Les objectifs
La relégation en Ligue 2 actée, Bernard Serin a immédiatement prévenu : l’objectif serait la remontée immédiate au sein de la Ligue 1. Mais très vite, une autre idée fixe est apparue dans le discours présidentiel : la philosophie de jeu. « J’ai souhaité que le club adopte un projet de jeu basé sur la possession du ballon , expliquait-il récemment dans nos colonnes. Cela prend du temps, nous construisons sur le long terme. » Bref, tout en affichant sa volonté de retrouver l’élite en mai prochain, le FC Metz regarde également loin devant. Et pour ce faire, il a organisé une petite révolution.
L’entraîneur
Tout d’abord, les dirigeants messins ont nommé un nouveau directeur sportif : le Portugais Carlos Freitas qui a également endossé la panoplie de recruteur. Dans la foulée, le Belge José Riga a pris la succession d’Albert Cartier sur le banc. Un entraîneur « à la recherche d’un jeu relativement maîtrisé » et qui « aime la possession du ballon. Mais toujours avec l’efficacité en tête ». Voilà pour le style Riga. Jusqu’ici, ce projet alléchant de l’ex-technicien du Standard de Liège, passé également par l’Angleterre ou le Qatar, n’a que très partiellement convaincu. Metz se cherche encore et s’avère encore branché sur courant alternatif malgré quelques séquences prometteuses entrevues çà et là. José Riga, empêtré dans une affaire de corruption en Belgique depuis la semaine dernière, doit désormais parvenir à solidifier un édifice largement bouleverser cet été.
Le recrutement
Avec pas moins de 16 départs et 14 arrivées, Metz s’est montré particulièrement actif sur le marché des transferts. Des emplettes que les dirigeants messins, Carlos Freitas en tête, ont essentiellement réalisées à l’étranger. Du coup, avec désormais 18 nationalités différentes fréquentant le vestiaire grenat, la question de l’identité même du club à la Croix de Lorraine a été remise en question. Une crainte que le président, le directeur sportif et l’entraîneur ont balayée d’un revers de main. « Ce qui importe, c’est que chaque joueur respecte le maillot, le club et les supporters », a ainsi tranché Carlos Freitas.
Pour autant, au-delà d’éventuels problèmes de langue, c’est bien l’arrivée massive – et au compte-gouttes – de nouvelles têtes qu’il faut désormais gérer en plus d’un effectif fort de 32 joueurs. Des jeunes talentueux, quelques éléments d’expérience et d’anciens de la maison qui doivent apprendre à jouer ensemble et trouver les automatismes. Pour ça, il faut du temps. Mais le beau jeu voulu par les dirigeants ne doit pas se faire au détriment de l’objectif principal : la remontée en Ligue 1.
Le début de saison
De ce point de vue, José Riga et son staff remplissent, pour l’heure, parfaitement leur mission. « La première chose sera de faire disparaître le goût de la défaite », expliquait, le jour de son intronisation, l’entraîneur du FC Metz. De fait, après six journées, Kévin Lejeune et ses partenaires occupent la tête du championnat avec 16 points sur 18 possibles. Ils sont invaincus et restent sur cinq victoires d’affilée. Seul Lens (0-0), lors de la première journée, est, pour l’heure, parvenu à contrarier des Messins qui possèdent également la meilleure défense de Ligue 2 (2 buts encaissés). Tous les voyants sont au vert. Reste que leur dernière sortie à Laval, malgré l’heureuse victoire (0-1), a rappelé au leader que rien n’était acquis.
J.-S. G.
Nancy au passé recomposé
Les objectifs
S’ils y ont cru jusqu’au bout, les Nancéiens ont finalement échoué à une frustrante 5e place en mai dernier, synonyme de nouveau départ en Ligue 2. Malgré un encadrement de sa masse salariale décidé cet été par la DNCG, les dirigeants de l’ASNL n’ont pourtant jamais caché leurs ambitions sportives, même si ces dernières étaient étroitement liées à des impératifs économiques : « On tient à garder un effectif compétitif pour viser l’objectif de la montée en Ligue 1 », avait ainsi déclaré, fin juin, le président Jacques Rousselot. Pour bon nombre d’observateurs, Nancy fait d’ailleurs parti des candidats crédibles au retour parmi l’élite. Récemment, Denis Zanko, l’entraîneur de Laval, avait ainsi classé Youssouf Hadji et ses partenaires parmi les « cadors » de la L2.
L’entraîneur
Après un intermède d’un peu plus de deux ans, Pablo Correa était rappelé au chevet de l’ASNL en octobre 2013. Initialement lié au club nancéien jusqu’en 2016, le Franco-Uruguayen a prolongé son contrat pour trois ans de plus, au mois de juin. Au contraire de son homologue messin, le président Jacques Rousselot a choisi de jouer la carte de la continuité et ce, malgré deux montées ratées de justesse en 2014 (4e ) et en mai dernier (5e ). S’il a longtemps traîné la réputation d’un entraîneur frileux avec cette idée directrice d’attendre pour mieux contrer, Correa a mis de l’eau dans son vin. Si l’intensité physique est toujours au menu, le jeu porté vers l’avant n’est plus un simple aliment de substitution. La preuve, avant le derby, Nancy est la deuxième meilleure attaque de Ligue avec 9 buts, soit un de plus que le FC Metz.
Le recrutement
L’été a été plutôt calme du côté de Nancy. Bien moins mouvementé que chez le voisin messin. En cause, évidemment, le fait que l’ASNL soit dans le viseur de la DNCG. Du coup, seules six nouvelles têtes ont fait leur apparition en Forêt de Haye dont les expérimentés milieux de terrain Robic (Laval) et Pedretti (AC Ajaccio). Pablo Correa a également convaincu Michaël Chretien (Strasbourg) de revenir au sein de son club formateur et attend avec impatience les débuts de l’ex-milieu d’Orléans, Puyo, arrivé blessé. Guidileye (Limassol) et le gardien prêté par l’OM, Samba, complètent le casting.
Côté départs, Nancy a perdu, comme prévu, Nardi (Monaco) mais également Grange (Paris FC), Karaboué (Troyes) ou encore Dembélé (Guingamp). Par contre, Hadji a finalement prolongé alors que Walter et Cuffaut, un temps placés sur la liste des partants, sont restés. Au final, peut-être manque-t-il à cet effectif un défenseur central et un attaquant supplémentaire…
Le début de saison
Avant de se rendre à Saint-Symphorien, l’ASNL pointe à la 3e place avec 4 points de retard sur le leader messin. Avec un groupe finalement peu remanié, quelques renforts d’expérience et avec des jeunes d’hier désormais rompus aux joutes de la L2, Nancy est, comme Metz (et le Paric FC) invaincu en championnat (3 victoires, 3 nuls). Après avoir débuté par un nul à Picot (0-0 face à Tours) – comme le voisin messin contre Lens – les hommes de Correa ont enclenché la vitesse supérieure pour occuper la 1re place à l’issue de la 3e journée. Mais les deux nuls (entrecoupés d’un succès à Clermont) à Nîmes et, vendredi dernier à domicile face à Niort, ont ralenti la cadence. Reste que les Nancéiens, à l’instar des Mosellans, voyagent bien (2 victoires, 1 nul).
J.-S. G.
« Si j’avais joué un derby… »
Frédéric Biancalani est le dernier joueur à avoir défendu les couleurs des deux clubs lorrains, en 2010-2011. Une expérience d’autant plus particulière qu’il a toujours eu l’ASNL au fond de son cœur. Bianca raconte.

Frédéric Biancalani a porté le maillot grenat en 2010-2011. Photo Stéphane STIFTER
Son passage de Nancy à Metz en 2010 avait quelque chose de fou. Mais Frédéric Biancalani garde un bon souvenir de sa saison jouée sur les bords de la Moselle. L’actuel coach des féminines de l’ASNL, aujourd’hui âgé de 41 ans, est revenu sur cette expérience très particulière.
• Pouvez-vous nous rappeler les circonstances de votre signature au FC Metz, en 2010 ? « Tout est parti d’une confusion à propos de mon avenir à l’ASNL. Au départ, il était prévu que je prolonge d’un an à Nancy. Contre toute attente, je me suis retrouvé sans rien, à 36 ans, alors que j’avais encore envie de jouer. C’est là que j’ai reçu une proposition des Messins qui étaient en L2 et deux offres de National. J’ai choisi Metz. »
• Lyonnais pur souche, Raymond Domenech répète souvent, d’un air amusé, que la couleur verte de Saint-Etienne lui donne des boutons. Cela n’a donc pas été le cas pour vous avec le Grenat… « Metz était la meilleure opportunité. Comme je l’ai dit, je voulais poursuivre encore un peu ma carrière de joueur et c’était du coup possible de le faire sans déménager toute la famille. J’ai rejoint le FC Metz en pensant que ça se passerait bien si j’étais irréprochable sur et en dehors du terrain. Quand tu donnes le maximum, les gens finissent toujours par s’en rendre compte. »
« Seulement du foot »
• Quel souvenir gardez-vous de votre relation avec les supporters messins ? « Je suis arrivé sur la pointe des pieds, j’ai essayé de toujours me comporter en tenant compte de cette rivalité régionale avec Nancy. Au début, par respect pour tout le monde, je ne suis pas allé saluer les supporters messins après les matches. Mais à la fin, j’ai pu le faire sans problème. »
• Comment réagissiez-vous, en tant que joueur du FC Metz à Saint-Symphorien, quand le kop grenat se mettait à chanter : "Si tu n’aimes pas les Nancéiens, tape des mains"… « Eh bien je ne tapais pas des mains ! Plus sérieusement, je n’y prêtais pas attention. Pour moi, cette rivalité régionale a même quelque chose de sympa lorsqu’elle ne dépasse pas les limites. Il ne faut jamais oublier que ça reste du foot, seulement du foot. Et le foot, ça doit être festif. C’est pour ça que je trouve vraiment dommage d’avoir interdit les supporters nancéiens de déplacement à Saint-Symphorien vendredi. Il y avait sûrement moyen de mettre en place des solutions plus intelligentes pour éviter des incidents. »
• Auriez-vous aimé disputer un derby Metz-Nancy en étant dans le camp grenat ? « Oh non, pas du tout ! Si j’avais joué un derby avec Metz contre Nancy, ça m’aurait fait trop bizarre. Maintenant, j’aimerais surtout que le prochain derby Metz-Nancy se déroule en L1 la saison prochaine ! »
R. J.
Derby express
FC Metz
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement en fin d’après-midi. Aujourd’hui : une séance à 10 h ; séance complémentaire à 16 h. Demain : une séance à 10h30. Jeudi : une séance à 16 h (à huis clos). Vendredi : Metz - Nancy à 20 h. Samedi : une séance d’entraînement à 10h30. Dimanche : une séance à10h30.
D’un match à l’autre. Dernier match : Laval - Metz (6e journée de L2), vendredi 11 septembre : 0-1. Prochain match : Metz - Nancy (7e journée de L2), vendredi 18 septembre à 20h. À suivre : Le Havre - Metz (8e journée de L2), mardi 22 septembre à 21h ; Metz - Nîmes (9e journée de L2), vendredi 25 septembre à 20h ; Brest - Metz (10e journée de L2), samedi 3 octobre à 14h.
À l’infirmerie. Cheick Doukouré (genou) et Nuno Reis (pied) sont à l’arrêt. Guido Milan (genou), Jonathan Rivierez (genou) et Célestin Djim (ischio-jambiers) sont en phase de reprise.
Suspendu. Juan Kaprof purgera son dernier match de suspension lors de la venue de Nancy.
AS Nancy-Lorraine
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement en matinée. Aujourd’hui : une séance à 10 h. Demain : une séance à 10 h. Jeudi : une séance l’après-midi (à huis clos). Vendredi : Metz - Nancy à 20 h. Samedi : une séance d’entraînement à 10h30. Dimanche : une séance à 10 h.
D’un match à l’autre. Dernier match : Nancy - Niort (6e journée de L2), vendredi 11 septembre : 1-1. Prochain match : Metz - Nancy (7e journée de L2), vendredi 18 septembre à 20 h. À suivre : Nancy - Auxerre (8e journée de L2), mardi 22 septembre à 21 h ; Paris FC - Nancy (9e journée de L2), lundi 28 septembre à 20h30.
À l’infirmerie. L’ensemble de l’effectif est disponible. Seul Rémi Walter , laissé au repos, manquait à l’appel lors de la séance d’entraînement programmée hier matin.
Suspendu. Aucun.
Les féminines du FC Sarrebruck et du FC Metz/Algrange disputent un match de gal ce dimanche à Marienau

L’équipe féminine du FC Sarrebruck, qui évolue en Bundeliga 2. Photo DR
Ce dimanche 20 septembre se déroulera, sur la pelouse du stade François-Meyer de la SG Marienau, une journée spécialement consacrée au football féminin.
Dès 11 h, quatre équipes U15 (CS Stiring, le FC Verrie-Sophie, Sportfreund 05 et le FC Sarrebruck) vont s’affronter.
À 15 h, place à un match de gala entre le 4e de la Bundesliga 2, le FC Sarrebruck, et le leader de la D2 féminine, le FC Metz/Algrange.
Les bénéfices de cette journée seront versés intégralement au foyer Les Apogées.