Lorange a écrit :Prodiguèz a écrit :La formation est (devrait être) un investissement... pour un club, mais de manière plus globale pour le foot en tant que sport. En l'absence de toute réglementation protégeant ce type d'investissement la formation risque d'être moins profitable et donc de s'appauvrir, au détriment de tous. On l'observe déjà en France depuis quelques années...
L'arrêt Bosman pour protéger les joueurs oui. Mais s'il n'est pas complété par un arsenal de lois garantissant de vrais retours (sportifs et/ou financiers) à ceux qui investissent dans la formation, on ira droit dans le mur.
C'était la minute "foot business de m*rde!!!"
C'est tout sauf anecdotique. Voilà selon moi le cœur du sujet : la réponse est économique, éthique et forcément politique (oui, je sais, bizarre d’accoler ces deux mots…).
Les notions de psychologie, de composition d’équipe, de position du Fc Metz dans la hiérarchie du foot Français, de famille, d’infrastructures, d’ampoule qui fonctionne ou pas, éclairent certes un peu le débat mais ne sont rien à côté du grand cirque mondialisé qui autorise le pillage en règle. Tous les pillages : le pillage de jeunes joueurs formés par de micro-clubs – c’est ce qu’est devenu le Fc Metz, arrêtons de nous voiler la face -, le pillage des idées, le pillage de l’impôt, le pillage du travail, le pillage de notre santé…
Pillage au profit du spéculateur, de l’investisseur, du fort. Le foot ne déroge pas à la règle, la surpassant même puisque chacun sait que le jeu spéculatif dont il est l’objet s’acoquine avec le grand banditisme, le trafic d’influence, l’argent sale.
Un jeune footballeur est un produit. Une marchandise. Un placement. Personne ne sait fichtre rien de son avenir de footeux. Et d’ailleurs tout le monde s’en tape : son club, les autres clubs voire peut-être, papa et maman. C’est un produit à très haut rendement potentiel. Le risque ? Le risque est aussi important qu’un placement foireux au Panama ou Delaware : quasi nul. Le but est de prendre au plus vite un maximum de monnaie. Nous pensons ballon, rectangle vert, jeu. Ils pensent pognon.
Le foot vit très largement – avec notre consentement coupable à tous – au-dessus de ses moyens. Les dettes de certains clubs se comptent en milliards d’euros. Le foot ne produit absolument pas de richesse à hauteur de son endettement (ou qu’on me prouve le contraire…) Et pourtant, ces mêmes clubs continuent sous les vivats de la foule énamourée et compréhensive à dépenser des sommes indécentes pour : bâtir des stades dont les business plans sont juste risibles et recruter d’obscures futures pépites à coup de millions. L’argent est là, il suffit de demander, on donne : aux clubs, aux agents, aux parents. Pourquoi se priver ?
Qui - responsable politique, investisseur, gestionnaire, citoyen -¬ aurait pu un seul instant imaginer que la ville du Mans puisse un jour produire un club de foot pérenne ? Et pourtant : un investissement pharaonique pour le résultat que l’on connait. Entretemps : on aura arrosé et nourri le bâtisseur, le staff, les joueurs, les intermédiaires, papa, maman…Qui remboursera ? La municipalité principalement. Le contribuable. Toi.
Un club de foot est une entreprise. Une entreprise dont étonnamment le retour sur investissement n’est le souci de personne ; l’Europe sait créer des lois pour encadrer la production de fromage en Ardèche, pas pour les milliards flous que brasse le football. La formation s’inscrit dans ce système sans foi ni loi. Irrationnel au possible.
Voilà pourquoi je trouve assez ubuesque que nous essayions ici de trouver des solutions managériales et locales à cette immense crapulerie mondialisée et vache à lait pognonesque qu’est devenu le sport de haut niveau qui se permet d'évaluer sans rire à 2 millions d'euros un acnéique dont le seul fait d'arme est de potentiellement avoir la ressource suffisante pour taper un jour correctement dans une baballe.
2 millions d'euros mec : l'équivalent d'une dizaine de maisons...Et il en est ici qui estiment sans s'étouffer qu'il faudrait en exiger à minima 5 millions d'euros...Pompiers. Pyromanes. Du pain. Des jeux.
Nous sommes devenus fous.