R.L. 21/12 : Le FC Metz encore frustré
Publié : 21 déc. 2014, 06:53
Le FC Metz encore frustré

Ferreira-Carrasco aura le dernier mot face à Doukouré et Ngbakoto. Photo Pascal BROCARD
Si Metz a tenu le choc face à Monaco, il n’a pas trouvé l’efficacité qui aurait changé sa soirée. Son hôte lui a finalement montré comment procéder (0-1) et les Grenats sont relégables aujourd’hui.
Il faut remonter au 7 novembre pour se souvenir de la dernière victoire du FC Metz en Ligue 1 et en 2014. C’était face à Caen (3-2), dans un autre temps. Les Grenats étaient alors huitièmes au classement et sans doute loin d’imaginer qu’ils ne verraient plus la lumière jusqu’au réveillon. Car les voici relégables ce matin et cette position pourrait les suivre pendant les fêtes si Evian T-G ne perd pas à Saint-Etienne aujourd’hui.
Le passage de Monaco à Saint-Symphorien (0-1) n’aura donc apporté aucune amélioration comptable au quotidien mosellan. C’était un peu prévisible. Les joueurs de Leonardo Jardim n’ont pas encaissé un seul but en championnat ce mois-ci et ils emporteront cette statistique défensive jusqu’à la reprise. Pour prolonger cette force de l’habitude, ils ont aussi ajouté le soupçon d’efficacité qui les escorte depuis plusieurs semaines et c’est encore Ferreira-Carrasco qui s’en est chargé. L’attaquant a percé dans un couloir abandonné par Métanire et allumé un pétard dans la lucarne opposée (79e ). Comme un éclair assassin dans une rencontre ultra-verrouillée.
Un modèle à suivre…
À l’image d’un Cheick Doukouré dépité au coup de sifflet final, Metz a pris un coup sur la calebasse. Encore un. Sa partition disciplinée, son bloc compact, ses tentatives de construction et une maîtrise plus pertinente de la possession du ballon (51,8 %) se retrouvent dissous, ce matin, dans le verre à moitié vide d’une nouvelle défaite à digérer. Les choix tactiques d’Albert Cartier (trois récupérateurs, Rivierez préféré à Métanire notamment) ont pourtant contrarié Monaco toute la soirée. Ferreira-Carrasco ne s’est pas souvent échappé, Martial a reçu très peu d’occasions franches à négocier et, surtout, Metz a hérité d’un petit catalogue d’opportunités (18 tirs, 7 cadrés). Mais bon…
C’est le moment de brandir le refrain sur le manque d’efficacité. N’Daw a pu glisser sa tête sur coups de pied arrêtés (10e , 70e , 81e ), Malouda a sollicité Subasic à intervalles réguliers (23e , 45e +2, 54e ) et Falcon a hérité d’une occasion franche annihilée par le gardien (44e )… Faute de passes suffisamment ajustées ou simplement de lucidité dans le dernier geste, Metz a torpillé l’ensemble de ses efforts pour contrôler son hôte.
Il faut aussi reconnaître que Monaco est le grand responsable du dénouement de cette soirée. Avec sa défense de roublard et ses relances rapides, cet adversaire ne s’est pas montré souvent devant les buts de Mfa mais il a su instaurer le danger sur chacune de ses rares percées. Comme Martial qui a esquivé Marchal pour frapper de peu à côté (26e ). Et comme Ferreira-Carrasco qui s’était déjà heurté à Mfa (73e ), avant de pourrir la soirée sur le troisième et dernier tir cadré de Monaco…
Metz est finalement tombé sur une version plus mûre, plus technique et plus efficace de ce qu’il souhaitait proposer. Presque un modèle à suivre mais le temps ne sera plus à l’apprentissage à la rentrée. Il va même commencer à presser… Car les Grenats se sont bel et bien engagés sur une pente dangereuse.
Christian JOUGLEUX.
La hargne de Malouda

Florent Malouda a montré beaucoup d’envie et de détermination, hier soir. Photo Pascal BROCARD
À l’image du milieu de terrain Florent Malouda, volontaire et incisif, le FC Metz n’a pas été récompensé de ses efforts.
MFA. Le gardien avait le pied froid sur certaines de ses relances en première période. Pas grand-chose à se mettre dans les gants jusqu’au dernier quart d’heure. Il s’est réchauffé sur sa première grosse intervention sur la frappe de Ferreira Carrasco (74e ). Plutôt abandonné sur le but monégasque (79e ).
RIVIEREZ. Généreux dans ses efforts, rarement en difficulté face au remuant Ferreira Carrasco, le latéral droit a semé de belles promesses. Une solution plus que crédible pour Cartier qui a pu le tester à gauche en seconde période. Même constat : solide.
MARCHAL. Le capitaine a géré avec intelligence un avertissement précoce. Propre dans ses relances et dans son placement, il s’est même aventuré dans la surface adverse à deux reprises avant de céder sa place (sur blessure) et au retour des vestiaires à Métanire. Le latéral droit, en portant le surnombre, a entraîné le but monégasque (79e ) car il a laissé libre son côté. Rageant car il n’a pas été souvent débordé.
CHOPLIN. Deux interventions pleines de maîtrise (19e et 27e ), une relance sans prise de risque. Le défenseur central a veillé sur la maison grenat.
PALOMINO. Un côté droit sécurisé avec du sang-froid. Pas de cadeau avant l’heure à l’adversaire. Vraiment intéressant dans l’axe en seconde période en lieu et place de Marchal.
N’DAW. Deux frappes (24e , 35e ) et une tête (12e ) : le Sénégalais a apporté son écot offensif. Il aurait même pu trouver les filets sur sa déviation du pied (70e ). Il reste encore à améliorer la relance, parfois hasardeuse. Devant la charnière centrale, le roc a plutôt contenu son tempérament de feu et son agressivité.
DOUKOURÉ. Un carton jaune bête tôt dans le match (12e ) qui ne l’a pas empêché de fournir un engagement et un pressing précieux. Ses efforts ont pesé en seconde période : le milieu défensif s’est montré moins à son avantage.
KASHI. Il a pris froid en première période. Une discrétion qu’on ne lui connaissait pas. Sur le but monégasque, il fait preuve d’attentisme. Ce n’est pas le Kashi qu’on a l’habitude d’observer.
MALOUDA. Son geste plein de classe pour se débarrasser de Raggi et centrer fort devant le but aurait mérité mieux (16e ). Il a réchauffé les gants de Subasic juste avant la mi-temps sur sa frappe à ras de terre. De l’envie, des prises de risque et énormément de détermination pour le Guyanais.
NGBAKOTO. Trop intermittent. Le milieu offensif a souvent eu du mal dans son dernier geste mais reste précieux sur coup de pied arrêté. Une prestation globale plutôt décevante par rapport à son match à Nantes. Il a cédé sa place à Lejeune (65e ) qui a tenté de dynamiser le jeu grenat.
FALCON. Précieux dans ses déviations, l’attaquant a manqué de rapidité sur sa percée plein axe (28e ). Le Vénézuélien a beaucoup tenté mais ses frappes ont manqué de justesse et de puissance (23e , 44e ). Il a cédé sa place à Vion (77e ).
Nicolas KIHL.
Rivierez, l’homme atout fer

Jonathan Rivierez s’est montré à la hauteur de la mission que lui avait confié Albert Cartier. Photo Pascal BROCARD
Invité surprise sur le côté droit de la défense à la place de Romain Métanire, Jonathan Rivierez a parfaitement rempli son rôle. À gauche aussi…
Hier soir, Jonathan Rivierez honorait seulement sa deuxième titularisation en Ligue 1 sous les couleurs du FC Metz. La première remontait au 18 octobre, face à Rennes, déjà sur la pelouse de Saint-Symphorien. Nullement impressionné, l’ex-Havrais a parfaitement rempli une mission qui constituait à prendre le relais de Romain Métanire dans le couloir droit de la défense messine. En première période en tout cas. En effet, après la sortie de Sylvain Marchal, à la pause, le natif du Blanc-Mesnil a basculé à gauche. Sans que cela ne nuise à son rendement.
Dans la foulée d’une bonne prestation en Coupe de la Ligue à Nantes, mardi, le défenseur de vingt-cinq ans a donc pris ses responsabilités. Il le fallait. Car en face de lui, durant les quarante-cinq premières minutes, le remuant Yannick Ferreira Carrasco lui a donné du travail. Qu’importe. Jonathan Rivierez porte à merveille le bleu de chauffe. Une panoplie agrémentée de justesse et de sobriété. Résultat, son vis-à-vis monégasque s’est heurté à un mur. Muselé, il n’est jamais parvenu à faire la différence en première période. Pas plus qu’Anthony Martial d’ailleurs, lorsque l’attaquant de l’ASM est venu naviguer dans les eaux du Messin.
S’il est parvenu à tenir en respect ses adversaires directs, c’est qu’il a systématiquement (ou presque) défendu debout et fait preuve d’un sens du placement parfaitement maîtrisé. Évidemment, il s’est beaucoup moins montré aux avant-postes qu’un Romain Métanire. Mais il n’a eu de cesse de s’appliquer dans ses relances, n’hésitant pas, à l’occasion, à éliminer dans les petits périmètres pour donner de la fluidité au jeu.
« De très bonnes choses »
Après la pause, en raison de la réorganisation de la défense, Jonathan Rivierez est passé à gauche. Avec autant de brio et de réussite. D’ailleurs le but monégasque est venu de l’autre côté et d’un certain Ferreira Carrasco, enfin débarrassé de son garde-chiourme. Du coup, Jonathan Rivierez a prouvé qu’il était bien plus qu’un second couteau. Sa prestation, hier soir, a été tranchante et a plu à son entraîneur. « Toute l’équipe a eu la bonne attitude , a expliqué Albert Cartier après la rencontre. Certains ont même montré de très bonnes choses. Jonathan fait partie de ceux-là. Dans les deux couloirs, il a fait les efforts qu’il fallait. C’est vraiment intéressant. »
Rive droite, rive gauche. Peu importe. Hier, le FC Metz s’est découvert un homme atout fer !
Jean-Sébastien GALLOIS.
Lejeune : « Difficile à avaler »
Albert Cartier (entraîneur de Metz) : « La première déception, c’est d’abord de ne pas avoir gardé le point du match nul. Même si on aurait pu faire mieux au regard de nos occasions. Nous avons réalisé un match consistant, plein même, avec la bonne attitude et la bonne organisation pour mettre cette belle équipe de Monaco en difficulté. On a trouvé les solutions pour la gêner. Malheureusement, on leur offre la possibilité de marquer ce but en libérant le couloir droit. Être relégable, ce n’est pas agréable mais l’attitude et l’envie sont bonnes. On va trouver la force et l’énergie pour avancer à nouveau. »
Leonardo Jardim (entraîneur de Monaco) : « En première mi-temps, je n’ai pas trop aimé notre attitude. Après la pause, nous avons joué plus simplement et j’ai fait les changements pour gagner le match. On a réussi à jouer un peu plus haut face à une équipe de Metz qui poussait pour marquer. »
Jérémy Choplin (défenseur de Metz) : « C’est frustrant car on a mis tous les ingrédients pour faire un bon match. D’ailleurs, nous sommes parvenus à mettre les Monégasques en difficulté. Mais nous n’avons pas mis ce but qui aurait tout changé. Eux oui ! Voir le FC Metz en position de relégable, c’est forcément difficile… Mais on a 19 points, soit près de la moitié du chemin pour le maintien. C’est suffisamment intéressant pour la suite. »
Kévin Lejeune (milieu de Metz) : « C’est une défaite difficile à avaler car on a vraiment montré de bonnes choses durant ce match face à un adversaire qui joue la Ligue des Champions. On ne peut pas dire non plus qu’on a dominé la partie, mais on a montré de l’envie. Ce soir (hier soir) , on avait à cœur de terminer l’année sur une note positive après notre série catastrophique. C’est une déception évidemment. »
Andrea Raggi (défenseur de Monaco) : « Cela fait énormément plaisir de gagner un match comme celui-là, face à une équipe très compacte et très bien organisée. Notre force a été d’être solide derrière et de savoir exploiter la moindre faille. On est fier de ce que nous réalisons actuellement. »
Metz : terminer sur une bonne note

Fadil Sido et les Messins ont un besoin urgent de points. Photo Karim SIARI
Une semaine après avoir vu son match reporté, la réserve messine accueille Sarre-Union dans l’espoir de s’éloigner du bas de tableau.
Le match. FC Metz : 16e avec 24 points (3 victoires, 3 nuls, 6 défaites). Dernier match : victoire face à Mulhouse (2-1). Sarre-Union : 14e avec 25 points (3 victoires, 3 nuls, 7 défaites). Dernier match : nul face à Troyes (1-1).
L’enjeu. Les Messins, qui avaient entamé une bonne série en allant chercher un nul à Yzeure (0-0) puis en l’emportant face au leader mulhousien (2-1), ont été freinés dans leur remontée par… le brouillard. Leur match de dimanche dernier à Fleury-Mérogis a en effet été reporté, l’arbitre n’étant pas en mesure de donner le coup d’envoi. Cette trêve forcée de quinze jours aura-t-elle une influence sur le comportement des Grenats ? Réponse cet après-midi pour la réception des voisins de Sarre-Union. Ces derniers restent sur un nul face à Troyes (1-1) après cinq défaites d’affilée et cherchent également à s’éloigner du bas du classement.
Le mot de l’entraîneur, José Pinot : « Avant notre repos forcé, on était sur une bonne dynamique. Il faut l’entretenir pour s’extirper de la zone rouge et bien finir l’année. »
L’effectif. Hein, blessé, est absent, tout comme Bur, suspendu. Le groupe : Junker, Schwenck, Donval, Udol, Toussaint, Medour, Pierrot, Kremer, Teixeira, Millimono, Sido, Louvier, Bozoc, Sieck, Hadji. Le seizième élément sera déterminé en fonction des joueurs qui ont évolué, ou non, en Ligue 1 contre Monaco hier soir.
FC Metz - Sarre-Union stade des Hauts de Blémont (14h30)
Lindsay, la touche américaine

Megan Lindsay a jusque-là inscrit un but en cinq rencontres avec Metz/Algrange. Photo Anthony PICORÉ
Arrivée depuis début novembre, l’Américaine Megan Lindsay s’est rapidement fondue dans le collectif de Metz/Algrange. Où sa joie de vivre est appréciée, tout comme son engagement sur le terrain.
E n Français ou en Anglais ? » Megan Lindsay a beau être arrivée il y a seulement un mois et demi à Metz/Algrange, elle se débrouille déjà plutôt bien dans la langue de son nouveau pays. Question de volonté. « Vu que l’équipe parle en français et que seules quatre ou cinq joueuses comprennent l’Anglais, il le fallait » , explique avec le sourire cette Américaine de 23 ans, qui prend environ « cinq heures de cours par semaine ».
Le reste du temps, l’attaquante se consacre évidemment au football mais aussi à la visite de son nouvel environnement. Qui l’a visiblement séduit – « Metz est vraiment une belle ville » –, d’autant plus après son expérience en Finlande la saison passée. « Ouh là là, ce n’était pas du tout pareil », rigole-t-elle avec une grimace qui en dit long sur ses sept mois passés à Kokkola, à 500 kilomètres au nord-est d’Helsinki. « Et l’histoire s’est mal finie là-bas ».
Aux Etats-Unis cet été, la native de Spokane (état de Washington) a en effet eu une mauvaise surprise lorsqu’elle est retournée en Finlande en septembre. « Je n’avais plus de visa pour y jouer, détaille celle qui avait inscrit « 16 buts en 18 matches » la saison passée. Je ne sais pas pourquoi mais il avait été annulé. Il fallait donc que je trouve un nouveau club. »
Une quête pas forcément évidente alors que la saison avait déjà démarré un peu partout. « J’avais pas mal d’offres, aux Etats-Unis notamment mais celle de Metz/Algrange était vraiment la plus intéressante en terme de timing et de projet. Ici, le championnat est plus homogène, le coach et l’équipe ont confiance en moi. Je me sens vraiment bien ici. »
Cela se voit. Avec un sourire qui ne semble jamais la quitter, Megan Lindsay transmet sa joie de vivre à un groupe mosellan en manque de résultats actuellement – trois défaites sur les quatre derniers matches, dont une contre Lyon et le PSG. « Elle s’est vraiment intégrée très rapidement, confirme son entraîneur Gérôme Henrionnet, visiblement sous le charme d’une joueuse « qui court beaucoup, défend, a un super jeu de tête, frappe dans toutes les positions, met le coup d’épaule quand il le faut. »
Un seul but
« Elle est vraiment impressionnante dans sa façon de ne jamais rien lâcher. Elle a la mentalité américaine : elle fonce dans tout ce qu’elle fait » , synthétise le coach mosellan, ravi de sa recrue. Même si, pour le moment, elle n’a trouvé le chemin des filets qu’à une reprise. C’était contre Montpellier (2-2) le 9 novembre, pour sa première sous le maillot à la Croix de Lorraine.
« Je pense que je peux encore plus apporter, reprend l’intéressée, passée par l’Université de Seattle. Mais je pense que ça va venir. L’équipe joue vraiment bien et a du talent. Il nous manque juste des points maintenant ». Ce sera peut-être pour cet après-midi, à Saint-Etienne. Fidèle à elle-même, Megan Lindsay n’en doute pas un instant.
T. G.

Ferreira-Carrasco aura le dernier mot face à Doukouré et Ngbakoto. Photo Pascal BROCARD
Si Metz a tenu le choc face à Monaco, il n’a pas trouvé l’efficacité qui aurait changé sa soirée. Son hôte lui a finalement montré comment procéder (0-1) et les Grenats sont relégables aujourd’hui.
Il faut remonter au 7 novembre pour se souvenir de la dernière victoire du FC Metz en Ligue 1 et en 2014. C’était face à Caen (3-2), dans un autre temps. Les Grenats étaient alors huitièmes au classement et sans doute loin d’imaginer qu’ils ne verraient plus la lumière jusqu’au réveillon. Car les voici relégables ce matin et cette position pourrait les suivre pendant les fêtes si Evian T-G ne perd pas à Saint-Etienne aujourd’hui.
Le passage de Monaco à Saint-Symphorien (0-1) n’aura donc apporté aucune amélioration comptable au quotidien mosellan. C’était un peu prévisible. Les joueurs de Leonardo Jardim n’ont pas encaissé un seul but en championnat ce mois-ci et ils emporteront cette statistique défensive jusqu’à la reprise. Pour prolonger cette force de l’habitude, ils ont aussi ajouté le soupçon d’efficacité qui les escorte depuis plusieurs semaines et c’est encore Ferreira-Carrasco qui s’en est chargé. L’attaquant a percé dans un couloir abandonné par Métanire et allumé un pétard dans la lucarne opposée (79e ). Comme un éclair assassin dans une rencontre ultra-verrouillée.
Un modèle à suivre…
À l’image d’un Cheick Doukouré dépité au coup de sifflet final, Metz a pris un coup sur la calebasse. Encore un. Sa partition disciplinée, son bloc compact, ses tentatives de construction et une maîtrise plus pertinente de la possession du ballon (51,8 %) se retrouvent dissous, ce matin, dans le verre à moitié vide d’une nouvelle défaite à digérer. Les choix tactiques d’Albert Cartier (trois récupérateurs, Rivierez préféré à Métanire notamment) ont pourtant contrarié Monaco toute la soirée. Ferreira-Carrasco ne s’est pas souvent échappé, Martial a reçu très peu d’occasions franches à négocier et, surtout, Metz a hérité d’un petit catalogue d’opportunités (18 tirs, 7 cadrés). Mais bon…
C’est le moment de brandir le refrain sur le manque d’efficacité. N’Daw a pu glisser sa tête sur coups de pied arrêtés (10e , 70e , 81e ), Malouda a sollicité Subasic à intervalles réguliers (23e , 45e +2, 54e ) et Falcon a hérité d’une occasion franche annihilée par le gardien (44e )… Faute de passes suffisamment ajustées ou simplement de lucidité dans le dernier geste, Metz a torpillé l’ensemble de ses efforts pour contrôler son hôte.
Il faut aussi reconnaître que Monaco est le grand responsable du dénouement de cette soirée. Avec sa défense de roublard et ses relances rapides, cet adversaire ne s’est pas montré souvent devant les buts de Mfa mais il a su instaurer le danger sur chacune de ses rares percées. Comme Martial qui a esquivé Marchal pour frapper de peu à côté (26e ). Et comme Ferreira-Carrasco qui s’était déjà heurté à Mfa (73e ), avant de pourrir la soirée sur le troisième et dernier tir cadré de Monaco…
Metz est finalement tombé sur une version plus mûre, plus technique et plus efficace de ce qu’il souhaitait proposer. Presque un modèle à suivre mais le temps ne sera plus à l’apprentissage à la rentrée. Il va même commencer à presser… Car les Grenats se sont bel et bien engagés sur une pente dangereuse.
Christian JOUGLEUX.
La hargne de Malouda

Florent Malouda a montré beaucoup d’envie et de détermination, hier soir. Photo Pascal BROCARD
À l’image du milieu de terrain Florent Malouda, volontaire et incisif, le FC Metz n’a pas été récompensé de ses efforts.
MFA. Le gardien avait le pied froid sur certaines de ses relances en première période. Pas grand-chose à se mettre dans les gants jusqu’au dernier quart d’heure. Il s’est réchauffé sur sa première grosse intervention sur la frappe de Ferreira Carrasco (74e ). Plutôt abandonné sur le but monégasque (79e ).
RIVIEREZ. Généreux dans ses efforts, rarement en difficulté face au remuant Ferreira Carrasco, le latéral droit a semé de belles promesses. Une solution plus que crédible pour Cartier qui a pu le tester à gauche en seconde période. Même constat : solide.
MARCHAL. Le capitaine a géré avec intelligence un avertissement précoce. Propre dans ses relances et dans son placement, il s’est même aventuré dans la surface adverse à deux reprises avant de céder sa place (sur blessure) et au retour des vestiaires à Métanire. Le latéral droit, en portant le surnombre, a entraîné le but monégasque (79e ) car il a laissé libre son côté. Rageant car il n’a pas été souvent débordé.
CHOPLIN. Deux interventions pleines de maîtrise (19e et 27e ), une relance sans prise de risque. Le défenseur central a veillé sur la maison grenat.
PALOMINO. Un côté droit sécurisé avec du sang-froid. Pas de cadeau avant l’heure à l’adversaire. Vraiment intéressant dans l’axe en seconde période en lieu et place de Marchal.
N’DAW. Deux frappes (24e , 35e ) et une tête (12e ) : le Sénégalais a apporté son écot offensif. Il aurait même pu trouver les filets sur sa déviation du pied (70e ). Il reste encore à améliorer la relance, parfois hasardeuse. Devant la charnière centrale, le roc a plutôt contenu son tempérament de feu et son agressivité.
DOUKOURÉ. Un carton jaune bête tôt dans le match (12e ) qui ne l’a pas empêché de fournir un engagement et un pressing précieux. Ses efforts ont pesé en seconde période : le milieu défensif s’est montré moins à son avantage.
KASHI. Il a pris froid en première période. Une discrétion qu’on ne lui connaissait pas. Sur le but monégasque, il fait preuve d’attentisme. Ce n’est pas le Kashi qu’on a l’habitude d’observer.
MALOUDA. Son geste plein de classe pour se débarrasser de Raggi et centrer fort devant le but aurait mérité mieux (16e ). Il a réchauffé les gants de Subasic juste avant la mi-temps sur sa frappe à ras de terre. De l’envie, des prises de risque et énormément de détermination pour le Guyanais.
NGBAKOTO. Trop intermittent. Le milieu offensif a souvent eu du mal dans son dernier geste mais reste précieux sur coup de pied arrêté. Une prestation globale plutôt décevante par rapport à son match à Nantes. Il a cédé sa place à Lejeune (65e ) qui a tenté de dynamiser le jeu grenat.
FALCON. Précieux dans ses déviations, l’attaquant a manqué de rapidité sur sa percée plein axe (28e ). Le Vénézuélien a beaucoup tenté mais ses frappes ont manqué de justesse et de puissance (23e , 44e ). Il a cédé sa place à Vion (77e ).
Nicolas KIHL.
Rivierez, l’homme atout fer

Jonathan Rivierez s’est montré à la hauteur de la mission que lui avait confié Albert Cartier. Photo Pascal BROCARD
Invité surprise sur le côté droit de la défense à la place de Romain Métanire, Jonathan Rivierez a parfaitement rempli son rôle. À gauche aussi…
Hier soir, Jonathan Rivierez honorait seulement sa deuxième titularisation en Ligue 1 sous les couleurs du FC Metz. La première remontait au 18 octobre, face à Rennes, déjà sur la pelouse de Saint-Symphorien. Nullement impressionné, l’ex-Havrais a parfaitement rempli une mission qui constituait à prendre le relais de Romain Métanire dans le couloir droit de la défense messine. En première période en tout cas. En effet, après la sortie de Sylvain Marchal, à la pause, le natif du Blanc-Mesnil a basculé à gauche. Sans que cela ne nuise à son rendement.
Dans la foulée d’une bonne prestation en Coupe de la Ligue à Nantes, mardi, le défenseur de vingt-cinq ans a donc pris ses responsabilités. Il le fallait. Car en face de lui, durant les quarante-cinq premières minutes, le remuant Yannick Ferreira Carrasco lui a donné du travail. Qu’importe. Jonathan Rivierez porte à merveille le bleu de chauffe. Une panoplie agrémentée de justesse et de sobriété. Résultat, son vis-à-vis monégasque s’est heurté à un mur. Muselé, il n’est jamais parvenu à faire la différence en première période. Pas plus qu’Anthony Martial d’ailleurs, lorsque l’attaquant de l’ASM est venu naviguer dans les eaux du Messin.
S’il est parvenu à tenir en respect ses adversaires directs, c’est qu’il a systématiquement (ou presque) défendu debout et fait preuve d’un sens du placement parfaitement maîtrisé. Évidemment, il s’est beaucoup moins montré aux avant-postes qu’un Romain Métanire. Mais il n’a eu de cesse de s’appliquer dans ses relances, n’hésitant pas, à l’occasion, à éliminer dans les petits périmètres pour donner de la fluidité au jeu.
« De très bonnes choses »
Après la pause, en raison de la réorganisation de la défense, Jonathan Rivierez est passé à gauche. Avec autant de brio et de réussite. D’ailleurs le but monégasque est venu de l’autre côté et d’un certain Ferreira Carrasco, enfin débarrassé de son garde-chiourme. Du coup, Jonathan Rivierez a prouvé qu’il était bien plus qu’un second couteau. Sa prestation, hier soir, a été tranchante et a plu à son entraîneur. « Toute l’équipe a eu la bonne attitude , a expliqué Albert Cartier après la rencontre. Certains ont même montré de très bonnes choses. Jonathan fait partie de ceux-là. Dans les deux couloirs, il a fait les efforts qu’il fallait. C’est vraiment intéressant. »
Rive droite, rive gauche. Peu importe. Hier, le FC Metz s’est découvert un homme atout fer !
Jean-Sébastien GALLOIS.
Lejeune : « Difficile à avaler »
Albert Cartier (entraîneur de Metz) : « La première déception, c’est d’abord de ne pas avoir gardé le point du match nul. Même si on aurait pu faire mieux au regard de nos occasions. Nous avons réalisé un match consistant, plein même, avec la bonne attitude et la bonne organisation pour mettre cette belle équipe de Monaco en difficulté. On a trouvé les solutions pour la gêner. Malheureusement, on leur offre la possibilité de marquer ce but en libérant le couloir droit. Être relégable, ce n’est pas agréable mais l’attitude et l’envie sont bonnes. On va trouver la force et l’énergie pour avancer à nouveau. »
Leonardo Jardim (entraîneur de Monaco) : « En première mi-temps, je n’ai pas trop aimé notre attitude. Après la pause, nous avons joué plus simplement et j’ai fait les changements pour gagner le match. On a réussi à jouer un peu plus haut face à une équipe de Metz qui poussait pour marquer. »
Jérémy Choplin (défenseur de Metz) : « C’est frustrant car on a mis tous les ingrédients pour faire un bon match. D’ailleurs, nous sommes parvenus à mettre les Monégasques en difficulté. Mais nous n’avons pas mis ce but qui aurait tout changé. Eux oui ! Voir le FC Metz en position de relégable, c’est forcément difficile… Mais on a 19 points, soit près de la moitié du chemin pour le maintien. C’est suffisamment intéressant pour la suite. »
Kévin Lejeune (milieu de Metz) : « C’est une défaite difficile à avaler car on a vraiment montré de bonnes choses durant ce match face à un adversaire qui joue la Ligue des Champions. On ne peut pas dire non plus qu’on a dominé la partie, mais on a montré de l’envie. Ce soir (hier soir) , on avait à cœur de terminer l’année sur une note positive après notre série catastrophique. C’est une déception évidemment. »
Andrea Raggi (défenseur de Monaco) : « Cela fait énormément plaisir de gagner un match comme celui-là, face à une équipe très compacte et très bien organisée. Notre force a été d’être solide derrière et de savoir exploiter la moindre faille. On est fier de ce que nous réalisons actuellement. »
Metz : terminer sur une bonne note

Fadil Sido et les Messins ont un besoin urgent de points. Photo Karim SIARI
Une semaine après avoir vu son match reporté, la réserve messine accueille Sarre-Union dans l’espoir de s’éloigner du bas de tableau.
Le match. FC Metz : 16e avec 24 points (3 victoires, 3 nuls, 6 défaites). Dernier match : victoire face à Mulhouse (2-1). Sarre-Union : 14e avec 25 points (3 victoires, 3 nuls, 7 défaites). Dernier match : nul face à Troyes (1-1).
L’enjeu. Les Messins, qui avaient entamé une bonne série en allant chercher un nul à Yzeure (0-0) puis en l’emportant face au leader mulhousien (2-1), ont été freinés dans leur remontée par… le brouillard. Leur match de dimanche dernier à Fleury-Mérogis a en effet été reporté, l’arbitre n’étant pas en mesure de donner le coup d’envoi. Cette trêve forcée de quinze jours aura-t-elle une influence sur le comportement des Grenats ? Réponse cet après-midi pour la réception des voisins de Sarre-Union. Ces derniers restent sur un nul face à Troyes (1-1) après cinq défaites d’affilée et cherchent également à s’éloigner du bas du classement.
Le mot de l’entraîneur, José Pinot : « Avant notre repos forcé, on était sur une bonne dynamique. Il faut l’entretenir pour s’extirper de la zone rouge et bien finir l’année. »
L’effectif. Hein, blessé, est absent, tout comme Bur, suspendu. Le groupe : Junker, Schwenck, Donval, Udol, Toussaint, Medour, Pierrot, Kremer, Teixeira, Millimono, Sido, Louvier, Bozoc, Sieck, Hadji. Le seizième élément sera déterminé en fonction des joueurs qui ont évolué, ou non, en Ligue 1 contre Monaco hier soir.
FC Metz - Sarre-Union stade des Hauts de Blémont (14h30)
Lindsay, la touche américaine

Megan Lindsay a jusque-là inscrit un but en cinq rencontres avec Metz/Algrange. Photo Anthony PICORÉ
Arrivée depuis début novembre, l’Américaine Megan Lindsay s’est rapidement fondue dans le collectif de Metz/Algrange. Où sa joie de vivre est appréciée, tout comme son engagement sur le terrain.
E n Français ou en Anglais ? » Megan Lindsay a beau être arrivée il y a seulement un mois et demi à Metz/Algrange, elle se débrouille déjà plutôt bien dans la langue de son nouveau pays. Question de volonté. « Vu que l’équipe parle en français et que seules quatre ou cinq joueuses comprennent l’Anglais, il le fallait » , explique avec le sourire cette Américaine de 23 ans, qui prend environ « cinq heures de cours par semaine ».
Le reste du temps, l’attaquante se consacre évidemment au football mais aussi à la visite de son nouvel environnement. Qui l’a visiblement séduit – « Metz est vraiment une belle ville » –, d’autant plus après son expérience en Finlande la saison passée. « Ouh là là, ce n’était pas du tout pareil », rigole-t-elle avec une grimace qui en dit long sur ses sept mois passés à Kokkola, à 500 kilomètres au nord-est d’Helsinki. « Et l’histoire s’est mal finie là-bas ».
Aux Etats-Unis cet été, la native de Spokane (état de Washington) a en effet eu une mauvaise surprise lorsqu’elle est retournée en Finlande en septembre. « Je n’avais plus de visa pour y jouer, détaille celle qui avait inscrit « 16 buts en 18 matches » la saison passée. Je ne sais pas pourquoi mais il avait été annulé. Il fallait donc que je trouve un nouveau club. »
Une quête pas forcément évidente alors que la saison avait déjà démarré un peu partout. « J’avais pas mal d’offres, aux Etats-Unis notamment mais celle de Metz/Algrange était vraiment la plus intéressante en terme de timing et de projet. Ici, le championnat est plus homogène, le coach et l’équipe ont confiance en moi. Je me sens vraiment bien ici. »
Cela se voit. Avec un sourire qui ne semble jamais la quitter, Megan Lindsay transmet sa joie de vivre à un groupe mosellan en manque de résultats actuellement – trois défaites sur les quatre derniers matches, dont une contre Lyon et le PSG. « Elle s’est vraiment intégrée très rapidement, confirme son entraîneur Gérôme Henrionnet, visiblement sous le charme d’une joueuse « qui court beaucoup, défend, a un super jeu de tête, frappe dans toutes les positions, met le coup d’épaule quand il le faut. »
Un seul but
« Elle est vraiment impressionnante dans sa façon de ne jamais rien lâcher. Elle a la mentalité américaine : elle fonce dans tout ce qu’elle fait » , synthétise le coach mosellan, ravi de sa recrue. Même si, pour le moment, elle n’a trouvé le chemin des filets qu’à une reprise. C’était contre Montpellier (2-2) le 9 novembre, pour sa première sous le maillot à la Croix de Lorraine.
« Je pense que je peux encore plus apporter, reprend l’intéressée, passée par l’Université de Seattle. Mais je pense que ça va venir. L’équipe joue vraiment bien et a du talent. Il nous manque juste des points maintenant ». Ce sera peut-être pour cet après-midi, à Saint-Etienne. Fidèle à elle-même, Megan Lindsay n’en doute pas un instant.
T. G.