
Bouna Sarr, ici face à l’ancien messin Vincent Bessat, a apporté sa vivacité. Mais cela n’a finalement pas suffi ... Photo AFP
Après avoir mené 2-0, les Messins ont laissé échapper une qualification qui leur tendait les bras, hier à Nantes (4-2 a.p.), en même temps qu’une bonne dose d’énergie avant la venue de Monaco samedi.
S’ils n’avaient pas bouleversé totalement leur équipe, hier soir à Nantes, Albert Cartier et son staff avaient néanmoins procédé à quelques changements. De changement, il en a également été question dans le comportement des Messins.
De nos envoyés spéciaux à Nantes
Complètement à l’Ouest lors de la première période à Lorient, samedi, les Lorrains ont, en effet, retrouvé leur boussole sur les rives de l’Erdre. Malheureusement, s’ils ont retrouvé le chemin du but en même qu’un goût certain pour le combat, c’est bien en avion que Kévin Lejeune et ses partenaires ont regagné la Lorraine ce matin. Et pas en quart… Le périple en Coupe de la Ligue s’arrête là. Place à Monaco, avec un sacré paquet de regrets et une prolongation dans les jambes… Rien que ça !
Malgré une entame de match sans grand relief, d’un côté comme de l’autre, le FC Metz avait pourtant rapidement rassuré son auditoire en proposant un pressing collectif cohérent agrémenté de ce soupçon d’agressivité qui lui avait fait défaut dans le Morbihan. Résultat, les Nantais ne sont que très rarement parvenus à créer le danger au cours d’un premier acte globalement maîtrisé par les Mosellans. Les hommes de Michel Der Zakarian n’ont ainsi pointé le bout de leur nez dans la surface de Mfa qu’à deux reprises : Shechter obligeait tout d’abord Sarr à dégager en catastrophe (24e ) avant de manquer sa frappe sous la pression de Palomino (44e ).
Malgré (encore) trop de relances longues mal maîtrisées et souvent inexploitables, les Lorrains tentaient de combiner et, surtout, exploitaient chacune de leur possibilité. Falcon donnait ainsi le ton dès la sixième minute, mais la frappe du Vénézuélien s’envolait dans les tribunes. A l’origine de cette première occasion, Ngbakoto, positionné en second attaquant dans le 4-4-2 concocté par Albert Cartier.
Une panoplie que ce dernier a parfaitement endossée. Il profitait tout d’abord d’un bon pressing de Falcon pour se présenter devant Riou, mais manquait sa cible (20e ). Puis, sur un dégagement de Mfa dévié par un Nantais, il tentait de lober le gardien des Canaris, qui accompagnait du regard un ballon venant terminer sa course sur le haut de sa transversale (22e ). Les deux autres tentatives signées Ngbakoto ne trouvaient pas le cadre (23e , 31e ), pas plus que celle de Rivierez, auteur d’une traversée en solitaire dans la défense du FC Nantes (45e ).
Bussmann exclu
A la reprise, la pression nantaise était un brin plus forte, mais c’était bien le FC Metz qui trouvait l’ouverture. Le coup franc de Sarr était dévié par la tête de Falcon dans les filets de Riou (0-1, 60e ). Deux minutes plus tard, Sarr servait cette fois Ngbakoto qui trouvait Doukouré en retrait. La frappe du milieu de terrain faisait mouche (0-2, 62e ).
Malheureusement, deux erreurs d’attention allaient anéantir ces beaux efforts. C’était d’abord Vizcarrondo qui avait tout le loisir d’ajuster sa tête au second poteau (1-2, 71e ) avant que Gaëtan Bussmann, dans la confusion, n’écarte, de la main, la tentative de Bangoura. Verdict : exclusion du Vosgien et penalty transformé par Gakpe (2-2, 84e ).
Direction les prolongations. Impitoyables pour des Messins réduits à dix puisqu’Audel, bien seul au beau milieu de la surface de réparation, battait Anthony Mfa et les espoirs lorrains d’entrée (3-2, 92e ). Malgré deux occasions de revenir au score sur une maladresse d’Alhadhur (105e ) puis une tête décroisée de Malouda (114e ), Bangoura scellait le sort des Messins d’un lob parfait (4-2, 118e ). Oui, vraiment : si proche et finalement si loin…
Jean-Sébastien GALLOIS.
Ouest terne pour les Grenats

Jérémy Choplin a évité que le score ne s’alourdisse durant les prolongations. Photo AFP
Les cow-boys messins ont tiré des Canaris. Hélas, ce joli bénéfice offensif a été une nouvelle fois plumé par un esprit défensif qui s’est envolé au fil des minutes.
M FA. Au chômage avant la mi-temps (sortie sensée à la 23e ), on lui reprochera sa faute de placement qui a entraîné le premier but de Nantes. Gênant vu la suite des événements… Parade inutile ensuite sur l’égalisation de l’équipe de Loire-Atlantique et piégé naïvement sur le 4e but.
BUSSMANN. Souvent en difficulté parce que seul contre plusieurs… Parfois mis dans le vent (9e ) et une kyrielle de services incertains. Ne s’est pas toujours entendu côté gauche avec Lejeune. Plus tranquille après le repos avant de commettre l’irréparable (main du penalty et expulsion). Mauvais réflexe…
CHOPLIN. Du geste pour rappeler les consignes et placer sa ligne de défense qui a souvent précipité les Nantais dans le piège du hors-jeu. Entre belles interventions (12e ) et attaquant lâché (Bedoya, 23e ). Un souci de marquage à la culotte. A évité que l’addition devienne plus lourde en prolongations.
PALOMINO. De la carrure et du muscle. Cet Argentin, sans peur, a fait preuve de dynamisme. Ses épaules solides (33e et 36e ) ont fait monter la température chez les supporters. Présent pour gêner dans les moments chauds (43e ). A baissé sa surveillance dans l’ultime demi-heure.
RIVIEREZ. Piston actif dans le couloir droit. L’ancien Havrais a même été trop oublié. Entreprenant, il a aussi frisé l’imprudence (devant Bessat) mais s’est offert un slalom culotté, assorti d’une frappe (44e ). Une relance inégale. En retard à la 42e minute, celui qui n’avait plus été appelé depuis fin octobre provoqua un coup franc dangereux. Sa 2e période, courageuse, fut mi-figue mi-raisin.
DOUKOURÉ. Un marquage distant, peu de courses. Pourtant, l’Ivoirien a su se montrer incisif dans de trop rares incursions offensives (consigne ou passivité ?). Des dégagements à l’emporte-pièce. Précieux défenseur à la 60e avant d’être dépassé par la vitesse de l’entre-jeu adverse. Opportuniste pour assurer la 2e réalisation mosellane.
SARR. Le nez dans le gazon dans la première partie du match, le jeune poids léger fut d’une plus grande efficacité côté gauche, de par son entente avec Bussmann et Ngbakoto. A la fois inspiré (28e ) et brouillon avant de délivrer ce coup franc de l’ouverture du score. S’en suivit une excellente période.
LEJEUNE. A mis longtemps à monter en régime. Un sens tactique aiguisé pour bloquer son couloir, gagner quelques précieux ballons. Deux coups de pieds arrêtés mal négociés. Des sauvetages appropriés en fin de partie.
KASHI. Souvent en position de cinquième défenseur. Sérieux dans son rôle de récupérateur avec des jaillissements salvateurs puis il s’éteignit, noyé dans les vagues jaunes…
NGABAKOTO. L’homme par qui le bonheur aurait pu arriver. Un joli centre (5e ) et trois occasions de buts. On louera son esprit d’entreprise. Hélas, ses tentatives furent hors cadre, la deuxième titillant le dessus de la transversale (21e ) ! Affamé de tentatives, il essaya encore (30e ). A force, le numéro 23 fut récompensé : deux coups francs obtenus (48e et 58e ) avant cette passe décisive sur le 2e but. Fut successivement suppléé par Andrada , lui-même remplacé par Malouda.
FALCON. Très en jambes, le Vénézuélien proposa du mouvement. Malheureusement, il n’a pas toujours été suivi par ses coéquipiers. Passeur (20e ), défenseur (40e sur Gapke), bagarreur (coups francs 50e , 52e ), talentueux (54e ) et buteur (tête, 62e ). Il n’avait plus secoué les filets depuis fin septembre. Remplacé par Vion. Tonique, le blond faillit être le héros (86e )…
Alain THIÉBAUT.
Nantes, le souffle en plus
La formation coachée par Michel Der Zakarian s’est montrée fidèle à ses habitudes à domicile : on encaisse des buts mais on en marque aussi. Longtemps amorphe et sans inspiration, Nantes a eu une terrible réaction quand elle fut menée 2-0.
Les Canaris ont alors haussé le ton, sur le plan du rythme et physiquement. Mettant davantage de dureté dans les contacts et de vitesse dans la circulation de balle. Metz n’a pas pu suivre les Nantais. Veigneau, Gomis, Bedoya, Deaux, Vizcarrondo avaient de la hargne à revendre. Nantes a impressionné dans le dernier tiers du duel avec, notamment, un très remuant Bangoura, entré à l’heure de jeu et qui a inscrit un magnifique quatrième but. Et ainsi envoyé les Nantais en quarts de finale, pour le plus grand malheur des Messins.
Cartier : « L’équipe avance »
Albert Cartier, entraîneur de Metz : « Je n’ai pas envie de refaire le match, celui qui me préoccupe maintenant, c’est le prochain, contre Monaco. Cette rencontre contre une très belle équipe de Nantes n’a pas été inutile car on a pu tenter des choses au niveau de l’effectif. Nous avons trouvé des solutions qui méritent d’être peaufinées mais on a n’a pas pu régler certains problèmes. En tout cas, l’équipe ne fait pas du surplace, elle avance. C’est sûr que l’on peut dire qu’à 0-2, on est passé à côté. Mais mon équipe a une philosophie et un état d’esprit. L’arbitrage ? Je suis passé dans le vestiaire pour dire aux arbitres ce que j’en pensais. Cela m’a soulagé… »
Michel Der Zakarian, entraîneur de Nantes : « Ce que je retiens : que nous sommes en quart de finale. Sinon, on n’a pas fourni un bon match. En étant mené 2-0, notre qualification tient du miracle. Je retiens que nous avons eu le courage d’aller chercher la victoire. »
Bouna Sarr, milieu de Metz : « On avait fait le plus dur, mais malheureusement, on s’est un peu relâché lorsqu’ils ont remonté leur bloc. Nous sommes fautifs sur deux coups de pied arrêtés et ensuite, à dix contre onze, c’était plus difficile. C’est frustrant par rapport à la prestation que nous avons livrée. »
Yeni Ngbakoto, attaquant de Metz : « C’est une énorme frustration car non seulement on mène 2-0, mais en plus les Nantais ne nous ont pas beaucoup mis en difficulté jusqu’à l’exclusion de Gaëtan (Bussmann). L’arbitrage ne nous a vraiment pas aidés. »
Kevin Lejeune, milieu de Metz : « Une élimination entraîne forcément de la déception. Surtout au regard du scénario de la rencontre et des quelques décisions litigieuses de la part de l’arbitre. Cela dit, il ne faut pas se cacher uniquement derrière ça. Nous ne sommes pas abattus et n’avons pas le droit de l’être car samedi, un match important nous attend contre Monaco. »
Hors jeu
Maïga
Après avoir expliqué, jeudi dernier devant une commission de discipline, les raisons l’ayant conduit au rendez-vous avant le déplacement à Marseille, Modibo Maïga devait connaître les éventuelles sanctions prises à son égard hier. Les dirigeants messins, eux, devraient finalement communiquer sur le sujet aujourd’hui.
Lejeune
Kévin Lejeune était le seul Messin présent sur la feuille de match, hier, à avoir porté les couleurs du FC Nantes. C’était lors de la saison 2009-2008 (17 matches). De son côté, Guirane N’Daw, Nantais en 2008-2009 (32 matches, 3 buts), n’a pas fait ses retrouvailles avec la Beaujoire. Le milieu de terrain sénégalais était suspendu hier. Du côté des Canaris, un joueur, présent lors de ce huitième de finale, a évolué au FC Metz. Il s’agit de Vincent Bessat (2007-2010).
Huit
La Beaujoire n’avait pas fait le plein, hier soir. Mais dans les travées du stade nantais, huit courageux supporters messins avaient pris place dans la tribune réservée aux visiteurs.
Cornet
Entre autres curiosité du très spécial speaker du stade de la Beaujoire, une étonnante annonce : la présence de Maxwel Cornet sur le banc des remplaçants messins, alors que le nom du jeune attaquant, malade de surcroit, ne figurait pas sur la feuille de match.
Kita
Il était évidemment présent, hier soir dans son antre de la Beaujoire. Et il n’a pas manqué de répondre aux nombreuses sollicitations de la presse. Le président du FC Nantes, Waldemar Kita a, en effet, été élu par l’ensemble de la rédaction de France Football "Meilleur dirigeant du football français" pour l’année 2014. Il succède à son homologue du PSG, Nasser Al-Khelaïfi.
Pierre Gillet : « Une injustice »

Pierre Gillet : « C’est injuste et on tombe de haut.» Photo Pascal BROCARD
Le président de l’association FC Metz, réélu lundi soir, n’admet pas la forte diminution de sa subvention accordée par la Ville de Metz.
Votre premier sentiment à cette perte de 300 000 euros puisque la Ville prévoit de passer son aide de 900 000 à 600 000 ? « Hallucinant. Je suis en mesure de prouver au centime près toutes les actions que l’on mène. En plus, cette mesure est tombée sans qu’il y ait eu la moindre discussion. Même au niveau de Bernard Serin puisque c’est moi qui l’ait prévenu. D’ailleurs, il est tombé de l’armoire ! »
• Comment avez-vous été mis au courant ? « Par le maire de Metz. Je lui ai fait part de mon incompréhension. Cette décision est illisible. »
• Vraiment choqué ? « Franchement, oui. Je pensais que l’on aurait 3 à 5 % de moins, pas 33… Ma première réaction est celle de beaucoup de personnes : nous sommes victimes d’un règlement de comptes entre collectivités locales. Ce choix est très politique. »
• Quels sont-ils ? « Notre mission est encadrée par une loi bien précise. Nous sommes en plein dedans. Nos actions n’ont rien à voir avec le football professionnel. Je peux vous en donner la liste. »
« Des emplois menacés »
• Allons-y… « Parlons de nos équipements. Nous avons dû acheter la Plaine Saint-Symphorien, on doit aussi l’entretenir. On rembourse chaque année 125 000 euros. Ajoutez les taxes, le personnel, on arrive à 239 000. Aucune autre association sportive ne paye et n’entretient son équipement ! Le fonctionnement de l’école des moins de 13 ans, c’est 62 000 par an, les 13-15 ans du collège Arsenal ? 185 000. Le déplacement des six équipes à l’échelon national ? 152 000. Le sport-études ? 158 000. La promotion et le développement ? 70 000… »
• Dans ce dernier chapitre, vous aidez beaucoup la Ville de Metz, non ? « L’opération Walygator, le challenge Graoully, celui des écoles élémentaires messines, le rassemblement des 9 ou 10 ans, etc. On prête même gratuitement nos locaux aux autres associations pour la musculation, des réunions. »
• Donc, vous justifiez pleinement vos 900 000 euros à des fins associatives ? « 100 %, on monte même à 986 000. Pas un centime ne va à "l’accès professionnel", c’est-à-dire le centre de formation qui bénéficie d’autres apports. »
• Mais c’est de l’argent messin qui sert aux autres entend-on ! « Ah, bon ? Pour les 6-12 ans dont on s’occupe, 70 % sont de Metz ! Je crois que l’on mélange notre association avec le FC Metz. Quand je vois que l’on avance comme argument pour justifier la baisse de subvention : on vous refait la pelouse, c’est que l’on fait un mauvais amalgame. Aucun de nos enfants ne foule la pelouse des pros ! Idem quand on prétend que le marathon, ce sont 800 bénévoles… Notre association compte 50 bénévoles pendant 50 jours par an, soit 2500 jours, et croyez-moi, ce sont des week-ends, des déplacements… Aujourd’hui, tous se sentent trahis. »
• Les conséquences de la diminution de votre budget ? « Graves, des emplois sont menacés à cause de ce coup médiatique et politique. Comme la section féminine alors qu’elle marche fort. Il faudra bien faire des choix. Si certains pensent que Bernard Serin va nous donner l’argent manquant en un claquement de doigt, ils se trompent. On assiste au rejet de l’argent professionnel alors que l’on est une locomotive associative. C’est injuste et on tombe de haut. Nous sommes en danger. Or, nous travaillons pour le tissu associatif de la ville de Metz à qui on ne dit jamais non ! Cette coupe représenterait 10 % environ de notre budget total qui est de l’ordre de 3 millions d’euros. C’est énorme. »
Alain THIÉBAUT.