
Guirane N’Daw et Metz montreront-ils enfin un autre visage en déplacement ? Photo Karim SIARI
Entre le pire voyageur de Ligue 1 et un OM qui voudra récupérer son fauteuil à domicile, la tendance est forcément très défavorable au FC Metz. Saura-t-il se surprendre et nous faire mentir ?
C’est de circonstance, allons droit au but : il est difficile, à moins de caresser des espoirs un peu fadas, d’imaginer les Grenats capables de ramener un résultat du Vélodrome ce soir. Pourquoi tant de pessimisme ? Parce que le FC Metz, hélas, le vaut bien. Le promu traîne une misère absolue en déplacement cette saison et il rend accessoirement visite au collectif le plus impressionnant de France.
Complices de nos mauvaises langues, les chiffres viennent confirmer cette tendance : à l’extérieur, Metz pèse quatre petits points (une victoire, un nul, six défaites), un but marqué et douze encaissés. Cette réalité statistique terrible est un reflet clinique des errements lorrains. Cette équipe promène un complexe en déplacement et ce malaise a déjà pris corps contre l’Evian T-G (3-0), Toulouse (3-0) ou Lens (2-0) pour citer les exemples les plus récents. Autre donnée plus anecdotique mais pas moins inquiétante : Canal + voit en moyenne trois buts sur ses affiches de 21 heures…
« On ne va pas se plaindre »
Ce mal du voyage devra bien se dissiper un jour mais rien n’indique que le miracle se produira aujourd’hui. Référence à domicile cette saison (sept victoires, une défaite), l’OM sent aussi le souffle chaud du PSG lui chatouiller les mollets et il serait déconseillé à Gignac et compagnie de laisser filer la place de leader face à la plus mauvaise équipe du championnat en déplacement. D’autant que la mécanique est belle et ne fait pas de sentiment en général.
Marcelo Bielsa y est pour beaucoup évidemment. « Mais sa méthode n’est pas une surprise , explique Florent Malouda. C’est du travail et il y a une adhésion des joueurs. Comme il y avait déjà un potentiel, c’est cohérent. Maintenant, leurs courses sont coordonnées, la spontanéité est retrouvée, ce sont les ingrédients du haut niveau. »
« On ne va pas se plaindre de jouer Marseille derrière Bordeaux », rappelait Albert Cartier mercredi soir. Metz a en effet lutté pour obtenir des affiches plus en rapport avec son histoire et il lui est justement demandé, aujourd’hui, de témoigner d’un comportement plus fidèle à ses valeurs. « Nous avons une série de déplacements qui doit nous aider à progresser , reprend Malouda. Ce déplacement au Vélodrome, je le vois comme une recherche de performance et d’un match référence à l’extérieur. On devra faire abstraction du contexte pour garder notre lucidité. »
Le même Bielsa propose, lui, une autre vision : « Moi, je ne prends pas en compte le fait de jouer à domicile ou à l’extérieur, je veux toujours gagner. » C’est bien aussi…
Bien sûr, le FC Metz a le droit de perdre contre Marseille car cela arrive aux meilleurs. Mais le promu a surtout le devoir de montrer un visage différent. Pour donner suite au nul face à Bordeaux, mercredi (0-0). Pour chasser, également, ces histoires de complexe qui commencent à devenir handicapantes. Et pour nous faire mentir enfin.
Christian JOUGLEUX.
Milan blessé Andrada d’entrée ?

Federico Andrada. Photo RL
Le défenseur italo-argentin, touché hier à l’entraînement, n’est pas du voyage à Marseille. Où le jeune Andrada pourrait être titulaire.
A cinq minutes près, Guido Milan aurait pu être dans l’avion qui emmènera ses coéquipiers aujourd’hui à Marseille. Oui, mais voilà, le défenseur italo-argentin s’est blessé, hier, en toute fin de séance. « Sur un des derniers ballons, il s’est fait, peut-être pas une élongation, mais au moins un étirement à l’adducteur. On ne sait pas encore exactement ce que c’est mais il est forfait » , a expliqué son entraîneur.
Albert Cartier a donc dû revoir ses plans au dernier moment, invitant Jonathan Rivierez à rejoindre le groupe, pour faire le nombre. L’absence de Milan devrait, logiquement, profiter à Choplin, qui retrouverait ainsi une place de titulaire en défense centrale après avoir été écarté du groupe face à Lens puis sur le banc contre Bordeaux. Il y sera associé à Sylvain Marchal, pour une charnière plus vue depuis… la troisième journée de Ligue 1, et la sortie sur blessure du capitaine grenat à Montpellier.
Au milieu de terrain, confiance devrait être renouvelée au duo N’Daw-Doukouré, plutôt à son aise contre Bordeaux mercredi (0-0). Devant, un doute plane quant à l’identité de l’élément offensif qui épaulera Falcon dans l’axe. Hier, Andrada et Krivets étaient en balance pour débuter la rencontre. Si l’Argentin venait à être aligné d’entrée, après une entrée en jeu convaincante face aux Girondins, ce serait sa première titularisation.
Dans tous les cas, le FC Metz devrait donc se présenter avec un dispositif assez classique chez le leader marseillais. Albert Cartier n’a, semble-t-il, pas cédé à la tentation de densifier son milieu pour répondre au pressing olympien.
La clé : les duels
« Il faudra savoir résister mais aussi savoir leur poser des problèmes lorsqu’on aura le ballon. Je pense qu’on a les joueurs pour y parvenir » , a résumé le technicien lorrain, insistant sur l’importance des duels. « On en a déjà gagné plus contre Bordeaux que lors des précédentes rencontres. On devra encore faire mieux car Marseille a de très bons joueurs. Sur les côtés, ils ont une vitesse incroyable et quand ils attaquent, ils sont souvent à 7-8 dans le camp adverse. C’est, pour moi, l’équipe de Ligue 1 qui propose le football le plus créatif et le plus performant à l’heure actuelle. » C’est dire le défi qui attend les Messins ce soir.
T. G.
Pas très Bien pour l’OM…
Wilfried Bien a été désigné pour diriger la rencontre en l’OM et le FC Metz ce soir. Arbitre de la Ligue Rhône-Alpes, ce dernier n’a pas encore croisé la route des Marseillais, pas plus que celle des Messins, cette saison. Mais il ne porte guère chance aux clubs qui évoluent à domicile : seulement deux se sont imposés lors des neufs rencontres de Ligue 1 au cours desquelles il a officié. Un signe pour les hommes d’Albert Cartier ?
Comme un seul OM

Pour Franky, supporter irréductible de l’OM et responsable de la boutique des Ultras Marseille, Virage Sud, « il y a de quoi être fier d’être Marseillais » actuellement.
L’Olympique de Marseille est bien plus qu’un club de football. C’est une institution, une marque, une religion. Quelques jours dans la cité phocéenne suffisent pour s’en convaincre. Immersion.
Hier matin, dans un hôtel du Vieux-Port. Un jeune couple, venu d’Italie, se délecte d’un petit-déjeuner « à la française ». Entre deux croissants, les amoureux jettent un œil attentif à la presse locale. Sur la page dédiée à l’OM plus précisément. Histoire de s’imprégner de l’ambiance.
De notre envoyé spécial à Marseille
Car ce soir, c’est au Vélodrome qu’ils ont rendez-vous. « Nous avons choisi de passer quelques jours à Marseille , explique Giovanna. La condition était que nous puissions voir jouer l’OM. » Deux petites lettres qui font toujours autant recette… Et bien au-delà de la Canebière. « Les Marseillais sont fous de leur club, mais je suis toujours autant étonnée par l’engouement qu’il suscite auprès de personnes venant du reste de la France et de l’étranger », assure Valérie, de la boutique Ultras Marseille Virage Sud (située en face du Vélodrome). Franky, qui dirige l’établissement, explique cette popularité par « les valeurs que véhiculent l’OM ».
Évidemment, ce dernier devine que « les excellents résultats actuels » et le passé du club participent aussi à cet enthousiasme. « En ce moment, il y a de quoi être fier d’être Marseillais », poursuit-il. Il n’est pas le seul à le penser et surtout à l’afficher. Que ce soit à proximité de la gare Saint-Charles, sur le Vieux-Port, le long de l’avenue du Prado ou dans le quartier Castellane, écharpes, bonnets, doudounes (de bon ton, même dans le Bouches-du-Rhône) et survêtements estampillés OM sont des panoplies très tendance. « Chaque matin, je choisis un vêtement ou au moins un accessoire aux couleurs du club », avoue fièrement Enzo, étudiant et « supporter de Marseille depuis [sa] naissance », croisé à proximité de l’OM Café.
Une institution là aussi. Mais l’endroit, avec sa vue imprenable sur le Vieux-Port, a subi un lifting complet. Fondé en 1998, le bar de supporters entièrement décoré d’écharpes ou de maillots, s’est mué en une élégante brasserie. Les portraits des gloires d’antan sont présents (Waddle, Papin, Stojkovic, Ribéry…), le fameux slogan Droit au but aussi et les programmes d’OM TV sont diffusés en boucle (ou presque) sur les nombreux écrans de télévision.
Mais, comme l’explique Guillaume, le directeur, « il s’agit aujourd’hui d’une vitrine du club plus qu’un lieu dédié aux fans. On y vient avant tout pour bien manger même si nous avons tenu à garder une certaine identité ». Bien sûr, les soirs de matches, l’endroit « fait le plein » et « l’ambiance est magnifique ».
« Impressionnant »
Certes. Mais rien ne vaut l’atmosphère du Vélodrome. Un stade rénové, inauguré le 16 octobre, qui propose désormais plus de 67 000 places couvertes (le record d’affluence a été battu lors de la réception de Toulouse, le 19 octobre, avec 61 846 spectateurs). « Les travaux ont duré longtemps et cela a sans doute pénalisé le club. Mais ça valait le coup , assure l’ancien milieu de terrain de l’OM et du FC Metz, Frédéric Meyrieu. Cette ambiance ! C’est tout simplement impressionnant ! »
« Grâce au toit, les chants ne se perdent plus , poursuit Mario Albano, journaliste emblématique de La Provence. En plus, cette saison, il existe une véritable union entre le public et l’équipe. C’est le jour et la nuit avec l’an passé où c’était carrément devenu hostile. Aujourd’hui, grâce aux résultats mais surtout à la façon de jouer de l’OM – du combat et du spectacle –, le Vélodrome est redevenu un lieu de communion. » Un temple dédié au Dieu OM où Giovanna et son compagnon se rendent, ce soir, en pèlerinage. Un pronostic ? « J’espère que Marseille va gagner, pour l’ambiance , glisse-t-elle malicieusement. Mais j’ai une petite tendresse pour le FC Metz : ce club porte les mêmes couleurs que mon équipe de cœur, le Torino… »
Jean-Sébastien GALLOIS.
Bielsa, le prophète argentin

Le culte Bielsa… Photo J.-S. G.
L’arrivée de Marcelo Bielsa à la tête de l’Olympique de Marseille a totalement bouleversé le club phocéen. Sur le terrain mais également en dehors où les supporters lui vouent un véritable culte.
Il n’existe pas encore de religion à sa gloire comme l’ Église maradonienne , mouvement lié, depuis 1998, à l’ancienne star argentine, Diego Maradona. Mais Marcelo Bielsa fait bel et bien l’objet d’un culte pour ses apôtres (du beau jeu) et ses milliers de fidèles. « Le Barça a son Messi, à Marseille nous avons le Messie, et il s’appelle Bielsa. » Devant et dans la boutique de Franky, Virage Sud , basée à deux pas du Vélodrome, l’image de l’entraîneur de l’OM est omniprésente. « J’ai envisagé de fonder l’Église bielsasienne », reconnaît, dans un large sourire, le fervent supporter olympien. Finalement, la raison l’a emportée et c’est un fan-club, Ultras Loco qui a vu le jour.
« L’OM a un nouveau stade, une bonne équipe. OK. Mais il a surtout un entraîneur , poursuit Franky. Bielsa correspond parfaitement à la ville et au club : il est atypique, sincère, franc, travailleur. Sa personnalité est extraordinaire : sa glacière, ses conférences de presse, tout est réuni pour en faire une icône. »
« Panoplie de sauveur »
Les supporters marseillais l’ont donc déjà sanctifié (avant de le crucifier, peut-être, un jour). « Son nom est scandé à chaque fin de match , témoigne encore Franky. Pour un entraîneur, c’est rare ! On veut qu’il reste… » En quelques mois seulement, Marcelo Bielsa est donc parvenu à faire l’unanimité et à évangéliser toute une ville. Mais pas n’importe quelle ville. Marseille est, en effet, la cité la plus albiceleste de France.
« Cette aura, assez irrationnelle, il l’avait déjà avant son arrivée , explique le journaliste de La Provence , Mario Albano. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que dans les virages du Vélodrome, on aime les Argentins. Par exemple, les Winners ont pour emblème le Che, un révolutionnaire argentin ! L’an passé et les saisons précédentes, ce n’était pas la joie à l’OM. Bielsa est arrivé avec la panoplie de sauveur. Il est naturel, et ça plaît. Le coup de la glacière n’était pas calculé et même s’il n’accorde aucune interview, devant la presse, il explique tout sans jamais se défausser. C’est rarissime de la part d’un entraîneur, surtout à Marseille. »
Personnage de tragédie grecque, Bielsa est un Agamemnon, calme mais dont on redoute l’explosion. Et heureusement qu’il n’est pas Français. Car, à n’en pas douter, nombre de Marseillais seraient actuellement tentés de mener l’Argentin à la mairie de la préfecture des Bouches-du-Rhône…
J.-S. G.
Metz/Algrange à la chasse aux fantômes

Le groupe se serre autour de Getter Laar (au centre) qui va devoir tenir la baraque à Lyon. Photo RL
Il y a près de trois mois, le 9 septembre, les Mosellanes avaient été bizutées (15-0) par un Lyon sans pitié. A Gerland cet après-midi (14h30), elles ne peuvent faire que mieux. Le 9 septembre, les Mosellanes avaient été bizutées d’importance (15-0) par un champion de France sans pitié. Demain, à Gerland, les Messines ne peuvent faire que mieux.
Cette entame-là, cette partie-là, ce résultat-là (0-15) face à Lyon début septembre, Justine Oswald et ses partenaires ont tout fait pour les chasser de leurs esprits. Et les joueuses de Metz/Algrange y sont parvenues, notamment en signant à Rodez début octobre une victoire fondatrice de bien des espérances. Oui mais voilà, les fantômes seront forcément de retour à Gerland, cet après-midi (14h30) où les Lorraines retrouvent leurs bourreaux rhônalpines.
Évidemment, il y a tout à craindre d’un déplacement à Lyon, double vainqueur de la Ligue des champions, douze fois champion de France, réservoir de l’équipe de France avec les Wendie Renard, Camille Abily, Elodie Thomis, Louisa Necib et Eugénie Le Sommer pour ne citer que les plus connues… L’OL, comme chaque année, survole la compétition, n’a perdu aucune de ses onze premières rencontres et surtout, n’a encaissé que quatre buts, un face à Juvisy, un contre le PSG et curieusement deux par négligence et distraction, à Arras, dimanche dernier.
Sans Jatoba, avec Oswald
Alors, qu’espérer face à une telle armada ? « Nous allons nous nourrir de notre petite expérience et essayer de tenir bon le plus longtemps possible, répond l’entraîneur mosellan Gérôme Henrionnet. Il va falloir faire bloc. Nous allons revenir à ce que nous avions bien fait contre Montpellier (2-2, le 9 novembre). »
Logiquement, Lyon devrait (un peu) faire tourner son effectif. D’autant qu’il faudra remplacer Thomis, blessée. Mais cela ne veut pas dire que les Rhodaniennes feront l’impasse, loin de là ! Leur entraîneur, Gérard Prêcheur peut compter sur un effectif de 22 joueuses très compétitives, dont les trois-quarts sont des internationales. Quant aux plus jeunes, comme Noëmie Carage, la latérale, ou Maëlle Garbino, l’avant-centre, qui viennent de prendre leurs marques en équipe première ces dernières semaines, elles seront d’autant plus dangereuses qu’elles veulent se montrer.
Pour les Mosellanes, qui ont payé cher pour le comprendre, il faudra d’abord livrer un gros match défensif. A l’instar de celui qu’elles avaient produit à Saint-Symphorien, face à Montpellier. Henrionnet devrait donc jouer en 3-5-2 et s’appuyer sur un fort bloc défensif duquel seront absentes Cindy Malet, Daniela Gurz et Rigoberte M’Bah. La première est indisponible ; les deux suivantes blessées. Autre coup dur, Simone Jatoba jouera avec le Brésil. Bonne nouvelle néanmoins, Justine Oswald est de retour. Elle ne sera pas de trop.
A. Z.