Je me permets de reprendre la main sur ce billet pour répondre aux considérations techniques et tactiques concernant le match de Tours et des choix d'Albert Cartier.
De l'incompréhension....
Au lendemain de la défaite contre Tours, j'ai refais une bonne centaine de fois le maaatch sur FIFA 14. A ma grande surprise j'ai totalisé 87 victoires, 3 nuls et 10 défaites... Ma première réaction a été d'envisager la création d'un page facebook pour exiger la démission d'Albert Cartier, prévoyant même le financement de l'achat d'amis (eh oui ça se fait ^^) et me proposant d'aller déposer un cv au siège du club étayé par des vidéos personnelles prises à partir de mes meilleurs matches sur PES et FIFA de ces 12 dernières années..
Une fois les effets de l'alcool dissipés, j'entrepris alors un long travail archivistique. Et là quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que le Real de Madrid, le Bayern de Munich et même( quelle horreur) le FC Barcelone avaient perdu récemment des matches de championnat... Le coup de grâce me fut administré lorsque je visionnai la défaite d'Arsenal, certes entraîné par un ancien entraîneur de Nancy, sur un score à coté duquel notre défaite à Tours finissait par relever de l'anecdote...
... A la réflexion
Plus sérieusement, je me souviens le soir du live avoir posté un message d'incompréhension devant le choix tactique d'Albert Cartier de remplacer Fauvergue par Marchal. On sait depuis Pascal et Descartes (pour ceux qui me demandent dans quelle équipe ils jouaient, je rappellerai que le premier fut arrière droit, très droit d'ailleurs, au FC Port Royal, tandis que le second a fait les beaux jours en tant qu’entraîneur de l'Ajax d' Amsterdam, l'olympique Leyde, l'AS Utrecht, l'entente Deventer, et l'AZ Egmond, faisant marquer tellement de buts qu'il obligea Pascal a inventer une machine à calculer. Descartes reste vénéré dans le monde du coaching pour son ouvrage de référence: "le 4-4-2, Discours de la Méthode ")on sait, disai je, que la réflexion est infiniment supérieure à la réaction, fut elle émotionnelle. Or à notre époque, la réflexion n’intéresse plus que les experts, cantonnés aux chaines du câble ou aux troisièmes partie de soirée...
(celui qui est capable de lire ma phrase à haute voix sans reprendre son souffle peut participer avec de bonnes chances aux journées de dépistages du FC Metz, je lui garantis pour le moins un bon souffle)
Or donc, sur ce forum et singulièrement pendant les live, la réaction prime, brutale, dans certains cas bestiale, ou dans d'autres cas irrationnelle et affective...
Nonobstant le fait qu'à la télé on voit mal, et que pour apprécier un dispositif tactique rien ne vaut le direct live au stade, et 40 ans de pratique m'ont appris ce paradoxe, c'est en latérales, ouest ou est, qu'on voit le mieux les dispositifs tactiques, pour peu qu'on prenne suffisamment de hauteur, il faut ajouter que nous disposons cette saison des conférences de presse des entraîneurs et que celles ci s'avèrent grandement utiles les soirs de défaites pour peu que les questions journalistiques soient pertinentes. La relecture vidéo des buts complètent finalement une matière qui permet de construire une réflexion un peu plus argumentée et dégager une opinion qui a défaut de se clamer une vérité d'évangile a le mérite d'exprimer une argumentation nourrie.
Le Fait de jeu
Le remplacement de Fauvergue par Marchal intervient à la 69eme minute et le score à ce moment là est de 2-2. Choix défensif en apparence, même si aujourd'hui la capacité de se projeter d'une équipe est indépendante du nombre de joueurs en zone défensive, l'écoute attentive des déclarations d'Albert Cartier éclairent sur ledit choix. Cartier à ce moment analyse la situation tactique de Metz, comme une incapacité à enrayer dès la ligne offensive les velléités de construction offensive de Tours. Notant la faiblesse dans les couloirs et dans le jeu en profondeur il se résout à densifier les intervalles dans l'approche de la zone de vérité, espérant le même résultat que contre Auxerre, c'est à dire créer un mur contre lequel échoue le jeu dans l'espace et en profondeur des attaquants tourangeaux.
On peut toujours gloser sur les conséquences du choix, critiquer et débattre de leur pertinence. Une chose est sûre, c'est qu'Albert Cartier bâtit un projet de jeu et analyse le jeu de l'adversaire et prend ses choix après l'analyse, que je trouve pertinente, du dispositif adverse et des faiblesses inhérentes au nôtre. L'échec et l'impossibilité d'exercer le pressing haut et l'étouffement adverse devient alors une faillite collective, et ne saurait être attribué à la seule prestation de Nsor, pour lequel l'excuse du poste inhabituel ne saurait être valable quand on ne la soulève pas pour Cornet par exemple. Le football moderne exige des joueurs offensifs une polyvalence qu'on ne saurait plus réduire à un poste figé. Le meilleur exemple est celui de Fauvergue justement, devenu remiseur alors que sa nature en faisait un attaquant de pointe. Le fait que lui même évoque cette "reconversion" dans une interview montre à quel point l'adaptabilité doit être une force, dans une équipe ambitieuse, et qu'on ne saurait juger Nsor sur ce simple match. Il ne faudrait à cet égard que revoir la maestria de son but face à Nancy pour lui obtenir l'indulgence à laquelle il a pleinement droit.
Pour conclure, ce qu'il faut retenir de cet incident de parcours, c'est qu'il a profité à notre bête noire chti. Cela n'augure rien de bon, mais je ne doute pas que chacun, entraîneur, staff, joueurs et public y puise une motivation décuplée car....
Kombouaré, mon petit… Je ne voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier… l'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m'oblige à te le dire : ton RC Lens commence à me les briser MENUES!
(Je ne dis pas que c'est pas injuste, je dis que ça soulage !

)