C'est un choc pour tout le monde, tant « Carlo » était le FC Metz

. Il l’est désormais pour l’éternité.
Un grand Président, qui vivait pour son club jour et nuit. Un homme exigeant mais attentif à chacune et à chacun, qui prenait toujours des nouvelles, profondément humain. Quand il était touché, son empathie n’avait rien de feint.
J’ai eu la chance de le côtoyer pendant trois ans chez les Grenats. À l’aube d’Internet, il m’avait fait confiance, avec cette fausse ingénuité, l’œil malicieux et le petit sourire de celui qui est content de son bon mot : « Je ne comprends rien à tes histoires d’astronautes (internautes en fait) mais c’est important. Fonce. » Cette phrase était restée un code entre nous. Tout comme il s’amusait à me rebaptiser Philippe. Va pour Philippe : il y en a eu de célèbres au FCM.
Curieux de tout, il aimait parler parfois avec moi de médecine et de longévité. « Je vivrai vieux, tu sais, ma mère a plus de 90 ans », me lançait-il dans un sourire.
D’autres parleront bien mieux que moi du « Prési », comme on disait entre nous. Ce surnom disait tout : le respect de l’homme et de sa fonction, et en même temps une vraie familiarité quand nous parlions de lui, tant il était proche de ses « troupes », quel que soit le poste de chacun. Entrer dans son bureau était pour tous un rituel presque religieux, et pourtant les discussions y étaient la simplicité même. Le matin, au détour des couloirs, c’était bien sûr « Bonjour, Président ». Mais il connaissait le diminutif, et cela le faisait sourire.
Ce soir, beaucoup doivent se sentir orphelins de celui qu’ils appelaient « papa » : Luc Sonor, Robert Pirès, Rigobert Song, et tant d’autres… Je pense à la peine de « Kasten », de « La Gaille », de Proment, de « Raspo », de « Borbi » et de toute la bande des glorieux anciens.
Mes pensées vont aux salariés du club, du centre de formation et de l’association, aux joueurs qui ont fait un bout de chemin avec lui durant sa présidence, et surtout à sa famille, notamment à ses petits-enfants, dont je connais certains. Sa famille peut être fière de tout ce que Carlo a donné à la ville de Metz, au club et au peuple grenat.