R.L. 22/05: Bourgeois : la lente éclosion
Publié : 22 mai 2013, 07:33
près un nouveau début de saison décevant, l’attaquant du FC Metz a su muscler son jeu (et son je) pour enfiler la panoplie de titulaire sur le front de l’attaque messine. Retour sur l’itinéraire tortueux de Thibaut Bourgeois
ils sont un ton au-dessus. » Juin 2007. Jean-Robert Faucher, l’entraîneur des moins de seize ans du FC Metz, fraîchement sacrés champions de France, rend hommage à trois de ses joueurs clés : Joris Delle (aujourd’hui à Nice), Miralem Pjanic (AS Rome) et… Thibaut Bourgeois. Si les deux premiers ont rapidement pris leur envol, le troisième homme, lui, a régulièrement retardé le décollage.
Professionnel depuis l’âge de dix-sept ans, le natif de Metz a, depuis, traversé les saisons flanqué d’une encombrante et collante étiquette d’éternel espoir. Celle d’un garçon (trop) timide aussi. Une réserve naturelle qui détonne forcément au sein d’un univers impitoyable. Pourtant, le 19 décembre 2008, sur la pelouse de Troyes, le jeune attaquant réussi son baptême du feu en Ligue 2 en inscrivant un but dès sa première apparition chez les pros. Yvon Pouliquen fera encore appel à ses services à cinq reprises dont trois fois dès le coup d’envoi.
La saison suivante, toujours en Ligue 2, Thibaut Bourgeois ne parvient pas à confirmer les espoirs placés en lui. Ballotté du terrain au banc des remplaçants, il n’a pas la confiance de son entraîneur et l’arrivée de Sylvain Wiltord lors du mercato d’hiver lui barre encore un peu plus la route. « Se préparer à jouer et apprendre, finalement, que ce ne sera pas le cas… ce n’est évident pour personne. Dans ces moments-là, je suis un peu contrarié », confiait-il timidement dans nos colonnes en février 2010.
Et si au terme de la saison, le FC Metz, quatrième, restera finalement en rade, Thibaut Bourgeois, lui, ira chercher son petit coin de ciel bleu du côté de Toulon sous le maillot de l’équipe de France des moins de vingt ans. De quoi aborder l’exercice 2010-2011 avec le vent en poupe.
Las, l’entame de championnat des hommes de Dominique Bijotat est catastrophique et l’attaquant n’échappe pas à la critique. « C’est un joueur adroit devant le but mais son problème c’est de s’y retrouver , grinçait son entraîneur en octobre 2010. En fin de match, face à des défenseurs usés, il peut se mettre en évidence. Mais il lui manque encore de la tonicité pour débuter une rencontre. Il a du mal à évacuer la préparation. Physiquement, il fait des efforts, mais il doit encore progresser. » L’analyse est sans concession. De son côté, l’intéressé avouait un mois plus tard que « le doute s’est installé depuis le début de la saison ». Et un attaquant qui doute est un buteur qui peine à être efficace. « Je me mets beaucoup trop de pression. Je devrais faire abstraction de l’environnement, jouer plus libre, mais, sur le moment, je n’y parviens pas. »
Libéré et… buteur
Du coup, la saison suivante (2011-2012), il est invité à réviser ses gammes du côté de Martigues tout en ayant paraphé un nouveau contrat avec son club formateur. Las, une rupture des ligaments croisés du genou gauche l’empêche de se faire une place au soleil. De retour en Lorraine en juin 2012, il se blesse à nouveau lors de la préparation et rechute fin septembre. « C’est vrai qu’il a été blessé , analysait, en décembre dernier, Albert Cartier. Mais ce que je constate aujourd’hui, c’est que son rendement est nettement insuffisant. » Une charge au vitriol qui aurait pu enfoncer un peu plus le joueur. Il n’en fut rien.
Au contraire. En 2013, le public de Saint-Symphorien a découvert un nouveau joueur. Épanoui, libéré, bagarreur, physiquement au point et… buteur (5 buts en National à ce jour). « Si Metz retrouve le Thibaut Bourgeois que j’ai connu au centre de formation , promettait son ancien camarade Joris Delle en mars dernier, alors il n’y aucun souci à se faire pour la montée. »
Jean-Sébastien GALLOIS.
ils sont un ton au-dessus. » Juin 2007. Jean-Robert Faucher, l’entraîneur des moins de seize ans du FC Metz, fraîchement sacrés champions de France, rend hommage à trois de ses joueurs clés : Joris Delle (aujourd’hui à Nice), Miralem Pjanic (AS Rome) et… Thibaut Bourgeois. Si les deux premiers ont rapidement pris leur envol, le troisième homme, lui, a régulièrement retardé le décollage.
Professionnel depuis l’âge de dix-sept ans, le natif de Metz a, depuis, traversé les saisons flanqué d’une encombrante et collante étiquette d’éternel espoir. Celle d’un garçon (trop) timide aussi. Une réserve naturelle qui détonne forcément au sein d’un univers impitoyable. Pourtant, le 19 décembre 2008, sur la pelouse de Troyes, le jeune attaquant réussi son baptême du feu en Ligue 2 en inscrivant un but dès sa première apparition chez les pros. Yvon Pouliquen fera encore appel à ses services à cinq reprises dont trois fois dès le coup d’envoi.
La saison suivante, toujours en Ligue 2, Thibaut Bourgeois ne parvient pas à confirmer les espoirs placés en lui. Ballotté du terrain au banc des remplaçants, il n’a pas la confiance de son entraîneur et l’arrivée de Sylvain Wiltord lors du mercato d’hiver lui barre encore un peu plus la route. « Se préparer à jouer et apprendre, finalement, que ce ne sera pas le cas… ce n’est évident pour personne. Dans ces moments-là, je suis un peu contrarié », confiait-il timidement dans nos colonnes en février 2010.
Et si au terme de la saison, le FC Metz, quatrième, restera finalement en rade, Thibaut Bourgeois, lui, ira chercher son petit coin de ciel bleu du côté de Toulon sous le maillot de l’équipe de France des moins de vingt ans. De quoi aborder l’exercice 2010-2011 avec le vent en poupe.
Las, l’entame de championnat des hommes de Dominique Bijotat est catastrophique et l’attaquant n’échappe pas à la critique. « C’est un joueur adroit devant le but mais son problème c’est de s’y retrouver , grinçait son entraîneur en octobre 2010. En fin de match, face à des défenseurs usés, il peut se mettre en évidence. Mais il lui manque encore de la tonicité pour débuter une rencontre. Il a du mal à évacuer la préparation. Physiquement, il fait des efforts, mais il doit encore progresser. » L’analyse est sans concession. De son côté, l’intéressé avouait un mois plus tard que « le doute s’est installé depuis le début de la saison ». Et un attaquant qui doute est un buteur qui peine à être efficace. « Je me mets beaucoup trop de pression. Je devrais faire abstraction de l’environnement, jouer plus libre, mais, sur le moment, je n’y parviens pas. »
Libéré et… buteur
Du coup, la saison suivante (2011-2012), il est invité à réviser ses gammes du côté de Martigues tout en ayant paraphé un nouveau contrat avec son club formateur. Las, une rupture des ligaments croisés du genou gauche l’empêche de se faire une place au soleil. De retour en Lorraine en juin 2012, il se blesse à nouveau lors de la préparation et rechute fin septembre. « C’est vrai qu’il a été blessé , analysait, en décembre dernier, Albert Cartier. Mais ce que je constate aujourd’hui, c’est que son rendement est nettement insuffisant. » Une charge au vitriol qui aurait pu enfoncer un peu plus le joueur. Il n’en fut rien.
Au contraire. En 2013, le public de Saint-Symphorien a découvert un nouveau joueur. Épanoui, libéré, bagarreur, physiquement au point et… buteur (5 buts en National à ce jour). « Si Metz retrouve le Thibaut Bourgeois que j’ai connu au centre de formation , promettait son ancien camarade Joris Delle en mars dernier, alors il n’y aucun souci à se faire pour la montée. »
Jean-Sébastien GALLOIS.