
Bouna Sarr, dépité, ne pouvait que constater les dégâts après la venue de Guingamp. Photo Pascal BROCARD
Le « match de la dernière chance » est passé. Comme tout le monde, ou presque, Guingamp a fait ses courses face à des Messins limités, qui ont découragé leur public. Reste à croire au miracle. Ou pas.
Résignation, j’écris ton nom. Il rime avec flop breton. Quand Guingamp a visité Saint-Symphorien dimanche (0-2), le 8e du championnat a torpillé un jour de promesses et laissé un hôte au stade de la désolation. Le peuple grenat a cessé d’y croire et l’a signifié sans une once d’ambiguïté à ses affidés. Les supporters ont agité des mouchoirs blancs, chanté le retour à la Ligue 2 et copieusement sifflé cette procession de joueurs prostrés, têtes baissées et moral ravagé. « L’Hibernatus messin n’en finit plus de congeler », constatait un journaliste de Canal +. Diantre, le coup de froid se ressent jusqu’à Paris…
Il est fini le temps des rires et des chants. Sur l’Île Saint-Symphorien, ils sont rares à espérer le printemps. Comment faire autrement ? Voici trop de temps, maintenant, que le FC Metz propose un gloubi-boulga de football. A sa sauce évidemment. La déconfiture à la mirabelle. Curiosité biologique, cette mélasse est truffée de pépins. Aucun but, peu d’occasions, plus de confiance et guère plus de construction. Rien. Peau de balle ! Treize matches sans victoire sanctionnent aujourd’hui le malaise, en attendant une punition plus grande encore : des voyages à venir du côté de Niort, Créteil et Nancy. Vu d’ici, elle n’est pas belle cette vie.
Tournée d’adieux
Ce week-end, le président Bernard Serin a choisi de maintenir l’encadrement sportif en place « quoi qu’il arrive ». Les Grenats, eux, sont tous sortis du vestiaire avec les mêmes éléments de langage : « Tant que, mathématiquement, c’est possible... ». Quant à Albert Cartier, il a formulé cette demande : « Arrêtez de parler de peur aux joueurs ». L’entraîneur s’adressait aux médias qui, hélas, se contentent de relayer ce qu’ils voient : un ballon qui brûle les pieds, une défense prise au piège de sa lenteur, un milieu défaillant dans le jeu de transition et le spectacle d’une équipe incapable de marquer un but. Non, les Grenats ne lisent pas la peur, ils la transpirent. « Il faut qu’ils se lâchent », prie leur coach. Pourvu qu’un dieu l’entende…
Comme la tradition l’exige en période de crise vient immanquablement le temps des discussions. Le staff et les joueurs ont profité du décrassage hier pour évoquer la situation et verbaliser le malaise. Une heure et demie plus tard, ils constataient un point positif : le groupe n’a pas pris feu. Aucun incendie n’a touché le vestiaire. C’est toujours ça, mais c’est aussi le signe d’un plus grand problème. Ce FC Metz solidaire ne manque ni d’engagement en match ni d’investissement à l’entraînement, mais il n’a tout simplement pas montré la qualité requise pour rester en L1. Ce ciel-là était-il sa limite?
Dimanche, la lanterne rouge ira à Reims, puis elle recevra Evian. Il reste 13 matches et 39 points en jeu. Croira qui voudra. Qui pourra. N’en déplaise aux chantres de la méthode Coué, la suite du calendrier ressemble à la tournée d’adieux d’une équipe bientôt condamnée. A la lecture de cette conclusion, ce groupe a, bien sûr, le droit d’être fâché. Alors qu’il accomplisse un miracle et nous donne tort, on sera ravi de s’excuser.
Christian JOUGLEUX.
De la pertinence de garder Cartier…

Albert Cartier n’a cessé de chercher des solutions pour relever Metz. Il ne les a pas encore trouvées. Photo Pascal BROCARD
Fallait-il maintenir Albert Cartier à son poste d’entraîneur ? Voici quelque pistes de réflexion pour valider, ou non, la décision du FC Metz.
POUR
Il est trop tard. Le choc psychologique du changement d’entraîneur est plus souvent un mythe qu’une réalité. Metz, de toute façon, a laissé passer l’occasion de le vérifier. Si un autre coach était venu durant la trêve, il aurait disposé d’un minimum de temps pour se familiariser au contexte mosellan et impulser un changement. Il est un peu tard maintenant.
Quelles pistes ? Le licenciement d’un coach a un coût, surtout lorsqu’il est lié à son club jusqu’en juin 2016. Et les solutions de remplacement crédibles, solides et surtout peu chères ne sont pas légion.
Pas responsable de tout. L’homme qui a mené Metz vers deux montées consécutives ne peut endosser toutes les responsabilités. Il a subi le recrutement et dispose d’un effectif de moindre qualité que la saison passée. Sakho n’a pas été remplacé, Krivets est arrivé crâmé, Malouda a trop peu apporté… Il aurait fallu plus de garanties que de buzz et de paris.
CONTRE
Pas de solutions. Albert Cartier a testé tous ses joueurs et plusieurs systèmes sans parvenir à inverser le cours des événements. Il n’arrive plus, non plus, à ramener la confiance dans son effectif, alors qu’il fonde ses discours sur le caractère et l’engagement. Sans parler du jeu développé par Metz, fébrile et inoffensif depuis 412 minutes aujourd’hui.
Drôle de communication. Personne ne pourra reprocher à Cartier de se défausser. Il protège toujours ses joueurs et n’égratigne jamais son club. Quitte à verser dans une communication décalée, avec un positivisme suspect ou un souci d’apprendre périmé.
Trop d’incompréhensions. Les joueurs sont interpellés par leur gestion. Certains ne comprennent pas l’approche d’un match ou les compositions d’équipe quand d’autres flambent un jour et redeviennent remplaçants le lendemain…
Ch. J.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement à 10h30. Aujourd’hui : repos. Demain : une séance à 10h30. Jeudi : une séance à 10h30. Vendredi : une séance à 10h30. Samedi : une séance à 10h30 à huis clos.
D’un match à l’a utre. Dernier match : Metz-Guingamp (25e journée de Ligue 1), dimanche 15 février : 0-2. Prochain match : Reims-Metz (26e journée de Ligue 1), dimanche 22 février à 17h. A suivre : Metz-Evian TG (27e journée de Ligue 1), samedi 28 février.
A l’infirmerie : Le genou de Romain Rocchi ne laisse aucun répit à son propriétaire. Le retour du milieu de terrain n’est toujours pas d’actualité. Celui de Florent Malouda , en revanche (cuisse), pourrait avoir lieu mercredi. Enfin, Federico Andrada (cheville), Thibaut Vion (cheville) et Fakhreddine Ben Youssef (cuisse) restent à l’arrêt ou doivent se contenter de courses.
L’info : Le FC Metz a reporté sine die la séance de dédicaces de l’équipe professionnelle initialement prévue jeudi, aux Arènes, afin de « permettre aux joueurs de préparer au mieux leur déplacement à Reims », précise le club.