
Kévin Lejeune, l’homme aux six passes décisives, est un spécialiste du coup de pied arrêté à Metz. Photo Anthony PICORÉ
Le FC Metz s’est découvert une arme fatale cette saison : les coups de pied arrêtés. Dix buts sur vingt-cinq ont déjà été inscrit sur ces phases de jeu. A la bonne heure : les joueurs travaillent justement pour ça.
A l’arrêt, le FC Metz reste un dangereux client. Extrêmement vulnérable sur les coups francs et corners de ses adversaires la saison passée, le club grenat a inversé la tendance cette année pour convertir ce point faible en arme fatale. Les statistiques le disent aussi : les hommes d’Albert Cartier ont déjà inscrit 10 de leurs 25 buts en Ligue 2 sur ces phases arrêtées. A l’origine et dans le détail : 4 corners, 2 penaltys et 4 coups francs.
Pour être efficace dans ce domaine, il faut d’abord des récepteurs à la hauteur des émetteurs. Avec Lejeune et Ngbakoto, Metz tient des pieds adroits et d’excellents pourvoyeurs de passes. Désormais, il dispose aussi des profils pour conclure. « Nous avions moins de taille l’an dernier mais on a récupéré Fauvergue, Choplin, Marchal puis Nsor , dit l’entraîneur-adjoint José Jeunechamps. Dans le football moderne, le gabarit est très important et notre équilibre est meilleur aujourd’hui. » Ne pas oublier Sakho. L’attaquant est moins grand mais son timing et sa qualité de tête ont souvent fait mouche dans l’exercice.
« Une petite dizaine de combinaisons »
Evidemment, l’affaire est travaillée. A l’entraînement, les Messins œuvrent sur « une petite dizaine de combinaisons », estime Lejeune. « Quatre ou cinq au départ, avec des variantes , précise Jeunechamps. On travaille sur une phase analytique, sur une forme de match plus globale ou spécifiquement sur l’adversaire, mais on reste toujours dans la simplicité. On essaie d’effectuer peu de changements. »
Avant chaque match, les frappeurs sont désignés par Albert Cartier, au moment de la causerie. Charge à eux de s’accorder dans le feu de l’action. « Je m’y colle en général sur les corners et les coups francs à droite , poursuit le gaucher Lejeune. De temps en temps, on inverse selon l’emplacement, le feeling ou nos discussions. C’est ça notre philosophie : être d’accord entre nous et croire en ce qu’on fait. »
Le modèle de coup de pied arrêté cette saison renvoie vers Nîmes (2-2), le 13 septembre, et ce régal de combinaison en triangle de Sarr, Lejeune et du buteur Ngbakoto (12e minute). « Il y a tout , savoure l’entraîneur-adjoint. La passe à côté du mur, l’appel au premier poteau, le ballon qui repasse derrière le mur et le but à l’arrivée. On venait de travailler cette combinaison et elle avait marché tout de suite. D’un côté, c’est excellent pour la confiance et, de l’autre, cela valorisait tout notre travail. »
Selon ces deux témoins, des tireurs méconnus sommeillent dans l’effectif. « Il parait qu’Ahmed Kashi les frappe très bien mais ce n’est qu’une rumeur », sourit Lejeune. « Moi, je suis en pleine réflexion avec Romain Métanire , conclut Jeunechamps. Il a une telle qualité de centre à l’entraînement ! S’il gérait mieux ses émotions, on pourrait l’apprécier en match et je suis certain qu’il pourrait tirer d’excellents corners. En fait, il est essentiel qu’un joueur sente bien le coup. Ngbakoto a cette assurance par exemple. Et quand on a un pied comme celui de Lejeune, il serait dommage de s’en priver. »
Christian JOUGLEUX.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement en matinée. Aujourd’hui : repos. Demain : une séance à 15h. Samedi : une séance à 10h. Dimanche : une séance à 15h.
D’un match à l’autre. Dernier match : CA Bastia - Metz (15e journée de Ligue 2), vendredi 22 novembre : 0-2. Prochain match : Metz - Auxerre (16e journée de Ligue 2), lundi 2 décembre à 20h30. À suivre : Créteil - Metz (8e tour de la Coupe de France), lundi 9 décembre à 20h30 ; Tours - Metz (17e journée de Ligue 2), vendredi 13 décembre à 20h ; Metz - Troyes (18e journée de Ligue 2), samedi 21 décembre à 14h.
À l’infirmerie. Coup terrible pour Thibaut Bourgeois. La saison du milieu offensif messin a officiellement pris fin hier. Le malheureux s’est blessé au genou gauche hier, à l’entraînement, et souffre d’une rupture des ligaments croisés. Le tarif habituel pour ce genre de blessure : six mois. L’intéressé le connaît déjà d’ailleurs : il s’était occasionné le même mal au genou droit lors de la saison 2011-2012. Nicolas Fauvergue (cheville), lui, a repris l’entraînement normalement hier.
Suspendu. Aucun.