
Sylvain Marchal et les Messins n’ont pas pu obtenir mieux que le point du match nul, hier soir, face au Stade Malherbe de Caen d’Hervé Bazile. À l’image de son défenseur et capitaine, le FC Metz a été solide défensivement. Mais ça ne suffit toujours pas… Photo AFP
Le FC Metz n’a toujours pas réussi à renouer avec la victoire en Ligue 1. Son passage à Caen, hier, s’est seulement soldé par un nul convaincant à mi-temps (0-0).
Le FC Metz pourra toujours parler de « mathématiques » et d’un hypothétique espoir de survie en Ligue 1, il ne se trouvera plus grand monde pour adhérer à cette thèse ce matin. À huit journées de la fin du championnat et après une dix-huitième sortie consécutive sans succès, hier à Caen (0-0), le maintien des Lorrains s’est éloigné encore un peu plus du champ des possibles. Aujourd’hui, il doit traîner quelque part, dans une dimension parallèle, entre la fabrique de miracles et la galaxie des utopies…
Cette sortie dans le Calvados s’est jouée en trois temps hier : un premier quart d’heure effrayant de fébrilité côté mosellan, une séquence de jeu plus équilibrée mais toujours aussi pauvre ensuite, puis une seconde mi-temps aux antipodes, joyeusement enlevée et enfin prompte à réconcilier cette soirée avec le football. Anthony Mfa s’est par exemple employé à trois reprises pour sauver les siens devant Sala (63e , 83e , 87e ), quand les Lorrains approchaient enfin de la surface normande pour tenter leur chance. Sans succès évidemment. Car Kashi n’a pas réglé la mire sur ses deux missiles (60e , 90e +2) et Vercoutre a su s’interposer devant Maïga (49e ), sur un corner rentrant de Sarr (75e ) ou encore face au même Kashi (81e ).
Bussmann mal luné
Une équipe de Metz en confiance aurait certainement connu meilleur sort au stade Michel-d’Ornano. Ce groupe-là devra seulement se contenter d’un point qui flatte surtout le comportement de son gardien et d’une défense XXL. Sylvain Marchal et Jose Palomino ont rendu une partie aussi musclée que généreuse hier. Ahmed Kashi est monté en régime au fil des minutes pour reprendre ce rôle de plaque tournante qu’il occupait à merveille en Ligue 2. Romain Métanire s’est mis au diapason lui aussi, au contraire d’un Gaëtan Bussmann en difficulté constante et logiquement renvoyé sur le banc à la pause. Défensivement, Metz a retrouvé des habitudes bienvenues.
Le problème est ailleurs bien sûr. Jamais, en première mi-temps, les Grenats n’ont semblé lutter pour leur survie. Ils diffusaient au contraire ce curieux sentiment de jouer pour ne pas perdre. Une incongruité absolue à ce stade de la compétition. Les attaquants demeuraient d’ailleurs introuvables et, de toute façon, chaque ballon était d’abord rendu à Caen, qui a souvent manqué d’inspiration, à l’image d’un Julien Féret bien transparent. Et si le passage par les vestiaires a réveillé tout le monde, l’absence de vainqueur gèle toujours deux positions aujourd’hui : les hommes de Patrice Garande restent en effet à portée de fusil du premier relégable, Toulouse, quand les Lorrains sont désespérément englués tout en bas du classement, à onze points du 17e.
Metz a désormais deux semaines et une trêve internationale pour préparer la venue de ce même Téfécé à Saint-Symphorien. Il lui est naturellement conseillé de s’inspirer de cette seconde période dans le Calvados pour espérer cueillir enfin cette folle délivrance : un succès, trois points, des sourires… Sa dernière victoire en Ligue 1 renvoie toujours à Caen, le 1er novembre 2014. C’est fou comme le vent a tourné, comme les temps ont changé depuis. C’est triste aussi. En d’autres circonstances, ce nul à l’extérieur n’était pas une si mauvaise opération…
Christian JOUGLEUX.
Mfa, un mur porteur

Avec Anthony Mfa, Ahmed Kashi, ici aux prises avec N’golo Kanté, a été le Messin le plus en vue hier soir. Photo AFP
Souvent bousculée, la défense messine a tenu le choc à l’image de son gardien, impeccable hier soir.
M FA. Concentré, attentif et surtout décisif sur une frappe tendue signée Kanté (23e ), le gardien messin est ensuite intervenu avec autorité dans les pieds de Bazile (28e ) avant de gagner son duel avec Kanté (36e ). Sauvé par sa barre sur la superbe frappe de Lemar (48e ), ses interventions face à Sala ne doivent, en revanche, rien à personne (83e , 87e ).
MÉTANIRE. Face aux vagues caennaises, il a mis de longues minutes à trouver la bonne cadence et le bon dosage avant de prendre petit à petit la mesure de ses vis-à-vis et notamment de Bazile. À l’image de ce superbe retour dans les pieds du milieu du Stade Malherbe qui filait au but (47e ). Nangis n’a, ensuite, pas eu plus de réussite.
MARCHAL. Malmené, comme toute son équipe, durant les vingt premières minutes, le capitaine messin est doucement mais sûrement monté en régime. Malgré quelques relances approximatives, il s’est révélé intraitable.
PALOMINO. Tranchant. Au propre comme au figuré. L’Argentin ne se pose pas de questions. Et c’est tant mieux pour le FC Metz, qui peut compter sur lui pour colmater les brèches et gagner des duels. Un exemple.
BUSSMANN. Il a souffert face à la vitesse et la technique de Lemar et, à l’occasion, face aux accélérations de Sala. Une première mi-temps pénible pour le Vosgien, qui n’a jamais semblé dans le rythme. Remplacé après la pause par Maïga. D’entrée, l’attaquant malien a tenté de se rendre disponible alors que sa frappe a trouvé Vercoutre sur son chemin (49e ).
SASSI. Le Tunisien a alterné le bon et le moins bon, principalement dans ses transmissions de ballon. Avec un peu plus d’application, il aurait sans doute pu peser plus sur le jeu.
KASHI. Une intervention musclée et salutaire face à Seube (5e ) a donné le ton de la prestation à venir de l’international algérien. Il a vite confirmé cette bonne entame de match en grattant énormément de ballons, mais également en s’impliquant d’avantage dans le jeu et en tentant régulièrement sa chance (60e , 81e , 90e +1). Autant de frappes qui auraient mérité meilleure sort. Un retour aux affaires réussi.
SARR. Énormément d’activité et toujours cette volonté d’accélérer le jeu. Malgré une bonne frappe de vingt-cinq mètres (30e ), puis une autre sans assez de conviction (87e ), toutes ses louables intentions sont restées lettres mortes. Remplacé par Andrada (90e ).
MALOUDA. S’il a souvent tenté d’orienter le jeu, alternant jeu court et passes dans la profondeur, le Guyanais n’a pas toujours été très précis avant de monter en régime au cours de la seconde période. À deux doigts d’ouvrir le score à la suite d’une longue touche de Métanire, il a également effectué un joli travail pour ouvrir le but à Sarr (87e ).
LEJEUNE. Sa grosse activité défensive et la domination caennaise ne lui ont que trop rarement permis de participer au jeu lorsque son équipe avait le ballon. Replacé en défense, côté gauche, après la pause, il a rendu une copie très propre.
NGBAKOTO. Esseulé à la pointe de l’attaque, il n’a pas eu beaucoup de ballon à exploiter durant les quarante-cinq premières minutes. Avec l’entrée de Maïga, il a semblé être un brin plus à l’aise et surtout plus mobile. Sans parvenir à être décisif…
Jean-Sébastien GALLOIS.
Insaisissable Lemar, Féret transparent
Attendu, Julien Féret , l’homme en forme du Stade Malherbe de Caen, n’a pas brillé hier soir. Au contraire. Thomas Lemar en a profité pour lui voler la vedette, notamment en première période. Gaëtan Bussmann peut en témoigner. Accélérations, gestes techniques, le milieu de terrain normand n’a eu de cesse de faire vivre le jeu de son équipe. Se montrant parfois un peu trop gourmand. Sala , lui, avait également très faim. Dans tous les bons coups offensifs, ou presque, l’attaquant argentin a néanmoins été souvent pris au piège du hors-jeu, et, surtout, il est tombé sur un Anthony Mfa inspiré. Quant à la défense caennaise, elle s’est montrée solide devant un Rémy Vercoutre ayant bien fait ce qu’il a eu à faire.
Albert Cartier : « C’était mieux après la pause »
Albert Cartier, entraîneur de Metz : « Nous avons bien défendu face à une équipe de Caen entreprenante et enthousiaste. Si en première période, nous ne sommes pas parvenus à sortir proprement les ballons, c’était mieux après la pause. On a fait une bonne seconde mi-temps et on s’est créé des occasions. C’est ce qu’on aurait dû être capable de faire plus souvent. Je retiens cette capacité à défendre intelligemment et à se sacrifier. Nous sommes vingtièmes de Ligue 1. Mais nous ne sommes pas une équipe qui lâche, mais qui reste combattante et combative. »
Yeni Ngbakoto, attaquant de Metz : « C’est un point de pris et on arrête une série de défaites. Nous avons subi en première période car nous avons joué trop bas. Du coup, nous avons perdu beaucoup de ballons dans les premières relances. En seconde période, c’était mieux, notamment dans l’état d’esprit. C’est ce qu’il faut retenir de ce match. Malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à être efficaces devant le but. »
Emmanuel Imorou, défenseur de Caen : « Ce n’est peut-être pas une bonne opération mais on n’oublie pas d’où en vient. Ce soir, on a manqué d’efficacité. On n’a pas pris de but, c’est une bonne chose, car Metz a poussé et s’est créé des occasions.
Metz se fait surprendre (CFA)
S’il fallait convaincre les uns et les autres que cette rencontre entre Lorrains s’avérait cruciale pour le maintien, il suffisait de compter les professionnels messins laissés à disposition par Albert Cartier. Le FC Metz était venu appuyer sur la tête des Raonnais, mais ces derniers ont décroché une victoire acquise avec les tripes et l’envie.
Sur une pelouse indigne, il fallait attendre les douze premières minutes pour que Balogou ne soit devancé par Junker avant que Géhin, sur un coup franc de Kelsch, ne voie sa reprise de la tête finir sur la barre transversale messine (12e , 26e ). En face, les contres étaient rapides comme quand Krivets décalait parfaitement Sido. Ce dernier servait Doukouré mais Lambay repoussait du pied (13e ). Les débats s’étaient équilibrés alors que les nerfs étaient soumis à rude épreuve. Les deux formations se rendaient coup sur coup et, sur deux opportunités énormes, étaient à deux doigts d’ouvrir le score par Kelsch ou Vion (45e ).
Les Mosellans se rapprochaient dangereusement du but. Il fallait une sortie de Lambay dans les pieds de Nsor pour éviter le pire. Il y eut cette frappe hors du cadre de Krivets, mais surtout cette opportunité de Nsor mais l’anticipation du gardien vosgien l’obligeait à trop enlever (58e , 59e et 64e ). Petit à petit, les Raonnais desserraient l’étreinte. Le centre de Kelsch n’était pas converti par Géhin avant que ce même Kelsch ne trouve cette fois Nyamwisi au second poteau (1-0, 80e ).
RAON-L’ETAPE - METZ (2) : 1-0 (0-0)
Stade Paul-Gasser. 200 spectateurs. Arbitre : M. Naas. But : Nyamwisi (80e ). Avertissements à Raon-l’Etape : Kelsch (49e ), Keita (49e ), Lambay (78e ), Hsini (90e ) ; à Metz (2) : Udol (44e ).
RAON-L’ETAPE. Lambay – Kelsch, Malardé (Mascarelli, 30e ), Keita, Brafine – Nyamwisi, Patin – Povoa, Géhin, Johansen – Balogou (Hsini, 68e ).
METZ. Junker – Donval, Toussaint, Choplin, Udol – N’Daw, Sido (Nouvier, 80e ), Doukouré – Vion (Pierrot, 81e ), Krivets, Nsor (Diallo, 69e ).
Se souvenir des belles choses

Janela, Lhuillier, Mansuy : le FCMA devra être solidaire à Montpellier. Photo Anthony PICORÉ
Le FC Metz/Algrange a cinq matches pour se sauver. Ça commence aujourd’hui, à Montpellier, où les joueuses de Gérôme Henrionnet retrouvent une équipe qu’elles avaient tenue en échec.
Y croire, tel est le maître mot maintenant. Y croire parce qu’après la victoire rapportée d’Arras, le 1er mars, le maintien est plus que jamais possible. Au classement, Albi, qui compte un match de plus, n’est désormais plus qu’à quatre points : 34 contre 30 pour les Messines. Et chez les filles, avec la victoire à quatre points et le match nul à deux, ça peut aller vite. Et puis, le FCMA recevra, le 9 mai, au Batzenthal, les Albigeoises. Pour le match du maintien. Si tout va bien.
Croire au calendrier… Albi reçoit Rodez, avant d’aller à Arras, d’accueillir Guingamp et de se rendre à Metz. Dans le même temps, les Messines auront joué Montpellier (5e ), reçu Juvisy (3e ) et Guingamp (4e ) avec qui elles avaient partagé les points à l’aller, seront allées à Issy (12e ), avant de se frotter à Albi (9e ). « Il faut gagner à Issy et devant Albi et prendre quelque chose ailleurs », dit Gérôme Henrionnet, l’entraîneur.
Croire que l’on peut refaire ce qu’on a fait… Le 9 novembre, à Saint-Symphorien, appuyées sur une Getter Laar des grands jours, les Grenats ont partagé les points avec Montpellier (2-2). Pour un match référence. Ce jour-là, Metz avait mené 2-0 avant de se faire reprendre par Jakobsson et les Pailladines. Et même si, aujourd’hui, Montpellier surfe sur sa cinquième place et surtout son statut de finaliste de la Coupe de France face à Lyon, le FCMA a le droit de croire qu’il peut encore embêter l’équipe de Louis Nicollin. Bien sûr, il faudra encore serrer les rangs face aux jeunes internationales Toletti, Lavogez et Makanza et à la Suédoise Jakobsson, la puncheuse du côté gauche.
Croire en l’effectif et au plan de jeu… Gérôme Henrionnet sera privé de Malet (indisponible), Ravenel et Gomes, blessées au genou, et surtout Léger, suspendue, son électron libre. En revanche, il retrouve Justine Oswald. Pour lui confier un rôle de chien de berger ? Peut-être. À l’aller, le plan de jeu avait fait merveille. Cette fois, Henrionnet va garder sa défense à quatre, mais nourrir son milieu et renforcer les côtés. Ainsi, la doublette Martins-Mansuy s’occupera-t-elle de Jakobsson.
L’équipe : Andréa Burtin, Elodie Martins, Adeline Janela, Marie Papaix, Simone Jatoba, Laurence Lhuillier, Juliane Gathrat, Héloïse Mansuy, Justine Oswald ou Julie Wojdyla, Lindsay Elston, Megan Lindsay. Remplaçantes : Getter Laar, Rigoberte M’Bah, Daniela Gurz, Justine Oswald ou Julie Wojdyla. Entraîneurs : Gérôme Henrionnet et Angélique Roujas.
A. Z.