
S’il reconnaît que le maintien relève désormais du « miracle », Florent Malouda. Photo AFP
L’ex-milieu de terrain des Bleus met des mots sur les maux dont souffre la lanterne rouge messine. Tout en appelant de ses vœux une réaction collective pour que le FC Metz retrouve (enfin) le goût de la victoire.
Le FC Metz dernier de Ligue 1 et incapable de remporter la moindre victoire depuis le 1er novembre, ça vous fait quoi ? « C’est très désagréable ! Très désagréable de perdre aussi souvent. Très désagréable d’être aussi bas dans le classement depuis si longtemps. Cette situation ne correspond évidemment pas aux objectifs qui étaient les miens en début de saison. Vivre une telle série de matches sans victoire, c’est évidemment inédit pour moi, mais peut-être aussi dans l’histoire… »
• Comment, selon vous, votre équipe en est-elle arrivée là ? « Nous avons progressivement perdu notre identité, nous nous sommes installés dans un état de fébrilité et, surtout, nous sommes tombés dans une certaine routine. J’ai l’impression qu’on porte le poids de nos erreurs sur nos épaules et que, fatalement, ces erreurs vont nous accompagner à chaque match. J’ai le sentiment qu’on accepte notre situation. On est encore trop gentil. Ce n’est pas ça le haut niveau ! »
• Le problème serait donc mental ? « Je le pense, oui. En match, nous parvenons à réaliser de bonnes choses, à développer de bons mouvements mais, parallèlement, nous avons ces absences qui nous coûtent si cher. J’estime que nous sommes mentalement défaillants dans la façon d’aborder les rencontres et, aussi, de gérer certains faits de jeu. Ce n’est jamais facile d’assumer des défaites. Mais il faut, à un moment donné, être capable de prendre ses responsabilités, de regarder en face sa courbe de performance et donc de vouloir corriger ses erreurs. Le FC Metz est dans une situation d’urgence et je ne le perçois pas assez au quotidien. »
• Même dans les discours d’Albert Cartier ou du président Serin ? « Ce ne sont pas eux qui sont sur le terrain ! Bien entendu que le coach a un discours musclé. Mais, à un moment donné, c’est la fierté individuelle qui doit prendre le dessus, et ce, quelles que soient les paroles de l’entraîneur ou du président. Moi, en tant que joueur, je me refuse de me présenter à chaque match en victime. Il nous manque cette réaction d’orgueil. On baisse la tête trop facilement. Ce ne sont pas les valeurs du club ! Aujourd’hui, cela ne sert plus à rien de faire de grands discours. La seule chose qui compte, c’est de briser cette spirale. Car cette série est tout simplement inconcevable à ce niveau ! »
« Cela relèverait quand même du miracle »
• Estimez-vous que vos adversaires sentent cette fébrilité ? « Oui et ils s’en servent. Guingamp et Saint-Étienne n’ont pas réalisé de grandes prestations face à nous. Ils ont simplement su être bien en place et ils ont attendu une erreur de notre part avant de gérer leur avantage. »
• Depuis quelques semaines, le FC Metz a renoué avec le 4-1-4-1. Ce système vous convient-il ? « Personnellement, je m’adapte, je tente d’être le plus disponible possible. À Reims, par exemple, nous avons démontré que cette option pouvait être efficace. Cela dit, quel que soit le modèle de jeu adopté cette saison, nous n’avons que trop rarement été capables de l’appliquer sur la durée par manque de maturité tactique. C’est bien le problème que rencontre le coach. »
• Dans ces conditions, pensez-vous que parler de maintien est encore d’actualité ? « On ne va pas se mentir : oui mathématiquement, c’est possible ; mais, dans notre situation, cela relèverait quand même du miracle. Cela dit, je refuse de baisser les bras. Notamment pour enfin décrocher cette fameuse victoire. Du coup, c’est bien dans l’approche du match qu’on doit travailler. Il faut arrêter de croire qu’on possède encore des jokers. On doit se dire qu’on joue notre survie sur le match à venir et ne pas regarder plus loin. Les grands calculs ne servent plus à rien. Pensons simplement à gagner. »
Jean-Sébastien GALLOIS.
Fc Metz express
Tableau de bord. Hier : une séance d’entraînement le matin. Aujourd’hui : une séance à 15h30 (huis clos).
D’un match à l’autre. Dernier match : Metz - Saint-Étienne (29e journée de Ligue 1), samedi 14 mars : 2-3. Prochain match : Caen - Metz (30e journée), samedi 21 mars à 20 h. À suivre : Metz - Seraing (amical), vendredi 27 mars à 15 h ; Metz - Toulouse (31e journée), samedi 4 avril à 20 h.
À l’infirmerie. Johann Carrasso (adducteurs), Juan Falcon (ischio-jambiers) et Romain Rocchi (genou) sont à l’arrêt. Fakhreddine Ben Youssef poursuit son programme individuel de reprise. De leur côté, Modibo Maïga (cheville) et Thibaut Vion (cheville) ont travaillé avec Robert Duverne hier matin. Ils reprendront tous les deux l’entraînement collectif cet après-midi.
Suspendu. Aucun pour le déplacement à Caen, samedi.