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Répu du 10/09/2010
Chadli : « La France ? Pour rien au monde »

Amri Chadli sous le maillot de Mayence, son ancien club qu’il retrouve dimanche. Pour « un gros derby ». Photo REUTERS
Amri Chadli, milieu offensif originaire de Folschviller et formé à Metz, défend la place de leader de Kaiserslautern ce week-end contre Mayence, son ancien club.
A mri Chadli, vous défiez Mayence ce dimanche, avec votre nouveau club de Kaiserslautern et une place de leader à défendre. Pouvez-vous planter le décor ? « C’est un gros derby pour nous. Ce sont deux équipes ennemies, très proches dans la région et proches au classement puisque c’est le premier contre le troisième. Mayence est aussi mon ancien club, ça fait un peu trois derbys en un pour moi. C’est spécial. »
INTERVIEW
• Vous défendez aujourd’hui le maillot d’un promu qui obtient des résultats. Votre équipe peut-elle reproduire un parcours à la manière de Hoffenheim en 2008-2009 ? « C’est possible. Kaiserslautern est champion de Deuxième division, il y a un bon potentiel et le championnat est bien parti mais il y a trente-deux matches à jouer. On ne va pas s’enflammer. Pour nous, de toute façon, l’objectif est clair : c’est le maintien. »
• Pourquoi avoir opté pour Kaiserslautern ? « J’arrivais en fin de contrat avec Mayence et je voulais changer. Kaiserslautern est un club historique où Djorkaeff a joué par exemple. Ce choix permettait aussi de me rapprocher de ma famille à Folschviller. C’est important. »
• Quels souvenirs gardez-vous de votre formation au FC Metz ? « J’ai surtout gardé le contact avec certains anciens qui ont fait leurs classes avec moi. Babacar Gueye, Ismaël Bouzid, Momar N’Diaye, Lukas Szukala… »
• Pourquoi n’y êtes-vous pas resté ? « Parce que je n’avais plus de contrat ! Il était prévu que le club me garde mais, à la dernière minute, il a changé d’avis, sans me donner de raison. Ce n’est pas grave. »
• Vous venez également de retrouver la sélection d’Algérie… « Oui, c’est une grande joie. J’étais déjà dans le groupe des trente avant la Coupe du monde mais on m’avait sorti à cause de mes blessures. En plus, l’équipe tournait bien. »
• Que vous a inspiré le parcours des Fennecs au Mondial (l’Algérie a été éliminée au premier tour) ? « J’étais un peu déçu. Je pense qu’on avait le potentiel pour mieux faire. »
• Revenons à votre parcours. N’avez-vous jamais été tenté par un retour en France ? « Pour rien au monde ! Je suis bien en Allemagne. Il y a une culture foot ici, les supporters sont des passionnés et, surtout, je me sens bien dans la vie de tous les jours. Ça joue beaucoup de se sentir bien dans un pays. On me considère comme français, point barre. Je me mélange avec toutes les classes sociales, toutes les nationalités, il n’y a pas de frontières entre les gens. En France, la mentalité me dérange. »
« C’est pesant d’être toujours stigmatisé »
• Pouvez-vous préciser votre pensée ? « En Allemagne, je n’ai aucun problème pour rentrer en boîte de nuit, pas en France. En fait, j’ai l’impression d’être toujours montré du doigt. Prenez les informations par exemple. Il n’y a que trois thèmes : l’insécurité, les sans-papiers et l’islam. C’est pareil pour le ramadan. En Allemagne, ça ne pose pas de problèmes mais quand j’étais à Metz, je ne jouais pas si je faisais ramadan et quand je lis encore ce qu’a dit Kombouaré (l’entraîneur du PSG a déclaré : « Ceux qui font le ramadan le jour du match restent chez eux. »)… Franchement, c’est pesant d’être toujours stigmatisé. »
• Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre carrière ? « De faire tous les matches déjà. J’ai eu pas mal de problèmes osseux jusqu’ici. Sinon, je n’avais pas vraiment de rêve de gamin à part être pro et jouer devant des stades complets. C’est fait. Je suis heureux. »
Christian JOUGLEUX.
Publié le 10/09/2010