
Florent Malouda et les Messins ont dû faire face à une belle opposition avec cette équipe d’Avranches. Photo AFP
Les Messins ont été poussés jusqu’aux prolongations par une vaillante équipe d’Avranches mais ont finalement su faire la différence (0-3) pour oblitérer leur ticket pour les huitièmes de finale.
S’armer de patience. Avant et pendant la rencontre. Une recommandation de circonstance, hier, à Avranches, pour les Messins. Ces derniers ont tout d’abord dû attendre près d’une demi-heure que la lumière veuille bien refaire son apparition sur la pelouse du stade René-Fenouillère. Une fois les projecteurs à nouveau opérationnels, la lumière s’est également fait attendre. Mais à grands coups de sérieux et de cohérence, Metz est allé au bout de son idée.
De notre envoyé spécial à Avranches
Match de Coupe ou pas, Albert Cartier avait décidé de reconduire la même équipe que face à Montpellier, exception faite de Juan Falcon, invité à débuter la partie à la pointe de l’attaque, Yeni Ngbakoto retrouvant le couloir. Si ce dernier n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent, malgré un coup de tête (13e ), en première période, les Messins ont au moins eu le mérite d’aborder cette rencontre aux allures de traquenard avec sérieux. Le tout face à une équipe avranchinaise bien décidée à accélérer le jeu dès qu’elle en avait l’occasion et à profiter du moindre coup de pied arrêté. Théault tentait ainsi sa chance, mais le coup franc du milieu bas-normand était bien capté par Johann Carrasso (15e ). Le FC Metz répondait à cette première invective par une frappe aussi soudaine que puissante signée Yeni Ngbakoto qui passait de peu à côté du but de Beuve (19e ).
Une occasion qui agissait comme un révélateur côté lorrain. Mais ni Sergeï Krivets (21e ), ni Jose Luis Palomino (42e ), pas plus que Florent Malouda (45e ) ne parvenaient à régler la mire. Derrière, les Lorrains restaient attentifs, à l’image de Palomino, auteur d’un retour salvateur dans les pieds de Boateng qui filait au but (30e ).
N’Daw forte tête
Malgré tout, l’affaire s’avérait un brin plus compliquée que prévue après la pause. Avranches haussait en effet le ton pendant que Metz récitait une partition parfois brouillonne. Diongue plaçait ainsi sa tête (49e ) alors que Barreto fusillait Johann Carrasso. Mais l’Avranchinais était signalé en position de hors-jeu (68e ). Un avertissement sans frais pour des Messins qui, petit à petit, prenaient l’ascendant physiquement, conservaient un bloc équipe cohérent… mais se montraient peu efficaces devant le but de Beuve. Par deux fois, Yeni Ngbakoto était ainsi trop court sur des centres de Gaëtan Bussmann (72e ) et Kwame Nsor (87e ). Quant aux tentatives de Florent Malouda (75e ) et Juan Falcon (77e ), elles trouvaient Beuve puis Cabon sur leurs trajectoires. Résultat, les deux équipes étaient contraintes de passer par la case prolongations…
Le pensionnaire de Ligue 1 faisait alors parler son expérience face à la générosité toujours aussi impressionnante d’Avranches. C’était Guirane N’Daw qui délivrait finalement le clan lorrain en catapultant, de la tête, le corner de Kévin Lejeune (0-1, 94e ). Dans la foulée, Bouna Sarr, auteur d’une bonne entrée en jeu, s’offrait une échappée belle côté gauche et d’un subtil extérieur du pied lobait le gardien bas-normand (0-2, 96e ). La fin de partie tournait au cauchemar pour Avranches après l’exclusion de Derrien (113e ) et un but contre son camp signé Schur après une percée de Florent Malouda (0-3, 115e ).
Contrairement aux projecteurs du stade René-Fenouillère, le FC Metz n’a donc pas fait le coup de la panne. Il a dû patienter, certes, mais la lumière a fini par éclairer sa soirée. Et, en ce temps de disette, ce n’est pas si mal…
AVRANCHES (NAT) - METZ (L1) : 0-3 (A.P)
Stade René-Fenouillère. Temps très froid. Pelouse correcte. 5 000 spectateurs. Arbitre : M. Gautier. Fin du temps réglementaire : 0-0. Buts : N’Daw (94e ), Sarr (96e ), Schur (115e csc). Avertissements à Metz : Falcon (15e ), Malouda (34e ). Exclusion à Avranches : Derrien (113e ).
AVRANCHES. Beuve – Schur, Hérauville (cap), Cabon, Fofana – Boateng – Pivaty (Niakaté, 75e ), Diongue – Théault (Ndengila, 100e ), Barreto – Créhin (Derrien, 98e ). Entraîneur : Richard Déziré.
METZ. Carrasso – Rivierez, Milan, Palomino, Bussmann – N’Daw, Ngbakoto (Ikaunieks, 119e ), Krivets (Sarr, 67e ), Lejeune, Malouda (cap) – Falcon (Nsor, 85e ). Entraîneur : Albert Cartier.
Jean-Sébastien GALLOIS.
« Récompensés de notre sérieux »
La satisfaction du devoir accompli accompagnait des Messins rassurés, hier, après leur qualification en Basse-Normandie.
Evidemment, le soulagement était de mise, hier soir, au moment de reprendre le chemin vers la Lorraine. Avec comme supplément de bagages, trois buts et une qualification pour les huitièmes de la Coupe de France. « Cela faisait un bon bout de temps que nous n’avions plus inscrit autant de buts , souriait d’ailleurs José Jeunechamps, après la rencontre. Même si nous avons dû patienter jusqu’aux prolongations, nous sommes récompensés de notre sérieux et de notre application. »
Des ingrédients qui avaient fait grandement défaut à Florent Malouda et ses partenaires samedi dernier face à Montpellier (2-3). « Après cette rencontre, l’équipe était forcément un peu dans le doute , poursuit l’entraîneur adjoint du FC Metz. De ce point de vue, il était important d’obtenir cette qualification. D’autant qu’elle intervient au terme d’une rencontre difficile, disputée dans un contexte particulier et face à une formation d’Avranches en confiance. »
Les Lorrains ont donc eu la bonne idée de retrouver leurs esprits hier soir. « Le match de Montpellier a été une énorme déception , rappelle Guido Milan. Pas seulement pour le résultat mais aussi à cause du contenu. C’était une bonne chose d’avoir l’occasion de rebondir aussi rapidement. Outre le fait de poursuivre l’aventure en Coupe de France et de ne pas avoir pris de but, ce succès va nous permettre de préparer un peu plus sereinement le déplacement à Lyon. »
« Envie de se racheter »
Rebondir après l’échec montpelliérain. C’était aussi dans cette optique qu’Albert Cartier avait décidé, à Avranches, de reconduire la même équipe, ou presque. « Nous avons besoin de jouer et de travailler les automatismes , explique l’entraîneur messin. Les garçons avaient tous envie de se racheter après cette déconvenue. C’était, en quelque sorte, une deuxième chance pour eux avant d’éventuelles corrections. »
Metz n’est donc pas tombé dans le trou bas-normand. Il a, au contraire, pris une bonne rasade de confiance. « On savait que ce serait compliqué au regard de notre situation, de ce match catastrophique contre Montpellier mais aussi en raison de la qualité de notre adversaire , assure encore Albert Cartier. On s’est donc rassuré dans ce contexte si particulier. C’est par le jeu qu’on s’en sortira. Contre Avranches, j’ai aimé les efforts du groupe dans la reconversion défensive. Celle-là même qui nous a permis de bien attaquer. » Et de gagner. Un verbe que Metz n’a pas conjugué si souvent ces derniers mois.
J.-S. G.