R.L. 04/12 : Metz se rassure
Publié : 04 déc. 2014, 07:42
Metz se rassure

Federico Andrada est passé tout près d’inscrire son premier but en Ligue 1. Mais son tir a été sauvé sur la ligne... Photo Karim SIARI
Après avoir sombré face à Lens (2-0), les Messins ont sorti la tête de l’eau, hier, contre Bordeaux (0-0). Bien que frustrant, Malouda ayant manqué un penalty, ce résultat est rassurant.
Premier enseignement : Metz n’a pas pris de but hier soir. Cela ne lui était plus arrivé depuis le 18 octobre (0-0 contre Rennes). Un bail… Deuxième enseignement : Metz a mis un terme à une série de trois défaites d’affilée. Entre les deux, la frustration d’avoir laissé échapper une victoire qui lui a tendu les bras. C’est là aussi, un autre enseignement de la soirée : Metz doit retrouver son efficacité offensive. Cela vaut pour Florent Malouda, dont le penalty a été repoussé par Cédric Carrasso en toute fin de match, mais aussi pour ses partenaires, pas assez réalistes devant le but bordelais.
Au moins, la prestation de Sylvain Marchal et des siens face à une vaillante équipe bordelaise a-t-elle permis de gommer l’énorme rature tracée sur le tableau de la Licorne samedi dernier. Certes, pendant de longues minutes, les Lorrains ont semblé encore un peu perturbés par cet incident. Un brin timorés (presque) tout au long de la première période, les Messins ont laissé l’essentiel du ballon à un adversaire qui n’a pas su en profiter. La faute à la maladresse et à un certain manque de lucidité des attaquants girondins, mais aussi à un collectif mosellan bien plus mordant qu’en Picardie et surtout battant la mesure ensemble.
Certes, Khazri avait donné le la avec une première frappe non cadrée (9e ) et un coup franc bien capté par Johann Carrasso (21e ). Mais le FC Metz montrait tout de même le bout de son nez (gelé) sur une reprise acrobatique signée Sergueï Krivets (17e ) et une accélération de Juan Falcon repris in extremis par Sané (32e ). Les intentions et l’engagement étaient bel et bien de retour, malgré encore de nombreux déchets et quelques maladresses.
Andrada échoue de peu
Ces petits détails, contrariants, les hommes d’Albert Cartier sont parvenus à en laisser un bon wagon dans les vestiaires. Résultat, en même temps que les encouragements redescendaient (enfin) des tribunes, les Lorrains haussaient le ton. Grâce à beaucoup de variations, un jeu direct mieux maîtrisé et de nombreuses déviations, notamment, Metz parvenait à emballer la rencontre. Et ce, malgré deux grosses occasions bordelaises : lancé dans le dos de la défense, Diabaté se ratait totalement (64e ), quand la frappe vicieuse de Khazri filait de peu à côté (66e ).
Dans la foulée, alors que le public de Saint-Symphorien soutenait de plus en plus fort et surtout à l’unisson ses favoris, Florent Malouda échouait de peu face à Cédric Carrasso à deux reprises (67e , 70e ). De son côté, Juan Falcon, qui, pour la première fois a évolué quelques minutes en pointe aux côtés de Modibo Maïga, s’ouvrait le chemin du but mais était repris au moment de frapper (75e ).
Autrement dit, Metz se créait des occasions. Federico Andrada, invité à prendre le relais de Falcon (78e ), se mettait rapidement au diapason et il fallait un sauvetage sur sa ligne de Pallois pour contrarier le jeune Argentin (82e ). Frustrant… Mais pas autant que cette ultime occasion manquée par Florent Malouda.
A l’origine du penalty, Modibo Maïga poussait Cédric Carrasso à la faute. Malheureusement, l’ex-milieu de l’équipe de France échouait face à son ancien partenaire chez les Bleus (87e ). Le dernier mot revenait à Andrada dont la frappe ne trouvait pas sa cible (89e ).
Metz a donc laissé échapper deux points. Mais l’unité acquise, au courage et avec une certaine cohérence collective retrouvée, est rassurante à quelques jours de jeter l’ancre dans le Vieux-Port.
Jean-Sébastien GALLOIS.
FC Metz : Malouda n’y arrive pas

Florent Malouda n’en revient pas. Hier, il a raté son deuxième penalty de la saison. Photo Karim SIARI
Le Guyanais a encore connu une partie difficile et s’est surtout signalé en ratant un deuxième penalty sur trois tentatives cette année.
CARRASSO. Bordeaux n’a cadré qu’un tir et le gardien, peu sollicité hier, l’a capté sans problème. C’est la première fois qu’il n’encaisse pas de but depuis son retour de blessure et, comme un symbole, c’était face à son frère. Il a dû apprécier. Avec la victoire au bout, il aurait sans doute préféré…
METANIRE. Encore un match généreux de Métanire très en jambes, agressif et omniprésent sur le plan défensif. S’il canalisait ses efforts, il ferait sans doute preuve de davantage de justesse en attaque mais il n’a jamais calculé justement.
MARCHAL. Un match consistant du capitaine, qui n’a pas été souvent pris en défaut par les attaquants bordelais et a su témoigner d’un souci de relance propre.
MILAN. Son jeu de tête défensif s’est encore avéré précieux et il a contribué lui aussi au retour à l’hermétisme des Messins par une présence sécurisante dans la surface.
BUSSMANN. Rare dans ses incursions offensives, il s’est surtout manifesté par une copie défensive globalement propre et se fend d’une intervention précieuse, en fin de match, devant Touré (79e ).
LEJEUNE. Albert Cartier avait réclamé de l’impact, Kévin Lejeune l’a entendu. Le milieu offensif n’a jamais refusé le contact et il fut aussi l’un des rares à s’infiltrer dans les intervalles et à tenter de donner de la vitesse aux relances messines. Plus discret en seconde période et remplacé par Kashi (86e ).
N’DAW. Il a attendu une demi-heure avant de se mêler plus franchement au combat et de se montrer plus autoritaire à la récupération. Il n’a pas abusé non plus du jeu long. Solide.
DOUKOURE. Un souci de jouer au sol et vers l’avant, doublé d’une prise de risques mesurée. Préféré à Ahmed Kashi, Cheick Doukouré a rendu une copie propre, tout en sobriété et sans fausse note.
MALOUDA. Il court, il défend, il tire proprement les coups de pied arrêtés, bref, il s’investit. Mais il peine toujours à avoir une influence offensive et il n’a pas réussi grand-chose pour le peu qu’il a tenté, à l’image de cette ouverture dilapidée vers Krivets (16e ), de ce duel raté face à Carrasso (70e ) et, surtout, de ce penalty arrêté par le gardien (88e ). Après la Coupe de la Ligue à Nice, c’est son deuxième échec dans ce domaine depuis qu’il est Messin…
KRIVETS. Le Biélorusse aurait pu signer un but d’anthologie si son tir en pivot avait trouvé le cadre (17e ). A créditer aussi d’un bon lancement pour Falcon (41e ) mais le bilan s’arrête là. Remplacé par Maïga (59e ) qui s’est heurté à Carrasso dans une position très excentrée (82e ) avant de provoquer un penalty sur une faute du gardien. Intéressant, vraiment.
FALCON. Peu d’occasions à se glisser sous les crampons pour l’attaquant vénézuélien qui a été parfaitement contrôlé par Pallois, sur ses rares échappées (33e , 41e ). Remplacé par Andrada (80e ) qui signe une entrée enthousiasmante mais rate une balle de match en même temps qu’il oublie Malouda (83e ).
Christian JOUGLEUX.
Deux hommes dans le match : « Carrassico », première édition

Pour leur premier match face à face, Cédric (à gauche) et Johan Carrasso ont terminé à égalité : sans prendre de but. Photo Karim SIARI
Les frères Johann et Cédric Carrasso se retrouvaient hier pour la première fois face à face en Ligue 1. Ils sont repartis dos à dos et avec le sourire.
L’Espagne possède son clasico, la France dispose, depuis hier soir, de son Carrassico. Jamais deux frères, gardiens, ne s’étaient opposés en Ligue 1 et cette première a été célébrée par la fratrie Carrasso qui a partagé 90 minutes à chaque bout du terrain.
A l’heure de fouler la pelouse pour l’échauffement, c’est Cédric qui est venu à la rencontre de Johann. Une bise chaleureuse, teintée d’émotion évidemment. « Je pense que c’est lui qui était le plus stressé, sourit Johann, le Messin. Cédric a fait la démarche de me retrouver de l’autre côté du terrain pour me souhaiter un bon match. C’était une sensation très agréable que j’espère encore retrouver quelques années. »
Une bise, histoire d’évacuer le vif sentiment de retrouver un frère dans les buts d’en face et sûrement de rentrer immédiatement dans la rencontre aussi. « Ça nous a permis d’évacuer la pression, tous les deux. Je pense qu’on en avait besoin » , assure le Mosellan.
Six ans et demi et 239 matches séparaient le Messin (26 ans, 105 matches pros) du Bordelais (32 ans, 344 rencontres). La jeunesse et l’expérience mises but à but, clin d’œil sympathique. « J’ai plus de bouteille, c’est normal d’aller à sa rencontre. Ça prend aux tripes de voir son petit frère en face, même comme adversaire. Je l’ai vu naître » , avoue le Bordelais.
« C’est notre maman qui va être heureuse »
Pour Johann, briller sous les yeux de son frère revêtait évidemment une importance toute particulière. De plus, le dernier rempart mosellan traînait, avant cette 16e journée, un bilan tristounet de 13 buts encaissés et trois défaites consécutives, depuis la guérison de sa blessure au quadriceps…
Finalement, l’histoire retiendra qu’il aura fallu chatouiller ses liens du sang pour stopper l’hémorragie messine. « Je suis un compétiteur, je suis évidemment déçu de la manière dont s’est terminé ce match, même si on prend un bon point face à une belle équipe bordelaise. J’aurais aimé que Cédric n’arrête pas ce penalty… Car on s’est montré solide défensivement et globalement, j’ai eu beaucoup moins de boulot que lui. »
« C’est notre maman qui va être heureuse, conclut l’aîné. On n’a pas pris de but tous les deux ce soir. Moi, j’ai rajouté un peu de suspense en arrêtant ce péno. »
Nicolas KIHL.
Un petit cru de Bordeaux
C’est un petit Bordeaux, solide en première mi-temps et discret en deuxième, qui s’est montré hier à Saint-Symphorien. Plusieurs éléments ont déçu, à l’image de Diabaté et Traoré. Khazri s’est avéré remuant mais n’a pas fait la différence non plus, sinon sur ce but refusé pour hors-jeu (23e )…
Sinon, deux hommes devront simplement être mis en évidence. Jaroslav Plasil, pour commencer. Sa palette technique, sa vision du jeu et la précision de ses initiatives sont des bénédictions pour les Girondins. L’autre Bordelais du soir restera évidemment Cédric Carrasso.
Si le gardien est parti à la faute devant Maïga, il a également su se rattraper dans la foulée en stoppant le penalty de Malouda. Sylvain Marchal l’a d’ailleurs rappelé à l’heure de l’analyse : « On ne peut pas dire que le tir était raté, c’est le gardien qui fait un bon arrêt. »
Métanire : « On peut retenir du positif »
Romain Métanire, défenseur du FC Metz. « On a des regrets car on aurait pu s’offrir trois points. Mais on peut retenir du positif car on s’est rattrapé par rapport à nos dernières prestations. On a bien défendu collectivement, on va pouvoir s’appuyer sur ça pour préparer Marseille. »
Cheick Doukouré, milieu défensif du FC Metz. « Je suis très content de retrouver une place de titulaire. Ce soir (hier) , on sort surtout frustré car on avait à cœur de gagner devant notre public. On n’a pas pris de but contre une équipe qui joue le haut du classement, c’est encourageant. »
Sylvain Marchal, capitaine du FC Metz : « On garde deux sentiments à l’arrivée. Après une prestation plus que moyenne contre Lens, on a senti en première mi-temps que ce match était encore dans les têtes, mais on a réussi à se lâcher en seconde période contre une bonne équipe de Bordeaux. C’est donc plutôt positif de ne pas avoir pris de but, mais il nous a aussi manqué la réussite et l’efficacité. Cela ne reviendra pas d’un coup de baguette magique mais, globalement, on aura réussi à embêter cette équipe. »
Albert Cartier, entraîneur du FC Metz : « On a vu un bon match de Ligue 1 et je suis content parce qu’on a fait ce qu’on avait travaillé dans la semaine. Appuis, soutien, remises, jeu dans la profondeur… C’est bien que les garçons aient pu traduire ça par quatre occasions en deuxième mi-temps. C’est un point, mais il a fallu beaucoup d’énergie pour l’obtenir. Il faut aussi remercier tout le public pour son soutien importantissime en deuxième mi-temps. »
Willy Sagnol, entraîneur de Bordeaux : « Sur notre première mi-temps, si on avait eu un peu plus de lucidité sur la dernière passe, on aurait pu concrétiser notre domination. En deuxième mi-temps, Metz a pratiqué un jeu plus direct et l’entrée de Maïga nous a fait du mal. Revenir avec un point de Saint-Symphorien, c’est un bon résultat pour nous. »
Fc Metz actu

La tribune Ouest Basse vide. Photo Karim SIARI
Ambiance
Les supporters messins ont de la suite dans les idées. Alors que les membres de Génération Grenat étaient privés de leur emplacement habituel en tribune Ouest Basse et donc ventilés ailleurs dans le stade, leurs homologues de la Horda Frénétik ont poursuivi, le temps d’une mi-temps, cette grève des encouragements, motivée par l’interdiction de ramener des banderoles et, plus généralement, par un sentiment de restriction de leurs libertés. Forcément, l’ambiance s’en est ressentie. Les fidèles bordelais, venus en nombre pourtant limité, ont ainsi pu faire entendre leur voix, tandis que le speaker de Saint-Symphorien a rencontré un puissant moment de solitude à l’heure d’annoncer les équipes. En deuxième période, en revanche, tout ce petit monde s’est réveillé et les chants ont fusé, en écho, des deux côtés. Cela change un stade et un match…Mais les intéressés ont prévenu, côté Horda : ils chantaient « seulement pour les joueurs ».
Pelouse
Après quinze journées de championnat, le FC Metz reste sur le podiumdu classement des pelouses, établi par la Ligue de football professionnel. Saint-Symphorien pointe en effet au troisième rang avec 18,3 points, derrière le PSG (19,4) et Nantes (19,4).
Promenade
Hier, en fin de matinée, Willy Sagnol, l’entraîneur des Girondins de Bordeaux, a profité de quelques instants de "liberté" pour effectuer une promenade en solitaire dans le centre-ville de Metz.
Recrue
Une première recrue serait déjà dans les tuyaux du FC Metz. Il s’agirait du jeune international letton Janis Ikaunieks. Ce milieu offensif gaucher de 19 ans évoluait jusqu’alors dans son pays, à Ljepaja, et reste sur une saison à 23 buts et 9 passes décisives. « Il sera avec nous dès janvier , a confirmé Albert Cartier. Il est capable de jouer sur un côté ou derrière l’attaquant, mais c’est surtout un joueur pour l’avenir. »

Federico Andrada est passé tout près d’inscrire son premier but en Ligue 1. Mais son tir a été sauvé sur la ligne... Photo Karim SIARI
Après avoir sombré face à Lens (2-0), les Messins ont sorti la tête de l’eau, hier, contre Bordeaux (0-0). Bien que frustrant, Malouda ayant manqué un penalty, ce résultat est rassurant.
Premier enseignement : Metz n’a pas pris de but hier soir. Cela ne lui était plus arrivé depuis le 18 octobre (0-0 contre Rennes). Un bail… Deuxième enseignement : Metz a mis un terme à une série de trois défaites d’affilée. Entre les deux, la frustration d’avoir laissé échapper une victoire qui lui a tendu les bras. C’est là aussi, un autre enseignement de la soirée : Metz doit retrouver son efficacité offensive. Cela vaut pour Florent Malouda, dont le penalty a été repoussé par Cédric Carrasso en toute fin de match, mais aussi pour ses partenaires, pas assez réalistes devant le but bordelais.
Au moins, la prestation de Sylvain Marchal et des siens face à une vaillante équipe bordelaise a-t-elle permis de gommer l’énorme rature tracée sur le tableau de la Licorne samedi dernier. Certes, pendant de longues minutes, les Lorrains ont semblé encore un peu perturbés par cet incident. Un brin timorés (presque) tout au long de la première période, les Messins ont laissé l’essentiel du ballon à un adversaire qui n’a pas su en profiter. La faute à la maladresse et à un certain manque de lucidité des attaquants girondins, mais aussi à un collectif mosellan bien plus mordant qu’en Picardie et surtout battant la mesure ensemble.
Certes, Khazri avait donné le la avec une première frappe non cadrée (9e ) et un coup franc bien capté par Johann Carrasso (21e ). Mais le FC Metz montrait tout de même le bout de son nez (gelé) sur une reprise acrobatique signée Sergueï Krivets (17e ) et une accélération de Juan Falcon repris in extremis par Sané (32e ). Les intentions et l’engagement étaient bel et bien de retour, malgré encore de nombreux déchets et quelques maladresses.
Andrada échoue de peu
Ces petits détails, contrariants, les hommes d’Albert Cartier sont parvenus à en laisser un bon wagon dans les vestiaires. Résultat, en même temps que les encouragements redescendaient (enfin) des tribunes, les Lorrains haussaient le ton. Grâce à beaucoup de variations, un jeu direct mieux maîtrisé et de nombreuses déviations, notamment, Metz parvenait à emballer la rencontre. Et ce, malgré deux grosses occasions bordelaises : lancé dans le dos de la défense, Diabaté se ratait totalement (64e ), quand la frappe vicieuse de Khazri filait de peu à côté (66e ).
Dans la foulée, alors que le public de Saint-Symphorien soutenait de plus en plus fort et surtout à l’unisson ses favoris, Florent Malouda échouait de peu face à Cédric Carrasso à deux reprises (67e , 70e ). De son côté, Juan Falcon, qui, pour la première fois a évolué quelques minutes en pointe aux côtés de Modibo Maïga, s’ouvrait le chemin du but mais était repris au moment de frapper (75e ).
Autrement dit, Metz se créait des occasions. Federico Andrada, invité à prendre le relais de Falcon (78e ), se mettait rapidement au diapason et il fallait un sauvetage sur sa ligne de Pallois pour contrarier le jeune Argentin (82e ). Frustrant… Mais pas autant que cette ultime occasion manquée par Florent Malouda.
A l’origine du penalty, Modibo Maïga poussait Cédric Carrasso à la faute. Malheureusement, l’ex-milieu de l’équipe de France échouait face à son ancien partenaire chez les Bleus (87e ). Le dernier mot revenait à Andrada dont la frappe ne trouvait pas sa cible (89e ).
Metz a donc laissé échapper deux points. Mais l’unité acquise, au courage et avec une certaine cohérence collective retrouvée, est rassurante à quelques jours de jeter l’ancre dans le Vieux-Port.
Jean-Sébastien GALLOIS.
FC Metz : Malouda n’y arrive pas

Florent Malouda n’en revient pas. Hier, il a raté son deuxième penalty de la saison. Photo Karim SIARI
Le Guyanais a encore connu une partie difficile et s’est surtout signalé en ratant un deuxième penalty sur trois tentatives cette année.
CARRASSO. Bordeaux n’a cadré qu’un tir et le gardien, peu sollicité hier, l’a capté sans problème. C’est la première fois qu’il n’encaisse pas de but depuis son retour de blessure et, comme un symbole, c’était face à son frère. Il a dû apprécier. Avec la victoire au bout, il aurait sans doute préféré…
METANIRE. Encore un match généreux de Métanire très en jambes, agressif et omniprésent sur le plan défensif. S’il canalisait ses efforts, il ferait sans doute preuve de davantage de justesse en attaque mais il n’a jamais calculé justement.
MARCHAL. Un match consistant du capitaine, qui n’a pas été souvent pris en défaut par les attaquants bordelais et a su témoigner d’un souci de relance propre.
MILAN. Son jeu de tête défensif s’est encore avéré précieux et il a contribué lui aussi au retour à l’hermétisme des Messins par une présence sécurisante dans la surface.
BUSSMANN. Rare dans ses incursions offensives, il s’est surtout manifesté par une copie défensive globalement propre et se fend d’une intervention précieuse, en fin de match, devant Touré (79e ).
LEJEUNE. Albert Cartier avait réclamé de l’impact, Kévin Lejeune l’a entendu. Le milieu offensif n’a jamais refusé le contact et il fut aussi l’un des rares à s’infiltrer dans les intervalles et à tenter de donner de la vitesse aux relances messines. Plus discret en seconde période et remplacé par Kashi (86e ).
N’DAW. Il a attendu une demi-heure avant de se mêler plus franchement au combat et de se montrer plus autoritaire à la récupération. Il n’a pas abusé non plus du jeu long. Solide.
DOUKOURE. Un souci de jouer au sol et vers l’avant, doublé d’une prise de risques mesurée. Préféré à Ahmed Kashi, Cheick Doukouré a rendu une copie propre, tout en sobriété et sans fausse note.
MALOUDA. Il court, il défend, il tire proprement les coups de pied arrêtés, bref, il s’investit. Mais il peine toujours à avoir une influence offensive et il n’a pas réussi grand-chose pour le peu qu’il a tenté, à l’image de cette ouverture dilapidée vers Krivets (16e ), de ce duel raté face à Carrasso (70e ) et, surtout, de ce penalty arrêté par le gardien (88e ). Après la Coupe de la Ligue à Nice, c’est son deuxième échec dans ce domaine depuis qu’il est Messin…
KRIVETS. Le Biélorusse aurait pu signer un but d’anthologie si son tir en pivot avait trouvé le cadre (17e ). A créditer aussi d’un bon lancement pour Falcon (41e ) mais le bilan s’arrête là. Remplacé par Maïga (59e ) qui s’est heurté à Carrasso dans une position très excentrée (82e ) avant de provoquer un penalty sur une faute du gardien. Intéressant, vraiment.
FALCON. Peu d’occasions à se glisser sous les crampons pour l’attaquant vénézuélien qui a été parfaitement contrôlé par Pallois, sur ses rares échappées (33e , 41e ). Remplacé par Andrada (80e ) qui signe une entrée enthousiasmante mais rate une balle de match en même temps qu’il oublie Malouda (83e ).
Christian JOUGLEUX.
Deux hommes dans le match : « Carrassico », première édition

Pour leur premier match face à face, Cédric (à gauche) et Johan Carrasso ont terminé à égalité : sans prendre de but. Photo Karim SIARI
Les frères Johann et Cédric Carrasso se retrouvaient hier pour la première fois face à face en Ligue 1. Ils sont repartis dos à dos et avec le sourire.
L’Espagne possède son clasico, la France dispose, depuis hier soir, de son Carrassico. Jamais deux frères, gardiens, ne s’étaient opposés en Ligue 1 et cette première a été célébrée par la fratrie Carrasso qui a partagé 90 minutes à chaque bout du terrain.
A l’heure de fouler la pelouse pour l’échauffement, c’est Cédric qui est venu à la rencontre de Johann. Une bise chaleureuse, teintée d’émotion évidemment. « Je pense que c’est lui qui était le plus stressé, sourit Johann, le Messin. Cédric a fait la démarche de me retrouver de l’autre côté du terrain pour me souhaiter un bon match. C’était une sensation très agréable que j’espère encore retrouver quelques années. »
Une bise, histoire d’évacuer le vif sentiment de retrouver un frère dans les buts d’en face et sûrement de rentrer immédiatement dans la rencontre aussi. « Ça nous a permis d’évacuer la pression, tous les deux. Je pense qu’on en avait besoin » , assure le Mosellan.
Six ans et demi et 239 matches séparaient le Messin (26 ans, 105 matches pros) du Bordelais (32 ans, 344 rencontres). La jeunesse et l’expérience mises but à but, clin d’œil sympathique. « J’ai plus de bouteille, c’est normal d’aller à sa rencontre. Ça prend aux tripes de voir son petit frère en face, même comme adversaire. Je l’ai vu naître » , avoue le Bordelais.
« C’est notre maman qui va être heureuse »
Pour Johann, briller sous les yeux de son frère revêtait évidemment une importance toute particulière. De plus, le dernier rempart mosellan traînait, avant cette 16e journée, un bilan tristounet de 13 buts encaissés et trois défaites consécutives, depuis la guérison de sa blessure au quadriceps…
Finalement, l’histoire retiendra qu’il aura fallu chatouiller ses liens du sang pour stopper l’hémorragie messine. « Je suis un compétiteur, je suis évidemment déçu de la manière dont s’est terminé ce match, même si on prend un bon point face à une belle équipe bordelaise. J’aurais aimé que Cédric n’arrête pas ce penalty… Car on s’est montré solide défensivement et globalement, j’ai eu beaucoup moins de boulot que lui. »
« C’est notre maman qui va être heureuse, conclut l’aîné. On n’a pas pris de but tous les deux ce soir. Moi, j’ai rajouté un peu de suspense en arrêtant ce péno. »
Nicolas KIHL.
Un petit cru de Bordeaux
C’est un petit Bordeaux, solide en première mi-temps et discret en deuxième, qui s’est montré hier à Saint-Symphorien. Plusieurs éléments ont déçu, à l’image de Diabaté et Traoré. Khazri s’est avéré remuant mais n’a pas fait la différence non plus, sinon sur ce but refusé pour hors-jeu (23e )…
Sinon, deux hommes devront simplement être mis en évidence. Jaroslav Plasil, pour commencer. Sa palette technique, sa vision du jeu et la précision de ses initiatives sont des bénédictions pour les Girondins. L’autre Bordelais du soir restera évidemment Cédric Carrasso.
Si le gardien est parti à la faute devant Maïga, il a également su se rattraper dans la foulée en stoppant le penalty de Malouda. Sylvain Marchal l’a d’ailleurs rappelé à l’heure de l’analyse : « On ne peut pas dire que le tir était raté, c’est le gardien qui fait un bon arrêt. »
Métanire : « On peut retenir du positif »
Romain Métanire, défenseur du FC Metz. « On a des regrets car on aurait pu s’offrir trois points. Mais on peut retenir du positif car on s’est rattrapé par rapport à nos dernières prestations. On a bien défendu collectivement, on va pouvoir s’appuyer sur ça pour préparer Marseille. »
Cheick Doukouré, milieu défensif du FC Metz. « Je suis très content de retrouver une place de titulaire. Ce soir (hier) , on sort surtout frustré car on avait à cœur de gagner devant notre public. On n’a pas pris de but contre une équipe qui joue le haut du classement, c’est encourageant. »
Sylvain Marchal, capitaine du FC Metz : « On garde deux sentiments à l’arrivée. Après une prestation plus que moyenne contre Lens, on a senti en première mi-temps que ce match était encore dans les têtes, mais on a réussi à se lâcher en seconde période contre une bonne équipe de Bordeaux. C’est donc plutôt positif de ne pas avoir pris de but, mais il nous a aussi manqué la réussite et l’efficacité. Cela ne reviendra pas d’un coup de baguette magique mais, globalement, on aura réussi à embêter cette équipe. »
Albert Cartier, entraîneur du FC Metz : « On a vu un bon match de Ligue 1 et je suis content parce qu’on a fait ce qu’on avait travaillé dans la semaine. Appuis, soutien, remises, jeu dans la profondeur… C’est bien que les garçons aient pu traduire ça par quatre occasions en deuxième mi-temps. C’est un point, mais il a fallu beaucoup d’énergie pour l’obtenir. Il faut aussi remercier tout le public pour son soutien importantissime en deuxième mi-temps. »
Willy Sagnol, entraîneur de Bordeaux : « Sur notre première mi-temps, si on avait eu un peu plus de lucidité sur la dernière passe, on aurait pu concrétiser notre domination. En deuxième mi-temps, Metz a pratiqué un jeu plus direct et l’entrée de Maïga nous a fait du mal. Revenir avec un point de Saint-Symphorien, c’est un bon résultat pour nous. »
Fc Metz actu

La tribune Ouest Basse vide. Photo Karim SIARI
Ambiance
Les supporters messins ont de la suite dans les idées. Alors que les membres de Génération Grenat étaient privés de leur emplacement habituel en tribune Ouest Basse et donc ventilés ailleurs dans le stade, leurs homologues de la Horda Frénétik ont poursuivi, le temps d’une mi-temps, cette grève des encouragements, motivée par l’interdiction de ramener des banderoles et, plus généralement, par un sentiment de restriction de leurs libertés. Forcément, l’ambiance s’en est ressentie. Les fidèles bordelais, venus en nombre pourtant limité, ont ainsi pu faire entendre leur voix, tandis que le speaker de Saint-Symphorien a rencontré un puissant moment de solitude à l’heure d’annoncer les équipes. En deuxième période, en revanche, tout ce petit monde s’est réveillé et les chants ont fusé, en écho, des deux côtés. Cela change un stade et un match…Mais les intéressés ont prévenu, côté Horda : ils chantaient « seulement pour les joueurs ».
Pelouse
Après quinze journées de championnat, le FC Metz reste sur le podiumdu classement des pelouses, établi par la Ligue de football professionnel. Saint-Symphorien pointe en effet au troisième rang avec 18,3 points, derrière le PSG (19,4) et Nantes (19,4).
Promenade
Hier, en fin de matinée, Willy Sagnol, l’entraîneur des Girondins de Bordeaux, a profité de quelques instants de "liberté" pour effectuer une promenade en solitaire dans le centre-ville de Metz.
Recrue
Une première recrue serait déjà dans les tuyaux du FC Metz. Il s’agirait du jeune international letton Janis Ikaunieks. Ce milieu offensif gaucher de 19 ans évoluait jusqu’alors dans son pays, à Ljepaja, et reste sur une saison à 23 buts et 9 passes décisives. « Il sera avec nous dès janvier , a confirmé Albert Cartier. Il est capable de jouer sur un côté ou derrière l’attaquant, mais c’est surtout un joueur pour l’avenir. »