[L’Équipe.fr] Droits TV : la chaîne beIN Sports disposée à boucler un accord de diffusion de la L1 avec Canal+ et la LFP
La chaîne d'origine qatarienne beIN Sports semble disposée à boucler un accord de diffusion de la Ligue 1 avec Canal+ et la LFP. Mais en obtenant des contreparties.
Démarrée depuis des mois, la quête de diffuseurs pour les trois prochaines saisons de L1 n'a toujours pas abouti. Jamais dans l'histoire, il a fallu attendre si tard pour savoir sur quelles antennes on pourrait suivre l'épisode suivant du feuilleton du Championnat de France.
Le 4 février, Canal+ a repris en catastrophe la retransmission de toutes les rencontres de L1 jusqu'à la fin de la saison après la défaillance de Mediapro. Mais simplement pour quelques mois. La LFP doit maintenant trouver une solution globale jusqu'en 2024. En dépit de ses efforts, elle se heurte à un marché totalement figé, avec des chaînes qui ne sont plus disposées à prendre le moindre risque financier avec le football français.
Céder à Canal+ les deux affiches de L1 pour 370 millions d'euros annuels
Pour sortir de cette impasse, une seule issue, évoquée à plusieurs reprises dans nos colonnes, paraît désormais possible : céder à Canal+ les deux affiches de L1 qu'elle souhaite, celles du samedi après-midi et du dimanche soir, pour un montant qui pourrait tourner autour de 370 millions d'euros annuels. Puis récupérer entre 150 et 200 millions d'euros supplémentaires avec le lancement d'une chaîne éditée par beIN Sports, incluant le reste des matches en direct et ceux de la chaîne cryptée en différé.
Cette nouvelle antenne serait financée par beIN Sports et Canal +. Seul souci : jusqu'ici, le diffuseur d'origine qatarienne n'a jamais voulu s'engager dans cette voie, la seule réellement viable pour la Ligue. Mais selon nos informations, il est en train d'infléchir sa position. Dans le détail, il se dit prêt à s'engager, mais en remettant au préalable les choses à plat. Lié avec la LFP sur la Ligue 2 (deux affiches par journée pour 32 millions d'euros annuels jusqu'en 2024), beIN Sports veut revoir les conditions de ce contrat. L'idée est de faire descendre ce tarif autour de 20 millions d'euros, mais avec l'engagement de retransmettre - et donc payer la production - de toutes les rencontres (aujourd'hui, huit matches de L2 n'ont pas de diffuseur après la faillite de Mediapro, car ils n'intéressent quasiment personne).
Le socle d'abonnés de beIN Sports, un avantage pour la LFP
Un débat existe aussi sur les droits internationaux de la L1, commercialisés par beIN à l'étranger, qui doit payer un minimum garanti de 75 millions d'euros par an à la Ligue. Un rabais pourrait lui être octroyé. En contrepartie, beIN Sports se lancerait, en association avec Canal+, dans la diffusion d'une chaîne dédiée au football français. Pour la LFP, l'avantage de cette solution est le socle d'abonnés de beIN Sports (autour de 2 millions) qui permettrait d'avoir des ressources immédiates tournant autour de 150 millions d'euros, dans l'attente des bonus qui interviendraient lorsqu'elle montera en puissance. Car les autres options sont bien plus risquées.
L'une d'entre elles pourrait s'appeler DAZN. Mais il faudrait que ce nouvel entrant monte en urgence une chaîne pour être prêt en quelques semaines à peine, obtienne des accords de distribution et surtout... recrute des abonnés pour payer la LFP. Une autre possibilité est que Canal+ distribue en solo une chaîne totalement dédiée au championnat de France, sans le concours financier de beIN Sports. Ou enfin que la LFP lance, contrainte et forcée, sa propre antenne avec les huit matches de L1 et les huit rencontres de L2 qui resteraient sur le carreau. Mais dans tous ces cas de figure, les recettes ne seraient pas les mêmes pour le football français.
Du côté de beIN Sports, on assure vouloir avancer vite pour boucler, si c'est possible, ce dossier. Un conseil d'administration et une assemblée générale de la LFP sont prévus vendredi. Ce qui serait le moment idéal pour annoncer, enfin, une solution aux clubs. Tous attendent de connaître le montant des droits pour la saison prochaine afin de boucler leur budget et le présenter devant la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion). Même s'ils savent très bien que les montants vont être divisés par deux par rapport aux promesses (1,2 milliard d'euros annuels) faites à l'époque où Mediapro était monté au cocotier.
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