RL 01/10
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Metz : le rêve de Léo se réalise
Marina D’Amico et Geneviève de Fontenay, les bonnes fées de Léo, joyeux, sous le regard de Valérie, sa mère. Photo Maury GOLINI
Léo a 8 ans et les yeux rieurs. Depuis le banc de touche, il regarde les joueurs du FC Metz qui s’entraînent. Rien ne montre que Léo est handicapé, gravement. Un accident de la circulation, à 3 ans, a abîmé sa moelle épinière. La partie gauche de son corps se développe moins vite. Cela n’empêche pas Léo de s’agiter en tous sens.
« Il peut vite se fatiguer, raconte Valérie, sa mère. Les matins d’école, je le réveille le plus tard possible. Mais, aujourd’hui, il était debout à 6 h, impatient. Je ne pense pas qu’il fatiguera de toute la matinée. »
Léo a enfin la chance de rencontrer des joueurs du FC Metz. C’est un rêve pour le petit garçon qui désire être footballeur et jouait gardien dans son ancien club – pour qu’il n’ait pas trop de déplacements.
« Quand je suis allé dans l’école de Léo et que j’ai parlé de foot, j’ai vu ses yeux, comme deux petites billes, s’illuminer » : Philippe Fangille est responsable de la communication pour l’association 1, 2, 3… Soleil ! Le but de cette dernière est de réaliser les rêves des enfants malades, grâce aux soutiens financiers collectés.
Philippe Fangille a mis Léo sur la liste, avec un bonus. L’association a décidé de produire une émission de télé autour de son action. Depuis plusieurs jours, Léo et sa famille sont suivis par des caméras. La diffusion est prévue au printemps. Le 3 décembre, Léo devrait donner le coup d’envoi du match entre le FC Metz et les Girondins de Bordeaux.
Geneviève de Fontenay, la marraine habituelle d’ 1, 2, 3… Soleil ! , a donc mis les pieds, hier, sur le bord du terrain d’entraînement du FC Metz. La vision n’est pas si habituelle pour les supporters qui assistaient à la séance du jour. La chanteuse Marina D’Amico, autre marraine, a ajouté un peu plus d’émotion. Voir les deux femmes, chacune dans un genre très particulier, se prêter au jeu des photos avec les joueurs en train de s’entraîner comme à l’habitude avait quelque chose de décalé.
Léo discute amicalement avec la chanteuse qui lui a amené son disque. Puis il repart jouer avec son ballon en attendant la fin de l’entraînement. « Nous sommes un petit peu sur un nuage, ce qui arrive à Léo est extraordinaire », souffle Olivier, son père, un habitant de Semécourt.
Il y a cinq ans, il conduisait quand il s’est endormi au volant, après avoir travaillé de nuit. Il avait emmené sa femme au boulot. L’accident a beau avoir lieu à faible vitesse, Léo et lui sont tous deux gravement blessés.
Le garçon reste paralysé des quatre membres pendant cinq jours. Il recouvre l’usage de ses bras. Mais il lui faudra un an de rééducation pour pouvoir marcher à nouveau. Son côté gauche a une vie végétative. Son handicap nécessite le port d’orthèses.
Valérie, sa mère, a arrêté de travailler pour s’occuper de lui. Elle évoque les difficultés qu’il a fallu traverser pour en arriver à ce petit bonhomme qui joue au foot avec agilité. « Maintenant, j’ai accepté son handicap », avoue Valérie. Elle tremble toujours, Léo doit être régulièrement surveillé. Il est aujourd’hui difficile de dire quelle sera sa vie. Mais pour quelques heures, elle ressemble à un vrai rêve de gosse.
Ju. B.