
Vincent Bessat, une vieille connaissance des Messins, face à Sergueï Krivets. Un duel dans le match. Photo AFP
Malgré une entame de match délicate, les Messins ont fait preuve de suffisamment de rigueur et de solidarité, hier à Nantes (0-0), pour obtenir leur premier point depuis début novembre.
Il est de petits détails qui font une grande différence. En allant glaner un point (mérité) sur la pelouse de la Beaujoire, hier en fin d’après-midi, les Messins ont ainsi réalisé ce petit saut de puce qui leur permet de quitter la zone rouge.
De nos envoyés spéciaux à Nantes
Certes, ce n’est qu’à la différence de buts que le promu lorrain devance Evian, premier relégable à l’issue de cette première journée des matches retour. Mais pour aborder la venue de Montpellier, samedi, ce n’est vraiment pas un détail pour eux… Metz pourra jouer debout. Avec ce soupçon de confiance dont ils avaient tant besoin. Cela faisait, en effet, près de quatre mois, et leur victoire à Guingamp (1-0, 7e journée), que les hommes d’Albert Cartier voyageaient à vide. Si ce dimanche 10 janvier 2015 restera dans les mémoires collectives pour une tout autre raison (bien plus dramatique), Florent Malouda et ses partenaires pourront se souvenir qu’à Nantes ils sont parvenus à enfin prendre un point à l’extérieur. Peut-être aussi, à leur échelle, un acte fondateur ?
Car s’ils ont souffert durant les vingt premières minutes face à des Canaris sifflant (presque) à merveille leur partition, les Mosellans ont su faire le dos rond grâce à une rigueur défensive retrouvée et une solidarité qui leur va si bien au ton. Vizcarrondo (1re ), Veretout (12e ) et Bammou (14e ) ont bel bien fait trembler la défense messine. Mais elle n’a jamais plié. Au contraire. C’est tout un bloc qui fait barrage aux vagues nantaises pour finalement sortir la tête de l’eau et se créer, à son tour, de belles opportunités.
C’était tout d’abord Bouna Sarr qui lançait Sergeï Krivets dont les plans étaient contrariés par Riou (24e ). Sur le corner qui suivait, la tête de Bussmann était écartée sur sa ligne par Cissokho (25e ), alors que la frappe signée Ngbakoto finissait sa course dans les gants du gardien du FC Nantes (27e ). Le tout intervenant à la suite d’actions construites. A l’image de cette nouvelle opportunité : un jeu à trois entre Lejeune, Malouda et Krivets. Malheureusement, la tête du Biélorusse passait de peu à côté (39e ).
Seule la finition…
De quoi donner des idées aux Lorrains après la pause. Ces derniers montaient ainsi encore d’un cran leur niveau d’agressivité. Ce qui avait le don de faire douter les troupes de Michel Der Zakarian. La tête de Ngbakoto était ainsi contrée par Riou (51e ) pendant que Sarr tentait sa chance, côté droit, après un corner de Lejeune (63e ). Ne manquait finalement qu’un brin de justesse dans la finition. Un mal récurrent auquel il faudra0 très vite remédier.
Mais s’il n’a pas (encore) changé ses mauvaises habitudes dans ce domaine, ce FC Metz version 2015 s’est, en revanche, (re) découvert des vertus défensives. A l’image d’une charnière Palomino-Milan très intéressante et qui aura mis en échec des Nantais contraints de tenter leur chance de loin (Bedoya, 65e ) à défaut de parvenir à contourner le bloc adverse.
Après leur succès en Coupe de France (2-1) à Epinal et un stage mobilisateur en Gironde, les Messins ont donc entamé l’année en se rassurant chez le désormais sixième de la classe. Ils auraient même pu espérer mieux au regard de leur prestation d’ensemble et de ces dernières occasions signées Palomino (80e ), Malouda (84e ) et surtout Sarr dont la superbe frappe heurtait la transversale de Riou dans le temps additionnel (90e +2). Mais dans le ton, c’est bon.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Rivierez, solide comme un roc

Jonathan Rivierez, au duel avec Georges-Kévin Nkoudou, s’est avéré précieux en défense. Photo AFP
A l’image de ses partenaires, le défenseur messin n’a pas ménagé ses efforts pour garder la maison grenat inviolée.
CARRASSO. Deux sorties pleines de conviction dans les pieds de Bangoura (24e , 27e ). Une autre hasardeuse en fin de match (73e ) en dehors de sa surface qui lui a valu un carton jaune : le gardien a rassuré les siens (dans les airs et dans son jeu au pied), exception faite de ce petit accroc sans conséquence.
RIVIEREZ. Le latéral droit est solide comme un roc et défend debout sans jamais se jeter. Nouvelle prestation aboutie pour l’ancien Havrais qui s’impose match après match à ce poste.
MILAN. Un pied ferme devant Bammou (22e ). De la présence dans les airs pour l’Italo-Argentin qui ne s’embarrasse pas quand les situations devant sa surface sentent le souffre. Le défenseur central a tenu la baraque.
PALOMINO. Une vraie pile électrique. Il s’en prend même au poteau de corner (78e ). Deux minutes plus tard, sa tête a manqué de puissance pour inquiéter Riou. De la présence physique, des gestes défensifs parfois peu orthodoxes, mais d’une efficacité redoutable. L’Argentin est à sa place en charnière centrale.
BUSSMANN. Son choc sur son nez (ensanglanté) ne l’a pas fait baisser la garde et voir des étoiles. Le latéral gauche vosgien a même failli trouver les filets sur sa tête décroisée sauvée sur la ligne par un Nantais sur un corner de Ngbakoto (25e ). Attentif et vigilant dans son rôle défensif, même si Cissokho lui a parfois mené la vie dure en début match.
N’DAW. Il a harangué sans cesse ses partenaires. Volontaire (comme à son habitude), il s’est mué en demandeur de ballon pour être la rampe de lancement du jeu en alternant bons et mauvais choix. L’investissement et la détermination du Sénégalais sont néanmoins à souligner.
LEJEUNE. A l’image de ses partenaires, il n’a pas toujours senti les bons coups sur les deuxièmes ballons. Mais il n’a jamais rechigné à ses tâches défensives : un apport considérable. Sa patte gauche est précieuse sur les coups de pied arrêtés.
MALOUDA. Du froid (première période), du tiède (seconde). Promu capitaine, l’ex-international a eu du mal à poser et développer le jeu. Le Guyanais n’a pas manqué de jambes et n’a pas freiné ses efforts mais a été plus approximatif balle au pied que lors de ses dernières sorties. Malgré un bon centre sur la grosse occasion de Krivets (39e ).
SARR. Accélérations, prises de risques, tentative lointaine. Il a été le danger principal des Nantais, malgré une première période plutôt discrète. Il aurait pu devenir l’homme du match si sa frappe lointaine, plein axe, n’avait pas trouvé la barre de Riou (90e +1). Remplacé par Andrada (90e +2).
KRIVETS. Des ballons perdus, des mauvais choix pendant une grosse demi-heure. Une première mi-temps timide sur le plan offensif, malgré une tête qui a effleuré le poteau (39e ). Le Biélorusse est revenu après la pause avec de meilleures intentions, mais il doit apporter plus.
NGBAKOTO. Seul en pointe à la Beaujoire, l’attaquant a attendu près de vingt bonnes minutes pour être servi dans de bonnes conditions. Remuant et peu avare dans ses efforts, il s’est beaucoup donné. Sa course folle, ponctuée d’une tête, a rencontré la sortie et les gants du gardien Nantais (51e ). Comme en Coupe de la Ligue, en décembre, Yeni Ngbakoto a beaucoup tenté mais a manqué de justesse dans le dernier geste. Dommage. Remplacé par Nsor (73e ) qui s’est montré dynamique et disponible, mais brouillon.
Nicolas KIHL.
Bouna Sarr mention bien

Bouna Sarr, à la lutte avec Georges-Kévin Nkoudou, veut monter en régime. Photo AFP
Le jeune milieu de terrain, qui a renoncé à la CAN pour franchir un palier avec son club formateur, a marqué des points, hier à Nantes.
Il aurait pu en être l’un des acteurs. Michel Dussuyer, le metteur en scène de la Guinée, l’avait, en effet, invité à se produire sur les planches de la Coupe d’Afrique des Nations qui débute samedi prochain. Finalement, Bouna Sarr a renoncé, « la mort dans l’âme », à s’envoler pour la Guinée Équatoriale.
« J’ai fait un choix et je l’assume pleinement , a-t-il répété hier soir dans les couloirs de la Beaujoire. Contre Nantes, le coach m’a donné 90 minutes de temps de jeu et je pense avoir réalisé une prestation correcte. Le but, désormais, c’est d’enchaîner et d’aider le FC Metz à atteindre son objectif. »
Régulièrement appelé à confirmer un talent qui peine à totalement éclore, le milieu de terrain offensif, formé à l’école messine, sait qu’il doit désormais passer un cap. « Je vis actuellement une période charnière dans ma jeune carrière professionnelle » , avait-il d’ailleurs expliqué au début du mois pour expliquer son refus de rejoindre la sélection guinéenne.
Hier, Bouna Sarr a honoré sa huitième titularisation de la saison en championnat. Principalement appliqué dans le repli défensif – comme l’ensemble de ses partenaires – en première période, le jeune milieu de terrain, qui fêtera ses 22 ans le 31 janvier, est sorti de sa boîte après la pause. Il a d’abord tenté sa chance sur un corner détourné par Guirane N’Daw (63e ) avant d’être à deux doigts d’offrir un caviar à Sergeï Krivets à la suite d’une jolie inspiration (78e ).
« C’est rageant »
Mais, évidemment, l’action qui laisse le plus de regrets, c’est cette montée rageuse plein axe ponctuée par un missile qui est venu heurter la barre de Remy Riou dans le temps additionnel (90e +1). « Oui, c’est rageant, souffle l’intéressé. Mais ce que je veux retenir avant tout, c’est que nous avons réalisé un match solide, sans prendre de but. Je ne suis pas en réussite sur cette dernière frappe, mais ça viendra. »
En quête de temps de jeu, Bouna Sarr a démontré, hier, qu’il était (vraiment) une solution crédible. Qu’il pouvait apporter cette vivacité et ce petit grain de folie qui peuvent faire la différence. Le tout en ne rechignant jamais aux tâches plus ingrates. « C’est à moi de prouver que je peux m’imposer , poursuit le natif de Lyon. Je dois me faire encore un peu plus violence quand on me donnera l’opportunité de jouer. Un match entier où quelques minutes. Aujourd’hui, on sort de la zone de relégation. C’est le plus important. Ce match nul est encourageant. » Pour le FC Metz. Pour Bouna Sarr aussi…
J.-S. G.
Bussmann : « Le travail collectif a payé »
Albert Cartier (entraîneur de Metz) . « Collectivement nous avons réalisé un bon match, notamment dans la récupération et notre capacité à bloquer cette équipe nantaise. Dans le jeu, nous sommes dans la continuité du match face à Monaco mais, cette fois, nous avons été plus solides défensivement. Ce qui nous permet de prendre un point mérité. Je pense d’ailleurs que nous nous sommes créé les occasions les plus franches. Je n’oublie pas non plus que nous avons souffert durant les vingt premières minutes. »
Michel Der Zakarian (entraîneur de Nantes). « Après une excellente entame de match, au cours de laquelle nous n’avons pas su concrétiser nos quelques occasions, nous avons clairement manqué de mobilité pour espérer contourner le bloc messin. Il nous a manqué un peu de folie et de justesse. On va se contenter de ce nul : quand tu ne peux pas gagner un match, il faut au moins parvenir à ne pas le perdre… »
Yeni Ngbakoto ( attaquant de Metz ) . « Nous avons fait un match cohérent. Défensivement tout d’abord puisque nous ne prenons pas de but et offensivement car nous sommes parvenus à être souvent dangereux. Il nous manque encore ce soupçon de réussite et d’efficacité devant le but, mais on est sur le bon chemin. »
Guirane Ndaw ( milieu de terrain de Metz ) . « On a pris un très bon point ce soir (hier). Après notre série à l’extérieur très difficile, on en avait besoin. Défensivement, on a bien tenu, tout le monde a fait les efforts en même temps ».
Jonathan Rivierez (défenseur de Metz) . « Ce point va nous lancer dans cette deuxième partie de championnat. Nous avons été attentifs jusqu’au bout, le match fourni est vraiment correct avec du sérieux et de l’implication tous ensemble. »
Gaëtan Bussmann (défenseur de Metz) . « On s’est procuré quelques opportunités de gagner ce match notamment avec la frappe sur la transversale de Bouna (Sarr) en fin de partie. Le travail collectif a payé et c’est vraiment un bon point de pris. On voulait montrer qu’on avait les capacités pour redresser la tête à l’extérieur. »
J. S.-G. et N. K.
Hors jeu
Hommage

L’hommage rendu avant la rencontre. Photo AFP
Alors que plus de trois millions de manifestants ont défilé dans toute la France, hier après-midi, joueurs, staffs , arbitres et spectateurs de la rencontre entre le FC Nantes et le FC Metz ont également rendu un hommage appuyé aux victimes aux victimes des attentats survenus cette semaine. Une minute de silence a (totalement) été respectée par l’ensemble de l’assistance. Un moment émouvant. Les joueurs, eux, se sont recueillis devant une banderole où était inscrit le désormais très symbolique message : « Je suis Charlie ».
Première
Albert Cartier avait retenu dix-neuf joueurs pour le déplacement à Nantes dont le jeune Janis Ikaunieks. Le milieu de terrain, officiellement messin seulement depuis le 3 janvier, figurait bien
sur la feuille de match. Une première pour la recrue internationale lettone du FC Metz. Du coup, c’est Thibaut Vion qui a été écarté et invité à suivre la rencontre des tribunes.
Convertis
Les Messins vont dorénavant pouvoir compter sur le soutien de nouveaux supporters. Ces derniers ont, en effet, laissé un excellent souvenir au personnel de l’Hôtel Golf du Médoc dans lequel
ils ont séjourné la semaine dernière lors de leur stage au Pian-Médoc (Gironde). Albert Cartier leur a d’ailleurs remis, au non de l’équipe et du staff , un maillot dédicacé par tous. « Je crois que je suis converti à la cause du FC Metz », a ainsi déclaré l’un des réceptionnistes de l’établissement.
Programme
De retour en Lorraine dans la nuit, Florent Malouda et ses partenaires bénéficient aujourd’hui d’une journée de repos. Ils reprendront le chemin de l’entraînement ce mardi à 15 h.
Metz/Algrange : ça se complique

Julie Wodjyla et les Messines ont réalisé une très mauvaise opération en s’inclinant contre Rodez. Photo Pierre HECKLER
Bien parties, les Messines ont progressivement cédé du terrain et payé cash des erreurs individuelles notamment de leur gardienne, Getter Laar.
Battues contre le cours du jeu à Saint-Etienne, malgré une jolie prestation, les Messines du FC Metz/Algrange n’avaient plus vraiment le choix. Il leur fallait battre impérativement Rodez, situé juste au-dessus d’elles au classement. C’est manqué !
Pourtant, les protégées de Gérôme Henrionnet qui, hier, était remplacé sur le banc, pour cause de suspension, par Angélique Roujas, avaient fait le plus difficile. En échappant d’abord à la transformation d’un penalty pour une faute de Papaix sur la dynamique Noiran, Haupais manquant le cadre de Laar (14e ), puis en ouvrant le score par l’opportuniste Lindsay, embusquée dans les six mètres à la suite d’un centre en retrait de l’explosive Martins (22e ). C’était bien parti et ça sentait bon !
En difficulté au milieu du terrain et sur le côté droit où Gurz souffrait, Metz/Algrange se battait bien, avec ses armes, une Jatoba parfaite en défense, une Léger combative et une Martins réactive. Le but était venu d’une belle inspiration de Wojdyla et, en dépit de la puissance développée par l’athlétique équipe ruthénoise, on pouvait voir venir.
C’est d’un coup franc concédé par Léger que l’égalisation allait venir. Sur la frappe de Banuta, Laar relâchait le ballon et sur le corner qui suivait, la gardienne estonienne jugeait mal la reprise de la tête de Haupais, la capitaine aveyronnaise. Plus grave, quelques minutes plus tard, Laar s’embrouillait sur une frappe excentrée et lointaine de Lemaitre. Du coup, le FCMA rentrait aux vestiaires, la tête dans les épaules.
Après le repos, l’agressivité était d’abord le fait des Rafettes. Jouant haut, Rodez interdisait la possession de balle aux Messines qui ne parvenaient que rarement à entrer dans les trente mètres visiteurs. Janela mettait pourtant Léger en position, mais la frappe de MC ne surprenait pas Niphon (56e ). Et un peu plus tard, Lemaitre était à deux doigts de faire le break (62e ). Les Grenats souffraient mais se battaient.
Metz trouve Lemaitre et son maître
Du coup, la réussite leur souriait, et le talent de Jatoba faisait le reste. Du pied gauche et de loin, la Brésilienne piquait une merveille de petit ballon qui lobait la gardienne ruthénoise et offrait l’égalisation aux Algrangeoises (64e ).
Metz/Algrange était-il alors en mesure d’aller chercher la totalité de l’enjeu ? Rien n’était moins sûr. Lindsay n’était pas loin d’obtenir la sanction suprême (75e). Mais le match basculait sur un contre parti de la gauche visiteuse et qui se terminait par un centre de Ribeyra sur la tête de Lemaitre, qui surprenait une nouvelle fois la portière messine. Cette fois, le dernier mot était dit. Rodez prenait sa revanche et les quatre points de l’enjeu. Ce matin, Metz est plus que jamais relégable et le fossé s’est creusé.
A. Z.