modibo Maïga sur penalty pour que Saint-Symphorien se réveille, sans la participation de la Horda Frénétik ni de Génération Grenat. Et à l’image du banc messin, le public a exulté quand ce même Modibo Maïga a doublé la mise, à nouveau sur penalty, une poigée de minutes plus tard. Ce qui a encouragé la majorité des spectateurs de Saint-Symphorien à pousser les siens pour tenir tête au PSG.
Maxime RODHAIN.
« Pas dans la même cour »
Albert Cartier (entraîneur de Metz) : « La déception de ne pas avoir abordé ce match-là dans les meilleures conditions prédomine. Le discours et les mots trouvés à la mi-temps ont été certainement plus porteurs que pendant la causerie d’avant match. Il y a de la déception évidemment car revenir à deux partout contre cette équipe de Paris est une belle performance. Mais il y avait en face une équipe cohérente avec des joueurs qui se sont arrachés pour obtenir ce résultat. »
Laurent Blanc (entraîneur de Paris) : « Il y a eu une première mi-temps très bien maîtrisée de notre part avec une équipe de Metz qui craignait beaucoup notre jeu. Ensuite, c’est impensable de croire qu’à la 48e minute une décision va remettre les Messins dans le match, plus le discours d’Albert (Cartier) à la mi-temps… Beaucoup d’équipes ont souffert à Saint-Symphorien depuis le début de la saison, mais Paris avait les moyens de gagner ce match-là bien avant le troisième but. J’ai vu mes joueurs se donner les moyens de remporter la victoire. Je retiens l’état d’esprit, mais je regrette le deuxième but. En tout cas, prendre ces trois points ce soir (hier) était très important pour nous. »
Jérémy Choplin (défenseur de Metz) : « On est frustré parce qu’on est revenu à deux buts partout et on prend ce but à la fin qui fait mal. On est plus déçu de la première mi-temps que de la deuxième. On n’a pas mis un impact suffisant pour les inquiéter en début de rencontre. »
Kévin Lejeune (milieu de terrain de Metz) : « On est déçu parce qu’en revenant à 2-2 de cette manière-là, il restait du temps pour gagner le match. Malheureusement, on a beaucoup reculé ensuite et laissé pas mal d’espaces avant de prendre ce but. Les Parisiens, on les voyait à la télé, maintenant, on s’est frotté à eux : c’est une grande équipe avec de grands joueurs. On est dans la même division mais pas dans la même cour. Il y a malgré tout de la fierté à leur avoir posé des problèmes. »
Blaise Matuidi (milieu du PSG) : « Quand je suis rentré à la mi-temps et qu’on a encaissé deux buts, j’ai eu peur d’être le chat noir. Heureusement, Lavezzi m’a sauvé ! Je pense qu’on a bien entamé le match, on a bien pressé Metz, on n‘avait pas de déchet technique. On menait logiquement à la pause. Après, on est mal revenu et on a fait des erreurs. Même face à un promu comme Metz, ça ne pardonne pas. Je trouve quand même le premier penalty litigieux. Mais dans l’ensemble, je pense que notre victoire est méritée. »