
Malgré son but, Modibo Maïga ne s’est pas réellement mis en évidence hier soir. Photo Julio PELAEZ
Les Messins ont inscrit trois buts, hier en amical face à Kaiserslautern. Mais ils en ont encaissé autant (3-3). Avec une équipe remaniée, les hommes d’Albert Cartier ont néanmoins pu travailler.
Privés de nombreuses forces vives, les Messins ont rendu, hier après-midi, une copie légèrement hachurée face aux Allemands de Kaiserslautern. Certes, le FC Metz a retrouvé le chemin des filets après sa sortie stérile face à Evian. Mais, comme à Annecy, les hommes d’Albert Cartier ont cédé à trois reprises. Et pourtant, à chaque fois, ils menaient au score…
Reste qu’avec une équipe remaniée dans les grandes largeurs (en raison des absences des internationaux Krivets, Falcon ou Mfa, notamment, et de joueurs ménagés tels que Malouda, Bussmann ou Métanire), Albert Cartier a pu voir à l’œuvre certains joueurs n’ayant peu ou pas joué jusqu’ici. À commencer par Jonathan Rivierez, qui sera vraisemblablement appelé à prendre la place de Romain Métanire, suspendu, dans le couloir droit face à Rennes la semaine prochaine. L’ex-Havrais s’en est d’ailleurs plutôt bien sortie face à la vivacité des attaquants allemands, même s’il n’a que très peu participé au jeu offensif.
Dans ce secteur de jeu, Federico Andrada, Mobibo Maïga et Bouna Sarr ont joué l’intégralité de la rencontre. Avec une mention particulière pour le dernier nommé, très actif sur son côté et qui n’a pas hésité à tenter sa chance. Mieux, le jeune milieu de terrain est impliqué sur les deux premiers buts de son équipe. Andrada, lui, s’est également beaucoup dépensé et a ouvert le score d’une tête rageuse sur un centre parfait de Yeni Ngbakoto (1-0, 9e ) avant d’être à l’origine de la deuxième réalisation du FC Metz signée Maïga (2-1, 18e ), le seul véritable fait d’arme du joueur prêté par West Ham. Le tout entaché d’une probable position de hors-jeu.
Manque de concentration
Entre-temps, Kaiserslautern était donc revenu à la marque grâce à une frappe puissance de Jenssen, curieusement esseulé à l’entrée de la surface de réparation (1-1, 13e ). Andrada aurait pu rapidement permettre aux siens de creuser l’écart sur un très bon pressing, mais Sippel était vigilant (24e ), alors que la frappe de l’Argentin, quelques instants plus tard, n’était pas cadrée (30e ). Finalement, les Allemands parvenaient à égaliser juste avant la pause par Jacob, au milieu d’une défense messine curieusement absente (2-2, 36e )…
À la reprise, José Palomino, souvent pris de vitesse hier soir, laissait Gaus s’échapper. Ce dernier, d’une frappe puissante, trouvait la barre d’Oberhauser (53e ). Cheick Doukouré l’imitait deux plus minutes plus tard. Mais la tentative du milieu lorrain, aligné aux côtés d’Ahmed Kashi, faisait mouche (3-2, 55e ). Le FC Metz reprenait donc l’avantage. Pas pour longtemps. Dans la foulée, Jenssen s’offrait en effet un doublé, l’arrière-garde grenat n’étant pas en place (3-3, 56e ). Un manque de concentration qui aurait pu coûter encore plus cher sans une sortie au pied d’Oberhauser dans les pieds de Gaus, qui avait, une nouvelle fois, échappé à la vigilance de Palomino (57e ).
La fin de match était un brin décousue. Bouna Sarr lançait d’abord Modibo Maïga dans la profondeur, sans que ce dernier ne parvienne à régler la mire (65e ) avant de tenter sa chance en solo (90e ). Entre-temps, Guirana N’Daw avait offert, bien involontairement, l’occasion aux Allemands d’inscrire un quatrième but, mais Stöger croisait trop son tir (77e ).
Le FC Metz est donc reparti de Thionville avec un nul dans la besace au terme d’une bonne séance de travail. Il lui reste maintenant une semaine pour parfaire les réglages avant de retrouver la Ligue 1 et Rennes à Saint-Symphorien.
METZ - KAISERSLAUTERN : 3-3 (2-2)
Stade de Guentrange (Thionville). 900 spectateurs environ. Arbitre : M. Léonard (Ligue Lorraine). Buts pour Metz : Andrada (9e ), Maïga (18e ), Doukouré (55e ) ; pour Kaiserslautern : Jenssen (13e , 56e ), Jacob (36e ). Avertissements à Metz : Rivierez (81e ) ; à Kaiserslautern : Demirbay (38e ).
METZ. Oberhauser – Rivierez, Marchal (cap, Milan, 46e ), Choplin, Palomino – Kashi, Doukouré (N’Daw, 69e ) – Sarr, Andrada, Ngbakoto (Vion, 46e ) – Maïga.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Quand Bouna Sarr fait l’unanimité

Pratiquants et techniciens ont apprécié un match enlevé, disputé dans un bon esprit. Photo Pierre HECKLER
Ils étaient venus, ils étaient tous là. Plongée dans la tribune parmi les pratiquants et les techniciens. Le spectacle a plu et Sarr convaincu.
Joël Decleir, l’homme du foot féminin à la Ligue, est ravi : « On a vu des buts, un match enlevé, des joueurs libérés. Kaiserslautern se projette vite devant, la défense messine a souvent été prise de court ». Un peu plus loin, on retrouve Jean-François Méligner et Bernard Rondot, en pleine discussion. Les deux ex-Yussois des années 80 sont d’accord : « C’est un bon match d’entraînement, le meilleur de la semaine. On a vu de très jolis buts, du jeu posé, à Metz, de la vitesse et des renversements, chez les Allemands ». « Andrada a beaucoup proposé », note Rondot. « Et Bouna Sarr, tu en penses quoi ? , interpelle Jeff. Il est vif, techniquement juste, dommage que quand il commence en championnat, il ait la pression. C’est un bon joker », complète Méligner.
Cédric Zywczyn, le milieu de terrain défensif de Thionville FC, a été séduit par la rapidité, la technicité du jeu et les cadres tactiques proposés par les deux équipes. « Evidemment, j’ai vu Bouna Sarr dans ses œuvres. Mais j’ai beaucoup observé aussi Cheick Doukouré, l’ex-Orientais, qui joue à mon poste. Ça donne des idées ».
De l’autre côté, Manu Cuccu, son entraîneur, a, lui, les yeux rivés sur le FCK. « C’est un jeu qui me plaît, rapide, avec des joueurs qui vont vers l’avant. J’ai remarqué le 11, Jenssen et le petit numéro 28 qui évoluait en pointe et qui a beaucoup bougé la défense messine, marquant même un but magnifique mais refusé ».
Maxime Coulibaly, le stoppeur du TFC, visse sa casquette, puis loue la vitesse d’accélération balle au pied de qui vous savez. En cela, il rejoint Gaby Dalvit, l’ex-coach thionvillois, habitué à commenter à la radio les rencontres du FC Metz. Dalvit tire la leçon de la soirée : « Un bel événement, un beau spectacle. Avec un total manque de rigueur défensive. Et Bouna Sarr comme homme du match ! ». Olivier Rech, l’adjoint aux Sports, était, lui aussi, ravi de sa soirée : « C’est sympathique pour les plus jeunes de pouvoir ainsi approcher les gens qui les font rêver ».
Fluide, rapide, technique, Sarr aura joué les anguilles dans la défense
A. Z.
3 questions à… Pascal Douane (FC Thionville)

Pascal Douane. Photo Julio PELAEZ
Le nouveau responsable technique du club a profité de sa soirée.
Qu’avez-vous pensé du match ?
Pascal DOUANE : « Nous avons eu deux belles équipes qui ont joué sans calculer comme le tableau d’affichage l’indique ».
Quels joueurs avez-vous remarqué ?
« Bouna Sarr, le 10 messin. Carlo Molinari me disait que quand il aurait pris de la puissance, ce serait un titulaire indiscutable. J’ai aimé aussi le 11 allemand, Jenssen.
Et l’organisation ?
« Elle a été parfaite, non ? On en redemande ».
Paroles de président - Pascal Dine (FCT)

Pascal Dine était heureux d’accueillir Bernard Serin, son homologue messin. Photo Julio PELAEZ
« C’est évidemment un honneur et un grand plaisir d’accueillir le FC Metz et de remplir notre stade. Nous avons un partenariat avec Metz. C’est très important dans le cadre de notre politique de jeunes. Il arrive que des éducateurs du centre de formation viennent entraîner chez nous pour des séances qui servent à tous.
Aujourd’hui, notre club a mobilisé 50 bénévoles et des enfants. C’est une réussite et les services municipaux ont joliment préparé le terrain. Cet événement a été, pour nous, fédérateur ».
Carlo était là
Carlo Molinari, l’emblématique président messin, était dans la tribune. Lui aussi a apprécié le spectacle donné et la pluie de buts qui avait remplacé la pluie tout court.
Thomas Léonard au sifflet

T. Léonard. Photo Julio PELAEZ
C’est à Thomas Léonard, l’arbitre de Veymerange, qui officie en Division 2 et qui sera à Tours le week-end prochain, qu’avait été confiée la direction du jeu. Thomas Léonard effectua un arbitrage propre et sans esbroufe, participant de la rapidité du spectacle offert. En deux occasions, il fut amené à refuser des buts aux Allemands, suivant à la lettre les décisions prises par ses assistants. « Je le regrette mais je n’ai pas le droit de commenter mon arbitrage », se contenta-t-il de dire.
Algrange, c’est Arras
Battues pour leur retour à Algrange par St-Etienne, les filles du FC Metz (10e ), accueillent, dimanche, 15h, Arras (11e ).
