Le Racing voulait enchaîner avec une deuxième victoire d'affilée, pour passer la trêve hors de la zone de relégation. Mais deux minutes de panique en début de seconde période ont été fatales aux Strasbourgeois, qui ont complètement sombré ensuite. Dur, dur, dur...
David Ledy (en blanc) et les Strasbourgeois ont payé au prix fort une entame de seconde période catastrophique. (Photo Maxppp)
De notre envoyée spéciale au Havre
Hier soir, dans un stade Jules-Deschaseaux glacial et qui sonnait un peu creux, l'enjeu était simple pour le Racing : « Confirmer ». Tel était en effet le mot qui revenait sur toutes les lèvres à quelques heures du coup d'envoi.
Car le RCS avait, une nouvelle fois, la possibilité d'enchaîner un deuxième succès consécutif après sa belle prestation face à Guingamp vendredi dernier.
« On a explosé »
Encore fallait-il l'emporter face au Havre, tout de même 5e de cette Ligue 2. Las, quatre-vingt-dix minutes plus tard, les Normands avaient offert « trois points sous le sapin » à leur public - comme c'était réclamé sur une banderole dans le kop havrais - et s'étaient remis dans le sens de la marche, alors que le Racing est plus que jamais plongé dans le doute.
« J'espérais qu'on puisse réaliser un deuxième match plein après Guingamp, mais on a fait une seule mi-temps et ensuite on a explosé », résumait Pascal Janin dès la fin de la rencontre.
Ambitieux, le coach avait pourtant mis en place un 4-3-3 avec le trident Gueye-Fauvergue-Ledy pour animer l'attaque. En début de rencontre, ce choix plutôt offensif du coach strasbourgeois s'avère payant, puisque le Racing s'offre, dès l'entame, une série improbable de... cinq corners consécutifs.
Mais après un premier quart d'heure clairement alsacien, ce sont les Normands qui commencent à remontrer le bout de leur nez. Lesage, positionné en soutien de Diallo, se montre le plus incisif et profite des accélérations de Mendes, côté droit, pour faire la différence. Face aux flèches havraises, le Racing commence alors à reculer.
« Deux buts qui tuent
le match »
De quoi provoquer des frissons au sein de la délégation d'Ultra Boys 90 qui avait fait le déplacement, les supporters alsaciens voyant à plusieurs reprises des ballons filer sous le nez de Cassard. Mais à chaque fois, un pied de Sikimic, une jambe de Bellaïd ou une tête de Rodrigo écartent le danger.
A la mi-temps, le public havrais gronde déjà au vu du score nul et vierge. Un mécontentement qui ne va pas durer. Car dès le retour sur le terrain, les Havrais mettent le turbo et en deux minutes, les Strasbourgeois craquent complètement.
Le premier but de Diallo, au terme d'un bon de travail de Lesage, fait replonger le Racing dans ses travers. Deux minutes plus tard, une défense strasbourgeoise en pleine panique encaisse un second but, sur un tir dévié de Aït Ben Idir.
« On vient ici avec de la volonté, les bons ingrédients. On est sérieux en première mi-temps et en deuxième, on prend rapidement deux buts qui tuent le match. C'est rageant », estime un Nicolas Fauvergue un peu abattu.
Après « ce coup pris sur la tête » (dixit Janin), les Alsaciens, décidément malheureux, vont même boire le calice jusqu'à la lie, en inscrivant, tous seuls comme des grands, un but à leur propre gardien après un coup-franc léché de Bonnet.
« Pour l'instant,
rien n'avance »
« La première mi-temps a été convenable, analysait Pascal Janin à l'issue du match. On a même fait une très bonne entame et inquiété les Havrais, en maîtrisant le jeu. Mais à la reprise, en deux minutes, une petite absence dans l'axe, sur le premier but et une balle détournée, sur le deuxième, ont tout gâché ».
Gâché, c'est le mot. Car ce matin, le Racing est toujours relégable. Pascal Janin, inquiet par la médiocre prestation de son secteur offensif, a une nouvelle fois souligné que « la suite de la saison va dépendre du mercato. Il faut des renforts offensifs. Mais vu la situation du club, pour l'instant, rien n'avance ».
Et surtout pas l'équipe strasbourgeoise, belle et bien engluée au fond de classement de cette Ligue 2...
Barbara Schuster