
Alexandre Lacazette a encore frappé, sur penalty, avant de sortir, blessé. Jonathan Rivierez a fait connaissance avec le meilleur buteur du championnat. Photo AFP
Une blessure rapide, une exclusion sévère et une défaite à l’arrivée : Metz n’a pu lutter à armes égales avec des Lyonnais qui ont assis leur première place en Ligue 1 (2-0).
A l’impossible nul n’est tenu… Le FC Metz n’est pas tombé sous les feux d’un leader impitoyable et tout-puissant hier, mais sous les coups d’un sort décidément contraire. À l’heure d’analyser cette nouvelle défaite des Grenats (2-0), il sera difficile, en effet, de faire l’impasse sur ces faits de jeu qui ont à la fois torpillé la perspective d’un exploit à Gerland et la marge de coaching d’Albert Cartier, quasiment réduite à néant dès la mi-temps.
Cette partie, de toute façon, avait déjà pris une tournure étrange et inattendue avec la disparition précoce de ses deux têtes d’affiche. Touché aux ischio-jambiers, Malouda n’a joué que 24 minutes hier, avant de céder sa place à Ngbakoto. Lacazette l’a imité dix minutes plus tard (34e ), victime d’une lésion musculaire. Lui, pourtant, avait eu le temps d’inscrire un penalty (31e ) avant de tirer sa révérence et le vrai tournant du match était là, dans cette faute sévère sifflée à Milan dans la surface et assortie d’une exclusion inepte. Olivier Thual n’a montré ni pédagogie, ni cohérence dans son arbitrage. Car une faute d’Umtiti sur Nsor, en position de dernier défenseur, n’a été sanctionnée que d’un aimable avertissement avant la pause (45e +1). Deux poids, deux mesures donc et un FC Metz plombé en conclusion. Comme de coutume hélas.
Cornet rate le symbole
Ce scénario est cruel car les Lorrains, portés par un excellent Palomino, avaient contrarié toutes les offensives lyonnaises jusqu’alors et même manqué l’ouverture du score, sur un contre de Nsor, annihilé par Umtiti (10e ). L’idée consistait visiblement à reproduire la manœuvre aperçue à Lille (0-0), avec un milieu densifié, un bloc très bas et une pointe chargée d’exploiter les rares ouvertures. « Avec une blessure et un carton rouge, notre mise en place a été contrecarrée trop vite », déplorait Albert Cartier, dans une retenue qui disait autant sa frustration que sa volonté d’esquiver un rendez-vous avec la commission de discipline.
À onze contre dix, naturellement, la suite a viré à l’attaque-défense et à ce déséquilibre monumental dans la possession du ballon (76 % contre 24 à Metz). Lejeune et Carrasso ont d’ailleurs sauvé leur camp devant des tentatives de Ghezzal (54e , 60e ) et Ferri (59e ), mais l’édifice a cédé définitivement sur une frappe puissante de Tolisso, idéalement servi, aux 20 mètres, par le revenant Gourcuff (83e , 2-0). L’histoire a même failli se terminer sur une dernière note d’ironie et un but de Maxwel Cornet mais l’ex-Messin a été sifflé hors-jeu (88e ), avant de rater le cadre (89e ). Le banni n’a donc pas pu envoyer de message à son ancien employeur pour sa première apparition en Ligue 1…
Solide sans être excessivement séduisant, Lyon enregistre sa septième victoire consécutive au moment où son hôte déplorait une douzième défaite cette saison. Les Grenats sont désormais relégables. Ils s’en remettront sans doute, car ils ne sont pas responsables de tous leurs malheurs à Gerland et ils ne misaient pas forcément sur une victoire à Lyon pour sauver leur peau. Reste toutefois ce goût amer, à l’heure d’aborder un calendrier à leur portée. Dans cette bataille du maintien, quelques soldats vont manquer. Milan sera suspendu et Malouda peut-être encore blessé. Le bilan est lourd à l’arrivée.
Christian JOUGLEUX.
Palomino sort du lot

Kwame Nsor, aux prises ici avec Samuel Umtiti, a fêté sa première titularisation en Ligue 1, hier. Photo AFP
Alors que Jose Luis Palomino s’est démultiplié pour tenir la baraque derrière, les plans messins ont été bousculés par des faits de jeu frustrants.
CARRASSO. Pris à contre-pied sur le penalty de Lacazette, le gardien lorrain a gagné son face-à-face avec Cornet juste avant la pause, repoussé une frappe de Ferri (60e ), avant de céder une seconde fois sur un tir de Tolisso sur lequel il s’est détendu en vain de tout son long (83e ). Peu de travail mais deux buts encaissés.
RIVIEREZ. L’ancien Havrais n’a pas été gâté en ce dimanche. Avec Tolisso, Ghezzal puis Gourcuff qui ont évolué dans sa zone, il a été gêné considérablement. Averti (51e ), il a ensuite empêché Ghezzal de corser l’addition en deuxième période (62e ).
MILAN. L’Italo-Argentin a été victime d’une sévère décision de l’arbitre, Olivier Thual, qui l’a expulsé après sa faute dans la surface de réparation sur Ghezzal. Dur pour le défenseur central, dont la sortie prématurée a obligé Albert Cartier à rapidement modifier ses plans.
PALOMINO. S’il y en avait un qui était dans le coup hier, sur la pelouse du stade de Gerland, c’est bien lui. En mode combat, l’Argentin, qui enchaîne les titularisations depuis plus d’un mois, a quasiment gagné tous ses duels et colmaté de nombreuses brèches.
BUSSMANN. Le défenseur vosgien a été souvent malmené. Les assauts de Fekir et Jallet dans son couloir lui ont donné du fil à retordre.
SARR. Beaucoup d’activité de la part du Lyonnais de naissance, dont la technique et la vitesse ont fait du bien à des Grenats qui ont rarement eu la possession du ballon. Mais il s’est retrouvé trop esseulé pour peser encore plus dans le jeu lorrain.
PHILIPPS. Première titularisation en Ligue 1 pour l’international luxembourgeois. Il a d’abord œuvré dans l’entrejeu avant de reculer d’un cran quand le FC Metz s’est retrouvé à dix. Et il a naturellement repris place au milieu quand Sylvain Marchal est entré en jeu. Un apprentissage compliqué dans ce contexte. Falcon l’a relayé pour le dernier quart d’heure (78e ) quand les Mosellans ont joué leur va-tout.
N’DAW. Son impact a manqué durant les quarante-cinq premières minutes. Ses approximations ont gêné les Lorrains dans la première relance. Le Sénégalais est monté en puissance après la pause, tentant notamment l’une des rares frappes messines (80e ).
LEJEUNE. A l’image d’une intervention pleine d’à-propos devant Fekir (54e ), le milieu de terrain lorrain a essentiellement passé son temps à défendre hier après-midi. Dès lors, son influence dans les phases offensives s’en est ressentie.
MALOUDA. Son retour à Lyon n’aura pas duré longtemps. Touché aux ischio-jambiers, l’ex-Lyonnais, positionné en attaque pour épauler Nsor, a été contraint de céder sa place à Yeni NGBAKOTO (24e ). Dix minutes plus tard, mâchoires serrées, ce dernier a regagné le banc de touche au profit de Sylvain MARCHAL. Un choix dicté par l’expulsion de Milan.
NSOR. Titularisé pour la première de sa carrière en Ligue 1, le Ghanéen, revenu à la compétition depuis moins d’un mois, a manqué d’efficacité pour ouvrir le score au bout de dix minutes. Lancé par Malouda, il a vu sa frappe contrée par Umtiti. C’est lui qui a obtenu le coup franc à l’entrée de la surface dans le temps additionnel de la première mi-temps, retenu par Umtiti qui a frôlé le carton rouge sur cette action. Ses nombreuses courses n’ont pas servi à grand-chose, dès lors que Metz a joué en infériorité numérique.
Maxime RODHAIN.
Guido Milan : « Je ne fais pas faute ! »
Albert Cartier, entraîneur de Metz : « Les Lyonnais ont fait un bon match et les Messins ont fait un bon match. Je ne conteste pas le score, mais c’est difficile d’avoir à jouer chez le leader et de le mettre en danger dans ces conditions. On n’a vraiment pas été aidé ! On avait pourtant une bonne organisation qui s’est montrée capable de gêner cette équipe-là et j’aurais aimé la voir plus longtemps… »
Hubert Fournier, entraîneur de Lyon : « Nous avons le sentiment du devoir accompli. Nous avions une forte pression car tout le monde nous voyait gagner forcément ce match. Metz nous a posé pas mal de problèmes. Nous avons fait preuve d’une grande discipline pour ne pas nous faire contrer par l’adversaire et c’est un progrès par rapport au match de Nantes. »
Yeni Ngbakoto, milieu offensif de Metz : « C’est très frustrant. On encaisse ce premier but sur un penalty qui n’est peut-être pas valable et il y a cette double sanction derrière… C’est dommage, car on n’avait pas été trop mis en danger jusque-là. On avait même plutôt bien débuté mais cela a tué le match. À onze contre dix, ce n’était plus la même chose. […] Personnellement, sortir après cinq minutes de jeu, c’est très rageant. C’est un choix tactique. Le coach a ses raisons et il faut les respecter. »
Guido Milan, défenseur de Metz : « Je ne fais pas faute ! Le centre arrive, le joueur (Ghezzal) se lance et il se jette par terre. Ensuite, l’arbitre va donner le carton rouge à Jose (Palomino) , mais je lui ai dit que c’était moi sur l’action. Et il m’a expliqué que j’étais dernier défenseur. Je n’ai pas de mots. Ça change tout, ça casse tout. Sans ce penalty et l’expulsion, ce n’était pas le même match. »
Florent Malouda, milieu offensif de Metz : « J’ai senti une petite décharge à la cuisse et j’ai demandé à sortir. C’est assez frustrant. Le penalty a facilité la vie de Lyon. […] On n’a pas lâché dans des conditions difficiles. Il faut garder cet état d’esprit et cette discipline. […] Le carton rouge est sévère. Ça fausse tout. Il n’y avait pas besoin de ça pour aider Lyon. »
Hors-jeu

Florent Malouda. Photo AFP
Souvenir de 1995
Les supporters lyonnais ont de la mémoire. Ils ont réservé deux bruyantes ovations aux anciens de l’OL, Florent Malouda et Robert Duverne. Dans le virage Nord, les Bad Gones avaient aussi préparé une banderole pour ressusciter le Metz - Lyon de 1995, ce fameux match annulé à cause de la neige, alors que l’OL menait (1-2) et rejoué avec bonheur par les Grenats qui s’étaient imposés 2-1. La banderole en question : « Une souffleuse cachée, une victoire volée, 20 ans ont passé, on n’a pas oublié ».
Lacazette récompensé
Alexandre Lacazette a reçu, hier, le trophée UNFP de meilleur joueur du mois de décembre. L’attaquant lyonnais a en effet inscrit six buts durant cette période. Il est aussi le premier joueur de l’OL à recevoir ce trophée depuis Hugo Lloris, en 2009.
Lésion musculaire
Sorti à la 34e minute de jeu hier après-midi, Alexandre Lacazette souffre d’une lésion musculaire derrière une cuisse, a indiqué son entraîneur, Hubert Fournier. « Nous avons deux échéances contre des prétendants au podium. Cela ne tombe jamais au bon moment et d’autant plus maintenant », a déploré ce dernier.
Deux premières
Chris Philipps et Kwame Nsor n’avaient jamais été titulaires dans un match de Ligue 1. C’est chose faite depuis hier. Albert Cartier est resté fidèle à la mise en place testée vendredi à l’entraînement et a donc tenté le pari de la jeunesse et de la fraîcheur. Dans le camp lyonnais, Maxwel Cornet a aussi disputé son premier match de championnat de la saison, au relais de Lacazette, sorti à la 34e minute.
Cornet encore vert
Il faudra encore un peu de temps pour que Maxwel Cornet saisisse les codes de son nouveau club. L’ancien Messin a confié, hier, qu’il serait « derrière les Verts » de Saint-Etienne pour leur choc contre le PSG. Il faisait évidemment référence au classement et à la possibilité de garder Paris à distance, mais il y a des sorties médiatiques interdites à l’OL. Comme parler de la couleur verte ou clamer son soutien au rival absolu.
Maxwel Cornet : « C’était un peu spécial »

Maxwel Cornet a fait ses débuts en Ligue 1 face à son club formateur. Photo
Ironie du sort, Maxwel Cornet a découvert la Ligue 1 avec Lyon contre Metz, son club formateur. Et a failli marquer !
Que ressentez-vous après votre première apparition en Ligue 1 sous le maillot lyonnais ? « Je suis très content. On s’est remis sur le droit chemin après notre élimination en Coupe de France à Nantes. C’est une belle victoire devant notre public. En plus, pour moi, c’était un peu spécial puisque c’était contre mon ancienne équipe. Mais je retiens d’abord la victoire. »
• Comment vous êtes-vous senti dans le collectif de l’OL ? « J’ai eu pas mal d’occasions. Malheureusement, il m’a manqué le but… Mais je pense que ça viendra. C’était mon premier match de la saison, ça viendra au fur et à mesure. »
• Vous êtes entré en jeu pour remplacer Alexandre Lacazette, blessé. Comment le groupe lyonnais a-t-il vécu la sortie du meilleur buteur du championnat ? « Il n’a pas eu de chance, il a ressenti quelque chose. Je pense qu’il va faire ce qu’il faut cette semaine afin d’être prêt pour le prochain match. »
• En l’espace de quelques jours, vous êtes passé d’une équipe qui joue le maintien à une autre en course pour le titre. Ça fait quel effet ? « C’est une situation spéciale, mais ça me fait plaisir. C’est un rêve qui se réalise. Depuis tout gamin, je rêve de jouer au plus haut niveau. Cette première place, c’est la cerise sur le gâteau. Maintenant, il faut continuer sur cette voie. »
« Pas évident pour Metz »
• Imaginiez-vous un tel scénario quand, à Metz, vous ne jouiez pas le week-end ? « Il y a six mois, je me concentrais sur mon travail parce que je savais que je n’avais pas de compétition dans les jambes. J’avais pour objectif de bien bosser à l’entraînement et de me tenir prêt pour une occasion qui se présenterait. Et elle s’est présentée avec l’Olympique Lyonnais, c’est une grosse satisfaction. »
• Qu’allez-vous faire de votre premier maillot en L1 ? « Je vais le garder précieusement et l’encadrer. »
• Comment avez-vous trouvé vos anciens coéquipiers du FC Metz au cours de cette rencontre ? « Ils ont fait un bon début de match. Après, l’expulsion les a coulés. Du coup, ça n’a pas été évident pour eux. »
M. R.
Lindsay, quatre à la suite !

Megan Lindsay. Photo Pierre HECKLER
Auteur d’un quadruplé, l’attaquante américaine du FC Metz-Algrange a (presque) éliminé à elle toute seule des Mancelles à côté de leur football et de leur collectif. Les Lorraines ont rendez-vous en huitièmes de finale.
À 4-0, on n’a rien à dire si ce n’est prendre sa valise et rentrer… » Christophe Charbonnier, l’entraîneur des Mancelles, n’a pas reconnu son équipe hier après-midi.
En 90 minutes, Justine Thébault et ses coéquipières n’ont pas eu le moindre tir cadré à se mettre sous les souliers. Le FC Metz-Algrange a su profiter de ce jour sans pour s’ouvrir en toute quiétude les portes des huitièmes de finale. Peu habituées à se retrouver à pareille fête en championnat, les Lorraines peuvent faire un gros bisou, quatre même, à leur attaquante américaine, auteur d’un inédit quadruplé. « C’est la première fois que ça m’arrive , avouait presque gênée Megan Lindsay. J’avais déjà réussi un triplé quand je jouais en Islande… »
Un coup de tête un coup d’œil
Quatre buts, dont deux de la tête et un superbe lob de près de trente mètres. L’artilleuse mosellane tirant le meilleur profit qui soit des "cadeaux" de l’arrière-garde mancelle. Sur l’ouverture du score, Lindsay Elston trouvait la tête de Megan Lindsay, étrangement seule au point de penalty (0-1, 19e ). Et de un ! Et de deux peu avant la demi-heure de jeu. Une défense trop attentiste et une frappe dans un angle fermé qui faisait mouche (0-2, 27e ).
Le deuxième acte était la copie conforme du premier. Quelques pointes de rébellion mais, sans précision dans le dernier geste, point de salut. Megan Lindsay, elle, n’en a pas eu des tonnes. Sur son coup du chapeau, l’Américaine du FC Metz-Algrange sautait plus haut que tout le monde pour tuer définitivement le suspense (0-3, 55e ). Un joli coup de tête suivi d’un fin coup d’œil. Replacée sur le flanc gauche, elle apercevait Mélanie Fouchard un peu trop avancée. Son lob des trente mètres, – « mon but préféré » –, venant clore l’addition (0-4, 77e ). Et sans trois gros sauvetages de la gardienne mancelle dans le dernier quart d’heure, la note aurait pu être plus salée encore…