
Modibo Maïga attend son heure avec philosophie. L’essentiel, pour lui, est de retrouver le buteur qui sévissait au Mans puis à Sochaux. Photo Pascal BROCARD
L’attaquant prêté par West Ham joue peu mais ne désespère pas de retrouver son niveau avec le FC Metz. Sans s’attarder sur un parcours chahuté et sans verser dans la complainte. Ainsi pense Modibo Maïga.
L’entretien fut pudique mais éclairant, dense et, dixit l’intéressé, « tranquille ». A la sortie, ce constat : Modibo Maïga ne se plaint pas. Au contraire. Au détour de chaque confession, l’attaquant prend soin d’enfouir son mauvais souvenir sous un paillasson. L’idée n’est pas de s’y essuyer les crampons mais de garder la tête haute et les yeux rivés sur une porte d’espoir. Il se plaît d’ailleurs à croire qu’Albert Cartier possède la clef : « J’aurais pu aller ailleurs cet été, explique le Malien , mais je savais que je travaillerais bien avec ce coach. »
« Content » pour Falcon
Ce prêt au FC Metz doit justement permettre à l’ancien crack de L1 de « retrouver le niveau ». « J’attends le déclic pour démarrer vraiment, une fois pour toutes , insiste-t-il. Je joue peu en ce moment, mais c’est normal. Il y a quelqu’un à ma place (Falcon) et il est performant. Je suis vraiment content, parce que ça n’a pas été facile pour lui, non plus. Peut-être que mon arrivée l’a poussé… En tout cas, tu ne peux pas enlever quelqu’un qui donne autant au club. »
Ce discours éreinte la théorie du joueur à problèmes. Elle lui colle au maillot, depuis Sochaux, quand Newcastle avait souhaité l’attirer (2012). « Les gens n’ont pas compris la réalité des choses, dit-il, tranquille. J’ai tout donné à Sochaux, j’ai respecté tout le monde, mais quand je suis allé voir le président (Alexandre Lacombe) pour mon départ, il m’a très mal répondu. C’était la première fois qu’on se parlait vraiment et il m’a traité comme un chien. Ce n’était pas juste. Je suis quelqu’un de gentil, discipliné au travail, mais si on me cherche, on me trouve. »
Maïga a finalement traversé la Manche en 2012, direction West Ham. Là-bas, « il a été abandonné pendant deux ans », a lâché Cartier dans France Football. L’attaquant l’admet du bout des lèvres : « Le coach avait un meilleur feeling avec d’autres joueurs. Il y avait beaucoup de concurrence et son système ne me convenait pas. On dégageait de longs ballons sur moi pour que je les dévie vers les autres, alors que préfère utiliser ma tête pour marquer. Je n’étais pas épanoui. »
Encore une confidence égrenée sans rancœur ni résignation. Il en est ainsi pour chaque destination. West Ham donc : « Un club magnifique avec u n coach cool. » Sochaux ? « Je garde le souvenir de bons moments qui m’ont permis de m’envoler, même si je ne suis pas allé aussi haut que je voulais. » Et Metz ? « J’ai adoré les supporters, cette ambiance qui te pousse. Et si ma meilleure saison, c’était celle-là ? Il ne faut pas s’inquiéter pour moi. Je travaille pour ça. »
« Atteindre un rêve »
Pour cerner cette personnalité positive, il faut finalement retenir un principe simple : « Si tu veux atteindre un rêve, il faut surmonter des épreuves. Elles te motivent. » Maïga parle en connaisseur, mais convoque une généralité plutôt que son cas personnel. « Les footballeurs africains ont rarement des vies faciles, remarque le natif de Bamako (27 ans). Les parents connaissent des galères, des trucs vraiment durs, mais ils travaillent pour améliorer ta situation. Alors, si tu crois que tu as une chance de changer les choses, tu donnes tout. » Sans te plaindre.
Christian JOUGLEUX.
Une sélection entre parenthèses
La famille. Modibo Maïga est né « au milieu de six frères et quatre sœurs », à Bamako. Il est le premier footballeur pro de la famille mais deux petits frères lui ont emboîté le pas. L’un est à Sochaux, le second a fréquenté Le Mans. Le Malien est aussi marié et père de deux enfants. Son fils a d’ailleurs une passion précoce pour le ballon. « Il n’a que trois ans, mais il est toujours à bloc, comme Albert Cartier, sourit le papa. Quand il sera plus grand, je l’emmènerai voir le coach. »
La sélection du Mali. Maïga a fréquenté les catégories de jeunes puis l’équipe A de la sélection du Mali. « Aujourd’hui , dit-il, je préfère mettre cette question entre parenthèses. Je dois d’abord retrouver mon meilleur niveau. »
Les tensions au pays. L’attaquant messin garde évidemment un œil sur les tensions au Mali. « C’était surtout au Nord, je n’ai pas été vraiment inquiet car ma famille était à Bamako , explique-t-il. Grâce à Dieu, cela s’est calmé un peu, même s’il y a encore trop de morts, bêtement. Mais on n’arrêtera jamais de remercier François Hollande pour son aide. »
L’ami Kévin Anin. Maïga « n’aime pas trop en parler », le souvenir est douloureux. A Sochaux, il avait croisé Kévin Anin, ce milieu de terrain passé par Nice depuis et victime d’un accident de la route en 2013 qui a brisé sa carrière… « J’espère aller le voir bientôt et il viendra me voir aussi , conclut l’attaquant messin. Kévin, c’est la famille, vraiment. »
Ch. J.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance le matin et une opposition interne l’après-midi. Aujourd’hui : une séance à 10 h. Demain : Metz - Kaiserslautern (amical) à Thionville (17 h). Samedi, dimanche : repos.
D’un match à l’autre. Dernier match : Evian TG - Metz (9e journée de Ligue 1), samedi 4 octobre : 3-0. Prochain match : Metz - Rennes (10e journée), samedi 18 octobre à 20 h. À suivre : Saint-Étienne - Metz (11e journée), dimanche 26 octobre à 17 h ; Metz - Caen (12e journée), samedi 1er novembre à 20 h.
À l’infirmerie. Kévin Lejeune (côtes), Johann Carrasso (quadriceps) et Gaëtan Bussmann (genou) ont repris normalement. Romain Métanire (ischio-jambiers) et Florent Malouda (orteil) sont ménagés et Romain Rocchi (cheville) reprend la course. Habib Diallo (pied) et Kwame Nsor (genou) restent à l’arrêt.
Suspendus. Guirane N’Daw et Romain Métanire seront suspendus pour la venue de Rennes le 18 octobre.
En sélection : Anthony Mfa (Gabon), Chris Philipps (Luxembourg), Sergueï Krivets (Biélorussie), Maxwel Cornet (France U19), Juan Falcon (Venezuela).