Ettorre a écrit :
Comme il l'a déclaré en conférence de presse, le poste de sélectionneur national est plus exigeant (et j'ajoute son recrutement plus sélectif) que celui d'entraîneur de club, car il ne voit pas ses joueurs tous les jours de la saison. Et pour couronner le tout, LH est plus BCBG que vous-savez-qui !
Je ne vois pas en quoi le poste de sélectionneur du Luxembourg (et le fait que ce soit le Luxembourg est important) serait plus exigeant que celui d’entraîneur de club.
Luc Holtz a dirigé 132 matchs à la tête de l’équipe nationale luxembourgeoise entre 2010 et 2025, soit une moyenne de 8 à 9 matchs par an. Il n’a jamais participé à une phase finale d’Euro ou de Coupe du monde, compétitions qui permettent justement de travailler plusieurs semaines d’affilée avec un groupe.
Je ne remets absolument pas en cause le travail qu’il a réalisé au Luxembourg. Faire progresser cette sélection jusqu’à la 83e place FIFA constitue une vraie performance compte tenu de la taille du pays.
En revanche, le métier de sélectionneur est très différent de celui d’entraîneur de club. Un entraîneur de Ligue 2 doit gérer un groupe au quotidien, maintenir la motivation sur une saison de 38 matchs (et non 8 ou 9 rencontres espacées de plusieurs semaines), faire progresser individuellement ses joueurs, gérer les blessures, les méformes, les suspensions, les mercatos, les entraînements, la pression médiatique et les résultats chaque week-end. Il doit également mettre en place des automatismes et une identité de jeu à travers des séances d’entraînement quotidiennes.
Je ne dis pas que l’un est plus facile que l’autre ou inversement. Je dis simplement que ce ne sont pas les mêmes métiers. C’est comme demander à un pilote de MotoGP de prendre le départ d’une course de moto cross: il existe des points communs, mais cela reste un univers différent.
Concernant la partie recrutement, il faut aussi rappeler qu’au Luxembourg il n’existe qu’environ 361 000 personnes de nationalité luxembourgeoise. Une fois retirés les enfants, les personnes âgées et tous ceux qui ne pratiquent pas le football, le vivier devient extrêmement réduit. On ne peut donc pas vraiment parler d’un travail de détection comparable à celui effectué dans des nations plus importantes.
Enfin, je tiens à préciser que la plupart des critiques ne visent pas Luc Holtz lui-même. Il est ce qu’il est, avec son parcours, ses qualités, ses succès et ses limites. Et maintenant qu’il est là, on va le soutenir et espérer qu’il réussisse.
Ce qui interroge beaucoup de supporters et moi particulièrement. c’est davantage le choix du board. Nous sommes un club ambitieux qui vise la remontée en Ligue 1. Dans ces conditions, il me semble difficile de soutenir qu’un profil n’ayant jamais entraîné en Ligue 2, jamais connu une montée vers la Ligue 1, jamais travaillé dans un club professionnel français et disposant d’une expérience limitée en club offre davantage de garanties que des entraîneurs comme Pelissier, Pantaloni, Guion, Montanier ou Gilli, qui connaissent parfaitement le championnat, ses exigences et ses pièges.
Peut-être que ce pari sera gagnant. Je l’espère sincèrement. Mais cela reste un pari. Et après deux relégations en trois saisons, je ne suis pas certain que le FC Metz soit aujourd’hui dans une situation où il peut se permettre de miser sur un pari plutôt que sur une valeur éprouvée. Il y avait tellement d’autres choix plus sensés à faire et j’avoue en vouloir à Bernard Serin pour ça aujourd’hui.