
Guido Milan (à gauche) a été très convaincant en défense. L’Argentin a également été à l’origine du premier but messin. Photo Pascal BROCARD
Les Messins, qui ont poussé une belle équipe niçoise jusqu’aux prolongations (2-3), quittent la Coupe de France la tête haute.
Clap de fin. À l’issue d’un scénario cruel, le film de la Coupe de France s’est achevé pour de valeureux Messins ayant réussi la performance de faire douter le neuvième de Ligue 1 jusqu’au bout. Clap de faim donc. Aussi. Car, si désormais le FC Metz n’a plus que le championnat à mettre à son générique, il a entamé l’année 2013 avec ce soupçon d’enthousiasme et de folie que d’aucuns espéraient retrouver à l’aune de cette seconde partie de saison.
Certes, les Lorrains ont été éliminés par Nice. Mais les 8 120 spectateurs présents, hier à Saint-Symphorien, ont vibré. Après avoir bruyamment grondé contre les décisions d’un M. Castro, décidément fidèle à sa réputation. L’arbitre de la rencontre, encouragé par son assistant, décidait ainsi d’exclure Grégory Proment dès la vingt-deuxième minute. Injuste sans aucun doute car si la faute du capitaine messin sur Didier Digard, son homologue niçois, était réelle, elle ne méritait pas le rouge. Les Messins, qui avaient entamé les débats de manière plutôt timide pour ne pas dire timorée, étaient donc contraints d’évoluer en infériorité numérique, privés de leur leader technique. Résultat, les Niçois en profitaient immédiatement : sur une remise de Pejcinovic, Maupay devançait Johan Carrasso pour ouvrir le score de la tête (0-1, 27e ).
La volonté des hommes d’Albert Cartier d’évoluer avec un bloc très bas face à des Niçois ayant la possession du ballon était ainsi réduite à néant. « C’est vrai que la sortie de Greg ne nous a pas aidés mais, quoi qu’il en soit, nous étions bien trop crispés , reconnaît Yéni N’Gbakoto, auteur de la seule frappe de son équipe au cours des quarante-cinq minutes initiales. Après la pause, on s’est lâché et ce fut bien mieux . »
Une question d’orgueil
En effet, à grands coups d’orgueil, les Lorrains parvenaient à chahuter un navire niçois qui, jusqu’alors, avait navigué en père peinard. Si Moussa Gueye oubliait Romain Inez, idéalement placé (50e ), Guido Milan lançait Diafra Sakho dont le centre contré profitait finalement à Yéni N’Gbakoto, auteur d’une audacieuse aile de pigeon. Joris Delle, un brin avancé, ne pouvait que constater les dégâts (1-1, 53e ). Une égalisation somme toute logique au regard des efforts fournis par un FC Metz transfiguré, à l’image d’Ahmed Kashi, intenable et véritable poison pour le milieu de terrain du GYM.
Beaucoup plus volontaires et nettement plus accrocheurs, les Messins avaient donc trouvé suffisamment de ressources pour pousser leur adversaire en prolongations, même si Pejcinovic était tout près de tuer le suspense sur un coup de tête filant sur le haut de la transversale de Carrasso (78e ), auteur préalablement d’un superbe réflexe sur une tentative à bout portant signée Kévin Diaz (76e ).
Reste que cette débauche d’énergie, à dix contre onze, allait laisser des traces. Ali Bamba, auteur par ailleurs d’une prestation convaincante, laissait passer un ballon dont Eysseric s’emparait pour doubler la mise dans un angle fermé (1-2, 96e ). « Après ce but, on s’est découvert p our aller chercher l’égalisation, raconte Yéni N’Gbakoto. Malheureusement, face à une équipe de Ligue 1, le moindre contre peut être fatal . » Et ce fut le cas… Eysseric, encore lui, fusillait ainsi Yohan Carrasso (1-3, 107e ). Coup froid sur Saint-Symphorien. Mais, hier après-midi, les Messins n’avaient guère envie de baisser les bras. Joris Delle devait ainsi s’employer sur une belle demi-volée de Romain Inez (108e ) puis sur une frappe puissante d’Ahmed Kashi (111e ). Finalement, après que Carrasso eut également fait parler de lui face à Cvitanich (112e ), c’était Thibaut Bourgeois qui s’arrachait pour valider un bon travail de N’Gbakoto (2-3, 114e ). Un but qui ne changeait rien à l’affaire. Pas de happy end donc. Mais si cette élimination peut semblait un brin cruelle, elle pourrait toutefois se muer en acte fondateur pour les semaines – cruciales – à venir.
Jean-Sébastien GALLOIS.
Ce rouge qui fait tache
L’expulsion sévère de Grégory Proment a gâté une rencontre pourtant très engageante que Milan et Kashi ont illuminée de leur présence.
L’ homme-clef. Toujours un pied qui traîne, une tête bien placée et surtout cette omniprésence dans les débats. Guido Milan a fourni une prestation de premier plan hier. Le défenseur argentin a formé une charnière très convaincante avec Ali Bamba et offert une présence rassurante à ses coéquipiers. Ce solide garçon est également à l’origine du premier but messin avec une intervention dans son camp, suivie d’une percée dans l’axe, qui a débloqué la situation et amené le premier tir cadré messin.
L’homme-clef bis . Ahmed Kashi mérite aussi sa mention pour une partie extrêmement dense hier. Le milieu de terrain n’a pas semblé souffrir de la sortie prématurée de son binôme et capitaine Grégory Proment. L’ancien Castelroussin s’est tout simplement démultiplié. Il a harcelé les Niçois sans relâche, récupéré une quantité industrielle de ballons et pratiqué le tampon avec une générosité contagieuse. Il fut l’un des grands artisans de la révolte mosellane et aurait pu inscrire le second but à la 111e minute.
En souffrance. Romain Métanire a vécu une partie pour le moins délicate hier. L’arrière droit messin a été torturé par la mobilité d’un Bauthéac, insaisissable dans son couloir. Son cauchemar a pris fin à la pause puisque le défenseur a été remplacé à la reprise par Romain Inez. « Choix d’entraîneur, a fait valoir Albert Cartier sans chercher à l’accabler outre mesure. Il y a eu deux occasions dangereuses qui sont venues de son côté et qui l’ont mis en difficulté . »
Le débat. Rouge ou pas rouge ? L’expulsion de Grégory Proment (22e ) a alimenté les débats, d’autant que l’arbitre, M. Castro, a d’abord sorti un avertissement avant de se raviser et de dégainer le rouge, sur les conseils de son assistant. Le capitaine messin jouait pourtant le ballon quand il a heurté la jambe de Didier Digard. « Ce n’est pas comme si j’été arrivé avec un gros tacle par derrière, a-t-il réagi. Si Didier avait eu un gros problème, j’aurais accepté la sanction et des matches de suspension mais là. .. » « Tout ce que je sais, a répondu Digard, c’est qu’il y a des marques. J’ai mal. » Le Niçois aurait par ailleurs pu hériter de la même sanction pour un tacle par derrière sur Sakho (39e ). D’où « le sentiment d’injustice » pointé par Albert Cartier à l’heure de l’analyse.
L’ambiance. « Nous n’étions pas dix sur le terrain mais 8500 et 16 joueurs », a expliqué Cartier. Saint-Symphorien n’a cessé d’y croire hier. Le public a poussé son équipe jusqu’aux dernières secondes dans un formidable élan populaire. Les supporters messins ont également trouvé deux coqueluches : l’arbitre et Didier Digard, conspués dès l’expulsion de Grégory Proment. Le Niçois s’en est d’ailleurs amusé après-coup : « Maintenant, j’ai beaucoup d’amis ici. Je reviendrai plus souvent . » Du public en pétard aux pétards dans le public, il n’y a qu’un pas que certains ont franchi à la reprise en allumant des mèches en tribunes. C’est idiot.

Grégory Proment vient d’être exclu. Photo Pascal BROCARD
Christian JOUGLEUX.
Réactions
Albert Cartier, entraîneur de Metz : « Je suis déçu par l’élimination et parce qu’on n’a pas engagé ce match comme on avait voulu. Cela fait dix jours qu’on le préparait. […] Ce n’est pas l’événement qu’on aurait voulu. Ce groupe, privé de son leader technique, charismatique et institutionnel, a réussi à trouver l’énergie, à se mobiliser pour réagir. »
Claude Puel, entraîneur de Nice : « On s’est rendu ce match compliqué. On a laissé quelques opportunités à cette équipe qui lui ont permis de se remettre en selle. Quelques défauts de jeunesse… On a pensé que le score était acquis mais Metz n’a jamais abdiqué. On retiendra l’essentiel, la qualification. Dans le jeu, je crois que c’est mérité. Le rouge ? Il y a une faute caractérisée. Méritait-elle le jaune ou le rouge ? C’est à l’arbitre de voir. »
Thibaut Bourgeois, attaquant de Metz : « Je ne suis pas content parce qu’on a perdu. On méritait mieux vu notre prestation en deuxième mi-temps. On s’est bien remobilisé après l’expulsion de Greg (Proment). L’arbitre avait pourtant sorti le jaune mais il a mis un rouge par rapport à la blessure de Digard qui s’est relevé cinq minutes après… »
Joris Delle, gardien de Nice : « C’était un peu spécial pour moi. Metz, c’est huit ans de ma vie. Le public m’a bien accueilli dans l’ensemble mais j’étais 100 % niçois pour ce match. […] Le plus important, c’est la qualification. On savait que ce serait un match difficile. J’avais donné pas mal d’infos sur cette équipe et les joueurs avec qui j’ai été formé. On ne les a pas pris du tout à la légère et au niveau de la possession du ballon, on a été supérieur. »
Des supporters vélléitaires

Après quelques moments de tensions, les Niçois ont été encerclés puis parqués, par les forces de l’ordre. Ph. Marc WIRTZ
Avant le match, des groupes de "supporters" ont cherché à s’affronter dans le quartier gare, à Metz. Un imposant dispositif de sécurité les y attendait.
Les ultras messins et niçois ne s’aiment pas. « De vieux contentieux », sourit un membre du clan Mosellan. Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre : les Niçois ont des liens d’amitié avec leurs homologues nancéiens. Les Messins et les Nancéiens se détestent, donc Mosellans et Sudistes se vouent une haine aiguisée. CQFD. Il ne faut pas autre chose pour ces « supporters »-là.
Hier, ces individus, qui se servent du foot comme prétexte, ont essayé de profiter du match de coupe de France pour éprouver leur virilité. Dans la matinée, près de deux cents Niçois sont arrivés à Metz par le train. Les premières tensions ont eu lieu à proximité de la gare. Encadrés par des unités de CRS, de gendarmes mobiles et des forces de la sécurité publique, les Niçois ont vite exprimé leur colère face à ce comité d’accueil musclé. Quelques grenades lacrymogènes lancées ont prouvé la détermination du service d’ordre qui a progressivement poussé les ultras Niçois vers le quartier du Sablon.
Les hooligans messins, renforcés pour l’occasion des Lyonnais (qui n’aiment pas les Niçois, évidemment…), ont mis leur grain de sel vers 10h45. Les Niçois se sont précipités sur eux mais les policiers se sont interposés.
Une interpellation
Quelques jets de cannettes et de divers objets, lancés de part et d’autre, ont répondu à de nouveaux gaz lacrymogènes. Un supporter messin a été interpellé pour avoir lancé quelque chose sur les forces de l’ordre.
Témoins impuissants, estomaqués et choqués par ces scènes insensées, certains riverains n’ont pas caché leur désarroi, sinon leurs larmes. « Je n’ai jamais vu une chose pareille, c’est lamentable », grince un vieil habitant de la rue des Arènes.
Quelques minutes avant la rencontre, des ahuris sudistes ont encore réussi à forcer une grille du stade Saint-Symphorien pour venir au plus près de leurs ennemis du jour. Ils ont été aussitôt repoussés par les CRS.
La fin de la récré a sonné avec le début de la rencontre. À l’issue, les Niçois ont regagné leurs bus. Sous bonne escorte, évidemment.
K. G.
La bonne opération messine (U17)
FC METZ 3 CHANTILLY 1
Mi-temps : 1-1. Stade des Hauts de Blémont à Metz-Borny. Arbitre : M. Ekoue Bikoi. Buts pour Metz : Bnou Marzouk (22e ), Fieck (61e ), Hadji (80e ).
Les Messins ont disputé, hier, face à Chantilly une rencontre en retard du championnat. Programmé le 9 décembre, le match avait du être reporté en raison des conditions climatiques. Il s’est donc joué hier et les Grenats ont très bien débuté leur année avec un match très sérieux.
Dès la 22e minute de jeu, Bnou Marzouk était à la réception d’un corner de Teixeira et ouvrait la marque pour les Mosellans (1-0, 22e ). Chantilly était bien organisé mais ne posait pas de problème à des Lorrains faisant preuve d’un superbe état d’esprit.
Les visiteurs parvenaient tout de même à égaliser dans les arrêts de jeu de la première période (1-1, 45e +2).
Hadji rassure les Messins
Les protégés de Sébastien Muet effectuaient une belle entame de deuxième mi-temps et sur une passe en profondeur de Kemen dont la trajectoire était mal évaluée par le portier de Chantilly, Fieck du pied droit redonnait l’avantage aux siens (2-1, 61e ). Sur une passe de Bozok, Hadji parachevait le spectacle en inscrivant un troisième but (3-1, 80e ). Les Lorrains qui avaient à cœur de se refaire après leur faux pas à Brétigny (4-0) juste avant la trêve, l’ont parfaitement fait.