R.L. 23/12 : Grandeur et décadence
Publié : 23 déc. 2014, 08:02
Grandeur et décadence

La montée en régime de Malouda devra se confirmer en 2015 pour aider Metz à cueillir son maintien. Photo Pascal BROCARD
Du promu rafraîchissant au voyageur malade, le FC Metz a traversé bien des turbulences pour son retour en Ligue 1. Et le voici aux portes de la zone de relégation à la fin de la phase aller… Premier point d’étape.
La situation
Une victoire en championnat, en trois mois… Sans prévenir, le FC Metz s’est effondré. Ce promu rafraîchissant était 5e de L1 au soir du 27 septembre et se retrouve 17e à la trêve. Entre-temps, il a concédé huit défaites, marqué 8 buts pour en encaisser 21. L’affaissement défensif total. Cette chute des résultats est inquiétante et coïncide chronologiquement avec la blessure de Juan Falcon, un buteur qui venait de trouver son rythme, et avec la baisse de régime d’un Sergeï Krivets usé par ses allers-retours en sélection. Mais, au-delà des cas individuels, c’est bien le comportement général du club à l’extérieur (4 points sur 30 possibles) qui leste le bilan grenat.
Le recrutement
Loué par tous les observateurs quand Metz se portait comme un charme, le recrutement n’apparaît plus si enchanteur. Krivets a rarement pu exprimer ses qualités, faute de temps d’adaptation et surtout d’état physique optimal. Federico Andrada a eu peu d’espace pour s’exprimer mais il a laissé deviner un vrai potentiel à Marseille. Modibo Maïga, lui, a enclenché son redressement (4 buts), avant de céder à un caprice qui l’a écarté du groupe pour un rendez-vous snobé à l’aéroport. José Palomino et Jonathan Rivierez ont connu des temps de jeu maigrelets et des rendements alternatifs, mais ils restent sur de bonnes impressions après Monaco (0-1). Guirane N’Daw rayonne en récupération mais peine dans son jeu vers l’avant, tandis que Cheick Doukouré se pose en relayeur d’avenir. Enfin, Florent Malouda a pris son temps avant d’exprimer un leadership qui s’affirme de plus en plus. Il est d’ailleurs le Messin le plus pertinent dans ses choix de tirs, avec 17 frappes cadrées sur 23 tentatives (73,9 %). Hélas, pour seulement deux buts…
Le contenu
Metz propose un jeu basé sur l’impact et les relances rapides. Cette équipe est d’ailleurs 2e au nombre de cartons reçus (39) et dernière dans les domaines des ballons joués (8776) et de la possession (43 %). A son crédit : une envie, des valeurs et un esprit de groupe intacts. Ses défauts : l’inexpérience et un jeu direct qui peut confiner à la caricature quand il est alimenté de relances ineptes sans destinataire. La constance sera l’immense défi mosellan à la rentrée. Même lorsqu’il gagnait, le promu peinait en effet à séduire sur un match entier. Paradoxalement, il aura livré ses prestations les plus séduisantes sur ses défaites à Marseille (3-1) et face à Monaco (0-1).
La réconciliation
Déjà échaudés par le deuxième abonnement le plus cher de L1 (249€) et une politique qu’ils jugent trop restrictive, les ultras ont observé une grève des encouragements pour protester contre l’interdiction des banderoles à Saint-Symphorien. « C’est la première fois que je joue un match à huis clos devant 25 000 personnes », avait ironisé Cartier après la venue du PSG. L’interdiction est tombée et les chants sont revenus depuis. Les joueurs en sont évidemment les premiers soulagés, mais ce climat entre direction et supporters ne pourra s’apaiser que sur la durée.
Les disparus
Albert Cartier a utilisé 24 éléments sur 28 jusqu’à présent. Quatre joueurs sont donc plus frustrés que les autres. En tête, Chris Philipps, actuellement blessé et qui devrait faire l’objet d’un prêt cet hiver pour poursuivre sa progression. Comme Romain Rocchi (3 matches), Kwame Nsor vit une saison polluée par son physique. Ali Bamba et Maxwel Cornet entrent dans une autre case. Le premier a disparu des cartes et laisse son contrat s’éteindre. Le second est privé de toute compétition car il ne souhaite pas prolonger au FC Metz. Il faudra enfin surveiller l’évolution de la situation de Modibo Maïga. Sera-t-il de retour dans le groupe à la reprise ? Encore écarté ? Parti en Coupe d’Afrique ? Ou vers d’autres cieux ?
Christian JOUGLEUX.
Gerôme Henrionnet dans la ligne de mire

« Je ne sens pas une grande confiance autour de moi », glissait hier Gérôme Henrionnet. Photo Pascal BROCARD
Objet d’un rapport arbitral à Saint-Etienne, l’entraîneur de Metz/Algrange Gérôme Henrionnet risque une suspension. Et se sent menacé…
Pour l’heure, Gérôme Henrionnet est toujours l’entraîneur de Metz-Algrange. Le sera-t-il toujours à la reprise, le 29 décembre ? « Oui » , a répondu hier le principal dirigeant du club, René Franceschetti, sans toutefois marquer un grand entrain. « Il n’a jamais été question de s’en séparer, on a confiance en lui », a-t-il ajouté, précisant néanmoins être « dans l’interrogation depuis le début de la saison ».
Ce doute est aussi perçu par le coach lorrain. Avant le match à Saint-Etienne, il imaginait que « des questions se (poserai ent) en cas de défaite ou de déconvenue ». S’il y a bien eu revers, dimanche, dans le Forez (1-2), celui-ci s’est déroulé dans des conditions particulières, avec notamment un but stéphanois dans les arrêts de jeu, un penalty en faveur des Mosellanes d’abord sifflé avant d’être annulé, ou encore l’exclusion de Marie Papaix…
« Notre délégué, qui était au match, nous a confirmé que la rencontre avait été émaillée de fautes d’arbitrage, mais j’attends d’en savoir plus. Ce n’est pas mon genre de tirer sur l’arbitrage », reprend Franceschetti en évoquant là le rapport dont a fait l’objet Gérôme Henrionnet de la part de Mlle Vanstaevel.
« Elle a écrit que j’avais eu des propos blessants mais c’est faux. Quand des gens sur place ont su ça, ils étaient prêts à témoigner en mon sens » , se défend l’intéressé, « toujours pas remis » hier des événements vécus en Rhône-Alpes. Et du résultat, qui voit son équipe devenir première relégable à huit journées de la fin. « C’est ça qui me préoccupe le plus » , précise-t-il.
Quatre matches de suspension ?
Ce rapport pourrait néanmoins lui coûter cher. « Après la rencontre, il craignait de prendre quatre matches de suspension », se rappelle Marie Papaix, elle aussi « dégoûtée » de son dimanche – « Les trois cartons jaunes que j’ai pris cette saison viennent de la même arbitre. Bizarre, non ? ».
Dans tous les cas, la défenseure devrait être, elle, suspendue, pour la prochaine rencontre de son équipe, le 4 janvier sur le terrain du CA Paris, en 32es de finale de la Coupe de France. D’ici là, le club lorrain devrait avoir connaissance de la sanction qui pèse sur la tête de son entraîneur.
« Nous attendons d’en prendre acte pour voir si on se défend ou non. Mais il faut toujours savoir raison garder. Les arbitres sont là pour arbitrer, les entraîneurs pour entraîner » , indique, un brin cinglant, René Franceschetti. Comme pour montrer, s’il en était besoin, que Gérôme Henrionnet est bien dans la ligne de mire.
T. G.

La montée en régime de Malouda devra se confirmer en 2015 pour aider Metz à cueillir son maintien. Photo Pascal BROCARD
Du promu rafraîchissant au voyageur malade, le FC Metz a traversé bien des turbulences pour son retour en Ligue 1. Et le voici aux portes de la zone de relégation à la fin de la phase aller… Premier point d’étape.
La situation
Une victoire en championnat, en trois mois… Sans prévenir, le FC Metz s’est effondré. Ce promu rafraîchissant était 5e de L1 au soir du 27 septembre et se retrouve 17e à la trêve. Entre-temps, il a concédé huit défaites, marqué 8 buts pour en encaisser 21. L’affaissement défensif total. Cette chute des résultats est inquiétante et coïncide chronologiquement avec la blessure de Juan Falcon, un buteur qui venait de trouver son rythme, et avec la baisse de régime d’un Sergeï Krivets usé par ses allers-retours en sélection. Mais, au-delà des cas individuels, c’est bien le comportement général du club à l’extérieur (4 points sur 30 possibles) qui leste le bilan grenat.
Le recrutement
Loué par tous les observateurs quand Metz se portait comme un charme, le recrutement n’apparaît plus si enchanteur. Krivets a rarement pu exprimer ses qualités, faute de temps d’adaptation et surtout d’état physique optimal. Federico Andrada a eu peu d’espace pour s’exprimer mais il a laissé deviner un vrai potentiel à Marseille. Modibo Maïga, lui, a enclenché son redressement (4 buts), avant de céder à un caprice qui l’a écarté du groupe pour un rendez-vous snobé à l’aéroport. José Palomino et Jonathan Rivierez ont connu des temps de jeu maigrelets et des rendements alternatifs, mais ils restent sur de bonnes impressions après Monaco (0-1). Guirane N’Daw rayonne en récupération mais peine dans son jeu vers l’avant, tandis que Cheick Doukouré se pose en relayeur d’avenir. Enfin, Florent Malouda a pris son temps avant d’exprimer un leadership qui s’affirme de plus en plus. Il est d’ailleurs le Messin le plus pertinent dans ses choix de tirs, avec 17 frappes cadrées sur 23 tentatives (73,9 %). Hélas, pour seulement deux buts…
Le contenu
Metz propose un jeu basé sur l’impact et les relances rapides. Cette équipe est d’ailleurs 2e au nombre de cartons reçus (39) et dernière dans les domaines des ballons joués (8776) et de la possession (43 %). A son crédit : une envie, des valeurs et un esprit de groupe intacts. Ses défauts : l’inexpérience et un jeu direct qui peut confiner à la caricature quand il est alimenté de relances ineptes sans destinataire. La constance sera l’immense défi mosellan à la rentrée. Même lorsqu’il gagnait, le promu peinait en effet à séduire sur un match entier. Paradoxalement, il aura livré ses prestations les plus séduisantes sur ses défaites à Marseille (3-1) et face à Monaco (0-1).
La réconciliation
Déjà échaudés par le deuxième abonnement le plus cher de L1 (249€) et une politique qu’ils jugent trop restrictive, les ultras ont observé une grève des encouragements pour protester contre l’interdiction des banderoles à Saint-Symphorien. « C’est la première fois que je joue un match à huis clos devant 25 000 personnes », avait ironisé Cartier après la venue du PSG. L’interdiction est tombée et les chants sont revenus depuis. Les joueurs en sont évidemment les premiers soulagés, mais ce climat entre direction et supporters ne pourra s’apaiser que sur la durée.
Les disparus
Albert Cartier a utilisé 24 éléments sur 28 jusqu’à présent. Quatre joueurs sont donc plus frustrés que les autres. En tête, Chris Philipps, actuellement blessé et qui devrait faire l’objet d’un prêt cet hiver pour poursuivre sa progression. Comme Romain Rocchi (3 matches), Kwame Nsor vit une saison polluée par son physique. Ali Bamba et Maxwel Cornet entrent dans une autre case. Le premier a disparu des cartes et laisse son contrat s’éteindre. Le second est privé de toute compétition car il ne souhaite pas prolonger au FC Metz. Il faudra enfin surveiller l’évolution de la situation de Modibo Maïga. Sera-t-il de retour dans le groupe à la reprise ? Encore écarté ? Parti en Coupe d’Afrique ? Ou vers d’autres cieux ?
Christian JOUGLEUX.
Gerôme Henrionnet dans la ligne de mire

« Je ne sens pas une grande confiance autour de moi », glissait hier Gérôme Henrionnet. Photo Pascal BROCARD
Objet d’un rapport arbitral à Saint-Etienne, l’entraîneur de Metz/Algrange Gérôme Henrionnet risque une suspension. Et se sent menacé…
Pour l’heure, Gérôme Henrionnet est toujours l’entraîneur de Metz-Algrange. Le sera-t-il toujours à la reprise, le 29 décembre ? « Oui » , a répondu hier le principal dirigeant du club, René Franceschetti, sans toutefois marquer un grand entrain. « Il n’a jamais été question de s’en séparer, on a confiance en lui », a-t-il ajouté, précisant néanmoins être « dans l’interrogation depuis le début de la saison ».
Ce doute est aussi perçu par le coach lorrain. Avant le match à Saint-Etienne, il imaginait que « des questions se (poserai ent) en cas de défaite ou de déconvenue ». S’il y a bien eu revers, dimanche, dans le Forez (1-2), celui-ci s’est déroulé dans des conditions particulières, avec notamment un but stéphanois dans les arrêts de jeu, un penalty en faveur des Mosellanes d’abord sifflé avant d’être annulé, ou encore l’exclusion de Marie Papaix…
« Notre délégué, qui était au match, nous a confirmé que la rencontre avait été émaillée de fautes d’arbitrage, mais j’attends d’en savoir plus. Ce n’est pas mon genre de tirer sur l’arbitrage », reprend Franceschetti en évoquant là le rapport dont a fait l’objet Gérôme Henrionnet de la part de Mlle Vanstaevel.
« Elle a écrit que j’avais eu des propos blessants mais c’est faux. Quand des gens sur place ont su ça, ils étaient prêts à témoigner en mon sens » , se défend l’intéressé, « toujours pas remis » hier des événements vécus en Rhône-Alpes. Et du résultat, qui voit son équipe devenir première relégable à huit journées de la fin. « C’est ça qui me préoccupe le plus » , précise-t-il.
Quatre matches de suspension ?
Ce rapport pourrait néanmoins lui coûter cher. « Après la rencontre, il craignait de prendre quatre matches de suspension », se rappelle Marie Papaix, elle aussi « dégoûtée » de son dimanche – « Les trois cartons jaunes que j’ai pris cette saison viennent de la même arbitre. Bizarre, non ? ».
Dans tous les cas, la défenseure devrait être, elle, suspendue, pour la prochaine rencontre de son équipe, le 4 janvier sur le terrain du CA Paris, en 32es de finale de la Coupe de France. D’ici là, le club lorrain devrait avoir connaissance de la sanction qui pèse sur la tête de son entraîneur.
« Nous attendons d’en prendre acte pour voir si on se défend ou non. Mais il faut toujours savoir raison garder. Les arbitres sont là pour arbitrer, les entraîneurs pour entraîner » , indique, un brin cinglant, René Franceschetti. Comme pour montrer, s’il en était besoin, que Gérôme Henrionnet est bien dans la ligne de mire.
T. G.