Le Racing renoue avec un championnat bien mal emmanché. Relégable depuis l'été, confronté à de fringants Lavallois, handicapé par les absences, il doit initier un redressement, en demeurant sur ses récentes bases à domicile, pour s'offrir la possibilité d'un salut.
En l'absence de Gueye, Nicolas Fauvergue est l'atout maître du Racing pour sa première en L 2 cette année. Du résultat face aux Tangos lavallois devrait dépendre une bonne partie du sort strasbourgeois. (Photo DNA - Laurent Réa)
Quand l'avenir est incertain, il faut revenir à des valeurs sûres, paraît-il. Quand le présent est chaotique, rien de tel qu'une petite tranche de tradition, serait-on tenté d'ajouter.
Le Racing apparaît sens dessus dessous ces temps-ci. Convoqué pour présenter des comptes sains dans quelques jours, dirigé officiellement par un président sur le départ, gêné aux entournures dans son mercato par une interdiction d'augmenter sa masse salariale, soumis à un plan de restructuration pour redevenir une écurie moins coûteuse, le club strasbourgeois présente surtout un bilan sportif catastrophique.
« On est tout
sauf renforcé »
Dix-huitièmes à mi-parcours, les Strasbourgeois, au bilan relativement équilibré depuis fin octobre (3 victoires, 2 défaites), n'en finissent pas de courir après un été raté et leur catastrophique entame de neuf matches sans victoire. Quasiment relégables depuis le début de saison, ils avaient entr'aperçu le cauchemar à venir dès leur voyage à... Laval lors de la... 2e journée et même un peu avant.
« Je vais parler aux joueurs de cette période, a indiqué Pascal Janin à l'heure d'envisager le début de la seconde partie de la saison. Beaucoup pensaient que le calendrier pouvait être favorable pour se retrouver devant au bout de quelques semaines ». Au final, ils se sont retrouvés derrière.
Et ils n'en finissent pas d'y rester. Objectivement, on peut s'interroger quant à la persistance de la situation. Il n'y a guère de raison d'espérer. « Les lacunes offensives ne sont pas corrigées, observe encore l'entraîneur dans un bel euphémisme, en évoquant le mercato hivernal toussotant pour l'instant en Alsace. Avec Bezzaz à la CAN, avec Gueye blessé, on est tout sauf renforcé. On n'a pas plus d'atout qu'avant la trêve. Je suis un peu inquiet ».
Et, pour reprendre d'un pas gaillard en L 2, il s'agit de faire danser des tangos bien en rythme. Laval déboule en Alsace avec un feuille de route impeccable pour un promu. Longtemps doyen de ce championnat (24 saisons d'existence à cet échelon dans son histoire), le club mayennais a mis fin à un tunnel de trois saisons en National pour renouer avec une forme de tradition.
Les enfants de Michel
Le Milinaire vont bien
Il se porte comme un charme depuis six mois, constitue, derrière Caen, l'équipe qui a le moins perdu cette saison (4 défaites seulement) et a bien mieux digéré sa défaite un tantinet humiliante en Coupe de France face à Vesoul samedi dernier (1-2) que certains la dinde et les bulles de Nouvel an. La déception s'est envolée en même temps que le week-end. Les enfants de Michel Le Milinaire, le mythique entraîneur des années 80 quand le Stade fréquentait l'élite, vont bien. Merci.
Ils n'en constituent pas pour autant des cannibales en puissance. Sans être génial, le Racing a plutôt été digne face à l'OL il y a six jours. « Et si cette équipe de Laval ne ferme pas non plus le jeu, elle ne joue pas avec la puissance et la qualité de Lyon, considère Janin. C'est un autre contexte, mais j'espère que l'on saura rééditer les bonnes phases de jeu que l'on s'est créées ». Il n'est pas le seul.
Car un échec face à la bande à Hinschberger, surtout habile dans l'art du nul lors de ses pérégrinations (cinq en dix matches à l'extérieur), ne serait pas loin de s'apparenter à une catastrophe. Il convoquerait à nouveau les fantômes qui conduisent le club strasbourgeois à ressembler à un grand barnum plutôt qu'à un bastion de foot. Il s'apparenterait à une rechute que Lacour, Fauvergue et les autres ne peuvent absolument pas se permettre.
Avec le basculement, ce soir, sur la seconde partie d'une saison d'ores et déjà historiquement catastrophique, une forme de compte à rebours s'est enclenché. Entre le maintien et le néant, un plus que centenaire est parti pour jouer sa survie pendant quatre mois. La première étape passe par la leçon aux Tangos.
François Namur