
Diafra Sakho aimerait bien incarner Metz en Ligue 1. Photo Pascal BROCARD.
Petit, il se voyait menuisier mais c’est sur les terrains que Diafra Sakho envoie du bois aujourd’hui. Alors que la France du football le découvre, l’attaquant clame son attachement et sa fidélité à Metz.
Le soir, dans l’intimité d’un foyer qu’il partage avec son amie et une petite fille qui a révolutionné sa vie, Diafra Sakho boude le foot. Il préfère « les films ». A l’occasion, le héros très discret du FC Metz se paie aussi des toiles « tout seul », en gourmand de cinéma. Cela se sait peu. Car sa parole est rare dès lors qu’il sort d’un vestiaire où il sait parfois tempêter d’une voix autoritaire.
Cet attaquant en livre peu sur son jardin privé mais il en montre des tonnes sur un terrain. Ses coupes de cheveux colorées ? Autant d’hommages à son « idole El Hadji Diouf ». Ce bandage à la main ? Une superstition parmi d’autres. « C’est juste une envie, ça me rassure »… Et puis, il y a son jeu, cette foulée de sprinter doublée d’une caisse de fondeur, ce registre complet de buteur et cette générosité qui l’amène à endosser le costume de premier défenseur. Sans oublier le style félin et ce péché mignon : les coups de griffe à l’arbitre et les cartons. « Je râle, dit-il, mais je ne sais pas tourner autour du pot . Dire ce que je pense me soulage. » Sakho veut rester sous les « huit avertissements » cette saison. Il en a déjà cinq ; le défi sera coton.
« Je me sens bien »
Voici plusieurs mois que Saint-Symphorien et les superviseurs assistent à l’explosion de cet attaquant. Toutes compétitions confondues, le Franco-Sénégalais a compilé 23 buts et 10 passes la saison dernière. Aujourd’hui, il pointe déjà à 7 pions en 11 apparitions sur le seul front de la Ligue 2. « Je me sens bien , admet-il. Je me donne à fond pour les gens qui viennent nous supporter et pour que les jeunes me voient, qu’ils aient eux aussi cette envie. »
Derrière le regard habité d’une détermination farouche et le discours saccadé, ce jeune homme de 23 ans enfouit quelques blessures qui ont forgé sa maturité. Son prêt à Boulogne par exemple : « Quand je suis arrivé, j’étais tout seul. Personne n’était là pour moi au quotidien. » S es débuts à Metz n’avaient pas été plus roses : « Compliqués. Les gens ont pu être durs avec moi mais je n’avais pas fait mes preuves. J’étais jeune, je n’avais pas eu la chance de jouer autant que je le souhaitais… »
Il était menuisier
Quelques minutes en sa compagnie suffisent à deviner combien il ne colle pas aux canons du métier. Sakho répète à l’envi qu’il ne pensait « pas devenir footballeur ». A l’origine, il pratiquait l’athlétisme et se formait à la menuiserie. « Je sais faire plein de trucs avec mes mains et j’espère monter mon entreprise un jour au Sénégal. J’ai plein d’idées ! J’ai vécu avec une famille qui a eu beaucoup d’argent et puis qui n’avait plus rien. J’en ai peut-être souffert et ça me permet de réfléchir autrement. Je ne sais pas si je jouerai encore cinq ou six ans mais je ne veux pas flamber mon argent. Sinon ma fille n’aura plus rien. »
Son avenir sera de toute façon mosellan. Sakho voue un attachement viscéral à Metz. « Comme Jules Bocandé, j’y resterai après le foot , certifie l’intéressé. C’est la première ville que j’ai connue, celle qui m’a donné la double nationalité et c’est mon club, là où tout a commencé. »
Cet amour aiguise aussi ses projets d’avenir. Quand les sollicitations vont pleuvoir cet hiver, Sakho n’y répondra pas. « Le président aura son avis à donner , dit-il. Si je dois partir, je le ferai pour l’intérêt du club, mais je voudrais finir la saison. Déjà, q u and on est descendu en National, il n’y a que les vrais qui sont restés, qui ont fait des sacrifices. (Gianluigi) Buffon a fait pareil quand la Juve est allée en D2. Greg Proment a eu la même attention et je le respecterai toujours pour ça. Moi aussi je veux finir ma mission. »
Un rêve anachronique le chatouille: incarner son club et la fidélité, devenir le « Ryan Giggs» de Metz. « Oui, j’aimerais bien », lâche Diafra Sakho comme un cadeau de Noël aux supporters. Après tout, ce garçon est né un 24 décembre...
Christian JOUGLEUX.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : deux séances à 9h30 et 15h30. Aujourd’hui : une séance à 10 h. Demain : une séance à 15h30. Vendredi : Istres - Metz à 20 h. Samedi et dimanche : repos.
D’un match à l’autre. Dernier match : Metz - Angers (12e journée de Ligue 2), vendredi 25 octobre : 1-0. Prochain match : Istres - Metz (13e journée de Ligue 2), vendredi 1er novembre à 20 h. À suivre : Metz - Dijon (14e journée de Ligue 2), samedi 9 novembre à 14 h ; 7e tour de la Coupe de France (tirage au sort aujourd’hui), samedi 16 ou dimanche 17 novembre ; CA Bastia - Metz (15e journée de Ligue 2), vendredi 22 novembre à 20 h.
À l’infirmerie. Sylvain Marchal (cheville) est en phase de reprise. Le capitaine messin est forfait pour le déplacement à Istres, vendredi.
Suspendu. Aucun.
Buteurs. En Ligue 2 : Sakho ( 7 ) ; Lejeune ( 3 ) ; Fauvergue, Ngbakoto, Nsor ( 2 ) ; Bussmann, Choplin, Sarr ( 1 ).
L’info. Le club de Cherbourg (CFA) ayant enfin obtenu les garanties financières qu’il espérait depuis de longues semaines, le prêt de Michel Lê est désormais officiel. Le jeune défenseur messin (20 ans) défendra donc les couleurs cherbourgeoises jusqu’à la fin de la saison.
Coupe de France (7e tour) - Tirage au sort ce matin
Les clubs lorrains connaîtront aujourd’hui, le nom de leurs adversaires pour le septième tour marqué par l’entrée en lice du FC Metz et de l’ASNL.
Dix clubs lorrains, dont les deux pensionnaires de Ligue 2 (Metz et Nancy) seront en lice le week-end des 16 et 17 novembre prochains à l’occasion du septième tour de la Coupe de France dont le tirage au sort sera effectué ce matin à partir de 11h30 au siège du CNOSF à Paris. Le natif d’Amnéville et ancien défenseur du FC Metz, Patrick Battiston, sera accompagné par Marius Trésor, Faruk Hadzibegic et Jérémie Janot pour désigner les futurs adversaires des Lorrains.
Raon-l’Étape (CFA), qui s’était porté candidat pour affronter un club d’outre-mer (dont le tirage a eu lieu hier après-midi), a finalement été reversé dans l’un des groupes géographiques (désignés aujourd’hui) du tirage national ce mercredi.
Petit Poucet régional, l’ES Jœuf (PH), qui n’avait plus atteint ce stade de la compétition depuis dix-sept ans, espère sans doute affronter un "gros" à domicile. Amnéville (CFA 2), spécialiste de l’épreuve, est l’un des trois clubs amateurs mosellans concernés avec Magny et Veymerange qui évoluent en DH. Tous ont la possibilité de défier le FC Metz ou l’ASNL...