
S’il communique énormément depuis son banc, Albert Cartier est aussi ouvert au dialogue dans son vestiaire. Photo Anthony PICORÉ
Au même titre que les qualités techniques, tactiques et physiques, la préparation mentale est devenue un élément incontournable chez les footballeurs. Au FC Metz, c’est Albert Cartier qui s’y colle. Jusqu’à un certain point…
début septembre, Hermann Maier, la légende du ski, intégrait le staff de l’équipe nationale d’Autriche. La nouvelle combinaison du double champion olympique ? Celle de préparateur mental d’une formation dirigée par Marcel Koller, bien décidée à oblitérer son ticket pour l’Euro 2016. Si le cas d’Herminator a évidemment une résonance particulière au regard de ses états de service, faire appel à ces "mentalistes" est aujourd’hui une pratique courante dans le sport de haut niveau et dans le football professionnel en particulier. Courante, mais encore taboue.
En Ligue 1, peu de clubs admettent ouvertement s’attacher les services de professionnels du travail mental. Contrairement aux grandes écuries européennes que sont le Bayern Munich, le Barça, le Real Madrid ou encore le Milan AC. En France, Lorient a collaboré un temps avec l’ancien joueur de Bastia, Paul Orsatti, avant que le désormais ex-entraîneur des Merlus, Christian Gourcuff, ne mette un terme à leur association.
Pourtant, ces spécialistes de la préparation mentale sont de plus en plus présents sur le terrain. « Beaucoup m’ont sollicité , rapporte ainsi Albert Cartier, l’entraîneur du FC Metz. Mais je n’en ai retenu qu’un seul que je connaissais. » Ce dernier, dont le technicien lorrain ne dévoilera pas l’identité, ne fait pourtant pas partie du staff messin. « Non, il n’en a jamais été question. J’estime qu’un coach mental peut être une bonne chose à titre individuel et de manière ponctuelle. Mais je ne veux pas que ce principe soit appliqué au groupe. »
D’autant que le rôle est déjà tenu par Albert Cartier lui-même. « Il est nécessaire d’être autant vigilant à l’aspect athlétique qu’au domaine psychologique , explique-t-il. La préparation mentale en est un élément fondamental pour la réussite d’un joueur et, par extension, d’un groupe. Personnellement, j’aime ça… C’est l’une de mes forces. » Les entretiens individuels font ainsi partie du quotidien de Saint-Symphorien. L’entraîneur donne la parole à ses joueurs. Écoute. Échange. « Mon vestiaire est un espace de dialogues, mais quand j’atteins mes limites, que je sens que les joueurs attendent quelque chose de plus, il vaut mieux qu’un spécialiste prenne le relais. »
« Un problème humain »
Les intéressés sont-ils pour autant demandeurs ? « Certains effectuent la démarche spontanément. Pour d’autres, c’est moins limpide. Mais, au bout de trois ou quatre conversations, tu arrives à deviner entre les mots un possible besoin de s’extérioriser. Il m’arrive donc de faire glisser le dialogue vers ce terrain et, au final, d’orienter mon interlocuteur vers cette personne de confiance lorsque j’estime que je ne peux plus rien lui apporter. Mais attention, c’est au joueur de faire la démarche. Je ne suis qu’un intermédiaire. »
Le contenu des séances reste totalement confidentiel. « C’est le deal , confirme Albert Cartier. Je ne récolte aucune information. Tout ce qui se dit entre le spécialiste et le joueur reste entre eux. Je peux juste constater l’effet bénéfique ou non. »
« Quand les joueurs sont bien dans leur tête, les efforts paraissent moins compliqués », explique encore l’entraîneur qui sait que la confiance en soi et la capacité à rester positif dans la difficulté sont des éléments nécessaires à la réussite d’un projet. « Cet aspect psychologique du métier de footballeur n’est pas un problème de poste, de nationalité ou d’âge. C’est simplement un problème humain. Qu’il est indispensable de gérer. Les maux peuvent parfois se guérir par les mots. Cela doit aussi permettre d’enrichir le groupe, même si je sais pertinemment que personne ne pourra faire d’Ahmed Kashi un moulin à paroles comme Yeni Ngbakoto. Pour autant, chacun, avec sa personnalité, doit apporter au groupe. Tout ce que tu donnes aux autres, tu le donnes à toi-même. »
Jean-Sébastien GALLOIS.
Qui sont ces "mentalistes" ?
S’il est désormais reconnu que la préparation mentale ne peut pas être négligée dans le sport de haut niveau (et donc dans le football professionnel), son approche apparaît, elle, nettement plus floue. Derrière ce concept se cachent, en effet, de très nombreux ancrages théoriques allant de méthodes clairement scientifiques enseignées à l’Université à divers procédés dérivés.
Ces "mentalistes" peuvent ainsi porter l’étiquette de psychologue, de relaxologue, de sophrologue, de comportementaliste, d’adeptes de la programmation neuro-linguistique (PNL) ou encore d’une approche cognitive… Mais quels que soient la méthode, le discours où le concept, la seule question valable demeure celle de l’efficacité de ces pratiques.
Elles ont toutes pour objectif de stimuler un sportif après une défaite ou un coup dur, de le faire redescendre de son nuage après un exploit. Mais aussi de rendre chaque individu plus conscient de son talent, d’interpréter la blessure ou la contre-performance comme un message important. Au risque, parfois, d’interférer sur le travail de l’entraîneur en cas d’ingérence dans la tactique et les analyses des matches.
« Il faut parvenir à mettre le mental à disposition du physique, de la technique et de la stratégie de jeu afin de tirer le maximum de son potentiel », explique Denis Troch, l’ex-entraîneur adjoint du PSG aujourd’hui préparateur mental au sein de H-Cort Performance, dont il est le directeur général.
Aucune réglementation
Si ce dernier est issu du milieu du football professionnel, d’autres viennent d’univers bien différents. Ancien formateur de l’armée de l’air, Dominique Lucas a ainsi adapté ses "outils" au milieu sportif. Consultant indépendant, il a collaboré avec l’AJ Auxerre, l’AS Saint-Etienne ou la Fédération française de football. Docteur en Sciences du sport, Charles Debris travaille auprès de plusieurs footballeurs professionnels et a eu, notamment, sous sa coupe un certain Robert Pires. Ludovic Obraniak, un autre ancien Messin, a recours régulièrement, à titre individuel, à un préparateur mental et l’assume totalement.
Reste qu’il n’existe aucune réglementation par rapport à la préparation mentale et que n’importe qui peut donc se revendiquer expert. « Cette préparation est un phénomène de mode, mais elle a toujours existé. Il faut donc la structurer et la hiérarchiser pour mieux accompagner les entraîneurs et les joueurs », explique Sylvain Matrisciano, ancien membre de la Direction technique nationale (DTN), aujourd’hui entraîneur-adjoint à Bordeaux et qui se définit comme « un spécialiste de la préparation mentale ».
Didier Deschamps, lui, a réglé la question. Le sélectionneur de l’équipe de France l’affirme : « La préparation mentale des Bleus, c’est mon domaine. C’est la plus grande partie de mon travail d’entraîneur ».
J.-S. G.
Foot actu

Maxwel Cornet. Photo Karim SIARI
LIGUE 1. Comme prévu et pour cause d’accumulation de cartons jaune, le capitaine messin Romain Métanire s’est vu infliger un match de suspension par la commission de discipline de la LFP hier. Parmi les autres sanctions, le gardien de Guingamp Mamadou Samassa a écopé de cinq rencontres ! Il avait été exclu contre Montpellier (8e journée) pour avoir intimidé physiquement l’arbitre.
Cornet
BLEUETS. L’équipe de France U19 d’Olivier Kemen a battu la Macédoine (1-2), hier, lors du 1er tour des éliminatoires de l’Euro. Le Messin Maxwel Cornet a joué 84 minutes mais il n’a pas marqué, tandis que Lucas Toussaint, son compère du centre de formation, a disputé toute la rencontre. Prochain match aujourd’hui, face au Liechtenstein.
Juan Falcon reviendra blessé

Falcon souffrirait d’une lésion musculaire au mollet droit. Photo Pascal BROCARD
L’international vénézuélien a été touché au mollet gauche en sélection. Il devrait être indisponible pour trois à quatre semaines.
Après la victoire du FC Metz face à Reims (3-0), marquée par un doublé de Juan Falcon, Albert Cartier avait vanté les vertus du passage en sélection de son international vénézuelien. Cette fois, l’entraîneur ne pourra que déplorer la dernière convocation de son attaquant avec les Vinotintos. Car le buteur s’est blessé à l’entraînement mercredi et devra donc se fendre d’un passage à l’infirmerie à l’heure de retrouver son club.
En déplacement à Paris, hier, Philippe Gaillot en a profité pour travailler au rapatriement rapide du joueur à Metz. Juan Falcon était en stage en Espagne, avec le Venezuela, lorsqu’il a contracté cette blessure. La presse sud-américaine évoque « une déchirure de moins d’un centimètre du jumeau interne de la jambe droite ». Comprendre un claquage au mollet. Ces mêmes journalistes font aussi état d’une indisponibilité de « trois à quatre semaines ». A Metz, pour l’heure, on se garde bien de spéculer sur la durée de son absence. Le club communiquera dès que son staff médical aura pu établir un diagnostic. S’il s’agit bien d’un claquage, quatre semaines seraient un minimum.
C’est évidemment un coup dur pour la maison grenat qui perd un garçon généreux sur le terrain et déjà auteur de quatre buts en L1 cette saison. Son forfait est d’ailleurs inévitable pour la réception de Rennes, le 18 octobre à Saint-Symphorien. Comme ceux de Romain Métanire et Guirane N’Daw, suspendus à cette occasion. Albert Cartier ne manque pourtant pas de ressources pour pallier ces absences. S’agissant du vide laissé par Falcon, il pourra être comblé par Modibo Maïga ou Federico Andrada, deux garçons qui ont hâte de faire leurs preuves.
Ch. J.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance le matin. Aujourd’hui : Metz - Kaiserslautern (amical) à Thionville (17 h). Demain, dimanche : repos.
D’un match à l’autre. Dernier match : Evian TG - Metz (9e journée de Ligue 1), samedi 4 octobre : 3-0. Prochain match : Metz - Rennes (10e journée), samedi 18 octobre à 20 h. À suivre : Saint-Étienne - Metz (11e journée), dimanche 26 octobre à 17 h ; Metz - Caen (12e journée), samedi 1er novembre à 20 h.
À l’infirmerie. Juan Falcon (mollet) s’est blessé en sélection (lire par ailleurs). Si Habib Diallo (pied) et Kwame Nsor (genou) restent à l’arrêt et Romain Rocchi en phase de reprise, Kévin Lejeune (côtes), Johann Carrasso (quadriceps), Gaëtan Bussmann (genou), Romain Métanire (ischio-jambiers) et Florent Malouda (orteil) sont ménagés pour permettre leur retour normal à la compétition.
Suspendus. Guirane N’Daw et Romain Métanire seront suspendus pour la venue de Rennes le 18 octobre.
En sélection : Anthony Mfa (Gabon), Chris Philipps (Luxembourg), Sergueï Krivets (Biélorussie), Maxwel Cornet (France U19), Juan Falcon (Venezuela).