Pas de surprise hier après-midi, sur les terrains d'entraînement de la Meinau. Dans un froid glacial, c'est bel et bien Pascal Janin qui a dirigé la seule séance au programme. Et qui va, sauf énième rebondissement, diriger l'équipe strasbourgeoise jusqu'à la trêve.
Pascal Janin - ici lors du match face à Thionville - prolonge son séjour sur le banc alsacien. Il coachera son équipe pour la venue de Guingamp, puis pour le déplacement au Havre. (Photo DNA - Laurent Réa)
« Ce n'était pas prévu que ce soit moi qui dirige l'équipe aujourd'hui (ndlr hier), mais les choses sont ainsi faites... », lance Pascal Janin, un brin fataliste, à l'issue de la séance d'entraînement d'hier.
Depuis une semaine, son départ est entériné. Mais Janin, qui a fait ses adieux à ses joueurs, dimanche, après la victoire en Coupe de France face à Thionville (3-0), est toujours là.
Ce n'est pas simple
Sur le pré, le coach - licencié, puis rappelé -, a assuré l'essentiel. « C'est difficile de rendre le groupe attentif, mais les joueurs ont joué le jeu, même si depuis cinq jours, ils pensaient qu'un autre serait là », explique l'entraîneur, qui a été confirmé à son poste à midi... pour la séance de 16h.
« Ce n'est pas simple, ni pour moi, ni pour les joueurs, mais j'essaie de penser au RCS avant tout. Julien Fournier m'a demandé de continuer. J'ai accepté jusqu'à la trêve, je ne voulais pas quitter le navire dans la difficulté », expose l'entraîneur moustachu.
Et ne pas quitter le navire, même s'il tangue fortement, signifie avant tout que Pascal Janin se concentre sur la venue de Guingamp (12e), qui déboule à la Meinau demain soir dans le cadre de la 18e journée de L 2.
Un match que beaucoup ont eu tendance à oublier cette semaine, mais qui revêt tout de même son importance dans l'optique du maintien en Ligue 2.
Surtout que trouver un onze efficace n'est pas une mince affaire pour Janin, compte tenu des absences conjuguées de Bellaïd et Fauvergue (suspendus), auxquelles s'ajoute la grosse incertitude pesant sur Emil Gargorov, touché au talon.
Autre souci et pas des moindres : réussir à préparer mentalement des joueurs qui ne savent pas de quoi sera fait leur proche avenir. « Il faut se focaliser sur le terrain. Les joueurs doivent avant tout se concentrer pour faire un bon match vendredi », souligne l'entraîneur.
Des propos qui font écho à ceux prononcés par Habib Bellaïd, le bonnet vissé sur la tête. « On n'est pas plus avancé que vous, lance le défenseur central aux nombreux journalistes présents, on parle des soucis du club entre nous, parce que c'est aussi notre avenir, mais ce n'est pas non plus le sujet principal dans le vestiaire.
Nous, les joueurs, on parle surtout de nos problèmes sur le terrain. Après, on a subi une accumulation de choses et j'espère que ça sera fini en janvier, qu'on puisse repartir sur de bonnes bases ».
« Au jour le jour »
En attendant une trêve bienvenue, Pascal Janin navigue à vue au milieu d'une situation « invraisemblable » (dixit Bellaïd). « Je vais déjà négocier Guingamp et après on verra. Je vis au jour le jour et je ne fais pas de plans, même à moyen terme », raconte le coach.
Malgré la courtoisie et la correction qui le caractérisent, Janin commence à se lasser de ces incessants revirements. « Je ne peux pas dire que j'accepte volontiers cette situation, raconte-t-il, si je suis si mauvais au point qu'on me change, pourquoi personne, ou presque, ne veut s'occuper de cet effectif ? Pourquoi personne ne veut prendre cet effectif en l'état ? »
« Et puis, je trouve cela injuste qu'on accorde à quelqu'un d'autre ce que j'ai demandé », précise l'entraîneur Ciel et Blanc en évoquant les renforts.
Depuis le match à Metz, le coach avait en effet officiellement émis le souhait qu'un joueur offensif vienne compléter l'effectif. Ce « joker » n'est jamais venu. Julien Fournier a par contre accepté que Jean-Pierre Papin fasse de ces renforts un préalable à sa venue... Forcément, la pilule passe mal.
Mais même si ce point blesse Pascal Janin, il n'en fait pas non plus un motif de départ précipité. « Les conditions ne sont pas faciles, mais partir, ça aurait été renier mes valeurs. Cela aurait été la solution de facilité », poursuit encore l'entraîneur, qui aime toujours son métier « malgré ces circonstances particulières ».
A tout prendre, Pascal Janin fait même encore preuve d'un certain humour. « C'est une situation assez rare quand même non ? Et il faut que ça tombe sur moi... », tranche avec le sourire celui dont Julien Fournier a souligné hier, avec raison, « l'immense professionnalisme ».
Un professionnalisme dont certains, au sein du club, devraient peut être s'inspirer en ces temps troublés...
Ba. Sch.