Re: [Fil rouge]Racing Club de Strasbourg
Publié : 11 août 2010, 13:13
La direction du RCS annoncera ce mercredi en comité d’entreprise extraordinaire le départ de neuf salariés. Une décision qui précède de nouvelles coupes franches dans d’autres secteurs d’activités.
Jean-Claude Plessis a beau avoir crié haut et fort que le Racing ne licencierait personne malgré la relégation en National, la situation était devenue intenable. Penser que le club, descendu au 3 e échelon hexagonal, pouvait poursuivre sa galère avec une voilure de Ligue 1 relevait de l’utopie pure et simple. Le 30 mai (« L’Alsace » du lendemain), le président du RCS était pourtant catégorique : « La masse salariale joueurs va baisser de plus de 1,5 million pour sauver le personnel. Nous avons travaillé pour éviter les licenciements. »
Depuis, le préparateur physique Jean-Claude Thiry a été viré pour faute grave. L’entraîneur Pascal Janin a lui aussi été remercié, mais pour des raisons strictement sportives. Une procédure a également été engagée contre l’attachée de direction Valérie Bonjour, assistante de J.-C. Plessis, là aussi pour faute. Enfin, les dirigeants ont signifié au coordinateur sportif Pascal Camadini, sous contrat jusque fin août 2011, qu’ils souhaitaient son départ. Une enveloppe de 30 000 euros a aussitôt été proposée au Bastiais pour solde de tout compte. L’ancien pro l’a refusée. Les avocats des deux parties négocient actuellement pour trouver un accord amiable.
Moins de deux mois et demi après les assertions de Jean-Claude Plessis, la triste réalité financière s’apprête maintenant à rattraper le personnel. Ce mercredi, en comité d’entreprise extraordinaire, la direction annoncera neuf licenciements économiques, comme nous le laissions entendre dans notre édition du 2 juillet. Un chiffre qui ne doit rien au hasard. La notion de plan social, avec toutes les contraintes administratives afférentes, n’intervient qu’à partir de dix licenciements. « Dès qu’il y a plan social, les procédures deviennent beaucoup plus lourdes », explique un spécialiste de ce type d’affaires sur la place strasbourgeoise. « Les dirigeants du Racing se sont arrêtés à neuf pour ne pas se compliquer inutilement la tâche. »
Specht et Wendling révoqués à leur tour ?
A priori, les noms ne seront pas dévoilés demain (1). Mais depuis la convocation de ce CE extraordinaire, son ordre du jour, dans lequel cette charrette est évoquée noir sur blanc, s’est propagé comme une traînée de poudre dans les locaux de la Meinau. « C’est chaud », témoigne un salarié, chacun se demandant s’il sera invité à monter sur l’échafaud.
De fait, si l’identité des sacrifiés sur l’autel budgétaire - dans le respect des conventions collectives - n’est pas communiquée ce mercredi, l’angoissante attente des employés se prolongera de quelques jours, le temps pour les lettres de licenciement de parvenir à leurs destinataires. Ces départs massifs constituent naturellement une première dans l’histoire du club et sont la conséquence directe et fâcheuse de l’inédite relégation au 3 e niveau national.
Sous le contrôle du président délégué Christophe Cornelie, chevalier blanc des finances, le RCS a ainsi entrepris de resserrer les boulons dans tous les domaines. Petit à petit, les actionnaires londoniens, qui maîtrisent déjà à peu près tout, étendent leur champ d’action. Le conseil d’administration réuni mercredi dernier a convoqué une nouvelle assemblée générale le 30 août. Après la révocation de Dominique Pignatelli le 30 juin, les deux derniers administrateurs alsaciens, Léonard Specht (représentant de Robert Lohr qui a tout de même injecté 2,6 millions d’euros dans le club et détient 20 % de la société anonyme sportive professionnelle) et Thierry Wendling (actionnaire à 1,06 % de la holding de tutelle EuroRacing), seront selon toute vraisemblance à leur tour évincés. Seront-ils remplacés par des hommes du duo Hilali - Fontenla ? Difficile à dire pour l’instant.
Cette fin août s’annonce donc extrêmement compliquée, y compris pour le groupe sportif. Alors que huit joueurs attendent toujours l’homologation de leur contrat, certains pourraient bien se retrouver le bec dans l’eau si le RCS n’enregistre aucun nouveau départ et n’allège sa masse salariale, condition sine qua non à leur engagement définitif.
Au-delà du 31 août, date de fermeture du marché des transferts, les Bleus dont les baux n’auraient pas été validés par la Ligue de Football Professionnel ne pourraient être conservés. La liste des chômeurs du Racing s’allongerait encore.
Stéphane Godin
(1) Pascal Camadini, au club en contrat à durée déterminée, n’en fait pas partie.
Jean-Claude Plessis a beau avoir crié haut et fort que le Racing ne licencierait personne malgré la relégation en National, la situation était devenue intenable. Penser que le club, descendu au 3 e échelon hexagonal, pouvait poursuivre sa galère avec une voilure de Ligue 1 relevait de l’utopie pure et simple. Le 30 mai (« L’Alsace » du lendemain), le président du RCS était pourtant catégorique : « La masse salariale joueurs va baisser de plus de 1,5 million pour sauver le personnel. Nous avons travaillé pour éviter les licenciements. »
Depuis, le préparateur physique Jean-Claude Thiry a été viré pour faute grave. L’entraîneur Pascal Janin a lui aussi été remercié, mais pour des raisons strictement sportives. Une procédure a également été engagée contre l’attachée de direction Valérie Bonjour, assistante de J.-C. Plessis, là aussi pour faute. Enfin, les dirigeants ont signifié au coordinateur sportif Pascal Camadini, sous contrat jusque fin août 2011, qu’ils souhaitaient son départ. Une enveloppe de 30 000 euros a aussitôt été proposée au Bastiais pour solde de tout compte. L’ancien pro l’a refusée. Les avocats des deux parties négocient actuellement pour trouver un accord amiable.
Moins de deux mois et demi après les assertions de Jean-Claude Plessis, la triste réalité financière s’apprête maintenant à rattraper le personnel. Ce mercredi, en comité d’entreprise extraordinaire, la direction annoncera neuf licenciements économiques, comme nous le laissions entendre dans notre édition du 2 juillet. Un chiffre qui ne doit rien au hasard. La notion de plan social, avec toutes les contraintes administratives afférentes, n’intervient qu’à partir de dix licenciements. « Dès qu’il y a plan social, les procédures deviennent beaucoup plus lourdes », explique un spécialiste de ce type d’affaires sur la place strasbourgeoise. « Les dirigeants du Racing se sont arrêtés à neuf pour ne pas se compliquer inutilement la tâche. »
Specht et Wendling révoqués à leur tour ?
A priori, les noms ne seront pas dévoilés demain (1). Mais depuis la convocation de ce CE extraordinaire, son ordre du jour, dans lequel cette charrette est évoquée noir sur blanc, s’est propagé comme une traînée de poudre dans les locaux de la Meinau. « C’est chaud », témoigne un salarié, chacun se demandant s’il sera invité à monter sur l’échafaud.
De fait, si l’identité des sacrifiés sur l’autel budgétaire - dans le respect des conventions collectives - n’est pas communiquée ce mercredi, l’angoissante attente des employés se prolongera de quelques jours, le temps pour les lettres de licenciement de parvenir à leurs destinataires. Ces départs massifs constituent naturellement une première dans l’histoire du club et sont la conséquence directe et fâcheuse de l’inédite relégation au 3 e niveau national.
Sous le contrôle du président délégué Christophe Cornelie, chevalier blanc des finances, le RCS a ainsi entrepris de resserrer les boulons dans tous les domaines. Petit à petit, les actionnaires londoniens, qui maîtrisent déjà à peu près tout, étendent leur champ d’action. Le conseil d’administration réuni mercredi dernier a convoqué une nouvelle assemblée générale le 30 août. Après la révocation de Dominique Pignatelli le 30 juin, les deux derniers administrateurs alsaciens, Léonard Specht (représentant de Robert Lohr qui a tout de même injecté 2,6 millions d’euros dans le club et détient 20 % de la société anonyme sportive professionnelle) et Thierry Wendling (actionnaire à 1,06 % de la holding de tutelle EuroRacing), seront selon toute vraisemblance à leur tour évincés. Seront-ils remplacés par des hommes du duo Hilali - Fontenla ? Difficile à dire pour l’instant.
Cette fin août s’annonce donc extrêmement compliquée, y compris pour le groupe sportif. Alors que huit joueurs attendent toujours l’homologation de leur contrat, certains pourraient bien se retrouver le bec dans l’eau si le RCS n’enregistre aucun nouveau départ et n’allège sa masse salariale, condition sine qua non à leur engagement définitif.
Au-delà du 31 août, date de fermeture du marché des transferts, les Bleus dont les baux n’auraient pas été validés par la Ligue de Football Professionnel ne pourraient être conservés. La liste des chômeurs du Racing s’allongerait encore.
Stéphane Godin
(1) Pascal Camadini, au club en contrat à durée déterminée, n’en fait pas partie.