Il cultive sa passion pour le FC Metz avec la nature qui lui "'apporte la sérénité et la patience après le stress des matches". Juste avant de répondre aux questions de la rédaction sportive du Républicain Lorrain, Albert Cartier, l'entraîneur des Grenats, nous fait entrer dans ses jardins secrets
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Cartier : « Ma passion, depuis l’enfance, c’est le football »
• Que retenez-vous de votre expérience en Belgique ? « Les Belges ont une grande admiration du football français, pour les méthodes d’entraînement, les outils de formation… Venant du FC Metz, quand je suis arrivé là-bas, j’ai été un peu déstabilisé. J’ai vécu des expériences incroyables, insolites… mais je n’en garde que des bons souvenirs. »
• Entraîneur, une vocation ? « J’ai commencé à passer mes diplômes d’entraîneur, à dix-huit ans, alors que je n’avais pas encore débuté ma carrière de joueur pro. Puis ma rencontre avec Arsène Wenger a été le détonateur de cette vocation. »
• Plus grande joie en tant qu’entraîneur ? « Le maintien en D1 avec le FC Metz, en 2001, pour ma première année sur le banc. »
• Avez-vous un modèle ? « Arsène Wenger évidemment. Je reste persuadé que c’est un très grand entraîneur, même si actuellement les résultats d’Arsenal ne sont pas top. Autrement, je citerais Capello et Lippi que j’ai rencontré. »
• Quel type d’entraîneur êtes-vous ? « Mon père me disait qu’il faut construire sa vie à travers la passion et durer par la raison. Ma passion, depuis l’enfance, c’est le football. Et cette passion est devenue une stratégie d’homme. J’aime comprendre pourquoi je gagne et pourquoi je perds. »
• Le joueur qui vous a le plus impressionné sous votre coupe ? « Alan Haydock lors de mon passage au Brussels. C’était un milieu de terrain défensif moyen, limité, mais qui était toujours à 100 %. Je ne l’ai jamais vu faire un match fantastique, mais il n’a jamais réalisé une mauvaise prestation. »
• Vous êtes-vous déjà imaginé dans un bus à Knysna avec une équipe à conduire à l’entraînement ? « Raymond Domenech a sans doute fait ce qu’il pensait être bien. Mais j’estime qu’il y a des choses qui ne se font pas. Les joueurs ne sont pas là pour décider où et comment ils vont s’entraîner. Mais pour qu’un entraîneur soit costaud, il est nécessaire qu’il soit soutenu par ses dirigeants et que les joueurs le sachent. »
• Un avis sur l’image donnée par l’équipe de France après l’Euro 2012 ? « On a une nouvelle fois été déçus par le comportement de certains, mais également sportivement. L’approche du match, face à l’Espagne, m’a beaucoup déçu. »
• Vous avez déjà été remercié à trois reprises. Avez-vous eu la tentation de dire stop ? « Oui et non. À Eupen, par exemple, on atteint l’objectif à deux matches de la fin, mais pour ne pas me payer la prime de maintien, je suis licencié. Là, je me dis que ce n’est pas possible… Et non, car je pense que j’entraînerai toujours, peu importe le niveau. »
« J’aime l’odeur des sapins »
• Sans foot, qu’auriez-vous fait de votre vie ? « Prof d’EPS. C’est une histoire d’hommes, j’en avais un super à l’école. Il avait l’allure sportive, une élégance, un discours positif… Il nous emmenait avec lui quand il parlait. »
• Quelles sont vos relations avec la presse ? « J’entretiens des relations professionnelles avec elle. Certains journalistes belges sont aussi devenus des amis. »
• Pourriez-vous prendre la nationalité belge ? « Non mais y vivre, peut-être. J’adore ce pays et surtout Bruxelles où les gens ont un sens fabuleux de l’autodérision. Après, je crois que je suis encore plus fou de l’Italie. »
• Quelle est la journée type d’Albert Cartier ? « Du type top ! ( sourire) Elles sont intenses. Je ne supporte pas l’inactivité. Et si je n’ai rien à faire, je vais m’occuper de mon jardin. C’est ça, mon espace de détente. »
• Votre vie familiale a-t-elle déjà pâti de votre passion pour le football ? « Elle en pâtit toujours ! Il faut être égoïste pour faire ce métier. C’est un emploi du temps, un état d’esprit. Mais j’ai la chance d’être bien entouré. »
• Les endroits où vous vous sentez heureux à Metz ou la région ? « Mon jardin, c’est sûr ! Sur mon lieu de travail aussi mais pas trop en ville, à part le dimanche ou la nuit, quand il n’y a personne. Sinon, le Mont-Saint-Quentin, pour le VTT. C’est mon côté vosgien. J’aime sentir l’odeur des sapins. »
• Dans quel sport auriez-vous pu faire carrière ? « Le ski. J’étais doué plus jeune. D’ailleurs, j’ai abandonné un sport dans lequel j’étais performant pour un sport, le foot, où j’étais nul. »
• Quel est votre programme physique personnel ? « En général, trois heures de sport par jour. Du vélo, de la natation, de la course. Comme j’ai des problèmes de dos, je n’ai pas le droit en ce moment. Alors je fais vingt minutes de fitness et vingt minutes de cardio par jour. »
L’interview décalée
• Le rêve de gosse ? « Je rêvais d’exploits sportifs. J’avais des posters de François Cevert (pilote de Formule 1), de footballeurs, et surtout de ski comme Henri Duvillard (années 1970-1980) ou Perrine Pelen. »
• Votre plus grosse bêtise étant gamin ? « J’en ai fait pas mal des bêtises… Grimper sur le toit de la maison, pas grave mais dangereux. Sinon, chez moi, il y avait un poulailler et devant, un gros galet. Je me suis dit : que fait-il là ? Alors je l’ai passé au-dessus d’un grillage de deux mètres et il a écrasé un volatile. Certains diront que je suis plus adroit de mes mains que de mes pieds. Je ne pouvais viser mieux. J’ai entendu mon père après ça... »
• Le grand regret ? « Ne pas avoir souhaité la fête des mères, à ma mère. Je l’avais appelée le matin, je lui ai dit : je te rappelle dans la journée. Elle est décédée d’un accident vasculaire cérébral. »
• Tenue préférée à part le survêtement ? « Un jean bien coupé ».
• Qualité et défaut majeurs en dehors du foot ? « Les mains ouvertes. Je suis prêt à donner et à recevoir. Mais c’est aussi un défaut quand cela ne se passe pas toujours comme il le faut… »
• La préférence à table ? « Tout sauf les tripes. »
• Un message au gouvernement ? « Donner envie d’avoir envie à la jeunesse. Lui assurer de l’avenir. J’ai envie de dire : mettez-vous d’accord ! »
• Visite au centre Metz-Pompidou ou VTT ? « J’ai essayé de le visiter en VTT, je me suis fait virer… Une visite du Centre pour Renata (son épouse). Je fais l’effort pour elle. »
• Cartier, un jour de vacances ? « Je me lève tôt, du sport tout de suite, un petit-déjeuner terrible, c’est mon repas préféré, profiter de l’endroit et partager des moments avec les autres. »
• Le cadeau à la femme que vous aimez ? « Plutôt des cadeaux décalés par rapport aux dates traditionnelles. Je lui offre du temps, c’est ce dont elle a envie. »
• Le dernier livre, ou journal, que vous avez lu ? « L’Équipe. »
• L’inacceptable sur la planète ? « Il y a tellement de choses ! La culpabilisation de l’autre, sournoise et mesquine. »
• Ce que vous détestez dans le foot ? « Perdre. »
• Votre maxime, ou conseil majeur, à vos enfants ? « Le compromis entre l’éducation très rigoureuse de mon père et ce que disait ma mère : faites ce que vous voulez mais faites le bien. »
• Qu’est-ce qui vous fait le plus rire ? « L’autodérision, se moquer de soi-même.»
« Le visage d’Arsène »
• Le pire moment de votre carrière ? « J’ai connu des blessures mais le pire moment, c’est la descente en D2 avec l’ASNL. Ce jour-là, on avait perdu à Auxerre. Je me souviens d’Arsène ( Wenger) qui nous dit le score de Toulouse en même temps. Et son visage ! Il était mort. Il avait 36 ans, il en paraissait 66. »
• L’équipe de France et vous, c’est un rêve inachevé ? « C’est un choix. Le fait de ne pas avoir signé à Paris ou Marseille quand j’en ai eu l’occasion m’a peut-être coûté l’équipe de France. Je n’ai pas de regrets. Je préférais être un grand chez les petits qu’un petit chez les grands. En plus, j’avais aussi en tête qu’aller à Metz me permettrait de mettre un pied à l’étrier pour devenir entraîneur ensuite. »
• Avez-vous ressenti le poids de Nancy quand vous êtes passé de l’ASNL à Metz ? « Tout de suite ! J’étais quand même le Nancéien qui menait des duels contre Bocandé. Je crois que j’ai réussi mon test le jour où je me suis arraché à Saint-Symphorien pour récupérer une passe de Sylvain ( Kastendeuch). Le public a apprécié. »
• La fin de votre carrière, un crève-cœur ? « Non. Les blagues de vestiaire ne m’amusaient plus trop, je sortais d’une blessure et je voyais qu’il y avait des joueurs plus jeunes et de qualité derrière moi, comme Rigobert Song et David Terrier. Il me restait un an de contrat. L’avenir, ce n’était pas moi. J’ai préféré arrêter plutôt que d’autres le décident pour moi. »
• Quel entraîneur vous aura le plus marqué ? « C’est un inconnu pour vous. Etienne Louis, mon entraîneur à Vagney. J’étais un jeune attaquant et il m’a mis en équipe première, en coupe, en me disant que je jouerai défenseur. On a gagné 1-0. Il avait senti mes capacités
Il faut cultiver son jardin
Comme l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, il est revenu. Dans son jardin. Le sien et celui de Saint-Symphorien. Albert Cartier, adepte du grand air, entre les clameurs des supporters. Entre deux enceintes footballistiques lui dictant le rythme effréné de sa vie dans un monde où la musique n’adoucit pas toujours les mœurs. Appelé, prié de faire ses valises, rappelé, parce que sa « passion d’enfant est devenue une stratégie d’homme. » Avec ce fou de vitesse – il aurait été champion de ski si le ballon ne l’avait pas pris en son sein – « il faut que cela bouge. » Il avoue son orgueil, et son égoïsme d’entraîneur, étalant du même coup une franchise de bon aloi, prône la politique de la main tendue tout en restant ferme sur les prix. Ceux de son père, qui lui a enseigné les valeurs à l’école de l’exigence et de la rigueur. Dingue d’efforts sportifs, celui qui aimait pêcher la truite dans ses Vosges natales, n’appartient pas à l’univers des gros poissons. Au contraire. Sa simplicité, son humour, son attachement à l’amitié et à la famille, sa soif de décortiquer les choses pour mieux les comprendre, ne font pas de lui l’homme sans qualités qu’il prétendait être sur un terrain. N’y voyez pas de la fausse modestie. Ses héros sont des inconnus plein d’importance pour celui qui respire l’apaisement après avoir trop souffert du divorce avec son cher FC Metz, qu’il rêve de voir en haut de l’affiche. Cultiver son jardin, petit-déjeuner en paix et marcher avec l’être aimé dans Metz la nuit… Albert Cartier a trouvé sa potion magique
« Terminer mon histoire »
• Avez-vous hésité à revenir au FC Metz ? « A aucun moment parce que j’avais fait acte de candidature. Je n’espérais qu’une chose, c’est qu’elle soit retenue. »
• Des personnes de votre entourage vous ont-elles dissuadé ? « Pas dissuadé mais elles m’ont demandé de bien réfléchir. »
• Selon vous, pourquoi les dirigeants du FC Metz vous ont-ils choisi ? « J’ai envoyé un vrai projet avec une analyse de la situation, les raisons pour lesquelles il y a eu un échec sportif, et puis, ensuite, ce que je pouvais amener comme solutions, la stratégie que j’imaginais pour l’avenir du club. Mon histoire avec le FC Metz, le joueur, l’homme, l’entraîneur ou l’adjoint que j’ai été, étaient aussi des arguments qui ont plaidé en ma faveur. Même si tout n’a pas été parfait. »
• Dans quel état d’esprit retrouve-t-on un club que l’on a poursuivi au tribunal ? « J’avais tourné la page. Six, sept ans s’étaient écoulés depuis, j’étais dans autre chose. Je m’étais reconstruit et surtout j’avais toujours imaginé que je reviendrais au FC Metz. Je suis arrivé serein, avec un projet sportif en main et l’envie d’écrire une nouvelle page avec le FC Metz. Ou plutôt de terminer mon histoire avec ce club. »
État civil
Né le 22 novembre 1960 à Vesoul (Haute-Saône). Marié, père de deux enfants.
Carrière de joueur
Footballeur professionnel de 1980 à 1995.
445 matches de division 1 en tant que joueur dont 251 avec le FC Metz.
Poste : défenseur central.
Clubs : Vagney, INF Vichy, AS Nancy, FC Metz (1987-1995).
Palmarès : vainqueur de la Coupe de France en 1988 avec le FC Metz.
Équipe de France : junior, espoir, militaire, olympique, international A’.
Carrière d’entraîneur
FC Metz équipe réserve (1996-2000), FC Metz équipe professionnelle (2000-2001), Gueugnon, La Louvière (Belgique), FC Brussels (Belgique), Mons (Belgique), AFC Tubize (Belgique), Panthrakikos (Grèce), AS Eupen (Belgique), FC Metz (2012).
Plus de 400 matches en tant qu’entraîneur.
R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
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- Mohi
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Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
En tout cas, vu le nombre de commentaires sur cet article, on voit que la vie d'Albert passionne les foules 

- DCD
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Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
L'article a été posté il y a 7 minutes...
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Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
certains ne sont passés pa r la case "apprendre à lire l'heure"....DCD a écrit :L'article a été posté il y a 7 minutes...
- Curtis
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- Localisation : Tribune Est
Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
Très belle interview.
Albert Cartier, l'homme qu'il nous fallait !
Albert Cartier, l'homme qu'il nous fallait !

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Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
Un bel article de la part du RL. Il vaut le coup de prendre du temps de le lire ou de l'écouter!
- aliosha
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Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
Oui, je suis vraiment content de son retour et de sa manière de gérer le groupe depuis son arrivée.Curtis a écrit :Très belle interview.
Albert Cartier, l'homme qu'il nous fallait !
- Fozzie
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- Localisation : jamais très loin !
Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
J'ai au moins un point commun avec lui : j'aime pas les tripes !
ET je reste convaincu que c'est lui qui fera remonter les grenats en L1.

ET je reste convaincu que c'est lui qui fera remonter les grenats en L1.
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- Messages : 2441
- Inscription : 28 août 2009, 11:39
Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
Il est né à VESOUL ou à VAGNEY ?
Il a mûri , c'est un fait , depuis 2012, il sera l'artisan de la remontée en L 2, puisse ensuite l'avenir devenir plus rose pour le FC METZ.....
Il a mûri , c'est un fait , depuis 2012, il sera l'artisan de la remontée en L 2, puisse ensuite l'avenir devenir plus rose pour le FC METZ.....
- yes57
- Messages : 1480
- Inscription : 28 août 2009, 15:32
Re: R.L. 25/10 Les jardins secrets d'Albert Cartier
un homme qui a des valeurs mais si ont avais que de mauvais résultat notre réaction serais la meme ?
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