
Kevin Lejeune fut le premier à reconnaître, samedi, que Metz n’avait pas été « au niveau de la Ligue 1 ». Photo Pascal BROCARD.
Le FC Metz a enregistré un neuvième match sans victoire, samedi, face à Montpellier (2-3). La situation devient alarmante pour un groupe qui n’avait jamais montré si peu à son public. Sale temps, vraiment…
Une anecdote pour commencer en légèreté. En quittant la zone mixte de Saint-Symphorien, samedi soir, Bryan Dabo a croisé Rolland Courbis et lui a demandé une faveur : « Coach, soyez sympa hein, vous parlez de moi. Pour ma passe décisive… » L’entraîneur a ensuite pris place devant la presse et déroulé le fil de sa soirée. Il a parlé d’une « victoire construite » de Montpellier (2-3), ironisé sur son premier pénalty de la saison, plaisanté sur le triplé de Barrios et… glissé le nom de Dabo. Courbis dans ses œuvres. Il a fait le métier, rendu service et gentiment amusé la galerie.
Autre coach, autre ambiance. Albert Cartier a pris la suite, mâchoire serrée et colère contenue. Faut-il préciser qu’aucun de ses joueurs n’avait réclamé d’hommage pour les caméras ? Le technicien, de toute façon, a mis tout le monde dans le même sac. Il a vu un FC Metz « passif, attentiste » et décrété qu’il s’agissait « de la plus mauvaise prestation à domicile cette saison ». « Pas de foot, a-t-il encore pesté. On a manqué d’agressivité défensive, de vitesse offensive, de jeu… »
« En dessous de tout »
Avant cette intervention, le défilé des Grenats avait déjà ressemblé à une procession d’âmes grises en route vers l’autoflagellation. Kévin Lejeune s’était fouetté le premier : « On n’a pas été au niveau de la L1. On a été en difficulté dans tous les domaines. » Yeni Ngbakoto a repris le bâton : « Si on joue le maintien comme ça, on va vite redescendre. » Puis Malouda a entériné le constat : « On a été en dessous de tout ».
Metz restera pourtant au-dessus de la ligne de relégation cette semaine, mais il n’y est pour rien. Seul le résultat de Paris-Evian (4-2) lui a donné un coup de main… Ce groupe avait déjà touché le fond en 2014, du côté d’Annecy ou de Lorient notamment, et il creuse encore en 2015. A domicile, c’est une première. Jamais cette équipe ne s’était autorisé un tel relâchement devant son public. Et la forme pétaradante de Montpellier n’explique pas tout.
Le tweet de Sarr
Rien ne pourra être sauvé de cette lugubre soirée où les faillites individuelles (Krivets en tête) ont plombé un collectif déjà déboussolé et dépassé par un adversaire plus grand. Plus inquiétant encore, ce groupe a abandonné son atout majeur, l’impact. C’est bien simple : samedi, Montpellier a eu droit à une visite organisée du stade Saint-Symphorien. Comme un voyage d’agrément, guidé par un hôte complaisant.
Les choix d’Albert Cartier se sont enfin avérés inopérants, voire incompris. Dans la nuit, Bouna Sarr, remplacé dès la mi-temps, avait d’ailleurs twitté son désarroi : « Te donner la confiance pour ensuite te l’enlever. Donc.. Comment évoluer. » C’est une première lézarde publique dans l’harmonie du vestiaire. Et un coup de canif sur l’autorité d’un entraîneur…
Metz doit bien prendre garde, aujourd’hui, de ne pas sombrer dans la caricature des équipes en difficulté. Dans ces moments, un vestiaire peut se charger d’aigreur et se fissurer sous le poids des frustrations. Alors, autant prévenir : le déplacement à Lyon, dimanche prochain, n’annonce pas des temps moins difficiles. Ce groupe, qui clame ses valeurs et sa solidarité depuis trois ans, n’a donc aucun intérêt à les égarer alors qu’il traverse sa première période critique.
Dit autrement : Metz file un bien mauvais coton dont il aurait tort de se faire un pull. Il est plutôt question de renouer le fil. Le Grenat se porte toujours mieux quand il est uni.
Christian JOUGLEUX.
Malouda : « Au niveau pendant 25 minutes »

Malouda, comme Metz, a été sérieusement bousculé par Montpellier. Photo Pascal BROCARD.
Remonté sans être alarmiste, Florent Malouda appelle au changement. Et à la prise de conscience.
Florent Malouda, quel est votre premier sentiment après cette nouvelle défaite ? « De la déception mais aussi beaucoup de rage, de colère. C’est énervant de perdre. »
• Pourtant, Metz menait 2-1 à la pause. Que s’est-il passé en seconde période ? « Je pense qu’il y a plusieurs explications mais sur l’ensemble du match, on a été au niveau de la Ligue 1 pendant 20 ou 25 minutes, celles avant la mi-temps. Le reste du temps, ce n’était pas le cas. C’est pour ça que Montpellier mérite sa victoire. On a eu une réaction d’orgueil, après avoir concédé le penalty, mais cela venait une nouvelle fois après un but encaissé en début de match… Et, en seconde période, on a été en dessous de tout. »
• Comment expliquez-vous que votre équipe soit tombée si bas durant les quarante-cinq dernières minutes ? « C’est un tout. Un manque de confiance, d’ambition et puis, surtout, j’ai l’impression qu’on n’a pas cette espèce d’état d’alerte en se disant qu’on se met en danger en ne jouant pas au niveau requis. C’est ça le plus énervant. »
« Le maintien, ça se mérite »
• Le groupe serait-il trop confiant ? « Je ne pense pas, mais il faut vite corriger cette trajectoire car ce qu’on produit n’est pas suffisant. Le maintien, ça se mérite et là, sur un match comme ça, l’écart est trop grand. Il ne faut pas l’accepter. »
• Êtes-vous inquiet pour la suite ? « Non, mais il y a des choses à changer et tout de suite. Parce que les matches s’enchaînent, les points défilent et nous, on ne les prend pas. Il faut tout de suite qu’on apporte des corrections car le haut niveau, ça va très vite. »
• Des pistes pour le changement ? « Je ne suis pas coach, je dis juste ce que je pense. Je suis énervé mais je m’inclus dans cette défaite que je n’accepte pas. »
T. G.
La preuve par dix (U17)
Terrain synthétique de la Plaine de Jeux Saint-Symphorien. Arbitre : Guillaume Lambert Coucot. Expulsion à Chapelle : Camara (75e ). Buts pour Metz : Fournier (10e , 34e , 87e ), Bijelic (26e, 80e), Basin (33e ), Maziz (38e ), Arslan (57e ), Protin (60e , 88e ).
Cette rencontre des extrêmes entre le 1e et le dernier a respecté la logique. Après plusieurs belles occasions dont un poteau de Protin dès la 2e minute de jeu, les Messins ouvraient la marque par Fournier (1-0 ; 10e ). Le deuxième but était l’œuvre de Bijelic suite à un bon travail du même Fournier (2-0 ; 26ee ). Metz n’était nullement inquiété et enchainait les réalisations. Basin offrait le 3e but à son équipe (3-0 ; 33e ), Fournier l’imitait dans la minute suivante (4-0 ; 34e ) puis Maziz sautait pour placer une tête en pleine lucarne (5-0 ; 38e ).
Les joueurs de Christophe Walter continuaient sur leur lancée en deuxième période. Arslan partait seul au but (6-0 ; 57e ) et Protin était à la réception d’un centre de Basin (7-0 ; 60e ). Chapelle se retrouvait à dix suite à l’expulsion de Camara (75e ) et Metz poursuivait son festival. Bijelic réussissait un doublé (8-0 ; 80e ), Fournier un triplé (9-0 ; 87e ) et enfin Protin un doublé également (10-0 ; 88e ).
Fc Metz express
Tableau de bord. Aujourd’hui : une séance d’entraînement à 10 h (huis clos). Demain : Avranches - Metz à 18h30. Mercredi : une séance à 11 h. Jeudi : une séance à 10 h. Vendredi : une séance à 14 h. Samedi : une séance à 14 h (huis clos).
D’un match à l’autre. Dernier match : Metz - Montpellier (21e journée de L1), samedi 17 janvier : 2-3. Prochain match : Avranches (Nat) - Metz (16es de finale de la Coupe de France), mardi 20 janvier à 18h30 ; Lyon - Metz (22e journée), dimanche 25 janvier à 14 h.
À l’infirmerie. Seuls Janis Ikaunieks (adducteurs) et Fakhreddine Ben Youssef (cuisse) sont indisponibles.
En sélections. Doukouré (Côte d’Ivoire), Kashi (Algérie), Maïga (Mali), Mfa (Gabon), Sassi (Tunisie)
Les buteurs. En Ligue 1 : Falcon, Maïga, Ngbakoto ( 4 buts ); Malouda, Bussmann ( 2 ); Milan, Kashi, Krivets ( 1 ).