
Albert Cartier, mine de rien, y croyait encore à l’occasion de ce déplacement en Normandie. Mais la résignation semble avoir fini par le gagner. Photo AFP
Le nul à Caen, samedi (0-0), a rincé les derniers espoirs de maintien. Tout porte à croire que Metz y voyait le match de la dernière chance. Retour sur cette valse en quatre temps.
UNE IMAGE D’ABORD
Cette rangée d’hommes en doudoune, debout comme un seul, ce samedi soir. Le président Serin, Philippe Gaillot, le staff sportif et médical au complet : tout ce petit monde s’est campé devant le banc de touche, attentif à l’échauffement en cours, avant le coup d’envoi de Caen-Metz. En tribune, Carlo Molinari, qui avait fait le déplacement évidemment. A neuf journées de la fin du championnat, Metz a montré les signes d’une attente. Voilà ce que dit cette image. Ils y croyaient encore dans un coin de leurs têtes. Ce discours de maintien, cette communication positive du « mathématiquement possible », n’étaient pas qu’une vitrine, qu’un vernis nécessaire pour amuser la presse et rassurer les fans. Il restait un infime espoir de miracle pour les Grenats et cette mobilisation générale, au stade d’Ornano, laisse penser aujourd’hui qu’il s’agissait bien du match de la dernière chance.
CE MATCH ENSUITE
Comme (trop) souvent cette saison, le FC Metz a montré deux visages, samedi, dans le Calvados. Une bipolarité qui a largement plombé les espoirs de maintien du patient messin. Bousculés, fébriles, incapables de sortir proprement un ballon en première période, Sylvain Marchal et ses partenaires ont redressé la barre après la pause. Le tout enrobé d’une solidité et d’une solidarité leur ayant permis de boucler ce trentième épisode avec un point. Sans prendre de but. Sans en marquer non plus mais c’est une habitude : jusqu’ici les Lorrains n’ont trouvé les filets adverses à l’extérieur qu’à trois reprises… Au final, ce résultat nul est évidemment insuffisant dans le contexte actuel. Le pire dans cette histoire, c’est que les Messins auraient pu envisager un peu plus. Auraient… Comme récemment à Rennes (1-0) ou à Reims (0-0). « Nous sommes dans la continuité de ce qu’on fait à l’extérieur ces dernières semaines », a souligné Albert Cartier après la rencontre. C’est vrai que dans le jeu, les Lorrains ont démontré un petit mieux. Collectivement. Individuellement aussi (Mfa, Kashi, Marchal, Palomino…). D’ailleurs, sur les quatre (petits) points pris lors de la phase retour, trois ont été glanés loin de Saint-Symphorien. Un paradoxe, un de plus, pour une équipe qui prétendait assurer sa survie sur sa pelouse.
LES MOTS D’APRES
Encore une image. Albert Cartier, à l’heure de l’analyse, promène un regard différent devant les médias, une mine défaite voire, osons le mot, une tristesse. Comme si quelque chose s’était cassé. Comme s’il avait compris. Après ce match nul, l’entraîneur ne prononcera jamais le mot maintien. Il ne tient plus, d’ailleurs, le discours déterminé des semaines passées. Un journaliste l’interroge sur le fossé qui sépare Metz du 17e , Lorient (11 points). Réponse de l’intéressé : « Aujourd’hui, ce qu’on doit faire, c’est gagner, et ne plus passer notre temps à regarder les autres. » A priori, il ne se trouvera plus un seul Grenat pour parler de survie en Ligue 1. C’est bel et bien fini. Et la trêve à venir servira vraisemblablement à sauver ce qui peut l’être. C’est le dernier objectif que doit respecter ce FC Metz en échec. Soigner sa sortie, offrir une victoire à son public, rester digne jusqu’au bout.
ET MAINTENANT ?
Vendredi, les Messins s’offriront un tour de piste amical face à Seraing United sur leur pelouse de Saint-Symphorien. Histoire de combler la trêve internationale. Histoire aussi, peut-être, d’offrir un succès à leur public. Une denrée rare cette saison à Longeville-lès-Metz : quatre seulement. Ensuite, il sera temps de se pencher sur la réception de Toulouse, un autre grand corps malade de la Ligue 1 qui a néanmoins retrouvé un semblant d’équilibre, samedi, en s’imposant face à Bordeaux (2-1). Qu’importe. Désormais, le FC Metz, l’équipe de l’élite ayant terminé le plus de matches cette saison sans inscrire le moindre but (18 sur 30), doit à son fidèle public ce soupçon d’orgueil afin que ce retour dans l’élite ne soit pas celui de tous les (mauvais) records. Et, sur le papier, battre le Téfécé ne semble pas une mission impossible.
Jean-Sébastien GALLOIS et Christian JOUGLEUX.
Metz/Algrange : la loi des plus fortes

Andréa Burtin. Photo Pierre HECKLER
Metz/Algrange n’a pas fait le poids à Montpellier. Oublié le nul de l’aller (2-2), cette fois les Mosellanes ont explosé chez une formation beaucoup plus en jambes et revigorée par sa qualification en finale de la Coupe de France.
Les Lorraines ont longtemps résisté à Montpellier et même cru pouvoir rééditer le coup du match aller lors d’un premier acte relativement faible techniquement. Metz/Algrange avait même quelques opportunités pour créer la surprise, mais son manque de précision dans les transmissions avait rapidement mis fin à ses espoirs.
Montpellier n’était pas mieux, mais dominait logiquement les débats, en alertant déjà à plusieurs reprises Burtin. Des situations dangereuses plus que de réelles occasions, avant l’ouverture du score. Pas forcément imméritée, mais au plus mauvais moment, juste avant la mi-temps, pour les visiteuses. Sakina Karchaoui centrait pour la jeune Valérie Gauvin – le coach montpelliérain ayant mis plusieurs cadres au repos – dont le pied droit faisait mouche (1-0, 43e ).
Metz ne devait jamais se remettre de ce scénario. Si le score n’évoluait pas immédiatement après la reprise, c’était en grande partie grâce à Andréa Burtin, auteur de plusieurs parades déterminantes. Mais elle ne pouvait rien sur un nouveau centre, de Sandie Toletti, repris cette fois par Marina Makanza (2-0, 57e ). Le début de la fin pour des Messines qui ne voyaient plus le ballon au milieu de terrain. Il fallait un gros match des défenseuses de Metz/Algrange et de la gardienne des Grenats pour retarder au maximum l’échéance.
Metz/Algrange craque
Malheureusement pas assez longtemps puisque c’était au tour de Lindsay Thomas de profiter d’un centre de Laetitia Tonazzi pour faire mouche une troisième fois. Montpellier monopolisait le ballon dans l’axe et se régalait à dédoubler sur les côtés contre une équipe complètement à côté de son football. Et l’addition continuait de gonfler sur un quatrième but de la remplaçante de luxe Sofia Jakobsson, vainqueur de son duel avec la gardienne laissée à l’abandon et buteuse quatre minutes après son entrée en jeu (4-0, 73e ).
C’était lourd, mais ce n’était pas encore fini. A sept minutes du terme, un coup franc de la championne du monde Toletti était détourné par Burtin. Et, comme trop souvent, c’est une Montpelliéraine qui était à la réception du ballon qui traînait. Rumi Utsugi en l’occurrence pour le 5-0 (83e ). Le sixième but de Tonazzi (88e ) était hors-jeu. La coupe était déjà bien pleine…
Jérôme DIESNIS
« Pas au niveau »
Gérôme Henrionnet, entraîneur de Metz : « On a eu beaucoup de déchet technique en première mi-temps. Ensuite on a manqué de jus. Les dix heures et demie de bus ne nous ont pas aidés. Montpellier était plus en jambe et plus en confiance après leur qualification en finale de la Coupe de France. Le deuxième but est vite arrivé, ce qui nous a tués. On a perdu le fil du match au milieu de terrain. Montpellier a pu trouver ses ailières. Elles nous ont fait beaucoup de mal. De notre côté, notre milieu s’est liquéfié en deuxième mi-temps. Heureusement, notre gardienne a fait un grand match. A la mi-temps, j’avais confiance, même en manquent de justesse au milieu. Je pensais qu’en arrivant à produire un minimum de jeu, on pouvait espérer mieux. Malheureusement, j’ai vu trop de filles qui n’étaient pas à leur niveau. »
Rigoberte M’Bah, joueuse de Metz : « On a manqué d’expérience et de concentration. On avait espoir de faire quelque chose ici. Malheureusement, on n’a pas été au niveau »
Metz revient de loin
Terrain synthétique de la Plaine de Jeux Saint-Symphorien. Arbitre : Antoine Lamour. Buts pour Metz : Protin (41e , 49e ), Fournier (48e ), Arslan (81e ) ; pour Strasbourg : Andriamanivosoa (12e ), Schall (32e ), Klipfel (35e ).
Les Messins, actuellement dans une spirale négative, ont bien failli la voir se poursuivre contre Strasbourg. Les grenats se faisaient surprendre dès la 12e minute avec un but d’Andriamanivosoa (0-1 ; 12e ). Les Alsaciens doublaient la mise par Schall (0-2 ; 32e ) puis Klipfel marquait une troisième fois pour les visiteurs (0-3 ; 35e ). Les Messins réagissaient alors et réduisaient le score par Protin avant la pause (1-3 ; 41e ).
Au retour des vestiaires, Christophe Walter effectuait trois changements efficaces puisque Fournier allait fixer le gardien pour le deuxième but messin (2-3 ; 48e ) avant que Protin ne réussisse le doublé (3-3 ; 49e ). Arslan, également entré à la mi-temps, offrait la victoire aux siens sur la fin (4-3 ; 81e ).
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : repos. Aujourd’hui : une séance d’entraînement à 15h30. Demain : une séance à 10h30. Mercredi : une séance à 10h30. Jeudi : une séance à 10h30. Vendredi : match amical contre Seraing United à 15h (stade Saint-Symphorien).
D’un match à l’autre. Dernier match : Caen - Metz (30e journée de Ligue 1), samedi 21 mars : 0-0. Prochain match : Metz - Seraing (amical), vendredi 27 mars à 15 h. A suivre : Metz - Toulouse (31e journée de Ligue 1), samedi 4 avril à 20 h ; Paris SG - Metz (32e journée de Ligue 1), mardi 28 avril à 21h.
A l’infirmerie. Johann Carrasso (adducteurs), Juan Falcon (ischio-jambiers) et Romain Rocchi (genou) sont à l’arrêt. Fakhreddine Ben Youssef poursuit son programme individuel de reprise.
Suspendu. Aucun.
Buteurs. En Ligue 1 : Ngbakoto (5 buts) ; Falcon, Maïga (4) ; Bussmann, Malouda (2) ; Kashi, Krivets, Lejeune, Milan, Sarr (1).