
Après avoir longtemps cherché ses repères, Modibo Maïga, auteur d’un doublé samedi face à Caen, semble avoir trouvé le bon équilibre. Photo Anthony PICORÉ
Les Messins ont conclu leur semaine, samedi face à Caen (3-2), comme ils l’avaient débutée à Nice : avec un large sourire et un goût prononcé pour le suspense, à défaut d’une maîtrise totale des événements.
Renoncer, avant même d’avoir essayé, c’est le meilleur moyen pour ne jamais progresser… » Non, la formule n’est pas signée Albert Cartier. L’entraîneur du FC Metz a préféré la métaphore culinaire, samedi soir, à l’influence de Malesherbes : « On a gagné ce match avec nos tripes… à la mode de Metz ».
Deux énoncés qui résument pourtant la manière employée par Romain Métanire et ses partenaires pour s’offrir, face à Caen (3-2), un cinquième succès en Ligue 1. Une victoire qui fuyait le promu messin depuis plus d’un mois en championnat… « Malgré l’égalisation, nous avons toujours gardé à l’esprit cette envie d’aller de l’avant », explique ainsi Guido Milan. Les Lorrains n’ont donc pas renoncé. À l’image de Mobibo Maïga qui a ouvert les vannes après un début d’incendie lors de la venue de Rennes (0-0). L’attaquant prêté par West Ham a inscrit un doublé et provoqué le penalty de la victoire. « Il faut toujours y croire, travailler sans cesse et la récompense finit toujours par arriver », jure l’international malien.
Les recrues assurent
Le sourire que ce dernier affichait juste après la rencontre, tout autant que sa démonstration de joie partagée avec le banc messin – notamment avec Stéphane Mittelberger, l’un des intendants – en disaient long sur le « soulagement » du joueur appelé à pallier l’absence de Juan Falcon. Ces deux-là ont inscrit six des treize buts de leur équipe depuis l’ouverture du championnat… Soit un indice de la pertinence du recrutement estival de la maison grenat mis en lumière face au Stade Malherbe : cinq petits nouveaux ont débuté la partie (Maïga, Malouda, N’Daw, Krivets et Palomino).
Chacun a d’ailleurs apporté sa pierre à l’édifice avec une mention spéciale à José Palomino qui avait la lourde tâche de prendre la suite de l’indispensable Gaëtan Bussmann, mais surtout à Florent Malouda. L’ex-milieu de terrain de Chelsea a sans aucun doute livré sa meilleure copie depuis qu’il a déposé son cartable en Moselle. Une passe décisive, un but et une vraie influence sur le jeu.
Reste que si les points positifs existent forcément après ce nouveau succès messin, tout n’a pas été parfait non plus. « On n’a pas complètement dominé cette partie, loin de là, mais on a réussi à se sortir du piège », analyse Albert Cartier. Tout comme ses hommes s’étaient dépêtrés du traquenard niçois quelques jours auparavant. Mais s’ils sont parvenus à s’affranchir et développer quelques séquences intéressantes, ils ont également pêché dans ce qui se veut la marque de fabrique de la maison : la défense. Metz a encaissé la bagatelle de cinq buts en deux rencontres…
Alors que le chantier de l’attaque semble prendre forme, il ne faudrait pas que les fondations s’effritent. Sauf si les artisans du président Serin parviennent à inscrire, à chaque fois, un but de plus que leur adversaire. Ne jamais renoncer est une (bonne) chose. Faire preuve de (plus) de maîtrise en est une autre…
Jean-Sébastien GALLOIS.
Lejeune : « Encore mieux maîtriser notre jeu »

L’ancien Nancéien Julien Féret est tombé sur un client en la personne de Kévin Lejeune. Photo Anthony PICORÉ
Précieux dans le jeu et omniprésent au pressing, Kévin Lejeune n’a pas manqué son retour, samedi face à Caen. L’analyse du milieu messin.
Un peu plus d’une semaine après votre opération du nez (double fracture), avez-vous ressenti une quelconque appréhension en pénétrant sur la pelouse ? « Non, aucune appréhension concernant mon nez. Je me suis dit que si ça devait lâcher, ce devait être un nouveau coup du sort. Par contre, je ne savais pas trop comment me situer d’un point de vue physique, après cette coupure forcée et surtout l’anesthésie. Mais, au final, tout s’est bien passé pour moi et surtout pour l’équipe. »
• Vous offrez d’ailleurs votre troisième passe décisive de la saison sur le deuxième but de Modibo Maïga… « J’aime effectuer les percées qui permettent de casser les lignes. Le staff me demande d’ailleurs de réaliser ce genre d’action. C’est d’autant plus agréable lorsque cela amène un but. Mobibo ( Maïga ) conclut parfaitement ce mouvement. Je suis très heureux pour lui car on n’a pas toujours été très tendre avec lui depuis son arrivée. »
« C’est une grande joie »
• Après la qualification en Coupe de la Ligue à Nice, le FC Metz a une nouvelle fois proposé un match à rebondissements. Comment l’avez-vous vécu ? « Peut-être qu’à 2-0, on a cru que le plus dur était fait. À partir de cet instant, nous avons un peu moins tenu le ballon et surtout nous avons reculé d’une dizaine de mètres. C’est vrai qu’on s’est fait un peu peur, mais nous n’avons pas abdiqué après l’égalisation caennaise. Au contraire, et ce malgré les efforts fournis à Saint-Étienne et les prolongations à Nice. Ce troisième but, nous sommes allés le chercher ! C’est une grande joie mais aussi un réel soulagement au regard du scénario de la rencontre. Pour le spectacle, c’est peut-être bon, mais, à l’avenir, il serait bon qu’on maîtrise encore mieux notre sort et notre jeu. »
• Que pensez-vous du silence de certains groupes de supporters en réaction à l’interdiction de déployer banderoles et tifos ? « C’est un peu dommage pour nous, surtout quand on sait l’ambiance qu’il peut y avoir à Saint-Symphorien. Les joueurs ne sont pour rien dans cette décision, même si je comprends leur frustration. Peut-être que chacun doit mettre de l’eau dans son vin… »
J.-S. G.
Metz/Algrange s’effondre

Charlotte Léger y est allée de son doublé à Soyaux. Mais ça ne pouvait pas suffire face à des Charentaises très inspirées en fin de rencontre. Photo archives Pascal BROCARD
Après plus d’une heure de jeu, Metz/Algrange tenait encore le choc à Soyaux, grâce notamment à un doublé de Léger. Jusqu’à ce que les Charentaises n’enfilent trois nouveaux buts en dix minutes.
Certaines victoires sont plus difficiles que d’autres à aller chercher. Certaines défaites, plus que d’autres à digérer...
Dans sa quête vers le maintien, le droit à l’erreur est minime, encore plus lorsque l’on affronte un adversaire direct comme peut l’être Metz/Algrange. Hier, au stade Léo Lagrange, les joueuses de Jean Paredes ont soufflé le chaud et le froid durant une heure avant de faire la différence et de retomber bêtement dans leurs travers en fin de match. Au bout du compte, ce sont bien les Lorraines qui ont, cela dit, globalement souffert...
Bien rentrées dans leur match, les Sojaldiciennes connaissent leur premier temps fort et acculent la défense mosellane. Sur une série de corners, le quatrième est le bon puisque Gwenaëlle Migot coupe le centre de Laura Bourgouin aux six mètres afin d’ouvrir le score (1-0, 5e ). Mais la réaction de Metz/Algrange est immédiate puisqu’une minute plus tard, sur une perte de balle de la défense dans l’axe, Marie-Charlotte Léger ne se pose pas de question et envoie une frappe imparable sous la transversale de Amandine Guérin (1-1, 6e ).
Après dix grosses premières minutes, les débats s’équilibrent alors et le jeu est marqué par de nombreux déchets techniques dus au mauvais temps contrastant aux derniers jours.
Soyaux s’en remet alors au jeu long et sur un dégagement de Guérin, Migot dévie pour Anaïs Dumont qui fait parler sa vitesse. A l’entrée de la surface contre Getter Laar, elle sert proprement Laura Bourgouin qui conclue tranquillement d’un plat du pied (2-1, 27e ).
Une réaction de Metz/Algrange
Quelques peu endormies, les Charentaises se font surprendre d’entrée de seconde mi-temps. Sur leur premier corner, la balle dégagée par la défense messine profite à Marie-Charlotte Léger. Profitant d’un raté de Cynthia Viana, l’attaquante lorraine inscrit son doublé après être partie du milieu de terrain pour égaliser (2-2, 52e ).
Arrive alors le festival charentais avec trois buts en dix minutes. Migot redonnne d’abord l’avantage sur une talonnade dans les six mètres suite à un centre de Bourgouin (3-2, 57e ). Cette dernière lance ensuite Djebbar, plus rapide que la sortie du gardienne, pour faire le break (4-2, 64e ). Enfin, Justine Deschamps y va aussi de son but pour mettre les Bleues définitivement à l’abri (5-2, 67e ).
En fin de match, Charlotte Bilbault écopait d’un deuxième carton jaune, synonyme de rouge, suite à une obstruction sur Léger. Sans incidence sur la marque.
Les Lorraines, à l’issue de cette huitième journée, pointent désormais à la neuvième place. Juste devant la zone des relégables.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : repos. Aujourd’hui : une séance d’entraînement à 15h30. Demain : une séance à 10h. Mercredi : une séance à 10h. Jeudi : une séance à 10h. Vendredi : une séance à 15h30. Samedi : Toulouse - Metz à 20h. Dimanche : repos.
D’un match à l’autre. Dernier match : Metz - Caen (12e journée de Ligue 1), samedi 1er novembre : 3-2. Prochain match : Toulouse - Metz (13e journée de Ligue 1), samedi 8 novembre à 20h. A suivre : Metz - Paris Saint-Germain (14e journée de Ligue 1), vendredi 21 novembre à 20h30 ; Lens - Metz (15e journée de Ligue 1), samedi 29 novembre à 20h.
À l’infirmerie. Juan Falcon (mollet) est en phase de reprise, Gaëtan Bussmann (genou) a été ménagé samedi, alors que Romain Rocchi (douleur musculaire) devait voir le staff médical ce week-end. Habib Diallo (pied) et Kwame Nsor (genou) sont à l’arrêt.
Suspendu. Aucun.
Buteurs. En Ligue 1 : Falcon ( 4 buts ) ; Maïga, Ngbakoto ( 2 ) ; Bussmann, Malouda, Kashi, Krivets, Milan ( 1 ).