
Sergei Krivets peine, pour l’heure, à confirmer toutes les attentes placées en lui. Photo Pascal BROCARD
Voué à devenir un élément moteur du FC Metz, l’international biélorusse promène un curieux malaise sur les terrains de Ligue 1. Sergei Krivets s’en est ouvert hier, entre positivisme et sincérité.
Sergei Krivets et le FC Metz, ou les destins parallèles. En quelques mois, l’ancien milieu du Bate Borisov est passé du stade de révélation potentielle du championnat au statut d’énigme, en perte de repères. Comme son club. International biélorusse, rompu à la Ligue des Champions, le choix du président Serin était pourtant arrivé avec son lot de promesses cet été, mais il n’aura comblé les attentes statistiques qu’une seule fois, contre Bastia (un but, une passe). Depuis, il renvoie plutôt l’image d’un garçon désorienté, en bisbille avec son football…
« Est-ce que le Bate Borisov et le championnat de Biélorussie lui imposaient un match dur tous les trois jours ? Non », avance Albert Cartier en « début d’explication ». « Il faut aussi savoir que ce garçon a joué plus que les autres , prolonge son agent, Didier Philippe. Entre la sélection, le tour préliminaire de la Ligue des Champions où il qualifie son équipe et la L1, il a plus de 50 matches dans les jambes. A un moment, il est carbonisé, il lui manque l’influx pour porter ses accélérations et la trêve d’une semaine n’a pas suffi. Il aurait fallu trois fois plus pour recharger les batteries. »
« Oser plus »
C’est un Krivets disponible et naturellement souriant qui a accepté, hier, de faire son introspection. En insistant sur un point : « La situation est difficile, mais il faut rester positif. Un joueur ne fera pas la différence seul, la solution sera collective, il faut rester soudé comme une famille. » Son adaptation ? « Je suis très heureux d’être ici , répond-il sans hésiter. Dans ma vie, tout va bien. » A un détail près : « La pluie. Je préfère la neige et… mon chien aussi. On se promène toujours ensemble. Avec la pluie, il ne veut plus sortir. »
Plus sérieusement, la langue pose évidemment problème. « P arfois , dit-il j’aimerais pouvoir parler de la situation. » « C’est un manque , ajoute son agent. Sergei peut avoir peur de dire des bêtises en français. A Borisov, il était un leader par la communication. A Metz, il veut vraiment rendre service, mais il ne peut pas le faire par le vocabulaire. »
Quid du terrain ? « On est dernier, c’est nouveau pour moi. Je jouais toujours le titre avec le Bate , remarque Krivets. Quand les résultats ne suivent pas, il y a du doute. Pour moi, le problème est mental. J’ai l’impression qu’on a peur de jouer plus libéré, de prendre des responsabilités. On doit oser plus maintenant. Il faut prendre des risques. »
Le Biélorusse découvre « un championnat intéressant, intense mais imprévisible, où tout le monde peut battre tout le monde », et parle d’un épanouissement délicat dans le système messin. « C’est compliqué quand les ballons arrivent à côté ou en l’air, d’autant que je ne suis pas grand , reconnaît-il. J’ai sans doute besoin d’être plus au contact du ballon, de l’avoir dans les pieds pour m’exprimer. »
Didier Philippe, en tout cas, veut écarter la thèse du malaise : « Sergei est quelqu’un de très positif et très exigeant. Il se donne à fond, ne calcule pas ses efforts mais il avait aussi l’habitude de marquer plus de buts. Comme il n’est pas né de la dernière pluie, il est lucide sur la situation et il sait que la solution viendra par le jeu. C’est sa passion de toute façon. Il vit vraiment le foot. Il a même appelé son chien Totti ! » Vivement que le maître repointe son plus joli museau en Ligue 1.
Christian JOUGLEUX (avec Iurii Ivanov).
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement à 10h30. Aujourd’hui : une séance à 10h30. Demain : une séance à 15 h (huis clos). Samedi : match. Dimanche : repos.
D’un match à l’autre. Dernier match : Lyon-Metz (22e journée de Ligue 1), dimanche 25 janvier : 2-0. Prochain match : Metz-Nice (23e journée), samedi 31 janvier à 20h. A suivre : Bastia - Metz (24e journée), samedi 7 février à 20 h.
À l’infirmerie. Florent Malouda (ischio-jambiers) sera indisponible au moins trois semaines. Fakhreddine Ben Youssef (cuisse) est quant à lui toujours attendu en Moselle pour découvrir ses nouveaux partenaires, alors que Federico Andrada (cheville) a repris la course mais ne devrait pas jouer contre Nice samedi. Enfin, Guido Milan (adducteurs) a encore été ménagé hier.
En sélections. Doukouré (Côte d’Ivoire), Kashi (Algérie), Maïga (Mali), Sassi (Tunisie). Éliminé avec le Gabon, Anthony Mfa doit rentrer en Lorraine aujourd’hui.
Suspendu : Expulsé à Lyon, Guido Milan est automatiquement suspendu pour la venue de Nice.
Buteurs. En Ligue 1 : Juan Falcon, Modibo Maïga, Yeni Ngbakoto (4), Florent Malouda, Gaëtan Bussmann (2), Sergei Krivets, Guido Milan, Ahmed Kashi (1).
Ce drôle d’oiseau d’Alexy Bosetti

Alexy Bosetti a l’OGCN et ses Ultras dans la peau. Photo AFP
Avant de devenir un Aiglon professionnel, l’attaquant Alexy Bosetti frayait parmi les Ultras niçois. Il a gardé cette culture et, de fait, une sympathie pour Nancy… qu’il veut laisser en sourdine, samedi, à Metz.
Alexy Bosetti ne s’est pas encore déplacé à Metz, mais il voit déjà fleurir autour de lui plusieurs soutiens venus de… Nancy. « Oui, j’ai reçu des messages d’encouragement, de motivation. Certains m’ont même envoyé des T-shirts… d’ultras nancéiens », raconte l’attaquant niçois. Etrange ? Pas forcément. « Il y a une amitié entre supporters de Nancy et de Nice , explique l’intéressé. Pour Metz, tout est parti d’une histoire avec (Carlo) Molinari. En 2002, il avait tout fait pour que Nice ne monte pas en Ligue 1 et la rivalité est née de là. »
Les Grenats avaient en effet été repêchés dans l’élite aux dépens de l’OGCN, pour des questions financières. Pour tout supporter niçois, il est évident que le lobbying de l’ex-président messin était responsable de ce camouflet…
Sa dédicace aux Nancéiens
Pourquoi Bosetti est-il aussi éclairé sur le sujet ? Parce qu’il cultive la particularité d’avoir été un Ultra avant de devenir footballeur professionnel. Sa carrière naissante n’a jamais altéré cette affiliation. A 21 ans, l’attaquant peut encore s’inviter dans les réunions de ses frères supporters et il continue naturellement d’épouser leurs convictions. Ainsi n’a-t-il jamais fait mystère de sa sympathie pour les fans de l’ASNL, quitte à provoquer gentiment. Un exemple : « Victoire à l’arraché hier soir dans les arrêts de jeu. On lâche rien !!! Merci à nos supporters pour cette ambiance. Bise aux amis NANCY », avait-il publié sur Facebook en septembre, au lendemain de sa victoire contre Metz (1-0). Evidemment, l’affront avait déclencé une cascade de commentaires belliqueux des supporters mosellans. Sans parler de ce but… Un petit chef d’œuvre entre insolence et opportunisme. Oublié dans la surface, il avait surgi pour intercepter une passe en retrait de Guido Milan et fusiller David Oberhauser à… la 94e minute.
Avant de retrouver le FC Metz samedi mais pas Milan (il sera suspendu), Bosetti jouait l’apaisement hier : « Je sais faire la part des choses et rester concentré sur l’essentiel : le match et si possible la victoire. Metz est une équipe promue qui va jouer sa survie. On sait qu’ils ne sont pas très bien en ce moment mais ça reste une belle équipe avec de bons arguments. Ils vont être solides derrière et essayer de ne pas faire d’erreurs défensives. » A priori, les Grenats surveilleront cet Aiglon plutôt deux fois qu’une. Ce drôle d’oiseau leur a déjà joué un fameux tour. Ultra malin.
Ch. J.
St-Symphorien ne verra aucun Niçois
La tribune visiteurs de Saint-Symphorien sera entièrement fermée samedi, pour Metz-Nice. « En référence aux incidents survenus lors du match du 6 janvier 2013 et à la demande du FC Metz,
la commission des compétitions de la Ligue de football professionnelle a décidé de fermer la tribune réservée aux visiteurs » , a fait valoir la Direction départementale de la sécurité publique
de la Moselle. Parallèlement, un arrêté préfectoral interdisant la présence de supporters niçois et nancéiens aux abords du stade et dans le centre-ville viendra compléter ce dispositif. Des affrontements entre supporters avaient notamment éclaté à la gare de Metz en ce fameux 6 janvier.