
Et si Métanire revenait aux affaires pour sauver la maison grenat ? Photo Anthony PICORÉ
Le FC Metz s’avance vers un rendez-vous d’importance face à l’OGC Nice. Malgré la forme de cet adversaire, les Grenats doivent prouver leur qualité et leur solidarité ce soir. Le redressement et le maintien sont à ce prix.
Comme à son habitude, Albert Cartier a sacrifié à son traditionnel point-presse d’avant-match avec un ton badin, quelques plaisanteries sur la composition du groupe messin et… son dictionnaire de citations sous le bras. Les philosophes Alain et Socrate risquent d’avoir un peu de retard, ce soir, pour le coup d’envoi, mais ce sont eux que l’entraîneur a convoqués, à l’heure de commenter la venue de Nice à Saint-Symphorien. Les journalistes ont donc dû se débrouiller avec les expressions du jour, « Connais-toi toi-même » ou « Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est une volonté », en réponses aux questions du moment.
Le match du jour est une échéance de taille et le président Serin n’a pas rencontré son staff durant trois heures pour le seul plaisir de sa conversation, jeudi soir. L’urgence est là, palpable, pesante et indéniable. Après dix matches sans victoire en Ligue 1, les derniers du classement ont un devoir de résultat. Pour rafistoler une confiance en lambeaux, quitter cette position de lanterne rouge et, surtout, se remettre dans le sens de la marche avant que le chemin du maintien n’aborde une côte plus raide encore. Insistons encore : il n’est pas trop tard.
Puisque le calendrier est présumé favorable, Metz doit aussi le prouver. Le premier défi à relever dans la série à venir tend justement à se hisser au niveau de son ambition. « Nice ne nous avait rien montré à l’aller » (1-0), rappelle Bernard Serin, alors que cet adversaire vient d’aligner trois victoires consécutives, avec un coup symboliquement fort contre Marseille (2-1). Tant mieux : un succès lorrain, s’il a lieu tout à l’heure, gagnerait en relief face à une équipe en confiance.
« Une grande force à l’intérieur du club »
« Il n’y a pas de calculs mais que des choses à faire », a tranché Albert Cartier, en répétant son envie « d’avancer ». Le président a également prévu de se rendre dans le vestiaire avant le coup d’envoi, pour rappeler aux joueurs l’importance de cette rencontre. La suite leur appartient en effet. Ce soir est un temps pour rassurer son public, pour rapatrier le goût de la victoire à Saint-Symphorien et pour appuyer cet esprit de groupe que les Grenats brandissent depuis deux ans. Car il ne s’agit pas seulement de reprendre la collecte de points interrompue en novembre, mais aussi d’envoyer un message d’espoir et de mobilisation générale.
L’entraîneur voulait croire hier qu’il dirigeait toujours une équipe à son diapason. « Je n’ai pas l’impression qu’un joueur soit laissé dans l’incompréhension » , a-t-il expliqué, confiant sentir « une grande force à l’intérieur du club. » Pourvu qu’il ait raison… Sinon, la magie qui a entouré Metz depuis son retour du National perdra tout à fait son charme.
Finalement, toute la question consiste à savoir si Nice sera le tremplin du redressement messin. Ou si les Aiglons sont des oiseaux de mauvais augure.
Christian JOUGLEUX.
Rocchi est de retour

Romain Rocchi. Photo Pascal BROCARD
Albert Cartier a désigné un groupe de dix-huit joueurs au sein duquel Romain Rocchi, privé de compétition depuis début décembre, fait son retour.
Quelle équipe Albert Cartier et son staff vont-ils aligner, ce soir, pour ce rendez-vous capital face à Nice ? L’entraîneur messin a entretenu le suspense, hier. Seule certitude, Sergeï Krivets, malade lors du déplacement à Lyon dimanche, retrouve sa place dans un groupe privé de ses internationaux (Doukouré, Kashi, Maïga, Sassi), de Guido Milan (suspendu) et de Florent Malouda (blessé). Des absences qui permettent à Romain Rocchi, près de deux mois après avoir été victime d’une fissure méniscale, de faire son retour.
À court de compétition, l’ancien milieu de terrain parisien devrait néanmoins débuter la partie sur le banc, tout comme l’international biélorusse, en nette baisse de régime ces dernières semaines. Du coup, le FC Metz devrait se présenter sur sa pelouse de Saint-Symphorien avec Johann Carrasso dans les buts derrière une défense composée de Gaëtan Bussmann, Jose Luis Palomino, Sylvain Marchal et… Romain Métanire. Ce dernier pourrait en effet retrouver son poste à droite – occupé depuis quatre journées par Jonathan Rivierez – afin de donner un peu plus de dynamisme dans son couloir.
À la récupération, le duo N’Daw-Philipps, aligné à Gerland, devrait être reconduit, Kévin Lejeune (à gauche) et Bouna Sarr (à droite) occupant les côtés. Devant, il n’est pas interdit de penser que Kwame Nsor (ou Juan Falcon) soit épaulé par Yeni Ngbakoto.
Nice sans Ben Arfa
De son côté, Claude Puel, l’entraîneur niçois, est privé des services de Kévin Gomis et d’Alassane Pléa (suspendus), alors que Didier Digard et Mathieu Bodmer (blessés) sont également forfait. De son côté, Hatem Ben Arfa est interdit de jouer par la LFP qui a suivi, hier, les recommandations de la FIFA, tout en homologuant son contrat. L’OGCN enregistre, par contre, le retour de Lloyd Palun, après l’élimination du Gabon à la CAN, alors que le jeune défenseur Olivier Boscagli (17 ans), Sada Thioub, entré en jeu contre Marseille, et Bryan Constant (20 ans) ont été appelés à la rescousse.
J.-S. G.
« Pas le moment de changer ceux qui sont à la barre »

Bernard Serin : « On a eu tellement de mal à retrouver la Ligue 1… Il faut y rester à tout prix ! » Photo Anthony PICORÉ
La situation est inquiétante, mais « pas encore désespérée », assure Bernard Serin. Le président du FC Metz maintient sa confiance à Albert Cartier et son staff, mais appelle tout un club à la révolte.
Que vous inspire la lecture du classement du FC Metz, lanterne rouge après vingt-deux journées ? « Des questionnements évidemment. Les mêmes que les vôtres, que ceux des supporters ou de l’entraîneur. Qu’est-ce qui fait qu’on se retrouve aujourd’hui dans cette situation ? Une situation difficile, mais pas encore désespérée. Le FC Metz est dernier, ce n’est évidemment pas anecdotique. Mais, surtout, le FC Metz n’a plus remporté le moindre match depuis le 1er novembre ! »
• Comment analysez-vous cette série au cours de laquelle votre équipe n’a pris que deux petits points lors de ses dix derniers matches ? « C’est une somme d’éléments. Les blessures des uns, les absences des autres, les suspensions ou les faits d’arbitrage en font partie. Mais cela n’explique pas tout. La qualité de jeu, la détermination, la précision et la concentration sont des ingrédients qu’il faut retrouver. Si nous sommes parvenus à faire de bonnes prestations contre certains ténors, nous avons aussi fait preuve d’un déficit d’engagement et de détermination contre des formations à notre portée. Je pense, notamment, aux rencontres contre Evian ( 3-0 ) et Lens ( 2-0 ). Il faut que ça change ! »
• Dès la réception de Nice, un match charnière ? « Ce match n’est pas notre dernière chance de se remettre dans de bons rails. C’est notre première chance ! Retrouver la victoire est un impératif. J’attends un comportement différent de celui affiché contre Montpellier (2-3). De la première minute au coup de sifflet final, je veux voir une équipe déterminée, qui ne lâche rien ! Je m’adresserai sans doute aux joueurs juste avant le match. Pour leur rappeler surtout la confiance qui doit tous nous habiter afin de préserver notre place en Ligue 1. On a eu tellement de mal à la retrouver… Il faut y rester à tout prix ! Ils peuvent le faire, ils doivent le faire ! Nous sommes promus, c’est vrai. Mais, aujourd’hui, nous n’avons plus le temps d’apprendre. C’est terminé. Il faut agir ! »
• Dans ce contexte, remettez-vous en cause le travail d’Albert Cartier ? « Non, je ne me pose pas cette question. J’ai rencontré longuement le staff jeudi. Pendant plus de trois heures. Chacun s’est exprimé. Aucune fissure n’existe au sein du staff. Les deux mois qui viennent nous offrent la possibilité de rencontrer un grand nombre de concurrents directs au maintien. Ce n’est donc vraiment pas le moment de changer ceux qui sont à la barre pour mettre des personnes sorties de nulle part qui ne connaissent rien du club ! »
« Être encore plus proche du groupe »
• Faut-il, néanmoins, revoir certains aspects, notamment dans le management de l’équipe ? « Peut-être doit-on effectivement améliorer certains points. La gestion de certains cas individuels par exemple. Je pense à Sergeï Krivets qui, après un début de saison flamboyant, a plongé. D’autres joueurs méritent également qu’on renforce notre attention dans leur gestion personnelle. Cela fait partie du travail quotidien du staff mais également du mien. Peut-être ai-je été déficient, moi aussi, dans ce domaine. Je ne suis pas là pour donner mes idées sur le plan tactique, mais je vais désormais essayer d’être encore plus proche du groupe. »
Jean-Sébastien GALLOIS.
« Maïga ? Il faut tourner la page »
Le Mali éliminé de la Coupe d’Afrique des Nations, Modibo Maïga est espéré à Saint-Symphorien lundi. Reste à savoir dans quelles dispositions l’attaquant prêté par West Ham sera à son retour en Moselle. Disparu du groupe pro depuis la réception de Bordeaux le 3 décembre et son passage devant la commission de discipline pour avoir manqué le rendez-vous avant le match à Marseille le 7 décembre, le joueur devrait néanmoins terminer la saison sous les couleurs du FC Metz. « Il faut aujourd’hui faire abstraction de cet incident, tourner la page , suggère Bernard Serin. Je ne travaille pas à son départ et je ne pense pas que son agent le fasse. Modibo, malgré peu de temps de jeu, est l’un de nos meilleurs buteurs et peut nous aider à atteindre notre objectif. C’est aussi dans son intérêt... »
Le président a, par ailleurs, annoncé que le mercato était « a priori quasiment bouclé », dans le sens des arrivées ou des départs. Trois joueurs sont néanmoins susceptibles d‘être prêtés : Bamba, Sido et Vion, dans le viseur de Tours (Ligue 2).
La CAN, « c’est très pénalisant »
Bernard Serin attend également avec impatience le retour des internationaux actuellement à la CAN dont le calendrier a le don d’agacer le dirigeant messin. « Ça commence à être particulièrement pénible , s’est-il étranglé. La FIFA ne peut pas continuer à autoriser la CAF à organiser une compétition en pleine saison européenne avec des effectifs largement composés de joueurs évoluant dans nos championnats. Nous avions six joueurs concernés et c’est très pénalisant. Même si nous avons recruté deux Tunisiens (Ben Youssef et Sassi) en connaissance de cause, trois binationaux (Kashi, Mfa et Doukouré), en plus de Maïga (Mali), sont aussi partis. Pourquoi ne pas organiser la CAN tous les quatre ans en juin-juillet, comme l’Euro ? »
J.-S. G.
Fc Metz actu
Anciens
L’OGC Nice compte dans ses rangs deux anciens de la maison grenat. Deux joueurs qui ne fouleront pas la pelouse de Saint-Symphorien ce soir. Joris Delle, formé en Lorraine, voit le bout du tunnel. Victime d’une rupture des ligaments croisés du genou gauche le 25 juillet 2014, le gardien originaire de Briey « travaille très bien, il est dans les délais », selon son entraîneur, Claude Puel. Quant à Mahamane Traoré (Messin entre 2010 et 2012), absent des terrains depuis mai dernier, il est "toujours en phase de reprise" a expliqué le technicien niçois. Ses sensations sont parfois
bonnes, parfois moins ».
Emploi
Dans le cadre du dispositif Supporters de l’Emploi, le FC Metz, Inter-Conseil, l’ADIE et Pôle Emploi invitent, pour la quatrième fois cette saison, les supporters à venir déposer leur CV au stade Saint-Symphorien à l’occasion de la réception de Nice, ce soir, dans les boîtes aux lettres dédiées.
Evian
La LFP a dévoilé, hier, la programmation de la 27e journée de Ligue 1. Le FC Metz accueillera Evian TG le samedi 28 février. Coup d’envoi à 20 h.
Pires
De retour d’Inde, où il a disputé huit matches et inscrit un but pour le FC Goa, Robert Pires (41 ans) n’est pas encore décidé à raccrocher les crampons. « Pour l’instant, papy fait de la résistance », a déclaré l’ex-Messin (1993-1998), hier, sur RTL. « Je me sens bien, physiquement je tiens encore la route , a-t-il encore expliqué, reconnaissant qu’il pourrait être tenté par Reims et Metz,
mais « il y a le risque que les supporters me prennent en grippe ». « Je pense que les propositions de Reims ou de Metz ne viendront pas, mais ce n’est pas très grave.»
Metz doit engranger (CFA)
Le match. Moulins : 6e avec 38 pts (7 victoires, 1 nul, 8 défaites) ; dernier match : victoire à Viry-Châtillon (0-1). FC Metz : 14e avec 28 pts (3 victoires, 4 nuls, 8 défaites) ; dernier match : défaite à Aubervilliers (2-1).
L’enjeu. La météo permettra-t-elle aux Messins de rejouer ? La neige a en effet contraint l’arbitre à reporter la rencontre face à Troyes (reprogrammée le 8 février prochain). Les Messins se rendent aujourd’hui à Moulins, qui a brisé, le week-end dernier, une série de 3 défaites consécutives face à Viry-Châtillon (0-1).
L’avis de l’entraîneur messin, José Pinot. « Moulins aura de la motivation car il lui faut rattraper son retard dans la course à la montée. Ce sera un match serré, difficile, compliqué. Il nous faut prendre des points pour quitter la zone rouge. »
L’effectif. Gauthier Hein est toujours blessé. Le groupe : Mfa, Junker – Donval, Toussaint, Udol, Joubert, Lahaye – Bur, Milliomono, Hadji, Nouvier, Sido – Teixeira, Pierrot, Diallo, Vion.