
Les Messins, par Sylvain Marchal ou encore Yeni Ngbakoto, ont beaucoup tenté. Mais les Stéphanois de Ruffier et Théophile-Catherine ont été plus réalistes. Photo Gilles WIRTZ
Menés 2-0 à la pause, les Messins ne sont jamais parvenus à combler leur handicap, hier face des Stéphanois efficaces. Battus 3-2, ils s’enfoncent encore un petit peu plus.
Si jusqu’ici, quelques voix s’élevaient encore pour affirmer, timidement, qu’ils croyaient à un hypothétique miracle, après cette dix-septième défaite de la saison, même les plus pieux se sont réveillés, ce matin, avec une sacrée crise de foi.
Hier, sur sa pelouse de Saint-Symphorien, le FC Metz a chuté face à une équipe de Saint-Etienne réaliste et qui, comme d’autres avant elle, a profité de la naïveté de la lanterne rouge du championnat. Trois absences coupables qui ont, une fois de plus, plongé les Messins face à leurs doutes, face à leurs limites. Pourtant, les hommes d’Albert Cartier ont entretenu l’espoir. En début de match tout d’abord, grâce à une entame engagée et cohérente. En revenant au score ensuite en milieu de seconde période. Les Lorrains ont certes bousculé un candidat à l’Europe, ils ont même inscrit deux buts, ce qui ne leur était plus arrivé depuis le 17 janvier et (déjà) une défaite 3-2 face à Montpellier. Mais l’épilogue, lui, est encore et toujours le même.
Malmenés pendant une grosse demi-heure, les Stéphanois ont su faire le dos rond. Servi par Malouda, Lejeune allumait la première mèche. Un pétard mouillé pour le coup (8e ). Quelques minutes plus tard, les Lorrains confirmaient leurs bonnes intentions par l’intenable Sarr, dont le centre-tir était détourné par Théophile-Catherine (27e ). Sur le corner, Marchal tentait une reprise peu catholique mais qui flirtait avec la barre transversale de Ruffier (28e ).
Penalty trop tardif
Dans la lignée de leur prestation à Rennes, les Mosellans se donnaient donc les moyens de leurs ambitions. Jusqu’à cette percussion côté droit d’Hamouna, qui se jouait de Philipps pour servir Gradel au point de penalty. Bien seul, l’attaquant stéphanois ajustait tranquillement Mfa (0-1, 38e ). Dans la foulée, le gardien messin était contraint de se jeter dans les pieds du même Hamouna (39e ). Ce dernier lançait ensuite dans la profondeur Erding, qui remportait son duel avec l’international gabonais (0-2, 42e ). Trois occasions, deux buts. Difficile d’être plus efficace…
À la reprise, Krivets et Ngbakoto faisaient leur apparition à la place de Philipps et Maïga, victime d’une entorse de la cheville. Deux armes offensives supplémentaires qui permettaient à Malouda de solliciter Ruffier, le nouveau "grand ami" du public de Saint-Symphorien (47e ). Si les intentions étaient toujours essentiellement messines, Saint-Etienne profitait de la moindre erreur pour se montrer dangereux. Ainsi, sur une perte de balle de Sassi, Gradel remisait pour Clerc qui envoyait un missile superbement dévié par Mfa (50e ).
Metz gardait néanmoins l’espoir de revenir dans la partie et après deux essais signés Ngbakoto (51e , 54e ), c’était Lejeune qui réglait la mire d’une frappe puissante à l’entrée de la surface de réparation (1-2, 56e ). Les Lorrains poussaient, se découvraient, mais Erding, trop altruiste, n’en profitait pas (66e ). De quoi entretenir un petit espoir de revenir au score. Sarr, sur coup franc, était d’ailleurs à deux doigts d’y parvenir. Mais Ruffier prouvait que sa seule qualité n’était pas uniquement de chambrer le public (71e ). Un public qui déchantait lorsque l’ancien Nancéien, Mollo, à peine entré en jeu, s’en allait en solo inscrire le troisième but de son équipe, malgré le retour désespéré de Métanire (1-3). Dans le temps additionnel, le FC Metz était récompensé de ses efforts en obtenant un penalty pour une faute de main de Théophile-Catherine. Ngbakoto transformait (2-3), mais il était déjà trop tard.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Lejeune avait redonné espoir

D’une sublime frappe lointaine , Kévin Lejeune a relancé les Messins en deuxième période face aux Stéphanois de Fabien Lemoine. Photo Gilles WIRTZ
Une frappe sublime de Kévin Lejeune avait relancé les Messins. Mais de trop nombreux errements défensifs ont pénalisé les Grenats.
M FA. Deux dégagements hasardeux dans les vingt premières minutes. Pas de quoi rassurer. Le gardien ne peut rien sur les deux premiers buts stéphanois, abandonné par sa défense. Il sort une grosse parade sur la frappe de Clerc au retour des vestiaires (50e ) et évite à Metz de sombrer. Ensuite, le tir contré de Mollo surprend l’international gabonais sur le troisième but des Verts. Une huitième titularisation à oublier pour mieux se relancer.
MÉTANIRE. Une activité énorme pendant 90 minutes. Le latéral droit ne s’est pas économisé hier après-midi. À la lutte avec Mollo sur le troisième but, il dévie la frappe de l’ancien Nancéien. Mais Romain Métanire a tout de même été l’un des meilleurs Grenats.
MARCHAL. Le capitaine peut ouvrir le score : seul dans la surface, il ne cadre pas sa reprise (27e ). Avec son partenaire dans l’axe de la défense, il laisse Erding partir seul au but pour le 2-0 (42e ). De la présence dans l’engagement et de la volonté à ne jamais baisser les bras.
MILAN. Le défenseur central effectuait son retour en l’absence de Palomino. L’Italo-Argentin prend le dessus dans les airs mais se laisse surprendre, comme toute la défense, sur les contres des Verts.
BUSSMANN. Dans son couloir gauche, le Vosgien ne s’est pas trop montré. Pas dans les bons coups mais pas dans tous les mauvais non plus. Absent sur le premier but stéphanois…
PHILIPPS. Positionné seul devant la défense, le Luxembourgeois se laisse déborder trop facilement à l’entrée de la surface par Hamouma sur le premier but encaissé. Avant ça, il avait répondu présent dans le pressing et la récupération. Remplacé par Krivets (45e ), qui a encore manqué de justesse dans ses transmissions et à la finition.
SARR. De l’envie, des accélérations, des prises de risques. Ses jambes de feu ne font toutefois pas la différence. Et c’est bien là le souci. Il est entré plusieurs fois dans la surface stéphanoise pour créer le danger mais, dans le dernier geste, c’est toujours aussi compliqué.
SASSI. Le milieu tunisien harcèle constamment, récupère de bons ballons. Dans l’orientation du jeu aussi, c’est positif, mais il peine à apporter le danger. Remplacé par Sido (73e ).
MALOUDA. Vingt premières bonnes minutes dans l’envie mais le Guyanais s’est ensuite un peu éteint. On l’a vu revenir quelques fois en défense pour palier un manque. Néanmoins globalement discret.
LEJEUNE. L’auteur de la première frappe de la partie (8e ). Sa seconde, sublime, à l’entrée de la surface, nettoie la lucarne de Ruffier et relance la maison grenat (1-2, 56e ). Contenu par les Stéphanois dans ses (moins nombreuses) percées vers l’avant.
MAÏGA. Du jeu en déviation, à terre ou dans les airs, mais pas grand-chose d’autre. Sorti sur blessure (cheville), l’ancien Sochalien a cédé sa place à Ngbakoto (45e ). Plein d’envie et de volonté, l’attaquant se montre immédiatement sur une frappe écrasée à côté et sur une tête non cadrée avant de réduire la marque sur penalty (90e ). Une bonne entrée en jeu.
Nicolas KIHL.
Bouna Sarr accélère la cadence

Comme à son habitude, Bouna Sarr a beaucoup provoqué, notamment face à Loïc Perrin. Photo Gilles WIRTZ
Depuis plusieurs semaines, le milieu de terrain du FC Metz a retrouvé la bonne carburation. Hier, il a encore été l’un des Messins les plus en vue.
En début de saison, de nombreux observateurs s’interrogeaient sur la capacité de Bouna Sarr à exister en Ligue 1. Serait-ce enfin son année ? Lui, le produit de la formation messine qui avait tant de mal à mettre en éveil tout son potentiel. Des prestations en dents de scie ont finalement été le lot du jeune milieu offensif (23 ans) du FC Metz. Jusqu’à ce début d’année 2015.
Titularisé à six reprises lors des sept dernières sorties de son équipe, le natif de Lyon est actuellement l’un des Messins les plus réguliers. Auteur de son premier but au sein de l’élite face à Evian (1-2) le 29 février dernier, Bouna Sarr se dépense sans compter. S’il participe au replacement défensif – ce qui n’allait pas forcément de soi voici encore quelques mois –, il est surtout l’un des principaux accélérateurs du jeu de son équipe.
Manque le dernier geste…
Il en a encore fait la démonstration hier après-midi face à Saint-Etienne. Signalé hors-jeu alors qu’il partait seul au but dès la deuxième minute, le Franco-Guinéen était à nouveau dans la surface de réparation quelques instants plus tard. Un numéro solo qui se terminait par un centre-tir dévié par Théophile-Catherine (27e ).
Omniprésent dans son couloir droit, Bouna Sarr a néanmoins manqué d’efficacité dans le dernier geste – de nombreux centres ont été contrés – malgré un bon corner dont n’a pas pu profiter Yeni Ngbakoto (54e ) et, surtout, une récupération rageuse du ballon qui a permis à Kévin Lejeune de réduire le score d’une belle demi-volée (56e ).
Bouna Sarr aurait même pu endosser la panoplie de héros du peuple grenat si son coup franc parfaitement tiré n’avait pas trouvé le talent de Stéphane Ruffier sur sa trajectoire (71e ). Un coup franc qui n’aurait d’ailleurs jamais dû être sifflé puisqu’il y avait bel et bien penalty, la main stéphanoise ayant été commise dans la surface de réparation…
Lorsque le FC Metz a poussé, en fin de match, le milieu de terrain a souvent été l’un des déclencheurs des actions de son équipe. Preuve que ce joueur est au point physiquement et qu’il s’est débarrassé de ses vieux démons pour (enfin) gagner cette confiance en son jeu qui lui manquait tant. Malheureusement, cette embellie n’est guère suffisante pour sortir le club à la Croix de Lorraine de l’ornière.
À l’image de ses coéquipiers, Bouna Sarr fait preuve de beaucoup de générosité, cherche les solutions, accélère le jeu, fait la différence dans les petits périmètres, mais ne parvient que par intermittence à trouver la solution idéale. Celle qui permettrait aux Messins non plus de rêver à un très hypothétique maintien, mais de l’envisager vraiment.
J.-S. G.
Hors-jeu

Florent Malouda. Photo Pascal BROCARD
Malouda
De retour à la compétition à Rennes après cinq semaines d’absence en raison d’une blessure à une cuisse, Florent Malouda a récemment été sollicité par la sélection de Guyane dans le cadre des qualifications pour la Gold Cup. Une invitation qu’il a décliné. « On m’a proposé de jouer les deux matches face au Honduras mais j’ai refusé, car seul le projet messin est important aujourd’hui »,
a expliqué le milieu de terrain du FC Metz.
Amical
A l’occasion de la trêve international, les hommes d’Albert Cartier disputeront un match amical face aux Belges de Seraing United (D2), le club satellite du FC Metz. La rencontre aura lieu le vendredi 27 mars sur la pelouse du stade Saint-Symphorien. Coup d’envoi à 15 h.
Génération Grenat
Pour la neuvième édition de son désormais traditionnel tournoi de foot à sept, Génération Grenat disposera, cette année, des installations du FC Metz. Rien que ça ! Rendez-vous donc le 20 juin
sur les terrains de la Plaine Saint-Symphorien à Longeville-lès-Metz. L’événement est ouvert à tous (équipes de 7 joueurs + 3 remplaçants maximum) et la restauration sera assurée toute la journée. Inscriptions (30 € par équipe) et informations par mail : tournoigg95@yahoo.fr
Entraînement
Au repos ce dimanche au lendemain de la défaite face à Saint-Etienne, les hommes d’Albert Cartier retrouveront le chemin de l’entraînement dès demain lundi. Sylvain Marchal et ses partenaires ont rendez-vous à 15h30 sur la pelouse du stade de l’autoroute avec en ligne de mire un déplacement à Caen samedi.
Sylvain Marchal : « Ne pas baisser les bras »
Albert Cartier (entraîneur de Metz) : « Saint-Etienne a montré sa force ce soir (hier) et nous a fait mal en contre. C’est difficile car on a mis de l’envie, de la motivation. Il faut évidemment garder cet état d’esprit dans la difficulté car on a tenu tête à une grande équipe. On est resté debout, on n’a pas lâché même à 2-0. Mathématiquement, c’est toujours jouable alors, bien sûr, nous y croyons. »
Sylvain Marchal (défenseur et capitaine de Metz) : « Saint-Etienne a été plus réaliste. On a réussi une entame correcte mais les deux buts encaissés juste avant la mi-temps nous font très mal. On est revenu avec des intentions pour tenter de refaire notre retard. Il ne faut pas baisser les bras et rester solidaires. Donner une image positive sur les prochains matches et ne surtout rien lâcher. »
Yeni Ngbakoto (attaquant de Metz) : « Il y a forcément de la déception car j’ai le sentiment que nous avons fait un bon match en nous créant de nombreuses situations. Mais, encore une fois, nous payons cash nos erreurs. Le but reste le même : gagner un match, insister pour y croire encore. »
Romain Métanire (défenseur de Metz) : « On débute bien en se procurant plusieurs occasions. Et puis on encaisse un but contre le cours du jeu, ce qui nous fait mal. En deuxième période, on revient bien après s’être remotivé dans les vestiaires et on a marqué. Mais le troisième but de Saint-Etienne vient, je pense, sceller le sort du match. Le maintien ? Il y a toujours de l’espoir, on se doit de se battre jusqu’au bout. On aime ce club, on veut le sortir de cette galère. »
Christophe Galtier (entraîneur de Saint-Etienne) : « On a été efficace puisqu’on a mis trois buts, mais je ne dirais pas qu’on a su gérer car on en a encaissé deux. C’est un peu dommage d’avoir pris le premier sur une perte de balle dans le cœur du jeu car ça a galvanisé Metz. Heureusement, on a triplé la mise car sinon, je pense qu’on aurait concédé le nul. Cette victoire est de bon augure pour le sprint final. On a une fin de saison excitante, que du bonheur ! »
Yohan Mollo (milieu de Saint-Etienne) : « On s’attendait à un match compliqué, ce fut le cas. Metz a fait preuve d’énormément d’engagement et s’est battu avec ses armes. Les Messins n’ont jamais lâché mais ils n’ont pas eu la réussite. C’est sans doute la malchance du dernier. De notre côté, nous n’avons pas été flamboyants mais, par contre, très réalistes. »
Metz poursuit la série (CFA)
Après deux larges victoires contre les réserves de Troyes et de Saint-Etienne (3-0), les Messins se rendaient à Drancy, chez un concurrent direct pour le maintien. Et si les hommes de José Pinot n’ont pu accrocher un troisième succès de suite sur une pelouse bosselée, ils pourront tout de même se satisfaire d’un nul à la fois mérité au vu de la première période et quelque peu chanceux à la lecture de la seconde ou les Banlieusards furent nettement plus à leur avantage. Un partages de point que les Grenats n’avaient plus obtenu loin de chez eux depuis le déplacement du 22 novembre dernier à Yzeure et conclu sur un score identique à hier soir (0-0). Et il faut même remonter au 23 août pour trouver trace du seul succès en déplacement (1-0 à Troyes).
Pour ce qui est de la rencontre en elle-même, les réservistes messins n’eurent qu’une franche occasion au quart d’heure de jeu lorsque seul dans la surface, Vion décocha un tir puissant, sans trouver le cadre hélas.
La seconde période était bien plus enlevée avec des Franciliens désireux de trouver le chemin des filets. Opportunistes, ils n’étaient pas loin de faire mouche par Diomandé juste avant l’heure de jeu à bout portant, puis par Tounkara à la 76e d’une frappe puissante à l’angle droit de la surface ou encore avec Salmier (88e ). Mais à chaque fois, Junker sur sa ligne montrait toute l’étendue de son talent. Les partenaires de Lucas Toussaint essaieront de confirmer leur bonne période samedi prochain lors d’un nouveau déplacement, plus cours cette fois-ci, sur le terrain de Raon-l’Étape.
Julien LEDUC.