Re: RL du 5/6 : FC Metz : l’hypothèse Sergio Conceição
Publié : 06 juin 2015, 11:42
J'avoue que je suis perplexe sur l'état de notre football au club, ce qui d'ailleurs se concentre beaucoup sur les questions légitimes qu'on peut se poser sur Cartier, le technicien. Je ne mets en aucune façon son engagement pour le club, par ailleurs.
Ici, je prends le pari d ela synthèse : il y a évidemment plein d'exceptions qui doivent nuancer mes affirmations trop rapides.
Moi qui suis ça de plus en plus loin, je ne serais pas contre qu'Albert aille au bout de son contrat. Il y a plusieurs arguments pour, malgré cette saison ratée et particulièrement décevante (voire déprimante), selon moi. Il y a notamment la parole donnée à un homme qui n'a pas toujours démérité, son passé récent assez convaincant en L2, son incontestable engagement dans le club.
Mais plus globalement, la question centrale pour moi est celle de notre identité de jeu. Cartier ou pas, c'est secondaire par rapport à cette question : quelle doit être notre identité de jeu ?
Depuis que je suis le club avec un minimum de compréhension tactique, je suis frappé de la continuité de notre jeu depuis les années 2000, "un label FC Metz" : une grosse densité athlétique à la récupération, des défenseurs rugueux, parfois un jeu court et rapide en triangle au milieu mais plus souvent un jeu mi-long favorisant la recherche de vitesse et souvent un buteur qui termine des actions reposant essentiellement sur des qualités de vitesse et de percussion.
Les saisons de L2 de Taddéo ou de Cartier en sont quasi des stéréotypes.
On ne peut pas dire que le FC Metz joue mal. Simplement son jeu repose sur une explosivité dès la récupération, par un jeu direct, dans les espaces et souvent avec pas mal de déchets, inhérents à la recherche de vitesse et la mi-longueur des passes.
Comme si l'équipe jouait par a-coup, le coeur de son organisation étant la récupération, en général haute.
Dans ce choix "identitaire", il y a très peu de place pour la conservation, ce qui nécessite un profil de joueurs sans doute moins athlétiques, plus manieurs de ballons et, plus globalement un jeu plus posé, moins directement porté par l'avant.
Notre jeu de "récupération" oriente un certain choix de joueurs : de robustes récupérateurs devant une défense où la charnière est en général composée d'au moins un "boucher" ; des relayeurs qui percutent au pressing et qui portent peu le ballon, cherchant à occuper vite les espaces par des passes mi-longues ; des joueurs offensives plutôt rapides qui prennent l'espace dans un jeu de percussion où c'est la vitesse plus que la virtuosité technique qui permet de faire la différence.
D'où cette impression d'un bloc qui monte ensemble et occupe le terrain adverse. Comme si on parvenait plus à marquer par ce rouleau compresseur avançant collectivement que par une véritable maîtrise technique. Un peu comme au rugby où l'équipe qui attaque est celle qui avance, qu'elle ait ou non le ballon.
Alors certes on trouvera beaucoup d'exceptions individuelles ou collectives à ce profilage trop rapidement esquissé mais cela me semble tout de même dessiner une constante, une identité.
Cette identité oriente notre recrutement.
Celui du coach d'abord. On cherche plus des besogneux, des rugueux, emprunts du discours défendable de l'humilité, du travail, de l'homogénéité collective et des vérités athlétiques. Ce sont tous des meneurs d'homme (en profil) avant d'être des techniciens. A la limite, plus des éducateurs que des entraîneurs, si on pousse le bouchon. La liste est impressionnante dans ce registre et on ne peut être que frappé de l'absence d'un technicien, d'un esthète du jeu, à part peut-être ... Gilbert Gress.
Celui des joueurs. On recherche d'abord des profils conciliables avec ce projet de jeu. D'abord de bons gars, puis des travailleurs. Enfin des rugueux. Avec le paradoxe de cette saison de quand même tenter un (petit) peu autre chose : un Krivets, c'est comme le signe d'une aspiration à autre chose, ou du moins, le sentiment diffus que l'identité ne suffit pas ou plus. D'ailleurs n'est-ce pas l'une des causes de notre déroute : une espèce de sentiment coupable qui a abouti à construire l'effectif dans un "ni-ni" qui a scindé le vestiaire entre ceux qui entraient dans les plans et les autres, ceux qui dépassaient de la tête, ceux qui étaient du cheptel et les autres ?
Celui de la formation. Nos jeunes ne sont pas sans talent et il serait sans doute trop simpliste de les réduire à cette morphologie du joueur besogneux. Las ! Ceux qui dénotent partent vite car ce sont les meilleurs. Il reste un type de joueur, dans cette culture de jeu et les difficultés d'un Saar, sont peut-être celles d'un joueur dont on ne sait curieusement pas quoi faire ?
Reste à se poser les bonnes questions aujourd'hui : cette identité peut-elle nous permettre de remonter dans l'élite ?
Je ne parle pas de jouer le titre bien sûr (ça n'a été que rarement pour nous) mais de trouver une place durable, sur un cycle de 3 à 5 ans, en L1, ce qui redonnerait un peu d'aisance économique, un peu d'enthousiasme autour du club et de bonifier le vivier de notre formation.
La bonne question me semble être : pouvons-nous en être avec notre identité de jeu ?
Ce jeu, très défensif au final, est-il celui qui va nous permettre de capitaliser les ressources, réelles, de ce club ?
On le voit, et c'est tant mieux, je pense que notre crise existentielle reste celle du football, au delà des questions économiques où grosso modo nous tirons notre épingle du jeu, au delà des structures qui me semblent globalement satisfaisantes et même des limites de nos réseaux, etc ...
La question est celle du foot et du foot avant tout : notre label de jeu de pressing, cette orientation athlétique et plutôt défensive de l'organisation, peut-elle aujourd'hui suffire ?
A remonter en L1, pourquoi pas ?
Mais au-delà ?
Cette déroute est une chance historique.
Nous revenons de loin. cette saison a montré qu'économiquement le club n'est pas si loin des autres clubs moyens de l'élite.
Elle doit surtout nous amener à réfléchir à ce que nous voulons être. Et c'est de football dont je parle.
Je suis frappé du côté dépressif qui règne dans et autour du club. Comme si nous savions tous qu'au delà des valeurs très estimables que nous portons, footballistiquement, d'un point de vue extérieur, le FC Metz est un club "moche" au niveau du jeu.
Entre nous, les victoires retentissantes des dernières saisons sous Taddéo et Cartier ne nous masquaient-elles pas que dans le fond, le FC Metz ne jouait pas vraiment bien ?
Alors garder Cartier ou pas, à la limite, ce n'est pas la vraie question.
On peut parfaitement accepter qu'Albert assure une saison ambitieuse en termes de résultats en L2 (il semble savoir le faire) si cette saison est une saison de transition, qu'elle permet de préparer l'après-Cartier avec un autre projet de JEU.
On peut aussi trouver aujourd'hui notre "Bielsa", celui qui va mener la grande révolution et qui ne se fera pas sans un projet à moyen terme.
Et une grande prise de "risque".
Reste qu'il faudrait voir si cette révolution est même envisageable structurellement, en l'état.
L'orientation actuelle est finalement la plus facile.
C'est celle qui permet à un président qui ne semble pas engagé dans le jeu de football (sauf erreur, je n'ai jamais rien lu sur ses préférences footballistiques) à pacifier le club (ce qui n'est pas rien) : ce jeu de "pousse-ballon" est le plus "sûr" pour assurer la continuité d'un club qui ronronne en Ligue 1,5. Pas de vague et un business plan bof mais sûr : je vends les pépites et je recrute malin. Aucun risque sur des joueurs plus "créatifs" et donc plus difficiles à gérer, plus chers à prendre et plus incertains en termes de rentabilité.
Le choix d'un "monsieur catalogue" à la D'onofrio est aussi symptomatique. Quand tu prends un agent de joueurs comme directeur sportif (masqué), tu ne peux pas t'attendre à ce que le mec travaille dans une vision purement technique du recrutement. Tout honnête qu'il pourrait être, son approche des joueurs est forcément biaisée par ses intérêts, ses réseaux, ses orientations de travail. Ce n'est pas honteux voire même très utile mais est-ce conforme à la constitution d'un vrai projet SPORTIF ? On a plus recruté des bons plans au coup par coup que recruté sur la base d'un projet : on cherche à combler des "manques" plus que satisfaire des "besoins".
En l'état, il m'importe peu de connaître le nom de l'obscur technicien de Ligue belge qui pourrait venir ou ceux, certainement exotiques (et donc pour moi, inconnus), des joueurs qui vont porter la version Nike.0 de notre maillot.
J'aimerais juste savoir : pour quoi faire ?
Faire une énième saison sur le mode : "on comble nos manques et après on voit" ?
Ou proposer quelque chose d'autre, au même prix, mais qui pourrait permettre de passer l'éponge sur les déboires de cette saison, impulser un nouvel espoir, une nouvelle joie "FC Metz" ?
Je vois dans le choix d'un directeur sportive un premier signe de cette volonté de changer. L'entraîneur bose par principe à 1 ou 2 ans. Il faut un relais pour porter une identité technique, une vision et un temps plus long.
Le recrutement d'un technicien "extérieur" pourrait être un second signe. Nous avons trop marmitonnés dans les vieux pots : Muller en DS, Cartier ... De vrais serviteurs du club mais un FC metz peut-être aujourd'hui techniquement dépassé ?
Merci de votre attention.
Ici, je prends le pari d ela synthèse : il y a évidemment plein d'exceptions qui doivent nuancer mes affirmations trop rapides.
Moi qui suis ça de plus en plus loin, je ne serais pas contre qu'Albert aille au bout de son contrat. Il y a plusieurs arguments pour, malgré cette saison ratée et particulièrement décevante (voire déprimante), selon moi. Il y a notamment la parole donnée à un homme qui n'a pas toujours démérité, son passé récent assez convaincant en L2, son incontestable engagement dans le club.
Mais plus globalement, la question centrale pour moi est celle de notre identité de jeu. Cartier ou pas, c'est secondaire par rapport à cette question : quelle doit être notre identité de jeu ?
Depuis que je suis le club avec un minimum de compréhension tactique, je suis frappé de la continuité de notre jeu depuis les années 2000, "un label FC Metz" : une grosse densité athlétique à la récupération, des défenseurs rugueux, parfois un jeu court et rapide en triangle au milieu mais plus souvent un jeu mi-long favorisant la recherche de vitesse et souvent un buteur qui termine des actions reposant essentiellement sur des qualités de vitesse et de percussion.
Les saisons de L2 de Taddéo ou de Cartier en sont quasi des stéréotypes.
On ne peut pas dire que le FC Metz joue mal. Simplement son jeu repose sur une explosivité dès la récupération, par un jeu direct, dans les espaces et souvent avec pas mal de déchets, inhérents à la recherche de vitesse et la mi-longueur des passes.
Comme si l'équipe jouait par a-coup, le coeur de son organisation étant la récupération, en général haute.
Dans ce choix "identitaire", il y a très peu de place pour la conservation, ce qui nécessite un profil de joueurs sans doute moins athlétiques, plus manieurs de ballons et, plus globalement un jeu plus posé, moins directement porté par l'avant.
Notre jeu de "récupération" oriente un certain choix de joueurs : de robustes récupérateurs devant une défense où la charnière est en général composée d'au moins un "boucher" ; des relayeurs qui percutent au pressing et qui portent peu le ballon, cherchant à occuper vite les espaces par des passes mi-longues ; des joueurs offensives plutôt rapides qui prennent l'espace dans un jeu de percussion où c'est la vitesse plus que la virtuosité technique qui permet de faire la différence.
D'où cette impression d'un bloc qui monte ensemble et occupe le terrain adverse. Comme si on parvenait plus à marquer par ce rouleau compresseur avançant collectivement que par une véritable maîtrise technique. Un peu comme au rugby où l'équipe qui attaque est celle qui avance, qu'elle ait ou non le ballon.
Alors certes on trouvera beaucoup d'exceptions individuelles ou collectives à ce profilage trop rapidement esquissé mais cela me semble tout de même dessiner une constante, une identité.
Cette identité oriente notre recrutement.
Celui du coach d'abord. On cherche plus des besogneux, des rugueux, emprunts du discours défendable de l'humilité, du travail, de l'homogénéité collective et des vérités athlétiques. Ce sont tous des meneurs d'homme (en profil) avant d'être des techniciens. A la limite, plus des éducateurs que des entraîneurs, si on pousse le bouchon. La liste est impressionnante dans ce registre et on ne peut être que frappé de l'absence d'un technicien, d'un esthète du jeu, à part peut-être ... Gilbert Gress.
Celui des joueurs. On recherche d'abord des profils conciliables avec ce projet de jeu. D'abord de bons gars, puis des travailleurs. Enfin des rugueux. Avec le paradoxe de cette saison de quand même tenter un (petit) peu autre chose : un Krivets, c'est comme le signe d'une aspiration à autre chose, ou du moins, le sentiment diffus que l'identité ne suffit pas ou plus. D'ailleurs n'est-ce pas l'une des causes de notre déroute : une espèce de sentiment coupable qui a abouti à construire l'effectif dans un "ni-ni" qui a scindé le vestiaire entre ceux qui entraient dans les plans et les autres, ceux qui dépassaient de la tête, ceux qui étaient du cheptel et les autres ?
Celui de la formation. Nos jeunes ne sont pas sans talent et il serait sans doute trop simpliste de les réduire à cette morphologie du joueur besogneux. Las ! Ceux qui dénotent partent vite car ce sont les meilleurs. Il reste un type de joueur, dans cette culture de jeu et les difficultés d'un Saar, sont peut-être celles d'un joueur dont on ne sait curieusement pas quoi faire ?
Reste à se poser les bonnes questions aujourd'hui : cette identité peut-elle nous permettre de remonter dans l'élite ?
Je ne parle pas de jouer le titre bien sûr (ça n'a été que rarement pour nous) mais de trouver une place durable, sur un cycle de 3 à 5 ans, en L1, ce qui redonnerait un peu d'aisance économique, un peu d'enthousiasme autour du club et de bonifier le vivier de notre formation.
La bonne question me semble être : pouvons-nous en être avec notre identité de jeu ?
Ce jeu, très défensif au final, est-il celui qui va nous permettre de capitaliser les ressources, réelles, de ce club ?
On le voit, et c'est tant mieux, je pense que notre crise existentielle reste celle du football, au delà des questions économiques où grosso modo nous tirons notre épingle du jeu, au delà des structures qui me semblent globalement satisfaisantes et même des limites de nos réseaux, etc ...
La question est celle du foot et du foot avant tout : notre label de jeu de pressing, cette orientation athlétique et plutôt défensive de l'organisation, peut-elle aujourd'hui suffire ?
A remonter en L1, pourquoi pas ?
Mais au-delà ?
Cette déroute est une chance historique.
Nous revenons de loin. cette saison a montré qu'économiquement le club n'est pas si loin des autres clubs moyens de l'élite.
Elle doit surtout nous amener à réfléchir à ce que nous voulons être. Et c'est de football dont je parle.
Je suis frappé du côté dépressif qui règne dans et autour du club. Comme si nous savions tous qu'au delà des valeurs très estimables que nous portons, footballistiquement, d'un point de vue extérieur, le FC Metz est un club "moche" au niveau du jeu.
Entre nous, les victoires retentissantes des dernières saisons sous Taddéo et Cartier ne nous masquaient-elles pas que dans le fond, le FC Metz ne jouait pas vraiment bien ?
Alors garder Cartier ou pas, à la limite, ce n'est pas la vraie question.
On peut parfaitement accepter qu'Albert assure une saison ambitieuse en termes de résultats en L2 (il semble savoir le faire) si cette saison est une saison de transition, qu'elle permet de préparer l'après-Cartier avec un autre projet de JEU.
On peut aussi trouver aujourd'hui notre "Bielsa", celui qui va mener la grande révolution et qui ne se fera pas sans un projet à moyen terme.
Et une grande prise de "risque".
Reste qu'il faudrait voir si cette révolution est même envisageable structurellement, en l'état.
L'orientation actuelle est finalement la plus facile.
C'est celle qui permet à un président qui ne semble pas engagé dans le jeu de football (sauf erreur, je n'ai jamais rien lu sur ses préférences footballistiques) à pacifier le club (ce qui n'est pas rien) : ce jeu de "pousse-ballon" est le plus "sûr" pour assurer la continuité d'un club qui ronronne en Ligue 1,5. Pas de vague et un business plan bof mais sûr : je vends les pépites et je recrute malin. Aucun risque sur des joueurs plus "créatifs" et donc plus difficiles à gérer, plus chers à prendre et plus incertains en termes de rentabilité.
Le choix d'un "monsieur catalogue" à la D'onofrio est aussi symptomatique. Quand tu prends un agent de joueurs comme directeur sportif (masqué), tu ne peux pas t'attendre à ce que le mec travaille dans une vision purement technique du recrutement. Tout honnête qu'il pourrait être, son approche des joueurs est forcément biaisée par ses intérêts, ses réseaux, ses orientations de travail. Ce n'est pas honteux voire même très utile mais est-ce conforme à la constitution d'un vrai projet SPORTIF ? On a plus recruté des bons plans au coup par coup que recruté sur la base d'un projet : on cherche à combler des "manques" plus que satisfaire des "besoins".
En l'état, il m'importe peu de connaître le nom de l'obscur technicien de Ligue belge qui pourrait venir ou ceux, certainement exotiques (et donc pour moi, inconnus), des joueurs qui vont porter la version Nike.0 de notre maillot.
J'aimerais juste savoir : pour quoi faire ?
Faire une énième saison sur le mode : "on comble nos manques et après on voit" ?
Ou proposer quelque chose d'autre, au même prix, mais qui pourrait permettre de passer l'éponge sur les déboires de cette saison, impulser un nouvel espoir, une nouvelle joie "FC Metz" ?
Je vois dans le choix d'un directeur sportive un premier signe de cette volonté de changer. L'entraîneur bose par principe à 1 ou 2 ans. Il faut un relais pour porter une identité technique, une vision et un temps plus long.
Le recrutement d'un technicien "extérieur" pourrait être un second signe. Nous avons trop marmitonnés dans les vieux pots : Muller en DS, Cartier ... De vrais serviteurs du club mais un FC metz peut-être aujourd'hui techniquement dépassé ?
Merci de votre attention.