
Gaëtan Bussmann, d’une tête plongeante, avait donné l’avantage aux Grenats. Photo Pascal BROCARD
Les Messins ont fait illusion durant quelques minutes avant de subir la loi de Montpellier (2-3), hier soir à Saint-Symphorien. Des erreurs qui leur coûtent, encore une fois, très cher.
La vérité tombe souvent le jour d’après… Elle a explosé au visage du FC Metz, hier, avec brutalité. Un peu moins d’une semaine après avoir récolté un point plein d’espoir du côté de Nantes (0-0), les Messins ont douloureusement chuté pour la troisième fois de la saison à domicile. Parce que Montpellier était plus fort. Parce que Florent Malouda et ses partenaires ont été bien trop irréguliers et souvent peu inspirés. Parce qu’enfin, ils ont quasiment offert trois buts à des Montpelliérains qui n’en demandaient pas tant.
A la pause, pourtant, les dés étaient loin d’être jetés. Les Lorrains, lancés dans une course à handicaps après l’ouverture du score signée Barrios sur penalty (15e ), étaient parvenus à renverser la tendance et à rejoindre les vestiaires en menant 2-1. Une belle réaction d’orgueil qui n’aura pas survécu aux quarante-cinq dernières minutes.
Solides et parfois séduisants à la Beaujoire, le même onze messin est, cette fois, apparu emprunté et brouillon dans le jeu. Et face à une équipe du MHSC en pleine confiance, cela n’a pas pardonné. Une tendance qui s’est vite matérialisée par une nette domination des troupes de Rolland Courbis durant un pénible premier quart d’heure. Martin donnait ainsi le ton dès la 3e minute en catapultant une lourde frappe juste à côté du but de Johann Carrasso.
Quelques instants plus tard, Yeni Ngbakoto était contraint de jouer les pompiers de service en repoussant sur sa ligne une tête d’Hilton à la suite d’un corner de Mounier (9e ). Ce dernier tentait ensuite sa chance (14e ) avant que Guirane N’Daw ne le bouscule dans la surface. Un premier penalty cette saison pour Montpellier transformé par Barrios (0-1, 15e ).
Chute à l’arrière
Une ouverture du score qui agissait alors comme un électrochoc sur le patient lorrain. Après une première montée rageuse de Florent Malouda, Metz obtenait un corner sur lequel José Luis Palomino mettait sa tête. El Kaoutari touchait le ballon de la main : penalty ! Yeni Ngbakoto ne tremblait pas et remettait les deux équipes à égalité (1-1, 20e ). Metz semblait alors sortir de sa torpeur et la récompense venait d’un coup de boule signé Gaëtan Bussmann idéalement servi par Bouna Sarr (2-1, 38e ).
De quoi réchauffer Saint-Symphorien qui allait pourtant bien vite se refroidir à nouveau. Certes Kévin Lejeune parvenait, à l’entrée de la seconde période à délivrer un bon centre, mais Falcon, rentré en jeu à la place de Sarr, était trop court alors que Jourdren devançait Yeni Ngbakoto (48e ). Finalement, le premier glaçon était servi par ce diable de Barrios qui profitait d’une incroyable mésentente dans la défense messine pour gagner son duel avec Carrasso (2-2, 53e ). Incapable d’offrir à son public un cocktail suffisamment fort, malgré une tête de Falcon (62e ), Metz sombrait et s’offrait même une belle gueule de bois lorsque Barrios, toujours lui, portait le coup de grâce après une première frappe de Sanson repoussée par le poteau (2-3, 69e ). Le tout au milieu d’une arrière-garde mosellane bien attentiste…
Certes, les hommes d’Albert Cartier sont tombés, hier, sur une équipe de Montpellier volontiers joueuse, solide et tout simplement plus forte. Mais ils sont surtout retombés dans leurs travers. Un vilain air de déjà-vu. Résultat, le promu messin fait du surplace et reste scotché à la limite de la zone rouge avant la rencontre entre le PSG et Evian, le premier relégable ce matin.
Jean-Sébastien GALLOIS.
SOS fantômes, le retour

Florent Malouda au marquage du Montpelliérain Lasne. Le Messin a fait ce qu’il a pu. Photo Pascal BROCARD
A l’image d’un Krivets en difficulté et d’une défense aux oublis coupables, Metz est retombé dans ses travers hier. L’abattage de Ngbakoto n’a pu masquer cette misère collective.
CARRASSO. Une bonne sortie devant Lasne (55e ), une main ferme sur un tir de Camara (90e + 3) et c’est à peu près tout… Le gardien a été pris à contre-pied sur penalty (17e ) et lâché deux fois par sa défense sur les buts suivants. Pas responsable donc, mais pas décisif non plus, hélas…
RIVIEREZ. Encore une fois, il s’est contenté d’une prestation essentiellement défensive et a su contenir Mounier dans son couloir. Une prestation sobre, sans éclat.
MILAN. Il parle la même langue que Palomino, mais les deux Argentins ne se sont pas compris sur un ballon a priori anodin qu’ils ont abandonné à Barrios sur son deuxième but (54e ). Remplacé par Andrada (74e ), quand Metz a cherché à revenir au score.
PALOMINO. Comme Milan, il a fait parler ses centimètres et sa tête pour désamorcer quelques situations dangereuses et, comme Milan, sa responsabilité est engagée sur le deuxième but de Barrios (54e ). C’est aussi son crâne qui amène le penalty messin, avec une main d’El Kaoutari à l’arrivée (19e ), mais son défaut de vigilance a permis à Montpellier d’inscrire le troisième but (69e ).
BUSSMANN. Il n’a rien perdu de son opportunisme. Au bon endroit au bon moment, le Vosgien a permis à Metz de mener provisoirement au score en reprenant un centre de Sarr (38e ). Si Barrios n’avait pas échappé à sa vigilance sur le troisième but, son bilan n’aurait pas souffert d’accroc.
N’DAW. Sa soirée a mal commencé et elle s’est aussi mal terminée. Le Sénégalais, qui a connu un rayonnement alternatif hier, a offert un pénalty au MHSC (17e ) en bousculant Mounier dans la surface puis il a perdu une balle qui amène le troisième but (69e ). Le récupérateur s’est donc noyé avec les autres.
SARR. Discret en première période, il se signale malgré tout par une passe décisive qui profite à Bussmann, buteur de la tête (38e ). Son seul fait d’armes puisqu’il a été remplacé par Falcon à la pause. Ce matin, l’attaquant vénézuélien attend encore une première occasion à se glisser sous les crampons.
KRIVETS. Il a fait peine à voir hier. Battu dans les duels, en panne de vitesse et d’inspiration dans l’orientation du jeu, le Biélorusse a semblé en décalage permanent avec ses coéquipiers. Albert Cartier a abrégé son calvaire à l’heure de jeu pour impliquer Nsor , qui n’a pas eu l’occasion de se mettre en évidence.
LEJEUNE. Le milieu messin ne s’est jamais illustré et n’a pas eu d’influence sur les débats. Malgré une implication et une volonté évidente, il ne traverse pas la meilleure passe de sa carrière.
MALOUDA. Dans un positionnement moins offensif, il n’a pu exprimer ses qualités. Il a fourni un travail de l’ombre en jouant bas, en défendant beaucoup et en cherchant des solutions offensives que Metz a finalement peu trouvées.
NGBAKOTO. Disponible et généreux, il fut le seul élément offensif percutant dans cette sinistre soirée. Décisif sur penalty (20e ), il s’est aussi distingué dans sa propre surface en déviant, sur la ligne, une tête de Hilton (8e ). Sa nuit aurait été plus douce s’il avait redressé un centre de Rivierez qui échoue en sortie de but (90e + 2).
Christian JOUGLEUX.
Yéni Ngbakoto l’effet axe

Yéni Ngbakoto. Plus à l’aise dans l’axe, hier soir, que sur le côté. Photo
Avant-centre en première période, Yeni Ngbakoto a été très bon. Avant de perdre en influence, forcé de s’exiler sur un côté avec l’entrée de Juan Falcon.
Il y a eu deux Yeni Ngbakoto hier soir sur la pelouse du stade Saint-Symphorien. Celui de la première période et celui de la seconde. Entre eux, pas grand-chose en commun, presque le jour et la nuit. La cause ? Simplement un changement de poste. A la pause, Bouna Sarr a laissé sa place à Juan Falcon, le Vénézuélien se plaçant en tant qu’avant-centre et forçant du coup le n°23 messin à s’exiler sur le côté droit. Fini donc l’axe de l’attaque où il avait pourtant été si bon durant le premier acte.
Percutant, vif, pugnace, l’ex-pensionnaire du centre de formation grenat s’était en effet signalé sur tous les points durant les 45 minutes initiales. D’abord en défense où, scotché à son premier poteau sur un corner, il évitait l’ouverture du score montpelliéraine d’Hilton en sauvant sur sa ligne (9e ). Un premier geste qui valait presque un but.
Celui-ci allait venir une dizaine de minutes plus tard (20e ). Sur penalty, comme lors de la deuxième journée face à Nantes ou de la quatrième contre Lyon. Et pour la troisième fois de la saison, Ngbakoto transformait l’offrande, inscrivant de fait sa quatrième réalisation en Ligue 1 en comptant celle de Lorient, dans le jeu celle-ci.
A l’époque, le Franc-Comtois de naissance, 22 ans, n’avait pas encore été repositionné dans l’axe par Albert Cartier. L’idée date d’il y a un mois presque jour pour jour, à Nantes en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue. A la Beaujoire, il n’avait certes pas marqué mais avait considérablement pesé sur la défense des Canaris. Hier soir, cela a une nouvelle fois été le cas.
« Je suis polyvalent »
Au sein d’une équipe mosellane qui avait choisi – ou a été contrainte – de balancer de longues transversales devant, Yeni Ngbakoto a pu exprimer toutes ses qualités. De vitesse, de dribble… Au point d’être le principal danger messin pour les Héraultais comme sur cette percée plein axe juste après l’ouverture du score (17e ) ou ses bons déboulés qui ont, soit amené des coups francs, soit des corners.
Dans ces conditions, pourquoi être poussé par son entraîneur sur un côté juste après le repos ? Le joueur ne veut évidemment pas créer la polémique. « Le coach a fait un choix tactique avec la rentrée de Juan (Falcon), c’était à nous tous de nous adapter , élude-t-il poliment. C’est vrai que je me sentais bien en avant-centre car j’ai débuté ma formation à ce poste mais j’ai aussi joué sur les côtés ces dernières saisons, je suis polyvalent. » Sans toutefois avoir de préférence ? « Je me sens très bien dans l’axe », répond-il, là encore sans vouloir brusquer quiconque. Si ce n’est les défenses adverses, certainement bien plus rassurées, elles, de le voir sur un côté.
Thibaut GAGNEPAIN.
Barrios voit triple
Le recrutement de Lucas Barrios fait débat à Montpellier mais ce passage à Metz l’a sans doute crédibilisé. L’attaquant paraguayen a pesé dans les débats, en imposant son physique et il s’est surtout fendu d’un triplé en prenant Carrasso à contre-pied sur penalty (17e ) puis en profitant d’une mésentente de la défense messine pour l’égalisation (54e ). Il a apporté la touche finale en jouant les renards des surfaces, après une reprise de Sanson sur le poteau (69e ).
Sans réaliser une grande performance, Mounier s’est aussi mis en évidence en poussant N’Daw à la faute dans la surface (17e ), tandis que Morgan Sanson a montré qu’il était un élément essentiel du dispositif héraultais. Enfin, pour son retour aux affaires, Geoffrey Jourdren n’a pas été un gardien débordé…
Courbis : « Barrios, il exagère »
Albert Cartier (entraîneur de Metz) : « On a manqué de trop de choses pour mettre Montpellier en danger. Pas de foot, pas de vitesse, pas d’agressivité… Quand on regarde des bons joueurs jouer, c’est compliqué. On a été passif, attentiste. C’est notre plus mauvaise prestation à domicile de la saison. C’est bien de faire un bon match à Nantes mais il faut savoir enchaîner et ne pas proposer une prestation aussi faible. Les joueurs sont les premiers à reconnaître que leur prestation a été insuffisante. »
Rolland Courbis (entraîneur de Montpellier) : «Le scénario nous donne une double satisfaction. On n’a pas seulement gagné, on a aussi réussi à construire cette victoire. Je n’ai pas l’impression que le score, à la mi-temps, reflétait la physionomie du match. C’est peut-être notre premier pénalty de la saison qui nous a perturbés… Mais nous sommes restés calmes, on a remis des choses en place. (…) Barrios ? On voulait qu’il mette un but de temps en temps, mais on ne s’attendait pas à ce qu’il fasse un hat trick. Non, vraiment, il exagère. »
Kévin Lejeune (milieu de Metz) : « On ne s’attendait pas à faire ce genre de match. On avait beaucoup d’envie et de motivation pourtant… C’est une défaite qui fait mal mais elle est logique. Montpellier a été meilleur que nous. On mène 2-1 et on revient finalement avec zéro point… C’est décevant et un peu énervant. Heureusement que le championnat ne s’arrête pas là. Il va falloir retrouver une spirale positive et renouer le fil. »
Yeni Ngbakoto (attaquant de Metz) : « Si on joue le maintien comme ça, on va vite redescendre. Il va falloir donner deux fois pour espérer quelque chose et mettre le bleu de chauffe pas que sur un match comme à Nantes mais sur tous les matches qu’il reste. Je ne crois que ça soit bon de s’alarmer mais bosser encore plus dur pour avancer dans ce classement. »
Lucas Barrios (attaquant de Montpellier) : « Il m’a fallu un petit temps d’adaptation. Je suis très content d’avoir marqué et de retrouver la confiance. C’est une bonne chose, non seulement pour moi mais aussi pour l’équipe. »