
Le doute s’installe autour d’Albert Cartier et son groupe, qui visent le maintien dans l’élite depuis le début de la saison. Photo Pascal BROCARD
Le FC Metz est désormais dernier de Ligue 1. C’est logique. Voici quasiment trois mois qu’il ne gagne plus. L’état d’urgence est décrété.
Et ce qui devait arriver arriva… Par la malheureuse combinaison d’une défaite à Lyon (2-0) et de résultats défavorables de la concurrence, le FC Metz s’est échoué, ce week-end, à la dernière place de Ligue 1. C’est une première pour cette équipe qui s’est installée, le temps d’une semaine au moins, dans de bien sinistres appartements. Comment décrire cette chambre au fond du classement ? Comme un sas soumis à toutes les pressions, où l’air est plus rare et le vent mauvais. Car l’endroit est ouvert aux tensions de vestiaire, propice à la résignation et peuplé d’interrogations désagréables. Les Grenats sont dans de beaux draps.
Metz est-il à sa place ? Oui. Cette photographie du classement n’est qu’un reflet fidèle de l’incroyable dégringolade entamée en novembre. Sur ses dix dernières journées de championnat, cette équipe a conquis… 2 points sur 30 possibles et elle a marqué 6 buts pour en encaisser 20. Les Lorrains sont aussi les plus mauvais voyageurs de L1 (5 points sur 36) et lestés, de surcroît, d’une différence de buts considérable (-13). Seul Evian TG les dépasse en la matière (-14). Non contents d’avoir perdu leurs certitudes défensives, les Grenats marquent peu (19 buts dont 6 penaltys). En résumé, rien ne va.
Faut-il s’inquiéter, alors ? Evidemment. La série est catastrophique et la réaction ne cesse d’être reportée. Albert Cartier a d’ailleurs utilisé 28 joueurs en L1 dont 24 titulaires différents, sans trouver un attelage équilibré et performant sur la durée. Certains maillons forts d’hier (Choplin, Métanire) sont même sortis du circuit aujourd’hui. Il manque également ces internationaux (Kashi, Doukouré) qui cirent le banc en Coupe d’Afrique des Nations et privent leur entraîneur de solutions en L1. Sans oublier les blessures (Andrada, Malouda, Ben Youssef), les méformes (Krivets, Lejeune, N’Daw), les joueurs en reprise (Rocchi, Nsor), une suspension à venir (Milan) ou l’incertitude autour du dossier Maïga.
L’espoir ? Le calendrier
Forcément, le pessimisme s’installe, avec toute la panoplie de procès en options. Albert Cartier a-t-il l’étoffe de la L1 ? Le groupe adhère-t-il toujours au discours ? L’équipe a-t-elle le niveau ? Autant de questions qui avaient déserté les conversations durant deux saisons avant de revenir en force en ces jours plus sombres… A la bonne heure : des réponses vont tomber et les meilleures raisons d’espérer sont contenues dans la suite du calendrier. Metz va tout bonnement jouer l’essentiel de sa survie sur les onze prochaines journées, avec neuf rendez-vous dans ses cordes a priori : Nice, Bastia, Guingamp, Reims, Evian, Rennes, Caen, Toulouse et Lens. Saint-Etienne et le PSG feront naturellement figure de bonus, au même titre que le récent déplacement à Lyon…
Cette séquence de deux mois sera décisive. Les garçons frustrés d’avoir été oubliés quand Metz s’était effondré jusqu’en National auront l’opportunité de terminer le travail en maintenant leur club formateur dans l’élite. Leur entraîneur pourra prouver qu’il est à la hauteur du projet qu’il a présenté avec sa candidature au poste. Et l’équipe entière tiendra l’occasion de chasser les soupçons de démission comme les doutes sur sa valeur. Au pied d’un immense défi, le FC Metz est tout simplement invité à relever le challenge de l’orgueil et le pari de la survie. Première étape de ce redressement samedi, face à Nice. Il n’est pas trop tard.
Christian JOUGLEUX.
Est-ce rédhibitoire ?
Incapables de s’imposer en championnat depuis dix matches, les Messins doivent impérativement rompre cette spirale de l’échec. Bien que préoccupante, leur situation comptable les autorise à garder espoir.
Depuis dimanche soir, le FC Metz a endossé la très peu flatteuse panoplie de lanterne rouge de la Ligue 1. La dernière fois que les Messins s’étaient retrouvés à la vingtième place de la première division française, c’était en 2007-2008, date de leur dernier passage au sein de l’élite avant leur retour en août dernier. Cette saison-là, c’était également dans la peau d’un promu champion de Ligue 2 que les hommes de Francis De Taddeo avaient abordé la compétition. Un costume qui s’était très vite révélé bien trop grand. Le passage des sentiers de la gloire au chemin de croix avait été particulièrement douloureux. Bons derniers dès la quatrième journée, Christophe Marichez et ses partenaires n’étaient, en effet, jamais parvenus à quitter cette vingtième place, terminant l’exercice avec seulement cinq victoires au compteur pour neuf nuls et vingt-quatre défaites.
Évidemment, la comparaison avec la situation actuelle des hommes d’Albert Cartier s’arrête là. Contrairement à leurs prédécesseurs, ces derniers possèdent une réelle marge de manœuvre. Fin janvier 2008, après vingt-deux journées, les Lorrains ne possédaient que huit petites unités (1 victoire, 5 nuls, 16 défaites) et accusaient un retard de dix-huit points sur Toulouse, le premier non-relégable. Aujourd’hui, la donne est différente pour Florent Malouda et ses coéquipiers. Sur leur balance, vingt points (5 victoires, 5 nuls, 12 défaites) soit seulement deux de moins que le dix-septième (Toulouse) et trois sur Bastia, quatorzième.
De ce point de vue, les données comptables du FC Metz, aussi inquiétantes soient-elles, ne sont donc pas (encore) rédhibitoires. D’ailleurs, si sur ces six dernières saisons une seule équipe, vingtième à l’issue de la 22e journée, est parvenue à se sauver, c’est précisément parce qu’elle n’était pas totalement décrochée. En 2011-2012, Sochaux (19 pts) n’était ainsi qu’à trois longueurs de Dijon, premier relégable, et avait finalement terminé à la quatorzième place. Toutes les autres formations comptant entre six et seize unités de retard avaient pris l’ascenseur pour la Ligue 2.
Des chiffres qui font mal
Reste que pour parvenir à combler ce handicap, les Messins doivent absolument mettre un terme à une funeste série ayant débuté le 1er novembre dernier, date de leur dernier succès en championnat face à Caen (3-2). Depuis, le FC Metz n’a pas remporté la moindre victoire lors de ses dix dernières sorties (2 nuls, 8 défaites). Des chiffres qui font mal et réveillent surtout de bien douloureux souvenirs. Retour en 2007-2008 , avec, notamment, une série de quinze rencontres sans victoire (4 nuls, 11 défaites) entre la 10e et 25e journée…
Plus proche encore, cette traversée du désert en Ligue 2 lors de l’exercice 2012-2013. Alors que les troupes de Dominique Bijotat étaient encore dans la course à la montée peu avant la trêve, elles s’étaient totalement effondrées à partir de fin décembre : douze matches sans succès (6 nuls, 6 défaites) et une relégation historique en National au bout du tunnel…
Dans les deux cas, cette spirale n’avait été que partiellement rompue. Aujourd’hui, les hommes du président Serin savent que c’est en retrouvant de la constance dans leurs résultats qu’ils atteindront leur objectif du maintien. Car derrières les chiffres, il y a des hommes. À qui plus aucun calcul n’est vraiment autorisé. Alors oui, la situation sportive – et par ricochet mathématique – est préoccupante. Mais elle n’est pas totalement désespérée.
J.-S. G.
Philipps : « Une preuve de confiance »

Chris Philipps. Photo Karim SIARI
Au moment où le FC Metz touche le fond, Chris Philipps refait surface. L’international luxembourgeois vient de découvrir l’élite à Lyon. Entre frustration et satisfaction…
Quel sentiment prime après cette défaite à Lyon ? « De la frustration. Encore un match à l’issue duquel on est rentré avec zéro point dans nos bagages. On peut avoir des regrets sur notre première mi-temps. La première occasion du match, c’est nous qui l’avons. Après, il y a eu ce but et ce penalty et surtout ce carton rouge qui me paraît sévère. A dix, c’est compliqué, surtout à Lyon, chez le leader du championnat. »
• Malgré tout, vous n’avez pas baissé les bras… « Dans ce contexte, on a fait une preuve de solidité durant une grande partie du match. Ce n’était pas facile, mais il était important de ne pas lâcher. Quand vous êtes dans le dur, il est important de ne pas lâcher à dix contre onze contre une équipe qui pratique un beau football et possède beaucoup de qualité. Le deuxième but a été logique par rapport à la physionomie du match. Mais on ne peut pas être satisfait de ne ramener aucun point de ce match. »
• Regrettez-vous de ne pas avoir pu vous battre à armes égales, à onze contre onze, au stade de Gerland ? « Oui, parce qu’on était bien en place, même après le premier but. Mais l’arbitre n’était pas obligé de mettre un carton rouge à Guido (Milan) sur le penalty. C’est toujours une règle discutable. Quand vous faites une faute dans la surface, vous êtes souvent en position de dernier défenseur. Je pense que le carton rouge n’est pas mérité. »
• Cela vous fait de sacrés souvenirs pour une première en Ligue 1… « C’est sûr ! La première, vous ne la choisissez pas. Jouer chez les leaders, c’est quand même une preuve de confiance de la part du coach. J’ai joué ce match comme tous les autres, je ne me suis pas mis la pression. Bien sûr, j’aurais préféré commencer par une victoire. Mais je savais qu’avec l’adversaire du jour, ça allait être difficile. »
« Au coach de voir »
• Vous attendiez-vous à cette titularisation au stade de Gerland ? « Après les entraînements de la semaine, un peu. Il y a une semaine, ce n’était pas le cas du tout. Le coach a pris cette décision et je le remercie. Maintenant, c’est à moi de travailler pour que ça arrive de plus en plus souvent à l’avenir. »
• Comment jugez-vous votre prestation contre Lyon ? « J’ai essayé de me mettre au service du collectif. C’est sûr que j’aurais aimé toucher plus de ballons. Mais quand vous allez chez le leader et en plus que vous vous retrouvez à dix, c’est compliqué. C’est donc dur de juger quand vous touchez peu de ballons. Défensivement, j’ai été plutôt bien, j’ai essayé d’aider l’équipe, j’espère que ç’a été le cas. »
• A quoi aspirez-vous désormais ? Imaginez-vous votre avenir à Metz alors que le mercato hivernal n’est pas terminé ? « Difficile à dire, il y aura aussi les retours de la CAN. Si le coach m’a fait confiance à Lyon, c’est, quand même, qu’il compte sur moi. A Lyon, j’ai eu l’occasion de montrer de quoi j’étais capable, même si la défaite a été au bout. A lui de voir s’il considère ma prestation assez bonne pour l’offrir plus de temps de jeu dans les semaines à venir. »
Maxime RODHAIN.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : repos. Aujourd’hui : une séance d’entraînement à 10h30. Demain : une séance à 10h30. Jeudi : une séance à 10h30. Vendredi : Une séance à 15 h (à huis clos). Samedi : Metz - Nice à 20 h. Dimanche : repos.
D’un match à l’autre. Dernier match : Lyon - Metz (22e journée de Ligue 1), dimanche 25 janvier : 2-0. Prochain match : Metz - Nice (23e journée de Ligue 1), samedi 30 janvier à 20 h. À suivre : Bastia - Metz (24e journée de Ligue 1), samedi 7 février à 20 h ; Metz - Brest (8es de finale de la Coupe de France), jeudi 12 février à 19h45 ; Metz - Guingamp (25e journée de Ligue 1), dimanche 15 février à 17 h ; Reims - Metz (26e journée de Ligue 1), dimanche 22 février à 17 h.
À l’infirmerie. Federico Andrada soigne actuellement une entorse de la cheville droite, alors que Fakhreddine Ben Youssef souffre de la cuisse. L’indisponibilité de Florent Malouda , touché à la cuisse à Lyon, dimanche, n’est pas encore connue.
Suspendu. Exclu à Lyon, Guido Milan est automatiquement suspendu pour la venue de Nice, samedi, à Saint-Symphorien.