R.L. 30/11 : Metz aux abonnés absents
Publié : 30 nov. 2014, 08:39
Metz aux abonnés absents

L’omniprésent milieu lensois Bourigeaud a mis Carrasso et les Messins K.-O. à la 79 e minute. Photo AFP
Dominés de bout en bout et incapables de donner la réplique à une équipe lensoise autrement plus inspirée, les Messins ont logiquement chuté, hier, à Amiens (2-0). Inquiétant ?
Ils vont nous recevoir avec une détermination incroyable. » Albert Cartier avait vu juste à propos d’une lanterne rouge lensoise dans l’obligation de se rassurer et surtout de se relancer. Ce que n’avait sans doute pas prévu l’entraîneur messin, c’est l’apathie de ses joueurs. Bousculés, chahutés, brouillons et sans cesse pris de vitesse par la fougue de Jérôme Lemoigne et ses partenaires.
De nos envoyés spéciaux à Amiens
Un chiffre pour résumer une première mi-temps totalement dominée par le RC Lens : 11 tirs à 2 en faveur des Sang et Or… Tout un symbole. Omniprésent, Bourigeaud, lancé plein axe, donnait le ton de quarante-cinq premières minutes à sens unique en envoyant un missile sur la barre de Johann Carrasso (10e ).
Incapables de garder un ballon qui semblait leur brûler les pieds, les Lorrains répondaient timidement par une tête non-cadrée signée Modibo Maïga (18e ). Une occasion en trompe-l’œil tant les Lensois maîtrisaient leur sujet. Idéalement servi par Cavaré, Valdivia se heurtait ainsi à un gardien messin inspiré qui accompagnait du regard la reprise de Baal catapultée inexplicablement au-dessus (25e ). Dans la foulée, Valdivia remettait le couvert, mais la frappe du milieu lensois, cuisinée aux petits oignons, heurtait à nouveau la barre de Carrasso (29e ).
Les Messins dans tout ça ? Aux abonnés absents… Gaëtan Bussmann tentait bien une incursion à proximité de la surface artésienne, mais sa tentative manquait autant de conviction que de puissance (30e ). Au contraire de Coulibaly… Mais ce dernier, abandonné par la défense messine au second poteau, faisait preuve d’une énorme maladresse et expédiait sa reprise au-dessus (40e +1).
Sans aucun répondant
La réaction lorraine attendue à la reprise ? Quasi inexistante. Lens reprenait sa marche en avant face à un bataillon messin impuissant, à défaut d’être totalement démobilisé. Et la sanction tombait le plus logiquement du monde : idéalement servi par Bourigeaud, El Jadeyaoui grillait la politesse à Guirane N’Daw pour ouvrir le score (1-0, 65e ). Et pourtant, au beau milieu de ce marasme collectif, Juan Falcon, rentré à la place de Maïga (62e ), avait une occasion en or d’égaliser… Mais le miracle n’avait pas lieu. L’attaquant vénézuélien, seul devant Riou après un service parfait de Sergeï Krivets – le seul vrai fait d’armes du Biélorusse hier soir –, manquait sa cible (72e ).
Albert Cartier tentait alors d’apporter du sang neuf en lançant Yeni Ngbakoto et Bouna Sarr (73e ). En vain… D’autant que cinq minutes plus tard, Baal offrait à Bourigeaud la balle du K.-O. Une offrande transformée, de la tête, par l’omniprésent milieu lensois (2-0, 79e ). Une juste récompense pour des Sang et Or déterminés, joueurs, accrocheurs. Tout le contraire des Messins, qui poursuivent leur funeste série loin de Saint-Symphorien. Mais, au-delà de la mauvaise opération comptable, c’est bien la manière qui est inquiétante. Car la rencontre d’hier a bel et bien pris des allures de chemin de croix.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Deux buts, un moindre mal !

Gaëtan Bussmann s’est montré bien discret hier soir face aux Lensois. Photo AFP Gaëtan Bussmann s’est montré bien discret hier soir face aux Lensois. Photo AFP
Usés par la qualité technique et le jeu en profondeur lensois, les Messins ont fini par céder, hier soir à Amiens. Le plus logiquement du monde.
CARRASSO. Le gardien messin a été plutôt verni en première mi-temps, même si, le plus souvent livré à lui-même, il ne pouvait pas vraiment faire plus ! Avec deux frappes sur la transversale, mais aussi un bel arrêt à bout portant sur Valdivia (24e ), il s’en est très bien sorti. À l’heure de jeu, sur un long centre venu de la gauche, il ne pouvait strictement rien, en revanche, sur la frappe au deuxième poteau d’El Jadeyaoui, délaissé par N’Daw. Ni sur le deuxième but de Bourigeaud (79e ) du reste.
MÉTANIRE. Pas vraiment sollicité sur son côté et plutôt discret balle au pied, l’arrière droit messin est passé relativement inaperçu. On l’a déjà vu nettement plus influent.
MARCHAL. Aussi absent en première mi-temps que déterminant en début de deuxième. C’est lui, le capitaine messin, qui a finalement retardé l’échéance en intervenant souvent fort à propos.
MILAN. Le défenseur messin le plus présent, c’est lui. Il faut dire que les Lensois usaient et abusaient du jeu dans la profondeur. Et Milan a coupé très souvent les trajectoires. Avec sobriété et efficacité. Mais à force d’être mis sous pression, l’axe messin a fini par céder.
BUSSMANN. La copie conforme de son alter ego de droite, Métanire. Aucune influence sur le jeu et un comportement défensif limité.
N’DAW. Une bonne présence physique dans l’axe et beaucoup de ballons maîtrisés. Quelques belles relances dans la profondeur aussi. En première période surtout. Avant de plonger.
KASHI. Quelques interceptions, un travail plutôt obscur dans l’axe. Mais une présence bien réduite pour le milieu défensif messin.
LEJEUNE. Inexistant en première période, le milieu de terrain droit messin paraissait presque perdu sur la pelouse. À la reprise, il s’est montré un peu plus entreprenant et a adressé notamment un bon centre pour Malouda (51e ). Avant de laisser sa place à Bouna Sarr (73e ). Qui a fait illusion quelques instants, avant de disparaître.
MALOUDA. Le milieu messin a joué juste, mais a touché bien peu de ballons. La technique était là, comme sur ce centre précis sur la tête de Maïga (18e ), mais sans vraiment influencer le cours des événements. En deuxième période, on ne l’a presque plus vu, hormis sur un coup franc.
KRIVETS. Que de maladresses et de ballons perdus pour le deuxième attaquant messin. En dehors d’une talonnade qui a trouvé Métanire, rien de rien en première période… Metz davantage porté vers l’avant, on l’a vu enfin montrer le bout du nez en deuxième mi-temps, avec une frappe trop écrasée à la 70e minute, puis une passe (presque) décisive pour Falcon (72e ). Ngbakoto l’a relayé (73e ).
MAÏGA. L’attaquant messin n’a pas ménagé sa peine, seul aux avant-postes. Mais en dehors d’un coup de tête (au-dessus) consécutif à un centre de Malouda, il n’a pas vraiment pesé sur la défense lensoise. À l’heure de jeu, il a écopé d’un avertissement avant de céder sa place à Falcon (62e ).
Patrick DELAHAYE.
Étouffé collectivement

Modibo Maïga, dominé par le Lensois Dimitri Cavaré. Sale soirée pour les Messins. Photo AFP Modibo Maïga, dominé par le Lensois Dimitri Cavaré. Sale soirée pour les Messins. Photo AFP
C’est inscrit dans les gènes du FC Metz depuis le retour d’Albert Cartier aux commandes du vaisseau grenat : la notion du travail collectif. Alors oui, Sylvain Marchal et ses partenaires se sont battus, « n’ont pas lâché » , selon leur entraîneur. Mais jamais ils n’ont, pour autant, semblé en mesure d’offrir une réponse à l’enthousiasme lensois. Si des erreurs individuelles étaient venues entacher les dernières prestations des Lorrains, hier soir, c’est tout un ensemble qui a failli.
Duels perdus
La faute, en premier lieu à des Artésiens bien plus forts. Tout simplement. Les hommes d’Antoine Kombouaré – dont l’avenir sur et dehors du terrain reste très incertain – ont, pour le coup, su se sublimer collectivement. « Je ne veux ressortir aucune individualité. Cette victoire, c’est celle d’un groupe » , a d’ailleurs commenté l’entraîneur lensois. Solides défensivement, omniprésents sur le porteur du ballon, ses joueurs ont ainsi totalement étouffé les Messins.
Reste que si le RC Lens s’est montré largement supérieur au FC Metz hier soir, c’est aussi parce que les Lorrains n’ont jamais été en mesure de hausser le ton. De trouver des solutions collectives. Pour preuve, ce chiffre : 45 % de passes réussies en première période. Trop peu, bien trop peu pour se montrer dangereux. Dans les duels, aussi, les Messins ont failli. Pourtant, là aussi, c’est censé être l’une de leurs marques de fabrique. Dans ce domaine, Lens leur a donné une belle leçon.
Courir, faire des efforts ne suffit pas pour imposer sa griffe. Encore faut-il qu’ils soient faits ensemble et surtout de manière moins brouillonne. Dominé dans tous les domaines, Metz a, une nouvelle fois, chuté à l’extérieur. Mercredi, Bordeaux s’invite à Saint-Symphorien. Une réponse (collective) est attendue. Car derrière se profile un voyage autrement plus périlleux chez le leader marseillais…
J.-S. G.
Le chiffre : 1
La frappe écrasée de Sergei Krivets – facilement captée par Riou – à la 70e minute de la rencontre face à Lens, hier soir au stade de la Licorne, aura été la seule tentative cadrée par les Messins durant toute la partie. Cette statistique met en lumière les difficultés des hommes d’Albert Cartier, bien trop inoffensifs pour ne pas repartir bredouilles de leur déplacement en Picardie.
Des Lensois entreprenants
On peut être derniers au classement et se montrer très entreprenants ! La preuve… Les Lensois ont d’abord fait preuve de beaucoup de mobilité en première mi-temps, avec un El Jadeyaoui très adroit et très actif à la baguette. Un pressing haut, des attaques répétées, des espaces trouvés, résultat : deux transversales aux 10e et 29e minutes signées Bourigeaud et Valdivia, Metz subissant la plupart du temps. Les Artésiens ont remis le couvert en deuxième période. Sur le même tempo. Pour trouver finalement la récompense d’un beau travail de sape qui a fini par user l’axe messin à deux reprises.
Le dernier de la classe avait du répondant, hier soir. De la qualité technique, de l’allant offensif et un jeu à petites touches de balles très performant.
Métanire : « Décevant et inquiétant »
Albert Cartier (entraîneur de Metz). « Lens mérite amplement sa victoire. On s’est battu, mais les Lensois ont fait preuve de beaucoup de constance. Nous avons subi au niveau de l’impact, de la vitesse et dans le domaine technique. En première période, on s’en sort avec beaucoup de chance. En seconde mi-temps, on a un peu sorti la tête de l’eau, mais cela s’est avéré insuffisant malgré une grosse occasion d’égaliser. »
Antoine Kombouaré (entraîneur de Lens). « C’est une énorme satisfaction et une grande fierté. Cela faisait longtemps que je n’avais plus vu mon équipe aussi consistante et enthousiaste. Malgré nos soucis, on ne lâche pas. La réponse à ceux qui ne croient déjà plus à la survie du RC Lens est belle… Mais le chemin est encore long. »
Romain Métanire (défenseur du FC Metz). « Nous n’avons pas été bons, c’est clair, dans tous les domaines. Lens, ce soir (hier soir) , avait plus envie que nous. C’est évident qu’à l’extérieur, nous avons du mal. Il va falloir trouver quelque chose pour rebondir. Trouver des ingrédients pour qu’on parvienne à changer quelque chose. Surtout que nous allons attaquer de grosses équipes (NDLR : Bordeaux, Marseille, Monaco). C’est à la fois décevant et inquiétant. »
Gervais Martel (président du RC Lens). « Cette équipe de Lens est à l’image du club. Elle a joué avec un cœur énorme et a su répondre présent dès le début du match. Ces derniers temps, Metz nous réussit plutôt. Nous avons gagné les duels tout de suite et les dirigeants messins viennent de me dire qu’ils avaient été surpris par la qualité de notre équipe. Ces Lensois-là ne lâchent rien. Je suis vraiment content pour eux. Et puis ils ont avec Antoine (Kombouaré) un vrai chef de bande. Ça a été un match serré puisque nous avons mis du temps à marquer. Mais à l’arrivée, c’est mérité. »
Alharbi El Jadeyaoui (milieu de terrain du RC Lens). « Pour nous, c’était un match très important contre une équipe qui devrait devenir un concurrent direct pour le maintien. Nous avons réussi un gros match dans le pressing et l’agressivité. Et avec l’état d’esprit irréprochable que nous avons, notre solidarité, ça a fini par passer. »
« On reçoit le PSG du CFA »

José Pinot. Photo Pascal BROCARD José Pinot. Photo Pascal BROCARD
L’équipe réserve du FC Metz reçoit le leader du championnat aujourd’hui. Les joueurs de José Pinot devront s’offrir un exploit.
Le match. FC Metz (2) : 16e avec 20 pts (2 victoires, 3 nuls, 6 défaites) ; dernier match : nul à Yzeure (0-0).
Mulhouse : 1er avec 37 pts (8 victoires, 2 nuls, 1 défaite) ; dernier match : défaite face à Troyes (0-1).
L’enjeu. C’est ce qui s’appelle un match des extrêmes. Dernière du championnat, la réserve messine reçoit, aujourd’hui, Mulhouse, meilleur élève de sa classe qui n’a concédé qu’une seule petite défaite en onze journées de championnat. L’ogre alsacien fait peur. Malgré un bon match nul ramené d’Yzeure, les Mosellans sont toujours embourbés dans les profondeurs du classement. Les Mulhousiens, eux, caracolent en tête mais restent sur une mauvaise impression : la première défaite de leur saison, le week-end dernier face à Troyes (0-1).
L’avis de l’entraîneur, José Pinot. « On reçoit le PSG du CFA. Mulhouse survole le championnat. De notre côté, il faudra essayer de bonifier notre bon match nul ramené d’Yzeure… »
Le groupe. Toujours blessés, Hadji et Joubert ne participeront pas à la rencontre face à Mulhouse. Expulsé en U19 la semaine dernière, Toussaint purgera, lui, son match de suspension.
FC Metz - Mulhouse Stade des Hauts de Blémont (14h30)
Metz/Algrange : Issy et maintenant

Adeline Janela mettra sa polyvalence au service de l’équipe. Photo Philippe NEU Adeline Janela mettra sa polyvalence au service de l’équipe. Photo Philippe NEU
Neuvième du classement, Metz/Algrange reçoit Issy-les-Moulineaux, onzième, pour une rencontre qui compte double dans l’optique du maintien. Un rendez-vous capital.
A l’impossible, nul n’est tenu. C’est pourquoi, de manière réaliste, nous n’attendions rien des joueuses grenat à Juvisy, chez Gaétane Thiney et consœurs. 4-0, la défaite a été consommée avant le repos. Elle aura pour conséquence embêtante la suspension de la capitaine Justine Oswald, pilier de la défense et joueuse exemplaire.
En revanche, on attend aujourd’hui les Algrangeoises chez elles, face à Issy. Attention, le rang des Parisiennes est trompeur au regard de leurs prestations. En effet, jamais, les Chouettes, puisqu’on les appelle ainsi, n’ont eu les ailes coupées, et si elles n’ont gagné qu’une rencontre, à Saint-Étienne (1-2), partout où elles sont passées, elles ont lutté becs et ongles, ne s’inclinant qu’1-3 devant Montpellier, 3-1, à Juvisy, 5-0 et 2-0 face aux épouvantails que sont Lyon et Paris, accrochant Rodez (2-3) et allant même jusqu’à partager les points avec Soyaux (0-0).
Les Lorraines doivent donc s’attendre à une équipe remontée, qui va venir pour se relancer, jouer un match de Coupe. A l’évidence, les Isséennes ont des difficultés offensives manifestes, mais derrière, ça tient !
Défense à recomposer
Bien sûr, comme beaucoup d’équipes à cette période de la saison, elles devront faire sans quelques-uns de leurs meilleurs éléments comme Sarah Boudaoud, Crystal Mangaya, l’internationale U19 Pauline Dhaeyer ou la gardienne Pauline Peyraud-Magnin, annoncées blessées.
Mais le collectif est suffisant pour faire pièce aux Mosellanes dans un match à huit points. Gérôme Henrionnet aura, lui aussi, quelques problèmes d’effectif. Ainsi devra-t-il recomposer son bloc défensif privé de Justine Oswald mais aussi de Rigoberte M’Bah, de Daniela Gurz et de Cindy Malet. Dans ce match qu’il faudra gagner, Henrionnet devrait être tenté de revenir à une défense à quatre pour privilégier le jeu offensif et l’occupation du terrain. Jatoba revient donc à l’animation. Les latérales seront deux joueuses de milieu avec Laurence Lhuillier et Adeline Janela.
Dans l’axe de la défense glisse Héloïse Mansuy pour faire la paire avec Marie Papaix. Le FCMA jouera en 4-4-2 avec, devant, la vitesse de Megan Lindsay et la puissance de Marie-Charlotte Léger. Suffisant ?
A. Z.

L’omniprésent milieu lensois Bourigeaud a mis Carrasso et les Messins K.-O. à la 79 e minute. Photo AFP
Dominés de bout en bout et incapables de donner la réplique à une équipe lensoise autrement plus inspirée, les Messins ont logiquement chuté, hier, à Amiens (2-0). Inquiétant ?
Ils vont nous recevoir avec une détermination incroyable. » Albert Cartier avait vu juste à propos d’une lanterne rouge lensoise dans l’obligation de se rassurer et surtout de se relancer. Ce que n’avait sans doute pas prévu l’entraîneur messin, c’est l’apathie de ses joueurs. Bousculés, chahutés, brouillons et sans cesse pris de vitesse par la fougue de Jérôme Lemoigne et ses partenaires.
De nos envoyés spéciaux à Amiens
Un chiffre pour résumer une première mi-temps totalement dominée par le RC Lens : 11 tirs à 2 en faveur des Sang et Or… Tout un symbole. Omniprésent, Bourigeaud, lancé plein axe, donnait le ton de quarante-cinq premières minutes à sens unique en envoyant un missile sur la barre de Johann Carrasso (10e ).
Incapables de garder un ballon qui semblait leur brûler les pieds, les Lorrains répondaient timidement par une tête non-cadrée signée Modibo Maïga (18e ). Une occasion en trompe-l’œil tant les Lensois maîtrisaient leur sujet. Idéalement servi par Cavaré, Valdivia se heurtait ainsi à un gardien messin inspiré qui accompagnait du regard la reprise de Baal catapultée inexplicablement au-dessus (25e ). Dans la foulée, Valdivia remettait le couvert, mais la frappe du milieu lensois, cuisinée aux petits oignons, heurtait à nouveau la barre de Carrasso (29e ).
Les Messins dans tout ça ? Aux abonnés absents… Gaëtan Bussmann tentait bien une incursion à proximité de la surface artésienne, mais sa tentative manquait autant de conviction que de puissance (30e ). Au contraire de Coulibaly… Mais ce dernier, abandonné par la défense messine au second poteau, faisait preuve d’une énorme maladresse et expédiait sa reprise au-dessus (40e +1).
Sans aucun répondant
La réaction lorraine attendue à la reprise ? Quasi inexistante. Lens reprenait sa marche en avant face à un bataillon messin impuissant, à défaut d’être totalement démobilisé. Et la sanction tombait le plus logiquement du monde : idéalement servi par Bourigeaud, El Jadeyaoui grillait la politesse à Guirane N’Daw pour ouvrir le score (1-0, 65e ). Et pourtant, au beau milieu de ce marasme collectif, Juan Falcon, rentré à la place de Maïga (62e ), avait une occasion en or d’égaliser… Mais le miracle n’avait pas lieu. L’attaquant vénézuélien, seul devant Riou après un service parfait de Sergeï Krivets – le seul vrai fait d’armes du Biélorusse hier soir –, manquait sa cible (72e ).
Albert Cartier tentait alors d’apporter du sang neuf en lançant Yeni Ngbakoto et Bouna Sarr (73e ). En vain… D’autant que cinq minutes plus tard, Baal offrait à Bourigeaud la balle du K.-O. Une offrande transformée, de la tête, par l’omniprésent milieu lensois (2-0, 79e ). Une juste récompense pour des Sang et Or déterminés, joueurs, accrocheurs. Tout le contraire des Messins, qui poursuivent leur funeste série loin de Saint-Symphorien. Mais, au-delà de la mauvaise opération comptable, c’est bien la manière qui est inquiétante. Car la rencontre d’hier a bel et bien pris des allures de chemin de croix.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Deux buts, un moindre mal !

Gaëtan Bussmann s’est montré bien discret hier soir face aux Lensois. Photo AFP Gaëtan Bussmann s’est montré bien discret hier soir face aux Lensois. Photo AFP
Usés par la qualité technique et le jeu en profondeur lensois, les Messins ont fini par céder, hier soir à Amiens. Le plus logiquement du monde.
CARRASSO. Le gardien messin a été plutôt verni en première mi-temps, même si, le plus souvent livré à lui-même, il ne pouvait pas vraiment faire plus ! Avec deux frappes sur la transversale, mais aussi un bel arrêt à bout portant sur Valdivia (24e ), il s’en est très bien sorti. À l’heure de jeu, sur un long centre venu de la gauche, il ne pouvait strictement rien, en revanche, sur la frappe au deuxième poteau d’El Jadeyaoui, délaissé par N’Daw. Ni sur le deuxième but de Bourigeaud (79e ) du reste.
MÉTANIRE. Pas vraiment sollicité sur son côté et plutôt discret balle au pied, l’arrière droit messin est passé relativement inaperçu. On l’a déjà vu nettement plus influent.
MARCHAL. Aussi absent en première mi-temps que déterminant en début de deuxième. C’est lui, le capitaine messin, qui a finalement retardé l’échéance en intervenant souvent fort à propos.
MILAN. Le défenseur messin le plus présent, c’est lui. Il faut dire que les Lensois usaient et abusaient du jeu dans la profondeur. Et Milan a coupé très souvent les trajectoires. Avec sobriété et efficacité. Mais à force d’être mis sous pression, l’axe messin a fini par céder.
BUSSMANN. La copie conforme de son alter ego de droite, Métanire. Aucune influence sur le jeu et un comportement défensif limité.
N’DAW. Une bonne présence physique dans l’axe et beaucoup de ballons maîtrisés. Quelques belles relances dans la profondeur aussi. En première période surtout. Avant de plonger.
KASHI. Quelques interceptions, un travail plutôt obscur dans l’axe. Mais une présence bien réduite pour le milieu défensif messin.
LEJEUNE. Inexistant en première période, le milieu de terrain droit messin paraissait presque perdu sur la pelouse. À la reprise, il s’est montré un peu plus entreprenant et a adressé notamment un bon centre pour Malouda (51e ). Avant de laisser sa place à Bouna Sarr (73e ). Qui a fait illusion quelques instants, avant de disparaître.
MALOUDA. Le milieu messin a joué juste, mais a touché bien peu de ballons. La technique était là, comme sur ce centre précis sur la tête de Maïga (18e ), mais sans vraiment influencer le cours des événements. En deuxième période, on ne l’a presque plus vu, hormis sur un coup franc.
KRIVETS. Que de maladresses et de ballons perdus pour le deuxième attaquant messin. En dehors d’une talonnade qui a trouvé Métanire, rien de rien en première période… Metz davantage porté vers l’avant, on l’a vu enfin montrer le bout du nez en deuxième mi-temps, avec une frappe trop écrasée à la 70e minute, puis une passe (presque) décisive pour Falcon (72e ). Ngbakoto l’a relayé (73e ).
MAÏGA. L’attaquant messin n’a pas ménagé sa peine, seul aux avant-postes. Mais en dehors d’un coup de tête (au-dessus) consécutif à un centre de Malouda, il n’a pas vraiment pesé sur la défense lensoise. À l’heure de jeu, il a écopé d’un avertissement avant de céder sa place à Falcon (62e ).
Patrick DELAHAYE.
Étouffé collectivement

Modibo Maïga, dominé par le Lensois Dimitri Cavaré. Sale soirée pour les Messins. Photo AFP Modibo Maïga, dominé par le Lensois Dimitri Cavaré. Sale soirée pour les Messins. Photo AFP
C’est inscrit dans les gènes du FC Metz depuis le retour d’Albert Cartier aux commandes du vaisseau grenat : la notion du travail collectif. Alors oui, Sylvain Marchal et ses partenaires se sont battus, « n’ont pas lâché » , selon leur entraîneur. Mais jamais ils n’ont, pour autant, semblé en mesure d’offrir une réponse à l’enthousiasme lensois. Si des erreurs individuelles étaient venues entacher les dernières prestations des Lorrains, hier soir, c’est tout un ensemble qui a failli.
Duels perdus
La faute, en premier lieu à des Artésiens bien plus forts. Tout simplement. Les hommes d’Antoine Kombouaré – dont l’avenir sur et dehors du terrain reste très incertain – ont, pour le coup, su se sublimer collectivement. « Je ne veux ressortir aucune individualité. Cette victoire, c’est celle d’un groupe » , a d’ailleurs commenté l’entraîneur lensois. Solides défensivement, omniprésents sur le porteur du ballon, ses joueurs ont ainsi totalement étouffé les Messins.
Reste que si le RC Lens s’est montré largement supérieur au FC Metz hier soir, c’est aussi parce que les Lorrains n’ont jamais été en mesure de hausser le ton. De trouver des solutions collectives. Pour preuve, ce chiffre : 45 % de passes réussies en première période. Trop peu, bien trop peu pour se montrer dangereux. Dans les duels, aussi, les Messins ont failli. Pourtant, là aussi, c’est censé être l’une de leurs marques de fabrique. Dans ce domaine, Lens leur a donné une belle leçon.
Courir, faire des efforts ne suffit pas pour imposer sa griffe. Encore faut-il qu’ils soient faits ensemble et surtout de manière moins brouillonne. Dominé dans tous les domaines, Metz a, une nouvelle fois, chuté à l’extérieur. Mercredi, Bordeaux s’invite à Saint-Symphorien. Une réponse (collective) est attendue. Car derrière se profile un voyage autrement plus périlleux chez le leader marseillais…
J.-S. G.
Le chiffre : 1
La frappe écrasée de Sergei Krivets – facilement captée par Riou – à la 70e minute de la rencontre face à Lens, hier soir au stade de la Licorne, aura été la seule tentative cadrée par les Messins durant toute la partie. Cette statistique met en lumière les difficultés des hommes d’Albert Cartier, bien trop inoffensifs pour ne pas repartir bredouilles de leur déplacement en Picardie.
Des Lensois entreprenants
On peut être derniers au classement et se montrer très entreprenants ! La preuve… Les Lensois ont d’abord fait preuve de beaucoup de mobilité en première mi-temps, avec un El Jadeyaoui très adroit et très actif à la baguette. Un pressing haut, des attaques répétées, des espaces trouvés, résultat : deux transversales aux 10e et 29e minutes signées Bourigeaud et Valdivia, Metz subissant la plupart du temps. Les Artésiens ont remis le couvert en deuxième période. Sur le même tempo. Pour trouver finalement la récompense d’un beau travail de sape qui a fini par user l’axe messin à deux reprises.
Le dernier de la classe avait du répondant, hier soir. De la qualité technique, de l’allant offensif et un jeu à petites touches de balles très performant.
Métanire : « Décevant et inquiétant »
Albert Cartier (entraîneur de Metz). « Lens mérite amplement sa victoire. On s’est battu, mais les Lensois ont fait preuve de beaucoup de constance. Nous avons subi au niveau de l’impact, de la vitesse et dans le domaine technique. En première période, on s’en sort avec beaucoup de chance. En seconde mi-temps, on a un peu sorti la tête de l’eau, mais cela s’est avéré insuffisant malgré une grosse occasion d’égaliser. »
Antoine Kombouaré (entraîneur de Lens). « C’est une énorme satisfaction et une grande fierté. Cela faisait longtemps que je n’avais plus vu mon équipe aussi consistante et enthousiaste. Malgré nos soucis, on ne lâche pas. La réponse à ceux qui ne croient déjà plus à la survie du RC Lens est belle… Mais le chemin est encore long. »
Romain Métanire (défenseur du FC Metz). « Nous n’avons pas été bons, c’est clair, dans tous les domaines. Lens, ce soir (hier soir) , avait plus envie que nous. C’est évident qu’à l’extérieur, nous avons du mal. Il va falloir trouver quelque chose pour rebondir. Trouver des ingrédients pour qu’on parvienne à changer quelque chose. Surtout que nous allons attaquer de grosses équipes (NDLR : Bordeaux, Marseille, Monaco). C’est à la fois décevant et inquiétant. »
Gervais Martel (président du RC Lens). « Cette équipe de Lens est à l’image du club. Elle a joué avec un cœur énorme et a su répondre présent dès le début du match. Ces derniers temps, Metz nous réussit plutôt. Nous avons gagné les duels tout de suite et les dirigeants messins viennent de me dire qu’ils avaient été surpris par la qualité de notre équipe. Ces Lensois-là ne lâchent rien. Je suis vraiment content pour eux. Et puis ils ont avec Antoine (Kombouaré) un vrai chef de bande. Ça a été un match serré puisque nous avons mis du temps à marquer. Mais à l’arrivée, c’est mérité. »
Alharbi El Jadeyaoui (milieu de terrain du RC Lens). « Pour nous, c’était un match très important contre une équipe qui devrait devenir un concurrent direct pour le maintien. Nous avons réussi un gros match dans le pressing et l’agressivité. Et avec l’état d’esprit irréprochable que nous avons, notre solidarité, ça a fini par passer. »
« On reçoit le PSG du CFA »

José Pinot. Photo Pascal BROCARD José Pinot. Photo Pascal BROCARD
L’équipe réserve du FC Metz reçoit le leader du championnat aujourd’hui. Les joueurs de José Pinot devront s’offrir un exploit.
Le match. FC Metz (2) : 16e avec 20 pts (2 victoires, 3 nuls, 6 défaites) ; dernier match : nul à Yzeure (0-0).
Mulhouse : 1er avec 37 pts (8 victoires, 2 nuls, 1 défaite) ; dernier match : défaite face à Troyes (0-1).
L’enjeu. C’est ce qui s’appelle un match des extrêmes. Dernière du championnat, la réserve messine reçoit, aujourd’hui, Mulhouse, meilleur élève de sa classe qui n’a concédé qu’une seule petite défaite en onze journées de championnat. L’ogre alsacien fait peur. Malgré un bon match nul ramené d’Yzeure, les Mosellans sont toujours embourbés dans les profondeurs du classement. Les Mulhousiens, eux, caracolent en tête mais restent sur une mauvaise impression : la première défaite de leur saison, le week-end dernier face à Troyes (0-1).
L’avis de l’entraîneur, José Pinot. « On reçoit le PSG du CFA. Mulhouse survole le championnat. De notre côté, il faudra essayer de bonifier notre bon match nul ramené d’Yzeure… »
Le groupe. Toujours blessés, Hadji et Joubert ne participeront pas à la rencontre face à Mulhouse. Expulsé en U19 la semaine dernière, Toussaint purgera, lui, son match de suspension.
FC Metz - Mulhouse Stade des Hauts de Blémont (14h30)
Metz/Algrange : Issy et maintenant

Adeline Janela mettra sa polyvalence au service de l’équipe. Photo Philippe NEU Adeline Janela mettra sa polyvalence au service de l’équipe. Photo Philippe NEU
Neuvième du classement, Metz/Algrange reçoit Issy-les-Moulineaux, onzième, pour une rencontre qui compte double dans l’optique du maintien. Un rendez-vous capital.
A l’impossible, nul n’est tenu. C’est pourquoi, de manière réaliste, nous n’attendions rien des joueuses grenat à Juvisy, chez Gaétane Thiney et consœurs. 4-0, la défaite a été consommée avant le repos. Elle aura pour conséquence embêtante la suspension de la capitaine Justine Oswald, pilier de la défense et joueuse exemplaire.
En revanche, on attend aujourd’hui les Algrangeoises chez elles, face à Issy. Attention, le rang des Parisiennes est trompeur au regard de leurs prestations. En effet, jamais, les Chouettes, puisqu’on les appelle ainsi, n’ont eu les ailes coupées, et si elles n’ont gagné qu’une rencontre, à Saint-Étienne (1-2), partout où elles sont passées, elles ont lutté becs et ongles, ne s’inclinant qu’1-3 devant Montpellier, 3-1, à Juvisy, 5-0 et 2-0 face aux épouvantails que sont Lyon et Paris, accrochant Rodez (2-3) et allant même jusqu’à partager les points avec Soyaux (0-0).
Les Lorraines doivent donc s’attendre à une équipe remontée, qui va venir pour se relancer, jouer un match de Coupe. A l’évidence, les Isséennes ont des difficultés offensives manifestes, mais derrière, ça tient !
Défense à recomposer
Bien sûr, comme beaucoup d’équipes à cette période de la saison, elles devront faire sans quelques-uns de leurs meilleurs éléments comme Sarah Boudaoud, Crystal Mangaya, l’internationale U19 Pauline Dhaeyer ou la gardienne Pauline Peyraud-Magnin, annoncées blessées.
Mais le collectif est suffisant pour faire pièce aux Mosellanes dans un match à huit points. Gérôme Henrionnet aura, lui aussi, quelques problèmes d’effectif. Ainsi devra-t-il recomposer son bloc défensif privé de Justine Oswald mais aussi de Rigoberte M’Bah, de Daniela Gurz et de Cindy Malet. Dans ce match qu’il faudra gagner, Henrionnet devrait être tenté de revenir à une défense à quatre pour privilégier le jeu offensif et l’occupation du terrain. Jatoba revient donc à l’animation. Les latérales seront deux joueuses de milieu avec Laurence Lhuillier et Adeline Janela.
Dans l’axe de la défense glisse Héloïse Mansuy pour faire la paire avec Marie Papaix. Le FCMA jouera en 4-4-2 avec, devant, la vitesse de Megan Lindsay et la puissance de Marie-Charlotte Léger. Suffisant ?
A. Z.